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Titre : [CDC] Livre : Antimanuel d'economie
Lancé le 30-03-2004 15:32 par Schoubi
Téléchargé de https://www.forum.oxmo.org/showthread.php?threadid=26514
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[Post 1]
Auteur : Schoubi
Date : 30-03-2004 15:32
Titre : [CDC] Livre : Antimanuel d'economie

<center>[IMG]http://images-eu.amazon.com/images/P/2749500788.08.LZZZZZZZ.jpg[/IMG]</center>

[I] " À l'économiste inconnu, mort pour la guerre économique, qui toute sa vie expliqua magnifiquement le lendemain pourquoi il s'était trompé la veille, à tous ceux bien vivants, qui savourent le mot gratuité." [/I]

La phrase de préface du livre, tout comme le reste, est signé Bernard Maris, l'economiste très serieux de Charlie Hebdo qui se cache derrière le pseudo de 'Oncle Bernard'. N'y connaissant pratiquement rien en économie j'étais séduit par ses articles dans Charlie, mais un peu retissant au début quant à lire un livre entier traitant d'économie. Finalement, je suis agréablement surpris de la qualité de cet anti-manuel, qui se lit vraiment comme un cours destiné au profane, on y apprend dans les grandes lignes les theories des plus grands économistes, le tout ponctué d'exemples appropriés, de textes littéraires (provenant aussi bien de 1984 de Georges Orwell, de Germinal de Zola ou encore de discours de De Gaulle), de poèmes ou d'illustrations des plus grands peintres ou de plus modestes illustrateurs...
C'est un ouvrage clair, qui se présente réellement comme un manuel (pages glacées, illustrations accompagnant les textes, couleurs soulignant les titres ou les points importants) mais evidemment avec une logique d'anti, de contestataire. Et c'est là où justement l'auteur arrive à une pertinence insoupconnée. Nombreux sont ceux qui l'attendaient au tournant du contester pour contester, gueuler pour gueuler...Mais Maris arrive avec brio à séparer le pour du contre, les avantages et les inconvenients, les verités et les mensonges de ce monde économiste. Il faut dire qu'il se fait aider par des intervenants qui savent de quoi ils parlent, d'une part lui même, Bernard Maris, pur produit de l'économie, professeur de cette matière dans une grande université parisienne, on se dit que ce qu'il écrit ne doit pas être forcément faux ou subjectif, mais pour convaincre les plus sceptiques l'accusant d'être trop vindicatif ou trop partisans dans ses écrits, il s'aide alors d'auteurs plus prestigieux les uns que les autres, allant du rapporteur de la faim dans le monde à l'OCDE jusqu'aux prix nobels d'economie (dont on apprend d'ailleurs qu'il ne fait pas partie des autres prix nobels, mais qu'il est une sorte de 'prix' attribué par une banque Suisse....) qui se mettent eux mêmes à fustiger le liberalisme à outrance ou à lier de façon solide le mode économique mondial actuel et la baisse du niveau de vie général, tout ceci a de quoi laisser pantois même le plus convaincu des libéraux tant les propos sont argumentés et solides.
Bref, je n'en suis qu'à, à peine, la moitié de cet ouvrage et suis déjà séduit par les écrits clairs, souvent cynique et drôle, de Bernard Maris, d'où ce coup de coeur que j'espère nombre d'entre vous partagerons après lecture de cet anti-manuel qui devrait se trouver en bonne place dans toute école d'économie. :)

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[Post 2]
Auteur : Zakath
Date : 30-03-2004 17:35

Chouette, j'en avais un peu marre de ne rien comprendre à l'économie ! Il y a de (très) fortes chances que j'aille faire un tour en librairie cette semaine ;)

Merci pour cette critique, Schoubi §bienjoué§

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[Post 3]
Auteur : mopz02
Date : 30-03-2004 21:16

Je ne connaissais pas, mais je vais aussi essayer. Merci pour cette suggestion.

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[Post 4]
Auteur : newazimuth
Date : 30-03-2004 21:21

merci Schoubi - je vais tester
à transmettre d'urgence à Mr Poiuchs également :D

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[Post 5]
Auteur : Solacin
Date : 31-03-2004 11:02

Ca a l'air trés sympa ........ merci pour le conseil §bienjoué§

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[Post 6]
Auteur : GinTonic
Date : 31-03-2004 11:05

J'vais m'y mettre alors.... ;)

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[Post 7]
Auteur : Zakath
Date : 31-03-2004 18:56

Je suis passé l'acheter tout à l'heure... Gare si je n'aime pas, Schoubi :D

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[Post 8]
Auteur : Schoubi
Date : 01-04-2004 12:13

Chiche ! :D

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[Post 9]
Auteur : mopz02
Date : 03-05-2004 19:37

Acheté et bien avancé.
Vraiment bien fait et passionant.
Quelles que soient vos idées politiques, lisez-le ! Vous y apprendrez certainement bcp de choses.

