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Solacin |
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Jackson Pollock et son oeuvre étaient fascinants mais assez impénétrables, le film l'est tout autant, privilégiant un approche asséchée de tout compromis didactique.
Un biopic qui ne brosse pas le spectateur dans le sens du poil, donc, et donne davantage à ressentir l'essence de cet artiste torturé qu'était Pollock qu'à comprendre ce qui faisait de lui ce génie avant-gardiste, mais aussi un homme invivable et autodestructeur.
On est ici très loin de l'hagiographie : le portrait révèle beaucoup de failles (le besoin avide de reconnaissance malgré l'intégrité artistique, l'incapacité à aimer), et ne cherche jamais à rendre le personnage sympathique.
L'immense Ed Harris, très inspiré par un artiste auquel il s'est beaucoup identifié (dans le rapport fusionnel à son art, l'asociabilité et le refuge de l'alcool), joue et filme avec ses tripes, sacrifiant l'anecdotique et le factuel au profit de l'authenticité et de l'intensité du geste, du regard, des larmes et des colères.
Il se crée entre le personnage et le spectateur une relation étrange, à la fois distante et sans pudeur, comme si on nous donnait à voir un homme complètement nu mais derrière une vitre blindée.
Autour de Pollock, de ses souffrances et de sa peinture (très belles scènes où transparaît toute l'énergie de la création artistique), sont effleurés avec justesse des seconds rôles pour la plupart asservis par leur relation forcément électrique avec le peintre, et l'univers impitoyable de l'art et de son grand manège, qui fait et défait les réputations.
Au final, un beau film, bourré de qualités malgré ses défauts (manque de rythme), mais pas forcément très plaisant, à l'image de son personnage principal.
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