|
Zakath |
 |
Guru 
Déconnecté
Niveau : 5 N° de Membre :
7213
Ancienneté : 97%
Participation : 12%
Inscription: 15 Dec 2002
Localisation: Copenhague
Messages: 9866
Sujets Lancés : 426
|
[CDC] La Recherche démissione !
Ils l'avaient promis, ils l'ont fait !
On espère tous que ça va changer quelque chose !
Citation: Près de 2000 chercheurs réunis réunis mardi en assemblée générale à Paris se sont prononcé pour la démission de leurs responsabilités administratives, a annoncé le porte parole du collectif «Sauvons la recherche» Alain Trautmann. Un événement sans précédent dans l'histoire de la 5ème république.
La recherche française semble plutôt remontée. Mardi matin, parmi la foule venue soutenir les directeurs de laboratoire et les chefs d'équipe réunis dans une salle de l'Hôtel de Ville, on aperçoit des pancartes plutôt expressives (cf notre vidéo). L'une d'entre elles notamment, décorée d'une main avec trois doigts levés, affirme «Raffarin 3 milliards» tandis qu'à côté, on distingue un doigt d'honeur commentant «Raffarin 20 millions».
A l'intérieur, dans une salle de l'Hôtel de Ville, l'ambiance est électrique. A peine le dernier mot de son discours de présentation achevé, Alain Trautmann, porte parole du collectif «Sauvons la recherche» déclenche une standing ovation de cinq minutes. Elle laisse présager de la décision attendue des chercheurs. «C'est bien parti» relaye un organisateur à la foule qui scande «démission, démission, démission!»
Vers quatorze heures, après deux heures de huis clos, un scrutin à main levée est enfin organisé afin de déterminer si oui ou non les chercheurs choisiront de démissionner collectivement. Le score est écrasant. Sur les 976 directeurs d'unités et 1.110 chefs d'équipes présents, à peine une petite dizaine s'abstiennent. Dehors, c'est la liesse. Les regards scrutent les fenêtres de l'Hôtel de Ville. Depuis midi, les cortèges ne cessent de venir gonfler les rangs de ceux qui attendent la sortie des directeurs et chefs d'équipes.
Puis les chercheurs se penchent sur l'après 9 mars afin d'organiser leur lutte contre le gouvernement. Alain Trautmann lance à la foule que cette démission collective n'est que le début de la bataille. C'est dans la rue que le combat doit se poursuivre, en investissant le pavé, en multipliant les pétitions ainsi que les divers actions d'éclat. Autre décision concrète, les scientifiques annoncent la mise en place de leurs propres états généraux face à ceux proposés mais jamais organisés par le gouvernement faute de parvenir à un accord avec eux.
Barbe et cheveux blancs surmontés d'un bob qui lui confère des allures de savant Cosinus, le professeur Beaujouan du Collège de France, spécialiste en neuropharmacologie, se dit plutôt sceptique mais surpris de l'ampleur que prend le mouvement de fronde. Comme pour appuyer ses propos, au même moment parviennent près de 200 fax et emails sur les ordinateurs du collectif, confirmant la volonté de démissionner de directeurs de labos de province. Une opération que Patrick Allard, membre du collectif “Sauvons la recherche” qualifie de «succès formidable».
Plus tard, c'est une foule compacte de plusieurs milliers de personnes, grossie de précaires et d'intermittents qui piétinent le pavé en attendant le départ de la manifestation en direction du Ministère de la Recherche, rue Descartes. Arrivés sur les lieux, les chercheurs brandissent des cartons avec, à l'intérieur, leur démission. Pour les remettre au Ministère, ils défilent sous les applaudissements de la foule à travers les camions de CRS. Les jeunes chercheurs avaient prévu une action choc, de mêche avec les intermittents. Mais le bilan positif de la journée les a fait changer d'avis.