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[Post 10]
Auteur : Schoubi
Date : 29-11-2006 17:07
Titre : Le tome 2 est sorti !

[img]http://img170.imageshack.us/img170/9493/274950629801ss500sclzzzsk6.jpg[/img]

[quote][b]Présentation de l'éditeur
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Le premier tome de cet Antimanuel racontait la rareté, l'offre, la demande, la concurrence, le commerce, l'argent... C'était le tome des fourmis : raisonneuses, rationnelles, égoïstes, épargnantes, bref, calculatrices. Le lecteur découvrait, un peu étonné, que la compétition n'était pas le vrai moteur des échanges et qu'elle laissait souvent la place aux phénomènes de pouvoir, de mimétisme et de foule. Voici venue la revanche des cigales ! Et si l'inutile, la gratuité, le don, l'insouciance, le plaisir, la recherche désintéressée, la poésie, la création hasardeuse engendraient de la valeur ? Et si les marchands dépendaient - ô combien ! - des poètes ? Et si la fourmi n'était rien sans la cigale ? Voici venu le temps d'affirmer, contre les économistes, que l'inutile crée de l'utilité, que la gratuité crée de la richesse, que l'intérêt ne peut exister sans le désintéressement. On verra que ce livre ne dédaigne en rien les marchands. Mais pourquoi sont-ils devenus la classe dominante ? Pourquoi sommes-nous sortis de ces sociétés de chasseurs-cueilleurs, qui " marchaient dans la beauté ", comme le chantent certaines tribus ? Nous sommes passés du côté de l'utile et du laid. Et en même temps, le capitalisme fait partie de notre vie, tout simplement, et ne mérite pas d'être méprisé, sauf à mépriser la vie. Si l'on veut approcher l'essence du capitalisme, il faut sortir des sentiers de l'économie et musarder avec l'histoire, l'anthropologie et la psychologie. Ce second tome se situe aux frontières ou au-delà de l'économie.[/quote]

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[Post 11]
Auteur : MadMagoux
Date : 02-12-2006 14:18

Cool, j'adore Oncle Bernard...§bienjoué§

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[Post 12]
Auteur : Schoubi
Date : 17-12-2007 17:48

Un ptit article du Monde d'aujourd'hui qui resume bien ce que dit Oncle Bernard dans son premier antimanuel (le deuxième est beaucoup plus plat, à part un passage très interessant sur les logiciels libres (en grande partie tirée de [url=http://www.freescape.eu.org/biblio/article.php3?id_article=201]"Du bon usage de la piraterie" de Florent Latrive))[/url]

[quote][b][size=3]
Drôle de moment de bascule, par Eric Le Boucher[/b][/size]
LE MONDE | 15.12.07 | 13h31  •  Mis à jour le 17.12.07 | 15h20
	
Prenez trois économistes, et vous aurez au moins quatre avis. La plaisanterie sur cette profession capable de défendre avec autant de conviction une thèse ("d'un côté, on peut dire que...") et son antithèse ("de l'autre côté, on peut dire le contraire...") n'a, sans doute, jamais été aussi vraie qu'en ce drôle de moment. L'économie américaine va-t-elle tomber en récession à cause des crises immobilière et financière ? "Il y a 50 % de chances", nous répondent nos déterminés économistes. L'Europe et l'Asie vont-elles résister à cette baisse d'allure d'outre-Atlantique et " se découpler" ? "P'têt ben que oui, p'têt ben que non", disent nos Normands. Le pétrole va-t-il continuer de monter ou pas ? "Ah ça... Le sujet est difficile", s'excusent les professeurs. Le dollar ? "Euh... ça dépend des semaines..." L'inflation revient-elle ? Et la stagflation ? La crise des subprimes va-t-elle continuer ?... Sur aucun sujet de cette fin 2007, vous ne trouverez d'unanimité. Il n'est question dans les "prévisions" et autres "perspectives" que publient nos savants que "d'incertitudes", "d'hypothèses", "de probabilités", bref, de brouillard.

