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[CRITIQUE] Eternal sunshine of the spotless mind (2004) - USA - Michel Gondry

Eternal sunshine of the spotless mind
Date de sortie : 6 Octobre 2004
Film américain. Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h 48min. Année de production : 2003
Avec Jim Carrey, Kate Winslet, Kirsten Dunst
Réalisé par Michel Gondry
Synopsis
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Joel et Clementine ne voient plus que les mauvais côtés de leur tumultueuse histoire d'amour, au point que celle-ci fait effacer de sa mémoire toute trace de cette relation. Effondré, Joel contacte l'inventeur du procédé Lacuna, le Dr. Mierzwiak, pour qu'il extirpe également de sa mémoire tout ce qui le rattachait à Clementine. Deux techniciens, Stan et Patrick, s'installent à son domicile et se mettent à l'oeuvre, en présence de la secrétaire, Mary. Les souvenirs commencent à défiler dans la tête de Joel, des plus récents aux plus anciens, et s'envolent un à un, à jamais.
Mais en remontant le fil du temps, Joel redécouvre ce qu'il aimait depuis toujours en Clementine ? l'inaltérable magie d'un amour dont rien au monde ne devrait le priver. Luttant de toutes ses forces pour préserver ce trésor, il engage alors une bataille de la dernière chance contre Lacuna...
Critique(s)
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Ce film est une pure merveille !!
Passé les premières minutes, fortement étranges et perturbantes, en ce qui me concerne, je ne savais pas du tout ce que j'allais voir à part un film avec Jim Carrey et au titre énigmatique, on se laisse emporter par une merveilleuse histoire d'amour, sensible et comique à la fois, où la beauté se mêle au tragique.
Une magnifique photo, des acteurs merveilleux - Jim Carrey est fantastique de sobriété, émouvant, évoluant tout au long du film, mais laissant transparaître une certaine impuissance, Kate Winslet aurait pu être caricaturale et énervant dans ce rôle casse-gueule, elle est tout le contraire, les seconds rôles sont très bons (je ne parlerai pas de Kirsten dunst, je ne serais pas objectif ) - un scénario inventif et complexe et des innombrales trouvailles visuelles au service d'un belle histoire : que demander de plus ?!!
Une fois n'est pas coutume, je cite une critique que j'aime beaucoup, une des très bonnes choisies par les nombreuses critiques qui encensent ce film.
Citation: "Eternal Sunshine of the Spotless Mind" : dans un film labyrinthe, les retrouvailles contrariées d'amoureux amnésiques
C'est un conte d'hiver qui commence (à quelques plans près) sur une plage glaciale de Long Island. Sans bien savoir pourquoi, Joel (Jim Carrey) s'est fait porter pâle auprès de son employeur et est parti pour Montauk, équivalent new-yorkais de Berck-plage.
Sur la plage, il croise une fille aux cheveux bleus, qu'il retrouve un peu plus tard au café, puis dans le train. Elle s'appelle Clementine, elle est fagotée comme l'as de pique, mais comme elle est jouée par Kate Winslet, personne dans la salle de cinéma ne comprend pourquoi Joel résiste d'abord à ses avances. Finalement, il y succombe et on le comprend bien mieux.
Pendant ces premières séquences, plutôt réalistes, très sobres, on oublie chez qui l'on se trouve. Michel Gondry, le réalisateur de vidéos vertigineuses, Charlie Kaufman, le scénariste qui est à la mise en abyme ce que Lance Armstrong est à L'Alpe-d'Huez, se tiennent à carreau.
Ils laissent tout l'espace et tout le temps qu'il faut aux deux acteurs pour souffler sur les braises de leur idylle, pour repousser la grisaille qui les entoure. C'est par un petit (au sens d'intime, de discret) éloge de l'amour romantique que commence Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Sans lui, sans l'intérêt très fort qu'il suscite pour les personnages, on ne marcherait sans doute pas dans ce qui va suivre, dans ce labyrinthe baroque qu'annonce le titre, emprunté à un poème d'Alexander Pope (Angleterre, 1688-1744).
Car Joel et Clementine ne le savent pas mais ils se connaissent, ils ont vécu plusieurs mois ensemble jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus se supporter. Clementine a profité d'une offre commerciale avantageuse, comme en font les médecins américains qui exercent aux carrefours d'avenues à quatre voies : elle a fait effacer de sa mémoire tous les souvenirs qu'elle avait gardés de Joel. Et quand celui-ci a pris conscience de l'opération, il s'est précipité à son tour chez le docteur Mierzwiak et a demandé qu'on extraie Clementine de sa mémoire.
L'essentiel d'Eternal Sunshine est fait du récit de cette extraction, pratiquée de nuit, dans l'appartement de Joel, par les assistants de Mierzwiak (Mark Ruffalo et Elijah Wood Jr), sous les yeux de sa réceptionniste (Kirsten Dunst). La mise en scène alterne les tribulations des scientifiques et la plongée dans les souvenirs de Joel. Le film devient à la fois l'autopsie d'une liaison et la mise en scène d'une mémoire, avec ses replis, ses pièges, ses angles morts.
Eternal Sunshine of the Spotless Mind ressemble un peu au Voyage fantastique de Richard Fleischer. Sauf qu'au lieu d'explorer un corps humain en compagnie de médecins miniaturisés, le spectateur est invité à voyager dans les vestiges d'un amour défunt. Il arrive que le scénario trébuche à force de multiplier les entrechats, mais la réalisation et les acteurs gardent le film sur le bon cap, faisant passer les personnages avant les fantaisies conceptuelles (toujours passionnantes mais parfois encombrantes) de Charlie Kaufman.
En choisissant l'hiver comme saison des amours, Michel Gondry imprime à son film une gravité tranquille, qui résiste aux fantaisies les plus burlesques, sans par ailleurs les rendre moins efficaces. Sa banlieue de New York, toute grise, vibre d'une lumière douce, les personnages s'y déplacent un petit peu trop lentement, tant ils sont emmitouflés, et pourtant on devine très exactement les corps.
Celui de Jim Carrey, d'habitude mû par une énergie irrépressible, semble engourdi par la douleur, comme si la vivacité de Kate Winslet l'avait drainé de son surplus d'allant. Autour du duo, Gondry a constitué un ensemble exquis, demandant à Mark Ruffalo de mettre en veilleuse son pouvoir de séduction, à Kirsten Dunst de faire la bête.
Son personnage se cultive en potassant un dictionnaire de citations, dont elle extrait le vers qui donne son titre au film, qu'elle attribue à "Pope, Alexander". Elijah Wood, lui, est habité de pulsions malignes qui le font plus ressembler à Gollum qu'au Frodon qu'il incarnait dans Le Seigneur des anneaux. Plus la nuit de l'opération avance, plus la lutte de Joel pour conserver sa mémoire s'accroît, plus le spectateur régresse, jusqu'à encourager les amoureux amnésiques à se retrouver, comme on acclamait la cavalerie des Etats-Unis afin qu'elle arrive plus vite au secours des héros. C'est là que se situe la magie très particulière d'Eternal Sunshine, histoire d'amour entre adultes destinée aux enfants de tous âges.
Le Monde |
En un mot : allez le voir
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