Reste que pour être effective, cette démission administrative collective doit être entérinée par l'autorité administrative compétente et signifiée aux tutelles des labos de recherche publique, souvent multiples. Elle pourrait générer une paralysie de nombreux labos de recherche puisque leurs responsables ne pourront plus signer des achats ni même les représenter de manière légale.
Prochaines étapes dans les jours à venir et en particulier le 19 mars, date à laquelle les chercheurs ont décidé de se joindre à à journée d'action des médecins, agents hospitaliers et enseignants, en plus de la manifestation déjà prévue samedi prochain à Paris. |
Source : Digipress
Citation: PARIS (AFP) - Plus de 2.000 patrons de laboratoires réunis mardi en assemblée générale à Paris ont décidé de démissionner de leurs responsabilités administratives, pour dénoncer le manque de moyens et de crédits de la recherche publique, a annoncé un porte-parole du collectif "Sauvons la recherche" à l'issue d'un vote à bulletin secret.
976 directeurs d'unités et 1.110 chefs d'équipes se sont prononcés en ce sens, a déclaré le porte-parole du collectif Alain Trautmann devant la presse. Il n'a pas précisé le nombre total de votants.
Seize urnes, représentant les différents organismes de recherche et les universités, avaient été disposées dans la salle. Concrètement, les patrons de laboratoires ayant décidé de démissionner ont déposé dans l'urne leur lettre de démission. Seules dix personnes présentes à Paris se sont exprimées, au cours d'un premier vote à main levée, contre cette mesure.
"Au total, ce sont des centaines et des centaines de patrons de laboratoires qui ont démissionné" (de leurs fonctions administratives), a indiqué M. Trautmann, qui ne disposait pas en milieu d'après-midi d'un chiffre global pour l'ensemble de la France.
Pour trois des plus grands organismes de recherche - CNRS, Inserm (recherche médicale) et Inra (recherche agronomique) - 50% des directeurs d'unités ont démissionné, a-t-il dit.
"Il ne s'agit pas d'un arrêt de notre mouvement. Le mouvement qui a commencé début janvier va se poursuivre différemment", a-t-il expliqué, précisant qu'il s'attendait à "un soutien important" du côté des universités.
D'autre part, les chercheurs réunis à Paris ont lancé officiellement leurs propres états généraux de la recherche. "C'est un chantier pour nous très important pour faire aboutir nos recommandations", a souligné M. Trautmann.
La loi d'orientation et de programmation, promise par le président Jacques Chirac avant la fin de l'année, devra s'inspirer de ces recommandations, a ajouté le porte-parole du collectif.
Les détails de l'organisation de ces états généraux, l'un des points forts des revendications des chercheurs, devaient être donnés en fin d'après-midi au cours d'une conférence de presse à l'Académie des Sciences.
Le gouvernement avait annoncé de son côté l'organisation d'états généraux, mais n'a pu se mettre d'accord avec les chercheurs en colère sur les modalités de leur organisation.
Le président et le vice-président de l'Académie des Sciences, les professeurs Etienne-Emile Baulieu et Edouard Brézin, ont entrepris une médiation et doivent annoncer la mise sur pied d'un Conseil national pour l'avenir de la recherche scientifique, chargé notamment d'organiser ces assises.
Plusieurs milliers de chercheurs ont commencé à manifester en milieu d'après-midi en direction du ministère de la Recherche, où ils doivent remettre symboliquement leur démission, a constaté une journaliste de l'AFP.
En tête du cortège, une banderole des chercheurs du collectif "Sauvons la recherche", fer de lance de la fronde actuelle, proclame: "100% des Nobel sont statutaires. Non à la précarité, à la recherche comme ailleurs".
Des manifestations de soutien se déroulaient également en province, notamment à Nantes et Strasbourg. |
Source : AFP
Et pour finir, le maire de Chasseneuil-du-Poitou :
Citation: Si les chercheurs mettent aujourd'hui à exécution leur menace de démissionner de leurs fonctions administratives, commettraient-ils une faute ?