Pardonnez-leur, en vérité. C'est l'époque qui veut ça. La planète se reconfigure en profondeur sans que personne ne sache ce qui se dessine vraiment.

Il y a d'abord l'Asie, qui n'en finit pas d'affirmer sa force dans tous les domaines, économique, financier, technique, et dans toutes les régions. L'incertitude vient ici de ce qu'elle n'a pas pris toute sa place dans le concert des nations et qu'elle ne prend pas encore ses responsabilités monétaires, environnementales (Pékin gère le yuan et son CO2 en égoïste) et économiques. Depuis dix ans, les Etats-Unis sont le consommateur en dernier ressort du monde, avalant les produits chinois et les machines allemandes. Mais ce Gargantua a aujourd'hui une indigestion de subprimes. L'Asie peut-elle prendre le relais ? Le gouvernement de Pékin peut-il faire en sorte que les ménages chinois cessent d'épargner pour consommer et donnent ainsi un débouché interne aux productions ? Si oui, l'économie-monde peut continuer à rouler vite sur un équilibre neuf, si non, elle va sérieusement ralentir.

Mais la grande bascule porte sur le libéralisme. Celui-ci repose sur trois piliers : la mondialisation, l'Etat en recul devant le marché et le développement de la finance. Or chacun de ces piliers subit des chocs existentiels. Commencez par la mondialisation : les négociations du cycle de Doha, qui doivent aboutir à une nouvelle ouverture des échanges, plus profitable aux pays pauvres, ne seront pas conclues à la fin de cette année. Aux Etats-Unis, la campagne présidentielle, qui s'est ouverte chez les démocrates et les républicains, débat d'"un retour au protectionnisme". En France, Michel Barnier, ministre de l'agriculture, dit que l'Union "doit reparler de la préférence européenne". Ancien commissaire européen, Michel Barnier est pourtant tout sauf un nationaliste. L'air du temps a changé.

Prenez ensuite l'Etat, qui fait un "come back" partout. Voici "les fonds souverains", riches structures publiques des pays émergents, chargées de prendre des participations dans les firmes, au Sud comme au Nord. Les fonds souverains sont des nationalisations par des Etats étrangers. Voici Northern Rock, banque britannique mise à terre par la crise des subprimes. C'est le gouvernement de Londres qui est venu à son secours, nationalisation pur sucre cette fois - unbelievable !

Voici, dans un tout autre domaine, à Hollywood, 12 000 auteurs de scénarios de films et de séries télévisées en grève. Ce ne sont pas des ouvriers sans avenir de "la ceinture rouillée" des vieilles industries qui bloquent l'entrée de l'usine. Ce sont les fers de lance de l'industrie de la connaissance du XXIe siècle et des héros du salariat moderne : des artistes qui vendent en free-lance leur talent à l'employeur. Et voilà qu'ils font grève ! L'air du temps change, on vous dit.

Et la finance ? Le retour cette semaine de la crise financière, provoquant l'affolement des banques et des Bourses, a fait écrire à Martin Wolf, éditorialiste du Financial Times : "Ce qui se passe est une énorme claque pour la crédibilité du modèle anglo-saxon de capitalisme financier." Le modèle anglo-saxon dénoncé par la presse anglo-saxonne... L'air du temps... Le confrère résume joliment : "La finance moderne se résume à ôter les risques des épaules de ceux qui sont capables de les porter (les banques) pour les mettre sur les épaules de ceux qui sont incapables de les comprendre." Les risques, perdus de vue, sont méchamment réapparus sous forme de saignées dans les bilans des banques : 65 milliards de dollars de pertes annoncées, sans doute 400 à venir au total.

Ajustement que tout cela ! Le système capitaliste en a vu d'autres, il s'adapte, fluctuat nec mergitur. Ni la mondialisation ni les nouveaux instruments financiers ne sont vraiment remis en question. L'Etat renaît, mais pour, justement, assurer les risques nouveaux que les marchés font naître, pour imposer de nouvelles régulations.

Sans doute. Sûrement même. Idem pour la conjoncture américaine : l'économie des Etats-Unis semble solide, voilà cinq ans qu'elle donne tort, année après année, aux Cassandre. N'empêche : ça change, et beaucoup, et vite. Et les économistes sont paumés.
Eric Le Boucher[/quote]

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[Post 13]
Auteur : Zakath
Date : 18-12-2007 19:47

J'ai completement arrete de lire Le Boucher, tant la densite de connerie dans ses articles est importante. Et Maris me decoit infiniment, surtout avec le torchon que Charlie est en train de devenir...

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