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Extrait de la critique de Télérame, je ne saurais mieux dire :
Citation: Dans le livre de Stanislas Lem, Soderbergh a trouvé, dit-il, "une merveilleuse métaphore pour tout ce que nous ne comprenons pas" (2). Ne rien élucider. Laisser, pour l'essentiel, le mystère de Solaris intact. Le cinéaste fait le vide, supprime les discussions scientifiques, effleure à peine les interrogations sur les limites du savoir humain et les possibilités de contact avec une intelligence extraterrestre. Et il déporte toute l'action sur cette voie unique : la love story passée, présente et future de Kelvin et de Rheya. "Je ne suis pas la personne dont je me souviens", constate celle-ci, troublée. Kelvin doit admettre qu'elle n'est en réalité que la projection mentale des souvenirs qu'il a gardés d'elle. Vertigineux. C'est bien sûr ce vertige qui fascine Soderbergh.
Mais c'est peu dire qu'il ménage ses effets. Pas d'accélérations intempestives de l'action, peu de coups de théâtre : tout le film, mis en scène avec une élégance millimétrée, tend vers une épure à la fois dramatique et visuelle. A l'image de cette planète Solaris dont Stanislas Lem décrivait les "comportements" apocalyptiques et qu'il réduit à une présence obsédante, certes, mais presque abstraite. Les péripéties, rares, ne sont que des jalons dans l'implosion psychologique qui guette le héros. Il est dommage, d'ailleurs, que les flash-back, longuets et assez banals, sur ce que furent jadis les relations du couple rompent cette sensation de flottement mental et affectif qui donne sa tonalité vraiment singulière au film.
Kelvin croyait avoir toutes les réponses, il découvre qu'elles sont périmées. De là naissent la culpabilité, les regrets. "Il n'y a pas de solutions, juste des choix à faire", affirme un des personnages. Tout est dit. Et le film devient un précipité de sensations, où domine la mélancolie anxieuse de Kelvin, qui pourrait, qui sait ?, se réinventer un futur avec la pseudo-Rheya...
Loin de la méditation teintée de mysticisme de Tarkovski, le film de Soderbergh tient sur ce fil ténu (et sur la présence très convaincante, il est vrai, de George Clooney). C'est son audace. Dans cette histoire d'un homme qui est allé aux confins de la galaxie pour se retrouver confronté aux questions qu'il avait toujours évité de se poser, le voyage est tout intérieur. Et son issue est presque aussi énigmatique que la présence-absence de la belle Rheya. Laisser jusqu'au bout le spectateur libre de se raconter l'aventure à sa guise : Soderbergh a fait un beau pari sur la curiosité du public...
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Un beau pari sur la curiosité, mais aussi sur l'intelligence, capacité dont semblent être dépourvus bon nombre de spectateurs...
Juste une remarque : moi, quand il me semble que je n'ai pas bien compris un livre ou un film, j'ai du mal à en parler... j'aurais plutôt tendance à me cacher pour ne pas mettre en plein jour, aux yeux de tous, mes lacunes.
Il est bien regrettable qu'ici certains ne partagent pas du tout cette conception des choses... que continue donc le grand concours de la médiocrité, de la mauvaise foi, et de l'intolérance (mention spéciale à Manic, t'es surpuissant toi...)
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