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L'accusé d'un incendie dans le Var acquitté en appel
Citation: L'accusé d'un incendie dans le Var acquitté en appel
vendredi 10 novembre 2006, mis à jour à 21:18
(Reuters)
Un ancien employé municipal, Stéphane Audibert, a été acquitté vendredi en appel par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône pour un incendie de forêt volontaire dans le Var en 2003.
"Je remercie tous les gens qui m'ont soutenu", a-t-il lancé à l'énoncé d'un verdict accueilli par les cris de joie de ses proches.
Emprisonné depuis trois ans, ce jeune homme de 25 ans qui a toujours clamé son innocence, avait été condamné en première instance à 12 ans de réclusion criminelle, le 20 janvier 2006.
Détenu depuis le 19 novembre 2003, il a quitté vendredi soir la maison d'arrêt de Luynes, dans les Bouches-du-Rhône.
"En aucune façon, ce n'est une victoire de la défense, mais c'est une victoire de la justice", a affirmé l'un de ses avocats Me Eric Dupond-Moretti.
"Une fois encore, la détention a été la règle alors qu'elle aurait dû être l'exception", a-t-il regretté.
En dénonçant un dossier vide et mal ficelé, l'avocat a souligné les nombreuses zones d'ombres d'une "enquête à charge" pour réclamer et obtenir l'acquittement de son client.
L'avocat général avait pour sa part demandé que Stéphane Audibert soit de nouveau condamné, tout en requérant une réduction de sa peine à une sanction de "cinq à huit ans de prison".
"Je veux bien croire que les 12 ans infligés soient considérés comme une répression sévère", avait-il déclaré. Il avais admis que l'enquête avait été "imparfaite" et qu'"il avait pu y avoir des manquements dans ce dossier".
Il avait, en revanche, estimé que cet incendie était bien "un acte malveillant qui n'était pas dû à la fatalité". Selon lui, il existait des éléments "raisonnables" pour condamner l'accusé, notamment son absence d'alibi.
Cet incendie, à La Motte en juillet 2003, avait détruit près de 2.000 hectares de forêts et de terres agricoles et blessé dix pompiers.
Les incendies de forêt criminels avaient été particulièrement graves cette année-là dans le sud de la France. Les plus hauts responsables politiques, notamment le président Jacques Chirac, avaient souhaité des résultats rapides dans les enquêtes et des sanctions exemplaires.
L'accusation n'a jamais disposé de preuves formelles contre Stéphane Audibert. Elle avançait un litige entre l'accusé et une société de chasse comme mobile de l'acte et s'appuyait sur des présomptions, notamment les dépositions de témoins ayant vu le jeune homme près des lieux avant les faits.
Après le premier verdict, un interlocuteur anonyme avait passé trois appels téléphoniques aux pompiers, un dans l'Hérault et deux dans le Vaucluse, pour s'accuser lui-même d'être l'auteur de l'incendie et d'un autre crime similaire dans le massif des Maures, qui avait fait quatre morts et ravagé 6.000 hectares de terres, toujours en juillet 2003.
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