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Forum OXMO Forum OXMO > Section Loisirs > Littérature > [POéSIE] Un Poème, Un Jour


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Dans Londres, la grande ville

Dans Londres, la grande ville,
Il est un être plus seul
Qu'un naufragé dans son île
Et qu'un mort dans son linceul.
Grand badaud, petit rentier,
Jeanne, voilà son métier.

À Douvres un original
Tombe un jour dans le chenal.
Il appelle au sauvetage.
Il se cramponne au récif.
Mais vers lui nul coeur ne nage ...
Adèle, ainsi meurt l'oisif.

Le grand Chinois de Lancastre
Vous attire avec des fleurs ...
Puis vous inonde d'odeurs ...
Bientôt sa pipe est votre astre !
Du lys au pavot, Cécile,
La route, hélas, est docile !

Le lord prévôt d'Édimbourg
Dit que l'amour est chimère.
Mais un jour il perd sa mère ...
Ses larmes coulent toujours.
Irène, petite Irène,
L'Amour c'est la grande peine.

Et du rose à tes lèvres
Et maintenant balance ton éventail
Pour qu'il y ait encore sur la terre
Des nuits après les jours
Des jours après les nuits.

Jean Giraudoux


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Old Post 21-03-2007 13:44
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Que ne suis-je eschangé en une source claire

Que ne suis-je eschangé en une source claire
Distiliant à jamais un grand ruisseau de pleurs,
Pour tant d'impiétez, de meurtres, de malheurs,
Qui à tousjours plourer ne me font rien qu'attraire ?

Nature me devoit au costé gauche faire
Une ratte engrossie et de doubles largeurs,
Pour rire incesamment les bouillantes fureurs
De ceux-là qui tant bien se sçavent contrefaire.

Je voy journellement un grand sot ignorant,
Tout vieil et tout cassé, aux grandeurs aspirant,
Et discourir tout seul de l'ordre de l'Église ;

Reprendre un gouverneur, prédire asseurément
Par la sédition le subit changement,
Et ne veult toutesfois que je Gélodacryse.

Jacques Grévin

la gélodacrye est un mot d'ancien français, employé par Grévin, Clément Marot ou Rabelais par exemple, qui définit un état où on ne sait pas si on doit pleurer ou rire en présence de certaines situations.


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Old Post 23-03-2007 12:22
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Complainte sur certains ennuis

Un couchant des Cosmogonies !
Ah ! que la Vie est quotidienne…
Et, du plus vrai qu'on se souvienne,
Comme on fut piètre et sans génie…

On voudrait s'avouer des choses,
Dont on s'étonnerait en route,
Qui feraient une fois pour toutes !
Qu'on s'entendrait à travers poses.

On voudrait saigner le Silence,
Secouer l'exil des causeries;
Et non! Ces dames sont aigries
Par des questions de préséance.

Elles boudent là, l'air capable.
Et, sous le ciel, plus d'un s'explique,
Par quels gâchis suresthétiques
Ces êtres-là sont adorables.

Justement, une nous appelle,
Pour l'aider à chercher sa bague,
Perdue (où dans ce terrain vague?)
Un souvenir d'amour, dit-elle!

Ces êtres-là sont adorables!

Jules Laforgue


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Old Post 24-03-2007 14:45
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Inscription mise sur la grande porte de Thélème

