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jeff932 |
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Aprés une petite recherche,voici le coupable !
Citation:
Mike Parsons, le surfeur XXL
Mike Parsons, Californien de trente-six ans surnommé " le Haricot " pour son petit physique, surfe sur des vagues de plus de vingt mètres.
Mike, avec sa stature de maillot à poids du Tour de France cycliste, n’a pas plus peur des grosses et méchantes vagues broyeuses d’hommes que le colosse Laird Hamilton. Il s’amuse tout comme lui à les défier à travers la planète bleue.
En bon (très bon) surfeur, il est tombé très tôt dans la marmite à vagues : " Ma première ? Je devais avoir six ans. C’était à Laguna Beach, en Californie, où je suis né. Ce n’est que vers treize ans, à Hawaï, que j’ai commencé à en attaquer de plus grosses. Elles faisaient dans les 3 mètres. Enfin, vers vingt ans, c’est au Mexique, à Todos Santos Island, une île à 9 milles des côtes, que je suis passé à 7 mètres. C’était génial, il n’y avait personne là-bas, juste moi et mon copain, et c’est à celui qui attrapait les plus grosses. "
En même temps que cette passion du gros le hante, il entame une carrière de surfeur professionnel. Il fait d’abord partie de l’équipe américaine, qu’il mène à la victoire aux championnats du monde amateurs en 1984, face à son éternel rival l’Australie, puis il débute dans le circuit WCT. En 1991, il devient même champion du monde. Mike Parsons est alors réputé pour son surf aérien adapté aux petites vagues, bien loin de ce qui fait aujourd’hui sa renommée.
Car en 2001, sa carrière terminée, il entre dans la légende. Avec Brad Gerlach, ancien adversaire du circuit pro devenu aujourd’hui son partenaire, il va empocher le trophée Billabong XXL big wave award pour avoir surfé en " tow in ", à Cortes Bank, sur une vague de 22 mètres. Soixante-six mille dollars pour le déplacement et les frais de risque !
" Cette technique, vieille d’une dizaine d’années, consiste à être tracté par un jet ski pour être lâché à la vitesse de la vague. Cela a révolutionné le petit monde des surfeurs de grosses vagues, explique Mike. On utilise un matériel différent. La planche est beaucoup plus courte, plus lourde aussi. Il y a des footstraps (cale-pieds) dessus pour mieux la contrôler et réussir des manéuvres. À la rame, sur les planches traditionnelles, c’était impossible. Elles étaient trop longues et peu manéuvrables. On se contentait de surfer tout droit. Avec le "tow in", on double la taille de la vague, en passant de 9 mètres à 18 mètres. "
Impressionnant de le voir lâcher le bout qui le reliait encore il y a quelques secondes au jet ski et prendre de la vitesse sur une montagne d’eau en formation. Peu à peu, ce qui était une houle se bombe, puis grossit encore pour se creuser. La pente, douce au départ, se fait de plus en plus vertigineuse, et le surfeur accélère jusqu’à 70 km/h. Il est bientôt au creux du monstre et se joue de cette masse qui n’a pas encore cassé. Enfin, la vague se brise et le surfeur cherche une sortie. Derrière lui, l’écume accélère pour presque le rattraper. Il disparaît dans ce qui ressemble à une avalanche de poudreuse, puis ressort pour filer sur le côté.
" Quand tu es tiré par la corde, tu dois savoir où tu es positionné. Tu dois aussi regarder ton partenaire sur le jet ski. Mais au bout du compte, c’est toi seul qui prends la décision de lâcher ou pas. Parfois pourtant, que tu sois d’accord ou non, tu es déjà trop engagé pour faire machine arrière. Ce qui change radicalement entre le surf à la rame et le "tow in" ? C’est qu’à la rame, tu vois la vague de front ce qui t’offre la possibilité de l’étudier alors qu’en "tow in", tu arrives de l’arrière et il y a souvent des surprises. Tu découvres la taille de la vague au dernier moment. Cela peut être 9 mètres comme 15 mètres. Ce n’est pas la même chose. Juger sa vague par-derrière est une nouveauté pour nous. Tu te fais de grosses frayeurs. "
Voilà pourquoi, ces " Xmen " ne partent jamais dans l’inconnu. Cela commence par un entraînement et une condition physique irréprochable : " Ces vagues sont de véritables machines à laver. Il faut être prêt à tomber dedans. Je nage beaucoup sous l’eau avec des poids afin de simuler le pire. Je fais aussi beaucoup de cardio, de course à pied, de VTT. Tu dois apprendre à rester zen. Quand on se prend toute une série de vagues sur la tête, il faut être relax et ressortir au bon moment pour respirer sans paniquer. En fait, le plus important ce n’est pas tellement le physique, c’est surtout le fait d’être capable de retenir son souffle très longtemps. On peut rester sous l’eau pendant trente secondes, trois à quatre fois de suite. C’est très long. Alors qu’en temps normal cela ne dure qu’entre cinq et dix secondes. " Brad Gerlach, son équipier, s’est fait parfois d’énormes frayeurs à ne plus voir ressortir son nouvel ami, après un " wipe out ".
" Cinq minutes avant de surfer sur cette fameuse vague de 22 mètres, j’étais tombé. Je suis resté sous l’eau pendant près de 40 secondes. Brad m’a vu avant que je ne replonge parce qu’une autre vague arrivait. Dans ces cas-là, il faut y retourner rapidement. "
Grâce au Billabong Odyssey, un projet mis au point par la marque de vêtement de surf du même nom, Mike et quelques privilégiés chassent la grosse vague comme d’autre le banc de thon. Depuis trois ans, ils sont sur le qui-vive, en alerte permanente pour partir aux quatre coins de planète à tout moment afin de surfer sur " la plus grosse vague du monde ".
" Chaque année, je pars entre quinze et vingt fois, ce qui fait quinze ou vingt types de vagues différentes. Avec les prévisions météo, on sait à peu près quand, comment, et surtout où les tempêtes vont avoir lieu, et quelles seront les conditions de houle. Donc, dix jours avant que la dépression n’arrive quelque part, on effectue déjà les prévisions. Deux jours avant, on arrive sur place pour peaufiner notre analyse. Le seul problème avec ces prévisions, c’est que l’on n’est pas encore capable de connaître exactement la taille de la tempête et si la vague sera surfable, si le vent sera en direction ou à l’opposé du rivage, par exemple. Cela rend nerveux. Tout ce côté anticipation est très stressant. "
Mavericks, Todos Santos, Waimea Bay, Jaws, Teahupo, Cortes Bank, il a presque ridé toutes les grandes vagues. Pourtant, au fond de lui, reste un rêve un peu fou : " Jusqu’à présent, la plus grosse jamais surfée faisait plus de vingt-deux mètres. Mais on arrivera jusqu’à trente mètres. Cela demandera que toutes les conditions soient réunies, mais on y parviendra. " Il aimerait être celui-là et connaître sa minute de gloire. Une minute, c’est juste le temps passé sur l’un de ces monstres.
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