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Mister Oxmo 2003 
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[HISTOIRE] Délires de gendarmes (1ère partie)
Citation:
Première partie :
Les déboires de Bouch.
- Brigadier Chef Luve, je vous ai fait venir pour que vous me parliez du gendarme Bouch
- C'est un excellent élément capitaine.
- Oui, je n'en doute pas, ses notes sont élogieuses; cependant, on m'a fait part...comment dire...de légérs accrocs. De quoi s'agit-il exactement brigadier chef ?
- Oh, presque rien. Tout au plus peut-on parler d'excès de zèle. En de rares occasions.
- Par exemple ?
- La dernière fois qu'il était en patrouille avec moi, il a invité un automobiliste à s'arrêter, parce-que ce dernier avait ses phares allumés en plein jour.
- Ce qui ne constitue pas un délit.
- Sans nul doute, capitaine; cependant le gendarme Bouch y a vu, semble-t-il un signe de négligence révélateur, un indice de ce que le conducteur pourrait commettre d'autres imprudences plus graves.
- Poursuivez, Luve.
- Toujours est-il que le gendarme Bouch a signifié à cet automobiliste son intention de lui retirer son permis de conduire, ce qu'il a fait aussitôt en lui confisquant le document.
- Méconnaissance de la loi, abus de pouvoir...
- Oh non, capitaine ! tout au plus une manière quelque peu maladroite de signaler un oubli. J'ai d'ailleurs rendu moi-même à cet automobiliste son permis de conduire avec un sourire et celui-ci a bien compri la plaisanterie.
- La plaisanterie ? Dites-moi, brigadier, de quelle voiture s'agissait-il ?
- Si je me rappelle bien, ce devait être une Mercedes classe A.
- De quelle couleur ?
- La couleur...euh...jaune, je crois, jaune chamois peut-être.
- Cependant, brigadier, il est des fois où les plaisanteries du gendarme Bouch laissent des traces plus durables. Ceci est la copie d'une plainte déposée par un nommé Trage.
- Ah oui, le stationnement irrégulier...
- Irrégulier...irrégulier...si on en croit les 12 témoins, le pneu avant gauche du véhicule mordait sur la marque du passage pour piéton de dix-sept millimères, puisque l'un d'eux a mesuré après votre départ.
- Je n'étais pas avec lui capitaine
- Aussi aurez-vous peine à parler de ses manières maladroites. Je lis :
"Alors que Mr. Trage s'apprêtait à monter dans son véhicule, Bouch couru dans sa direction sur une distance de 15 mètres tout en brandissant son arme de service et en criant, d'après tous les témoins : "bouge pas, salope". Il a ensuite immobilisé le plaignant d'une prise neutralisante magistrale en lui appliquant le canon de son arme ous le menton."
- Le cran de sécurité verrouillé, capitaine !
- En criant, toujours d'après les témoins :"t'as vu comment t'es garé, fils de pute ?"
- C'est incopréhensible, capitaine, le gendarme Bouch est normalement d'une correction exemplaire avec tous les contrevenants.
-Après quoi, malgré les vives objections du gendarme Kovakz qui l'accompaganit il a passé les menottes au plaignant, avant de se livrer à diverses dépédations sur le véhicule, dont la destruction du pare-brise, tout en criant, je cite :"J'vais t'apprendre à le ranger, moi, ton tas de boue, merdeux."
- Oui, c'est un débordement inexpliquable, certainement. Mais c'est la seule fois de sa carrière où le gendarme Bouch a outrepassé ses fonctions d'une telle manière.
- Sans insister sur le fait que ce trage était chirurgien et adjoint au bourgmestre et qu'il a été très difficile d'étouffer l'affaire, je vous demanderai seulement si vous pouvez vous rappeler de quel type de véhicule il s'agissait...
- D'une Mercedes, je crois...
- C'est cela, brigadier. Une berline de couleur jaune chamois, je venais revenir sur le rapport de l'inspecteur Piscipess, de la P.J..
- Ahhh oui...
- L'inspecteur a surpri une nuit un individu en train de crever les pneus d'un véhicule et de mettre du sucre dans le réservoir. Pensant qu'il s'agissait d'une malveillance commise aux fins d'une quelconque vengeance, il a interpellé l'individu en question. C'était bien entendu le gendarme Bouch.
- Qui n'était pas de service, capitaine !
- C'est exact, mais interrogé, Bouch a déclaré ne pas connaître le propriétaire et ne pas pouvoir expliquer son geste.
- Il peut arriver qu'on fasse des bêtises en étant ivre, une ou deux fois dans sa vie, capaitaine; d'ailleurs cette histoire n'a pas eu de suites.