Ci n'entrez pas, hypocrites, bigots,
Vieux matagots, souffreteux bien enflés,
Torcols, idiots plus que n'étaient les Goths
Ou les Ostrogoths, précurseurs des magots,
Porteurs de haires, cagots, cafards empantouflés.
Gueux emmitouflés, frappards écorniflés,
Bafoués, enflés, qui allumez les fureurs;
Filez ailleurs vendre vos erreurs.
Ces erreurs de méchants
Empliraient mes champs
De méchanceté
Et par fausseté
Troubleraient mes chants,
Ces erreurs de méchants.
Ci n'entrez pas, juristes mâchefoins,
Clercs, basochiens, qui le peuple mangez,
Juges d'officialité, scribes et pharisiens,
Juges anciens qui les bons paroissiens
Ainsi que des chiens jetez au charnier;
Votre salaire est au gibet.
Allez-y braire; ici on ne fait nul excès
Qui puisse en vos cours susciter un procès.
Pour procès et débats,
Il n'y a guère de lieu d'ébat
Ici où l'on vient s'ébattre
Pour votre soûl débattre,
Puissiez-vous avoir plein cabas
De procès et débats.
Ici n'entrez pas, vous, usuriers avares,
Gloutons, lécheurs, qui toujours amassez,
Grippeminauds, souffleurs de brouillard,
Courbés, camards, qui dans vos coquemars
De mille marcs n'auriez pas assez.
Vous n'êtes pas écoeurés pour ensacher
Et entasser, flemmards à la maigre face;
Que la male mort sur-le-champ vous efface.
Ah! face inhumaine
De ces gens! Qu'on les mène
Tondre ailleurs. Céans
Ce serait malséant;
Quittez ce domaine,
Face inhumaine.
Ci n'entrez pas, vous, balourds mâtins,
Ni soirs ni matins, vieux chagrins et jaloux;
Vous non plus, rebelles, mutins,
Ectoplasmes, lutins, de Danger comtes palatins,
Grecs ou latins, plus à craindre que loups;
Ni vous, galeux, vérolés jusqu'au cou;
Emmenez vos lupus ronger ailleurs de bon coeur
Croûteux, couverts de déshonneur.
Honneur, louange, bon temps
Sont ici constants
D'un joyeux accord.
Tous sont sains de corps
Aussi leur dis-je vraiment:
Honneur, louange, bon temps.
Ci entrez, et soyez bienvenus,
Bien réussis, vous tous, nobles chevaliers.
C'est ici le lieu où les revenus
Sont bien reçus pour qu'entretenus
Grands et peuple menu, vous soyez par milliers.
Vous serez mes intimes et mes familiers:
Gaillards et délurés, joyeux, plaisants, mignons,
Tous de la classe des gentils compagnons.
Compagnons gentils,
Sereins et subtils,
Sans nulle bassesse,
De délicatesse,
Voici les outils,
Compagnons gentils.
Ci entrez, vous, qui le saint Evangile
Annoncez en sens agile malgré ce qu'on gronde;
Vous aurez céans refuge et bastille;
Contre l'hostile erreur qui tant distille
Son faux style pour en empoisonner le monde:
Entrez, que l'on fonde ici la foi profonde,
Puis que l'on confonde par écrit et par vives paroles
Les ennemis de la sainte Parole.
Que la Parole sainte
Désormais ne soit éteinte
En ce lieu très saint.
Que chacun en soit ceint,
Que chacune porte en son sein
La parole sainte.
Ci entrez, vous, dames de haut parage,
Sans ambages, entrez sous d'heureux présages,
Fleurs de beauté au céleste visage,
Sveltes comme pages, au maintien pudique et sage.
Faire séjour ici est gage d'honneur.
Le grand seigneur qui fut du lieu donateur
Et dispensateur, a pour vous tout ordonné
Et a, pour parer à tout, beaucoup d'or donné.
Or donné par don
Ordonne pardon
A qui le dispense.
Et c'est haute récompense,
Pour tout homme de droit sens
Qu'or donné par don.

François Rabelais


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Old Post 25-03-2007 10:11
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À François Rabelais

S'on nous laissait nos jours en paix user,
Du temps présent à plaisir disposer,
Et librement vivre comme il faut vivre,
Palais et cours ne nous faudrait plus suivre,
Plaids ni procès, ni les riches maisons
Avec leur gloire et enfumés blasons ;
Mais sous belle ombre, en chambre et galeries
Nous promenant, livres et railleries,
Dames et bains seraient le passetemps,
Lieux et labeurs de nos esprits contents.
Las ! Maintenant à nous point ne vivons,
Et le bon temps périr pour nous savons,
Et s'envoler, sans remèdes quelconques ;
Puisqu'on le sait, que ne vit-on bien doncques ?

