|
le narrateur |
 |
Confirmé 
Déconnecté
Niveau : 2 N° de Membre :
4489
Ancienneté : 98%
Participation : 1%
Inscription: 17 Sep 2002
Localisation: Combray
Messages: 705
Sujets Lancés : 31
|
Citation: "Le modèle danois est
difficilement importable"
NOUVELOBS.COM | 06.06.05 | 16:26
''Le modèle danois est difficilement importable'' par Bernard Maris,
professeur d'économie
à Paris VIII
et chroniqueur à Charlie hebdo
En quoi consiste la flexisécurité à la danoise ?
- La flexisécurité à la danoise passe par différents points. Les entreprises ont une liberté totale de licencier. Les salariés licenciés sont pris en charge pendant 48 mois mais sont un peu moins payés qu'en France - l'allocation maximale étant de 21.000 euros, contre 65.000 euros en France. Le système danois est financé par l'Etat et non par un système paritaire. Il coûte 5% du PIB chaque année. C'est un système fondé sur un pacte social assez fort; le taux de syndicalisation est de l'ordre de 75%, contre 10% chez nous. Il y a un taux de rotation des salariés élevé, de 25-30%. C'est énorme, un quart de la population active change de métier chaque année. Ils doivent accepter le poste qu'on leur propose ou suivre une formation. Tout cela contribue à rendre le marché du travail plus flexible.
Le modèle danois est-il réellement importable en France ?
- A mon avis, le modèle est difficilement importable en France. En effet, le Danemark est un petit pays, avec 5,3 millions d'habitants. C'est un système piloté au coup par coup, où tous les chômeurs sont connus. En France, le pilotage doit être davantage macroéconomique.
Avec 75% de salariés syndiqués et un pacte social fort, le système de protection des salariés n'a rien à voir avec le modèle français. Mais ça coûte très cher. Je pense que si on pouvait tripler le plan Borloo, on arriverait aussi à réduire le chômage.
Par ailleurs, le modèle danois implique une grande mobilité des salariés, et il n'est pas certain que les Français l'accepteraient.
Au Danemark, les chômeurs sont suivis individuellement. Ils savent que le chômage est provisoire (trois mois en moyenne contre un an en France), qu'ils sont suivis, pris en charge. Ils sont rassurés, acceptent de bouger, de changer de métier, de qualification. C'est un système qui leur donne confiance et je pense que les Français accepteraient de changer dans ces conditions. En France, le système est peu pénalisant pour les gens qualifiés. A mon avis, il devrait être davantage axé sur les personnes peu qualifiées.
Le modèle danois est un système qui coûte cher. Comment pourrait-on le financer en France ?
- Pour financer un tel système, des effets d'aubaine d'exonérations fiscales pour les entreprises qui embauchent pourraient être mis en place avec une obligation de résultats.
On pourrait également pénaliser, taxer les entreprises qui licencient. Sinon, cela passe par des choix budgétaires arbitraires.
Propos recueillis par Manuelle Tilly
(le lundi 6 juin 2005) |
Citation: La "flexsécurité", ou le "modèle" danois
NOUVELOBS.COM | 06.06.05 | 12:12
JACQUES Chirac et Dominique de Villepin en ont fait leur priorité absolue. Pour lutter contre le chômage, point noir de la politique menée par l'actuelle majorité depuis 2002, en grande partie responsable du rejet massif de la Constitution européenne, le gouvernement est prêt à s'inspirer du modèle danois de "flexsécurité".
Avant même le référendum, Copenhague était déjà la destination à la mode pour les responsables français. En novembre 2004, le ministre délégué aux Relations du travail Gérard Larcher s'y était rendu pour étudier la "flexsécurité" à la danoise (voir également le rapport de Pierre Méhaignerie sur le "marché de l'emploi au Danemark, rapport du 9 novembre 2004 - http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i1913.asp ).
Depuis le 29 mai, le modèle danois est omniprésent dans les discours du gouvernement français. Ce pays a pris des mesures "tout à fait originales, plus respectueuses de l'exigence sociale", comme l'a observé Dominique de Villepin dimanche 5 juin dans dans Le Journal du dimanche.
Le bon élève de l'Europe
"Nous privilégions un modèle français assez proche de ce que font les Danois, tout en respectant notre culture: le paritarisme et les conventions collectives", dit le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo dans le même journal.
Avec un taux de chômage de seulement 4,9% contre 10,2% en France, selon Eurostat, le Danemark a été le bon élève de l'Europe ces dernières années en matière d'emploi, avec le Royaume-Uni. En 1994, le taux de chômage y atteignait 12%. Mieux, le taux d'emploi y est aujourd'hui le plus élevé de toute l'Europe et le chômage de longue durée ne concerne qu'un demandeur d'emploi sur cinq (un sur deux en France).
La recette de ce "miracle" s'appelle la "flexsécurité": associer une grande flexibilité sur le marché du travail à une protection sociale élevée et à un système d'insertion et de formation efficace pour les demandeurs d'emploi.
"La législation sur l'emploi est assez souple, mais avec une certaine protection, avec des prestations sociales en cas de chômage", explique Raymond Torres, chef de la division Emploi à l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) à Paris.
Maximum 2.000 euros
Au Danemark, les prestations chômage sont élevées pour les bas salaires, mais plafonnées pour les gros salaires. "En France, on peut monter à 5.000 euros (trois fois le salaire moyen) d'indemnités par mois, alors qu'au Danemark, le maximum est de 2.000 euros", souligne Raymond Torres.
Les autorités mettent l'accent sur le principe d'"activation" des dépenses: les personnes qui ne travaillent pas sont stimulées par l'équivalent de l'ANPE, où un effort particulier a été fait pour recruter des conseillers "compétents et motivés". De plus, quand on cherche un emploi, on ne s'adresse qu'à une seule personne, alors qu'en France, le système de recherche n'est pas aussi centralisé.
Au Danemark, "les premiers mois, on laisse chercher, puis un dispositif spécifique est mis en place, notamment pour les groupes à risque, comme les jeunes et les seniors", poursuit Raymond Torres.
Un chômeur ne peut toucher une prestation s'il ne fait pas quelque chose pour chercher un emploi. Il se voit proposer des formations, des emplois aidés ou des participations à différents programmes. Il existe aussi des incitations financières à retrouver un emploi, comme des allégements d'impôts.
Un véritable "pacte social"
De plus, la mentalité est différente pour les seniors. Ces derniers ne sont pas forcément les premiers visés par les licenciements, et quand ils sont au chômage, "on les traite comme s'ils avaient 40 ans", souligne Raymons Torres. Résultat, "dans la catégorie des 55-64 ans, 60% travaillent au Danemark contre seulement 40% en France".
Et si les syndicats sont faibles en France, ils sont en revanche très puissants au Danemark, avec "75% des salariés qui sont syndiqués, contre 10% en France".
Pour Bernard Maris, professeur d'économie et chroniqueur à Charlie Hebdo, il y a en outre un véritable "pacte social" au Danemark, contrairement à la France. Seul bémol: c'est un "système qui coûte cher". Mais au final, les chômeurs retrouvent un travail en "quatre mois en moyenne contre plus d'un an en France", souligne-t-il. AP |
__________________
N'est stupide, que la stupidité!
Signaler ce message à un modérateur | IP: Logguée Temps en ligne : 8 Jours, 17 Heures, 3 Minutes, 39 Secondes en ligne
|