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[ACTU] Téléchargement sur le Net ,attention, vous êtes pistés
Téléchargement sur le Net ,attention, vous êtes pistés
Source: symantec
Le vieux continent n'est plus un paradis pour les adeptes de réseaux comme Kazaa : les procès qui ont eu lieu aux Etats-Unis contre le piratage ont aussi débarqué dans les pays européens.
En avril dernier, un retraité de l'ouest de la France a fait l'amère expérience du changement de la législation en
Europe sur les téléchargements en ligne.
Le tribunal de Vanves l'a condamné à trois mois de prison avec sursis et 4 000 euros d'amende pour avoir téléchargé des centaines de films sur des réseaux peer to peer (P2P).
Il fait partie des premiers internautes condamnés en Europe pour l'échange illicite de contenus audiovisuels.
Mais comment l'industrie du disque traque-t-elle les internautes qui fréquentent les réseaux P2P ?
Qu'est-ce qui a changé dans la législation des différents pays ?
Explications.
Sur les traces des téléchargeurs
Les professionnels du disque ne lésinent pas sur les moyens pour lutter contre le piratage : les associations regroupant les maisons de disque – la RIAA aux Etats-Unis, l'IFPI (Fédération internationale de l'industrie phonographique) en Europe – ont créé des département spécifiques pour pister les internautes peu soucieux des droits d'auteur.
Ces départements surveillent l'activité des utilisateurs de réseaux d'échange de fichiers (comme Kazaa, eMule, DirectConnect…) et se penchent particulièrement sur le cas des "gros téléchargeurs".
Ce n'est pas pour autant que des téléchargeurs occasionnels sont à l'abri. Mais la priorité de l'industrie du disque étant la dissuasion par l'exemple, la poursuite des internautes qui téléchargent quelques morceaux représenterait pour elle peu d'intérêt.
Une fois les téléchargeurs repérés, les équipes chargées de la surveillance récupèrent leurs adresses IP.
Ensuite, selon la législation des différents pays, soit elles mènent leur propre enquête pour trouver l'identité des internautes en question (en recoupant les informations trouvées en ligne sur ceux-ci, par exemple) soit elles transmettent les adresses IP à la justice.
C'est ensuite aux juges d'ordonner aux fournisseurs d'accès Internet (FAI) de divulguer l'identité de leur abonné.
Dans de nombreux pays européens, les FAI sont depuis peu obligés de fournir les coordonnées des téléchargeurs suite à une demande de la justice.
Mais la majorité des fournisseurs refusent de faire la police eux-mêmes : pas question donc de surveiller leurs clients ou de restreindre l'accès aux réseaux d'échange de fichiers, comme l'industrie du disque voudrait le leur imposer.
Tous les fichiers échangés sur les réseaux peer to peer n'étant pas illicites (ces réseaux ne servent pas qu'à échanger de la musique) une telle démarche serait excessive.
Pourtant en Belgique, la Sabam (association qui regroupe les auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) a attaqué en juin dernier le fournisseur d'accès Tiscali pour ne pas avoir coupé l'accès aux plates-formes de téléchargement.
L'issue du procès est très attendue à la fois par les internautes et par les fournisseurs d'accès.
Pour traquer les internautes, l'industrie de disque utilise parfois des moyens dignes des films d'espionnage.
En août 2003, un procès contre une utilisatrice américaine a révélé une de leurs méthodes : l'insertion de clés cachées dans les MP3 en ligne pour pouvoir ensuite prouver que les fichiers proviennent bien des réseaux de téléchargement.
L'internaute accusée avait prétendu que tous ses MP3 avaient été copiés de ses propres CD,
mais les clés cachées de la RIAA ont démontré le contraire.
La diffusion de fichiers leurre (comme dans le cas du film Blueberry où les internautes croyaient télécharger le film en entier alors qu'il s'agissait d'une bande annonce expliquant qu'il valait mieux aller le voir au cinéma) est aussi un moyen de lutte utilisé par les professionnels.
Une législation plus dure
Plus de 200 poursuites lancés en Europe contre des particuliers depuis mars dernier : l'IFPI semble déterminée à faire des exemples en Europe à l'image des procès spectaculaires qui ont eu lieu aux Etats-Unis.
Ce sont 17 internautes au Danemark, 1 en Allemagne et 30 en Italie qui ont été récemment condamnés à de lourdes amendes pour avoir téléchargé des fichiers musicaux.
Des actions similaires sont aussi menées en France, en Suède et en Grande-Bretagne.
C'est le résultat d'un durcissement de la législation en la matière – des peines allant jusqu'à trois ans d'emprisonnement et une amende de 300 000 euros selon les pays, suite à l'application d'une directive européenne – mais aussi de l'implication plus active des gouvernements à ce sujet.
Désormais, certains FAI doivent aussi résilier le contrat des abonnés qui téléchargent de la musique de manière illégale.
Le 29 juillet dernier, les FAI français ont signé une charte anti-piratage qui les oblige à le faire en cas de nécessité.
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