Clément Marot


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Old Post 27-03-2007 12:57
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Les Chants De Maldoror
Chant premier - strophe 8

[...] Un jour, avec des yeux vitreux, ma mère me dit : "Lorsque tu seras dans ton lit, que tu entendras les aboiements des chiens dans la campagne, cache-toi dans ta couverture, ne tourne pas en dérision ce qu’ils font : ils ont soif insatiable de l’infini, comme toi, comme moi, comme le reste des humains, à la figure pâle et longue. Même, je te permets de te mettre devant la fenêtre pour contempler ce spectacle, qui est assez sublime." Depuis ce temps, je respecte le vœu de la morte. Moi, comme les chiens, j’éprouve le besoin de l’infini... Je ne puis, je ne puis contenter ce besoin ! Je suis fils de l’homme et de la femme, d’après ce qu’on m’a dit. Ça m’étonne... je croyais être davantage ! Au reste, que m’importe d’où je viens ? Moi, si cela avait pu dépendre de ma volonté, j’aurais voulu être plutôt le fils de la femelle du requin, dont la faim est amie des tempêtes, et du tigre, à la cruauté reconnue : je ne serais pas si méchant. Vous, qui me regardez, éloignez-vous de moi, car mon haleine exhale un souffle empoisonné. Nul n’a encore vu les rides vertes de mon front ; ni les os en saillie de ma figure maigre, pareils aux arêtes de quelque grand poisson, ou aux rochers couvrant les rivages de la mer, ou aux abruptes montagnes alpestres, que je parcourus souvent, quand j’avais sur ma tête des cheveux d’une autre couleur. Et, quand je rôde autour des habitations des hommes, pendant les nuits orageuses, les yeux ardents, les cheveux flagellés par le vent des tempêtes, isolé comme une pierre au milieu du chemin, je couvre ma face flétrie, avec un morceau de velours, noir comme la suie qui remplit l’intérieur des cheminées : il ne faut pas que les yeux soient témoins de la laideur que l’Être suprême, avec un sourire de haine puissante, a mise sur moi. Chaque matin, quand le soleil se lève pour les autres, en répandant la joie et la chaleur salutaires dans toute la nature, tandis qu’aucun de mes traits ne bouge, en regardant fixement l’espace plein de ténèbres, accroupi vers le fond de ma caverne aimée, dans un désespoir qui m’enivre comme le vin, je meurtris de mes puissantes mains ma poitrine en lambeaux. Pourtant, je sens que je ne suis pas atteint de la rage ! Pourtant, je sens que je ne suis pas le seul qui souffre ! Pourtant, je sens que je respire ! Comme un condamné qui essaie ses muscles, en réfléchissant sur leur sort, et qui va bientôt monter à l’échafaud, debout, sur mon lit de paille, les yeux fermés, je tourne lentement mon col de droite à gauche, de gauche à droite, pendant des heures entières ; je ne tombe pas raide mort. De moment en moment, lorsque mon col ne peut plus continuer de tourner dans un même sens, qu’il s’arrête, pour se remettre à tourner dans un sens opposé, je regarde subitement l’horizon, à travers les rares interstices laissés par les broussailles épaisses qui recouvrent l’entrée : je ne vois rien ! Rien... si ce ne sont les campagnes qui dansent en tourbillons avec les arbres et avec les longues files d’oiseaux qui traversent les airs. Cela me trouble le sang et le cerveau... Qui donc, sur la tête, me donne des coups de barre de fer, comme un marteau frappant l’enclume ?

Isidore Ducasse, dit Comte De Lautréamont

Edité par heros de l'amer le 31-03-2007 à 09:19

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Old Post 31-03-2007 09:02
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À Lautréamont