- Certes...parce-que l'inspecteur a accepté de n'en rien dire à ses supérieurs et de se faire complice, sur nos prières, d'un délit puéril, mais l'important n'est pas là. L'important, c'est que cette voiture était une Mercedes, et devinez de quelle couleur, brigadier ?
- Jaune chamois ?
- Bravo, je voudrais enfin évoquer l'arrestation de Maurice Bénaoui, dit "Momo". Le gendarme Bouch faisait partie du barrage de gendarmerie qui l'a intercepté.
- Les membres de cette opération ont tous reçu des félicitations.
Bien sûr, mais sur la voiture de Beanoui, on a relevé 147 impacts de balles, toutes tirées par Bouch.
- Qui a obéi aux ordres, capitaine, lesquels sont de tirer si un véhicule force un barrage.
- Sans doute, au détail près qu'il a criblé de balles le véhicule 10 bonnes minutes APRES l'arrestation de son conducteur, alors que la voiture était rangée sur le bas côté et ne menaçait personne.
- Un défoulement excusable après une telle tension.
- Ou autre chose, puisque vous savez comme moi qu'il s'agissait d'une Mercedes jaune chamois. Qu'en concluez-vous brigadier ?
- Mais rien, capitaine, le gendarme Bouch a un comportement normal, exemplaire avec tous les autres véhicules auxquels il est confronté.
- On pourrait évoquer deux hypothèses :
- soit le gendarme Bouch est fou, et il souffre d'une monomanie agressive à l'encontre des seuls véhicules de cette couleur et de ce type, comme ces pyromanes qui ne s'en prennent qu'aux mêmes autos.
- Ou alors, il a subi un traumatisme violent associé à cette voiture.
Dans les deux cas, son affaire relève de la psychiatrie et je voulais avoir votre avis avant de lui donner un congé médical.
- Il a une troisième solution, chef.
- Laquelle ?
- Puisque je l'ignore aussi, subséquemment, je n'en sais pas la teneur. Quoi qu'il en soit, il a peut être ses raisons. J'ai enquêté. 150 Mercedes de cette couleur ont été distribuées sur le marché. Il en reste 35 en circulation.
- Que voulez-vous dire ?
- On peut-être gendarme, on n'en n'est pas moins homme, mon capitaine, et l'homme rencontre parfois des situations qui le dépassent. Je vous en conjure : laissons le gendarme Bouch atteindre son but, puisqu'il n'a plus que 35 fois à déroger au devoir professionnel et à la loi.
- Mais, brigadier ?
- Nul ne s'en apercevra, si vous restez discret sur vos constatations, comme je le fus avant vous.
- Enfin, brigadier, mesurez-vous ce que...
- Bouch est un idéaliste ! s'il rêve d'un monde sans Mercedes jaune chamois, pourquoi briser son rêve? croyez-moi, sa conviction est admirable. Il n'est rentré dans la gendarmerie qu'à cette seule fin. nous sommes tous fiers, à la brigade, de compter en nos rangs un homme d'une telle droiture, d'une telle indomptable volonté, qui n'aura de repos que lorsqu'il sera parvenu à son but! Et quand il nous parle de cette terre nouvelle, sans Mercedes jaune chamois, capitaine, vous-même succomberiez à son enthousiasme. Qui peut jurer devant l'éternité qu'il a fondamentalement tort ?
- Devant l'éternité, certes, personne, mais...
- Alors, aidons le ! Peut-être est-ce de la folie, mais peut-être, une fois ce mal éradiqué, il en sortira un monde meilleur ? Imaginez une terre sans Mercedes classe a jaune chamois !
- Je vous comprend parfaitement bien brigadier. Et j'attendais que vous me disiez celà pour vous révéler la véritable nature de votre convocation. Voyez-vous, le gendarme Bouch commet une grave erreur !
- Laquelle, mon capitaine ?
- Le gendarme Bouch n'a rien compris et il perd un temps précieux. Ce ne sont pas les Mercedes classe A jaune chamois qu'il faut éliminer, ce sont en fait les Fiat punto vert bouteille !
- En êtes-vous sûr capitaine ?
- J'en suis certain, Bouch divague et il faut le remettre dans le droit chemin pour que nous consacrions toutes nos forces à cette tâche sacrée! Notre combat n'admet pas de dillettantes, brigadier, je compte sur vous.
- A vos ordres, capitaine !
Fin de la première partie....
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(toute ressemblances avec des personnes et/ou des événements connus passés, présents et futurs n'est pas si fortuite que ça et passible de rien du tout.
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