|
wlad93 |
 |
Expert 
Déconnecté
Niveau : 3 N° de Membre :
4328
Ancienneté : 98%
Participation : 3%
Inscription: 09 Sep 2002
Localisation: Utopia
Messages: 2596
Sujets Lancés : 163
|
Sans compter les radiations forcées de plus en plus utilisées.
http://www.cequilfautdetruire.org/a...?id_article=618
Citation:
LA MACHINE A RADIER
Mis à jour le :15 mars 2005. Auteur : Nicolas Arraitz.
Après le camouflet reçu par l’Unedic de la part des recalculés (victoire en justice trop peu fêtée, trop peu mise à profit pour renforcer le mouvement des chômeurs), la bataille des statistiques s’est faite sournoise. C’est à une véritable guérilla que se livrent ANPE, CAF et Assedic pour radier le plus de monde possible et faire baisser artificiellement les chiffres du chômage. Les consignes viennent de haut, et tous les moyens sont bons. Quand l’acte de malveillance administrative est éventé par la victime, on invoque la prise d’initiatives de l’ordinateur (mot qui reprend alors tout son sens), même si la missive assassine a bel et bien été signée par un directeur d’agence en chair et en os.
Laissons la parole à ceux qui sont aux premières loges. Voici des extraits d’un tract intitulé « La radiation administrative des chômeurs, une action économique réfléchie » distribué en interne par des agents CGT de l’ANPE-13 et qui gagnerait à être diffusé plus largement.« Depuis une dizaine d’années, sous couvert de chasse aux fraudeurs ou autres oisifs professionnels, les diverses forces politiques s’étant succédé au pouvoir ont toutes pris le plus grand soin à optimiser le système d’élimination massive (statistiquement parlant) des chômeurs en réduisant à son minimum l’intervention humaine et en mécanisant à l’extrême les processus amenant à la sanction. Nos dirigeants ont d’abord déculpabilisé un grand nombre d’agents et ont ainsi court-circuité ceux qui ralentissaient la machine à exclure, voire la sabotaient. Parmi ceux-ci on compte un grand nombre de militants, syndiqués ou sympathisants de la CGT. Autant vous le dire franchement, nous en sommes fiers.
Les arguments du type : “C’est pas nous c’est la machine, faites une lettre au DALE et quand vous aurez un refus écrivez au DDA qui transmettra à la DDTE/FP” ne peuvent que renforcer le sentiment d’être livrés à un système déshumanisé contre lequel il est difficile de lutter. Or, il ne nous revient pas d’être les défenseurs de ce système. Notre devoir est de dire la vérité aux usagers : “ C’est le directeur d’agence locale qui prend la décision. ” Que les signataires assument leurs actes ! Nous n’avons pas à nous mettre en danger en endossant des responsabilités qui ne nous reviennent pas, et des décisions qui nous échappent totalement. Car le danger est bel et bien réel : réalisons que quand on prive des personnes, souvent avec charge de famille, de tout revenu pendant deux mois (ou plus) pour n’être pas venues à un rendez-vous, il peut y avoir des incidents. Comment réagirions-nous si, pour un retard ou un jour de travail raté, on nous privait de deux mois de salaire ? Il convient d’insister là-dessus, les sanctions sont démesurées et peuvent entraîner des individus dans des situations critiques. À titre d’exemple, financièrement il vaut mieux faire un excès de vitesse ou conduire en état d’ébriété que rater un entretien à l’ANPE.
Ces méthodes visent-elles vraiment à réduire le chômage ou plutôt à servir des intérêts particuliers ? Tout économiste averti vous le dira, la présence d’un important contingent de chômeurs intéresse directement les tenants de l’économie libérale pour l’effet qu’ont ceux-ci sur le niveau des salaires pratiqués dans les entreprises. Mais évidemment ceci ne peut marcher que si les demandeurs d’emploi se retrouvent en situation de devoir accepter n’importe quel emploi à n’importe quelle rémunération. C’est donc dans cet unique objectif que le patronat français, Medef en tête, a fait pression (sans avoir à trop forcer) sur les différents gouvernements de ces dix dernières années pour prendre des mesures en ce sens. Le système est assez dur comme ça, refusons d’en rajouter. Chômeurs, c’est pas leur métier ! Exclure, c’est pas notre métier ! » (www.cgt-anpe-paca.org) Du côté des usagers des administrations spécialisées dans le harcèlement et la mauvaise foi, il ne reste souvent que la bravade solitaire : « Monsieur le directeur, cette accumulation de contrôles, d’attentes et de visites obligatoires à différents organismes (CLI, CCAS, CPAM, ANPE, Assedic...) ne fait qu’encourager les chômeurs à abandonner leurs recherches, ce qui a pour effet de les radier automatiquement des listes et, bien sûr, de faire baisser les chiffres du chômage. J’imagine que vous y avez réfléchi et que, tout compte fait, vous ne vous en plaignez pas » , craque une chômeuse bordelaise.
« Au dernier courrier que je vous ai adressé (au sujet des stages d’ “ auto-marketing ” pour chômeurs) vous avez répondu par une convocation automatique au guichet de l’ANPE. Je m’y suis rendue. Mais on ne peut pas dire que cela ait amélioré ma situation. Au contraire, la “ conseillère ” m’a menacée de supprimer mon RMI car, a-t-elle dit, “ Cela n’a qu’un temps et n’est pas une solution. ” Je suis bien d’accord avec elle sur ce point, mais est-ce à elle d’en décider ? Il me semblait que le RMI était un droit et qu’on ne pouvait le supprimer à l’allocataire sans une raison explicitement exprimée dans la loi. L’ANPE est censée être au service des demandeurs d’emploi, et non un outil de coercition des pauvres au seul profit des employeurs et des statisticiens gouvernementaux. Je réaffirme d’une part que le problème n’est pas que je ne sais pas m’y prendre mais qu’il n’y a pas de travail, et d’autre part, que l’argent public dépensé pour la formation de “ marketing ” de soi-même, s’il était versé au demandeur d’emploi, lui permettrait de mener ses recherches dans d’excellentes conditions. ” Réponse à ce courrier : même lettre-type convoquant notre chômeuse au même guichet sous peine de radiation. Comment résister à ce harcèlement des bureaucraties antisociales ? Peut-être faudrait-il centraliser tous les cas de radiation abusive pour contre-attaquer collectivement ? Et construire un rapport de force considérable. Créer des bourses du travail autogérées, proposait quelqu’un. Ou s’inspirer de cette assemblée de chômeurs de Bilbao qui, il y a quelque temps, a réussi à imposer ses membres aux chefs de chantiers. En tout cas, si le printemps se fait chaud, il faudra que les chômeurs tiennent le haut du pavé : ne sont-ils pas l’avenir du travail, c’est-à-dire sa négation ?
Article publié dans le CQFD n° 21, Mars 2005. |
__________________
Budget militaire des USA pour 2010 : 770 milliards de dollars.
Résoudre les 20 plus grands problèmes mondiaux : 250 milliards de dollars par an. Détail.
Signaler ce message à un modérateur | IP: Logguée Temps en ligne : 27 Jours, 9 Heures, 6 Minutes, 2 Secondes en ligne
|