N'importe où je me mettais à creuser le sol espérant que tu en sortirais,
j'écartais les maisons et les forêts pour voir derrière.
J'étais capable de rester toute une nuit à t'attendre, portes et fenêtres ouvertes
en face de deux verres d'alcool auxquels je ne voulais pas toucher.
Mais tu ne venais pas
Lautréamont.
Autour de moi des vaches mouraient de faim devant des précipices
et tournaient obstinément le dos aux plus herbeuses prairies,
les agneaux regagnaient en silence le ventre de leurs mères qui en mouraient,
les chiens désertaient l'Amérique en regardant derrière eux
parce qu'ils auraient voulu parler avant de partir.
Resté seul sur le continent,
je te cherchais dans le sommeil où les rencontres sont plus faciles.
On se poste au coin d'une rue, l'autre arrive rapidement.
Mais tu ne venais même pas,
Lautréamont,
derrière mes yeux fermés.
Je te rencontrais un jour à la hauteur de Fernando Noronha
tu avais la forme d'une vague, mais en plus véridique, en plus circonspect,
tu filais vers l'Uruguay à petites journées.
Les autres autres vagues s'écartaient pour mieux saluer tes malheurs.
Elles qui ne vivent que douze secondes et ne marchent qu'à la mort te les donnaient en entier,
et tu feignais de disparaître comme elles,
pour qu'elles te crussent dans la mort leur camarade de promotion.
Tu étais de ceux qui élisent l'océan pour domicile comme d'autres couchent sous les ponts
et moi je me cachais les yeux derrière des lunettes noires
sur un paquebot où flottait une odeur de femme et de cuisine.
La musique montait aux mâts furieux d'être mêlés aux attouchements du tango,
j'avais honte de mon coeur où coulait le sang des vivants,
alors que tu es mort depuis 1870,
et sans un goutte de sang
tu prends la forme d'une vague pour faire croire que ça t'est égal.

Le jour même de ma mort je te vois venir à moi
avec ton visage d'homme.
Tu déambules favorablement les pieds nus dans de hautes mottes de ciel,
mais à peine arrivé à une distance convenable
tu m'en lances une au visage, Lautréamont.

Jules Supervielle


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Old Post 31-03-2007 09:18
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Le parc

Quand nous avons vu que la petite porte était fermée,
Nous sommes restés longtemps à pleurer ;
Quand nous avons compris que ça ne servait pas à grand'chose,
Nous avons repris lentement le chemin.

Tout le jour, nous avons longé le mur du jardin,
D'où parfois nous venaient des bruits de voix et de rires ;
Nos pensions qu'il y avait peut-être des fêtes sur l'herbe,
Et cette idée-là nous faisait mélancoliques.

Le soleil vers le soir a rougi les murs du parc ;
Nous ne savions pas ce qui s'y passait, car on ne voyait
Rien que des branches qui, par-dessus le mur, s'agitaient
Et qui laissaient de temps en temps tomber des feuilles.

André Gide


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Old Post 11-04-2007 10:26
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Blason de la bouche

Bouche, merveille au doux sourire,
Bouche au parler délicieux.
Bouche qu'on ne saurait décrire,
Bouche d'un tour si gracieux ;

Bouche que tout le monde admire,
Bouche qui n'est que pour les Dieux,
Bouche qui dit ce qu'il faut dire,
Bouche qui dit moins que les yeux ;

Bouche d'une si douce haleine,
Bouche de perles toute pleine,
Bouche enfin, sans tant biaiser,

Bouche, la merveille des bouches,
Bouche à donner l'âme aux souches,
Bouche, le dirai-je ? à baiser.

Isaac de Benserade


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Old Post 12-04-2007 10:13
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Joli!


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Old Post 12-04-2007 10:39
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Gare du Nord

Non, ça n'a rien à voir avec certains événements récents

Mais que font les trains dans les gares
depuis qu'on ferre les chemins ?
Dans les gares les trains rêvent
et tous ces rêves de tant de trains
emplissent l'air dans les gares,
autour des gares et parfois loin.

Que font les humains dans les gares ?
Ils consultent en courant
les horaires de l'amour
qui les attendait, qui les attend,
de l'amour qui les attendra.
Ils font rêver les trains
et vibrer l'air dans les gares,
autour des gares et parfois loin.

