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[CDG] Allongement de la durée du travail en Allemagne
Trouvé sur libe.fr
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La semaine de travail enfle en Allemagne
La semaine de 40 heures est envisagée comme un moyen de relancer la croissance.
En Allemagne, le débat sur la durée du temps de travail fait l'effet d'une girouette prise dans la tempête. Chaque jour, des experts rivalisent d'avis aussi éclairés que contradictoires : allonger, diminuer, flexibiliser... Un an après le risible pinaillage sur la suppression d'un jour férié censée rendre un point de croissance à une économie déconfite, six mois après la réduction drastique du temps de travail chez Opel (30 heures hebdomadaires) ou Deutsche Telekom (34), voilà revenue en grâce la théorie sur les vertus de son allongement. Ce que vient de faire la Bavière, la plus grande région allemande, en imposant les 40 heures à certains de ses employés régionaux.
Brèche. Cette tendance couve en réalité depuis l'automne et éclôt au printemps à la faveur d'une crise aiguë chez l'un des poids lourds de l'industrie nationale. Siemens menace en effet de délocaliser plusieurs milliers d'emplois vers l'Est dans des pays aux coûts salariaux plus faibles (Libération du 25 mars), et réclame plus de souplesse dans la réglementation du travail. Un coup de gueule qui survient au lendemain d'une première brèche dans le carcan des conventions collectives. Depuis février, un accord autorise les personnels hautement qualifiés de la métallurgie et de l'électronique à passer de 35 à 40 heures. 21 000 employés de Daimler Chrysler ont déjà adopté leurs nouveaux horaires et des constructeurs tels que Porsche ou BMW vont suivre. Chez Siemens, ce sont pour l'instant 220 salariés de la branche téléphonie mobile qui ont vu leur temps de travail augmenter et leur treizième mois se changer en prime au mérite.
Au moyen de son chantage à l'exil, Siemens a remis une pièce dans la machine à débattre. «Deux heures de travail supplémentaires rendraient les entreprises plus concurrentielles à l'étranger», juge Ludwig Georg Braun, président de la Fédération des chambres de commerce et ardent défenseur des délocalisations. Un avis partagé par le ministre de l'Economie Wolfgang Clement qui envisage le retour à la semaine de 40 heures comme un remède à la fuite des forces vives du pays chez le voisin polonais ou tchèque. Rüdiger Pohl, président de l'Institut de recherche économique de Halle, plaide, lui, pour l'inscription de l'augmentation du temps de travail parmi les réformes de l'agenda 2010.
«Coup de fouet». Des tas d'entreprises n'ont pas besoin de davantage de travail car leurs carnets de commande ne se rempliraient pas pour autant, rétorquent les syndicats qui misent sur l'effet «coup de fouet» des semaines cour-tes et estiment souvent que deux heures de rab' ne servent qu'à faire fonctionner les machines à café. Selon un sondage récent sur le travail commandé par le Stern, McKinsey, ZDF et AOL, les Allemands, eux, se disent prêts à 58 % à travailler plus si cela doit les aider à conserver leur emploi, mais à peu près autant ne croient pas à l'efficacité de la méthode. Siemens en a rêvé, la Bavière, elle, l'a fait : avant que le géant de l'électronique ne puisse mettre ses 167 000 employés aux 40 heures, la région a franchi le pas, profitant de la dénonciation de la convention collective des employés régionaux (Libération du 3 avril). Dorénavant, pour s'aligner sur certains fonctionnaires (policiers, professeurs, etc.), 200 000 contractuels de la fonction publique bavaroise sont soumis aux 42 heures hebdomadaires contre 38,5 précédemment. D'autres Länder devraient suivre malgré les menaces du syndicat du tertiaire Ver.di qui promet un «conflit historique». En échange, les employeurs s'engagent à ne pas procéder à des licenciements secs.
Rambo. Mais les syndicats ne sont pas convaincus. Pour eux, cette mesure va créer du chômage dans un pays déjà en charge de 4,2 millions de sans-emploi. Une vision partagée par certains experts qui ne lui accordent des effets positifs qu'à long terme : «A court terme, le chômage peut augmenter», estime un économiste de l'Institut de Halle.
Dans l'ensemble, les experts estiment que, pour remettre l'Allemagne sur la voie de la croissance, c'est au coût du travail qu'il faut s'attaquer et non à sa durée. Excepté la Norvège (28,52 euros dans l'industrie), il n'y a pas de pays au monde où l'heure travaillée est plus coûteuse qu'en Allemagne (26,36 euros), selon l'Institut allemand pour le travail et la technique. D'après Heinrich von Pierer, patron de Siemens surnommé par les syndicats le «Rambo du temps de travail», les charges patronales du secteur téléphonie mobile ont diminué de 30 % depuis les 40 heures pour atteindre le niveau de la Hongrie.
Pour beaucoup, dont Gerhard Schröder, la réponse aux difficultés passe par davantage de flexibilité. Le chancelier parle d'une entreprise modèle où l'on pourrait passer de 30 à 40 heures selon les semaines et les besoins. Un sujet répulsif pour les syndicats qui voient dans ce flou une remise en cause de leur raison d'être.
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Par quel miracle, dans une société où tout est de plus en plus automatisé, on doit travailler de plus en plus ? Allonger la semaine de travail, allonger les années de cotisation pour la retraite... Tout ça pour être "plus compétitifs" sur le marché international. Quand on aura les salaires des Chinois, on sera bien avancés...
Quand plus personne n'aura les moyens d'acheter quoi que ce soit ici, à force d'avoir baissé les salaires, flexibilisé à tout va, et licencié tout le monde, on se demande qui va consommer...
Je crois que je vais aller me bourrer la gueule moi...
Citation:
Moi j'en suis sûr, sûr,
Qu'on nous prend pour des cons,
Mais j'en suis certain,
Quelque chose ne tourne pas rond
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Qui chantait ça déjà ?
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