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[CDG] Ahhh... La Vengeance Est Un Plat Qui...
Ahhh... La Vengeance Est Un Plat Qui...
Citation:
JAPON - La vengeance est un plat qui se prépare sur le Net !!!
Une écolière de 11 ans a égorgé une camarade de classe. Ce drame, qui a fait trembler tout l'archipel, a conduit les enquêteurs sur le stupéfiant site personnel de la petite meurtrière.
Le 1er juin dernier, Satomi Mitarai, une écolière de 12 ans qui fréquentait l'école municipale d'Okubo, à Sasebo [près de Nagasaki], est décédée, égorgée à coups de cutter par une camarade de classe de 11 ans pendant la pause-déjeuner. Les deux élèves, qui étaient de ferventes internautes, avaient chacune créé leur site et intervenaient souvent sur le site de l'autre. On verra plus tard la teneur des messages qui ont conduit au meurtre, mais le site de la jeune criminelle avait incontestablement de quoi choquer. Sous le pseudonyme "Duo", elle publiait son journal, ainsi que divers écrits, parmi lesquels un roman intitulé Battle Royale - Sasayaki [Murmures], qui était sa propre adaptation du roman Battle Royale, qui avait fait sensation lors de sa sortie [en 1999]. Cet ouvrage - dont Kinji Fukasaku a tiré un film - raconte l'histoire de quarante-deux collégiens qui, dans le cadre d'un programme d'éducation mis en place par le gouvernement, sont envoyés sur une île déserte où ils doivent s'entre-tuer jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un seul survivant. Dans la version de l'écolière, le principal personnage est une collégienne experte en kendo, qui est sortie gagnante de l'épreuve en éliminant quinze de ses camarades et qui prépare un nouveau massacre. Le prologue abonde en descriptions extrêmement crues : "Les coups de feu étaient assourdissants au point de vous crever les tympans", ou encore : "Son abdomen avait été percé par plusieurs balles, et une tache rouge de sang s'élargissait sur son uniforme". Même si ses camarades lui font confiance, l'héroïne du roman n'a aucune amie. Ce qui la pousse à éliminer froidement ses condisciples. "Ils pensaient qu'ils pourraient arrêter le massacre. Qu'est-ce qu'ils sont naïfs !" L'écolière effectuait aussi des enquêtes sur son site. Le 27 avril, elle avait ainsi publié ce questionnaire : "Si vous étiez sélectionné pour le programme Battle Royale, que feriez-vous ? Je précise qu'il est impossible de s'enfuir. Alors, tueriez-vous vos camarades ou non ?" Des choix étaient proposés : 1) Oui, je les tue ; 2) Non, je refuse de les tuer ; 3) Je me tiens caché ; 4) Je me suicide. Sur les trente réponses reçues, vingt-cinq donnaient le premier choix. Dans son journal, l'adolescente racontait ce qui se passait en classe ou ce qui la tourmentait. Dans ses dernières lignes (la date n'est pas précisée), elle écrivait : "Ma classe est gonflante !" et "Il y en a quelques-uns de bien, mais la plupart sont trop sales. On dirait qu'ils ne sont pas réveillés. Ils devraient se débarbouiller." Le 10 mai, elle avait pris une résolution ferme : "Je déclare sur l'honneur que je vais tomber à moins de 40 kilos. Je suis dans la moyenne, mais je vais tout faire pour maigrir." Elle publiait aussi des poèmes, comme celui du 5 février, intitulé Des bâtons inégaux : "Des bâtons inégaux étaient alignés les uns à côté des autres à perte de vue. Ils étaient de longueur, de couleur et de grosseur différentes. Il n'y en avait pas deux d'identiques. Ils étaient tous inégaux. Avec eux, pas de discrimination possible." La veille, c'était L'Ombre du crépuscule : "Mais, aujourd'hui, en ce moment, en cet instant précis, il y a des gens qui sont pauvres et qui souffrent. Qu'on ne les oublie pas, ces gens qui ne peuvent se délivrer du sortilège de la souffrance."
Les deux amies étaient très liées par l'ordinateur
Satomi, la victime, avait réagi à ce poème en écrivant : "Oooh, j'ai l'impression que tu communiques avec tous les êtres de la Terre !" Jusqu'au mois d'avril, Satomi était souvent intervenue sur le site de sa camarade, mais, début mai, elle a soudain cessé de le faire. Elle utilisait divers pseudonymes et, avec l'aide de son amie, elle avait entrepris de créer sa propre page en février. Curieusement, il ne reste rien de tout cela. Dans son journal du 30 mai - les seules lignes conservées -, elle affirmait que quelqu'un avait tout effacé à son insu. "L'avatar (poupée mannequin que l'on habille sur l'écran) a disparu, les modifications que j'avais apportées à mon site aussi. Je sais bien que c'est elle. Ah, elle est vraiment incorrigible !" Selon la déposition de la jeune meurtrière, c'est vers la mi-mai qu'elle a reçu un message injurieux de Satomi. Elle a demandé à celle-ci de ne plus recommencer, mais en vain. L'incident s'est reproduit à plusieurs reprises et, à la fin du mois, elle a commencé à réfléchir à la manière de la tuer. Et puis il y a eu la tragédie du 1er juin. Le parquet de la salle de classe était imprégné de sang. C'est en avril 2002, lorsque son père, journaliste, a pris la direction du bureau de Sasebo, que Satomi est entrée dans cette école. Sur les vingt élèves que comptait sa classe, c'est avec sa future meurtrière qu'elle était le plus liée. Mais, si l'on en croit son entourage, Satomi avait le dessus dans tous les domaines, qu'il s'agisse des notes, des performances physiques ou de la popularité auprès de ses camarades. Ce qui unissait fortement les deux élèves était l'ordinateur. Dans une rédaction datant d'il y a un an, la jeune criminelle écrivait : "Passe-temps : ordinateur ; passion : écrire des romans ; rêve : devenir écrivain". Parmi ses ouvrages favoris, elle citait Battle Royale et le roman d'épouvante Boys. Satomi, elle, avait noté : "Passe-temps : ordinateur, lecture, écriture de romans ; passion : chat ; rêve : faire du doublage de films". Les deux amies, qui se voyaient chaque jour en classe, avaient commencé à s'échanger leur journal intime en mars, puis, à partir du mois d'avril, elles avaient communiqué via leur site. Selon l'un des enquêteurs, les propos injurieux de Satomi contre sa camarade ne sont pas suffisamment graves pour avoir motivé ce crime. Cependant, les expressions employées sur Internet sont non seulement plus directes et plus sujettes à malentendus que celles de la conversation courante, mais elles sont aussi indélébiles. L'amie de Satomi, dont la susceptibilité a peut-être été exacerbée par ses sentiments d'amitié, a souffert en silence, puis a fini par commettre un meurtre. Fujita Hiroyasu, professeur à l'université Tezukayama, qui a été juge au tribunal des affaires familiales et a exercé les fonctions de conseiller d'orientation, précise toutefois : "Il n'est pas rare que des enfants victimes de brimades ou autres humiliations échafaudent à un moment ou à un autre des plans de vengeance ou même de meurtre. L'important est de savoir pourquoi certains passent à l'acte. On ne peut pas ignorer l'influence de certaines images ou intrigues violentes.". |
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