Francis Dannemark


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Old Post 13-04-2007 14:17
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Il fait bon s'en aller au bois

Il fait bon s'en aller au bois d'avril
Cueillir l'épine blanche aux haies sans feuilles,
Les sombres violettes, les pâles aubépines,
- Tristesse et joie en guirlandes futiles,
Deuils blancs, deuils violets
Qu'aux bois d'avril tu cueilles,
Espoir seulet,
De ta main fine ;

Il fait bon s'en aller aux champs de mai
Trouver la pâquerette qui promet,
Doute et dénie et, souriante, se tait
Et garde en s'effeuillant le secret de l'été ;
Il fait bon s'en venir au parterre de juin
Ravir les roses et baiser toute joue,
Et fleurir la ceinture que dénoue
La joie éparse en l'haleine des foins ;

Tantôt, parmi les gerbes,
J'ai pensé que le soir venait sur moi,
Tant j'étais las de la moisson qui croît,
Qu'on fauche et qu'on ressème :
Et j'eusse été quelque herbe
- Il eût fait bon être une herbe qui croît
Sans tout ce grand espoir et cette foi,
Ma vie ! et ton poème ;

Mais
La halte est bonne, ici, dans l'ombre agile,
À rêver la vendange aux treilles écarlates ;
Il fait meilleur ici qu'au bois d'avril,
Qu'aux champs de mai, qu'au parterre de juin :
Et nos chansons, rieuses, ont hâte
- Semble-t-il -
Ont hâte,
Se lèvent, et nous prennent la main ...

Francis Vielé-Griffin


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Épithalame

Il est trop tard, il est trop tard, l'homme a pris ma soeur
Aux mamelles tentantes en la tristor des soirs,
Et je n'ai pu vouloir sous les étoiles habituelles
Écouter les baisers que lui donnait l'Amant.

La chasse, ô soeur, la chasse a corné dans les nuits,
Les corneurs au loin ont fait un vain bruit,
Et la tête mourante a déchiré ton sein
Pour réchauffer le front trahi du morne Saint.

Rêvons ! Rêvons, ô soeur - Tes tresses magnifiques ! -
As-tu des rêves d'or de femme prolifique ?
Et puis ce rêve est nul avec d'autres comas,
Et c'est à toi qu'il dit que jamais tu n'aimas.

Ô soeur, vierge impudique, qui reviens de là-bas
Ne t'es-tu pas livrée au mage des sabbats ?
Le désir de savoir ce que là tu fis nue,
Dis, ce sera pareil, ce conte inconnu,

Pareil à vos amours, livres non encore lus ?
La volonté, la volonté, oh ! de ce que tu voulais.
Enfant aux seins trop durs, pointes-rubis balais ;
Ô enfant, ô soeur, pourquoi t'es-tu livrée ?

À tes pieds, l'aurore jeta ses fleurs de lauriers-roses ;
Et ta fleur, et ton sein, et la nuit, et l'hypnose
M'ont fait mourir un peu, ô Belle au bois dormant !
Attendant le galop du cheval de l'amant.

Or, tu partis en croupe, le Mage te baisa,
Sur les yeux, sur les seins, sur la bouche il osa !
Ô dis, ô dis, ô soeur, dis-moi ce qu'il n'osa !...
Et te voilà revenue pantelante, ô ma soeur !
De ce pays de feu où les femmes vont nues,
Où les membres sont noirs aux hommes qui t'aimèrent,
Où de longs corps se pâment au coin des carrefours,
Où l'on tranche la tête au soleil chaque jour
Pour qu'il verse son sang en rayons sur la terre.

Guillaume Appollinaire

épithalame, n. m. : (Littérature) Poème lyrique composé à l'occasion d'un mariage en l'honneur des nouveaux époux.
Tradition gréco-romaine, les épithalames ont été populaires du XVIe au XVIIe siècle.


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Old Post 15-04-2007 11:58
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Poème te voilà ...

Poème te voilà, si peu de mots, des phrases comme
Une musique plutôt que du sens, une musique
Mais pas vraiment, que des mots :
On saurait mal en mesurer les rythmes.
Et soudain des façons poème que tu as
De les précipiter (distrait, ou qui pense à sait-on quoi ?)
Peu de bruit nous reste dans l'oreille et tu ne proposes
Aucune mélodie qu'on pourrait connaître par coeur.

James Sacré


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Déjà que j'aimais les textes de Rabelais (nb : Pantagruel, Gargantua, 1/3 livre 1/4 livre...), je ne savais pas qu'il faisait de la poésie également.

On reconnait là son style, toujours aussi aléchant et plein de fraicheurs colorées.


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