Une démission n'est jamais un succès. J'aurais forcément une réaction de tristesse parce que je ne souhaite pas que la renommée scientifique internationale de la France soit ainsi fragilisée. Je respecte la décision des uns et des autres. Ce que je sais, c'est qu'il sera plus difficile de construire.
Le gouvernement n'a-t-il pas tardé à mesurer l'ampleur de ce malaise ?
Comme le souligne le rapport Guillaume-Ceas, mon gouvernement n'a pas sacrifié budgétairement la Recherche. Le malaise des chercheurs, lui, existe depuis une dizaine d'années. Les dépenses des laboratoires sont au plus haut, en moyenne de 30 % supérieures à ce qu'elles étaient du temps de monsieur Allègre. M. Allègre, ce n'est pourtant pas la préhistoire ! Les effectifs aussi sont à leur niveau record en 2004. Nous avons fait depuis un mois un certain nombre de gestes très significatifs (dégels de crédits, engagement à ce qu'il n'y ait pas de gels en 2004), nous avons installé 120 postes statutaires supplémentaires, attribué 300 allocations de recherche nouvelles, revalorisé leur montant de 4 %, et augmenté de 30 % les salaires proposés pour les contrats temporaires. Cela prouve qu'il faut programmer les moyens mais aussi la réforme des structures de la recherche en France. J'accorde toute ma confiance à messieurs Baulieu et Brézin pour qu'ils constituent un comité national de pilotage qui produira la contribution centrale des chercheurs à la loi de programmation et d'orientation. Enfin, le gouvernement est prêt à mettre trois milliards d'euros d'ici à la fin de la législature !
Ces trois milliards, déjà annoncés par Jacques Chirac, ne correspondent-ils pas à un effort demandé au secteur privé ?
Non, Jacques Chirac a pris un engagement à l'horizon 2010. Je propose un effort de l'Etat d'ici à la fin de la législature. Quant à la recherche privée, c'est aussi un effort de l'Etat. En effet, nous avons multiplié par sept, en 2004, le nombre d'entreprises qui pourront bénéficier du crédit d'impôt recherche. C'est un effort, puisque ce sont des rentrées fiscales en moins. La recherche fondamentale, c'est le cerveau central de toutes les recherches. Il faut la placer au coeur de l'ambition nationale. Nous voulons qu'elle se sente confortée.
Le gouvernement est-il plus généreux avec des catégories qui lui sont électoralement plus proches comme les buralistes ou les restaurateurs ?
Quand on met trois milliards d'euros sur la table pour la recherche, on met beaucoup plus que ce que nous faisons pour beaucoup d'autres catégories professionnelles. 70 milliards d'euros consacrés à l'intelligence, Education et Recherche. 70 milliards ! Alors, comparons ce qui est comparable. D'autant que nous avons des objectifs d'emploi dans le secteur privé qui contribuent massivement au budget de l'Etat, sous forme fiscale ou au travers de charges sociales. Mais je ne voudrais pas que le débat se limite à une question de moyens. Il nous faut travailler à la fois sur les structures et les statuts de la recherche. Le CNRS et les grands organismes de recherche sont des chances pour la France. Quelle doit être leur place dans notre organisation institutionnelle et universitaire ? Nous ne sommes pas dans un marchandage à la petite semaine, mais face à la construction de l'avenir du pays.
Vous refusez, en revanche, d'offrir aux chercheurs les 550 postes de titulaires qu'ils réclament ?
On peut discuter de l'utilisation des trois milliards d'effort supplémentaire. Depuis les revendications du collectif, nous avons fait un certain nombre de pas importants. Je ne souhaite pas qu'on puisse avoir aujourd'hui une négociation par voie de presse et par pétition. Que le comité national s'installe et que le dialogue s'ouvre. Ne regardons pas ce sujet de manière trop politicienne. Personne n'y gagnerait.
Certains chercheurs agiraient-ils en fonction d'arrière-pensées politiques ?
L'écrasante majorité des chercheurs est sincère et se bat pour la recherche. Mais certaines organisations politiques cherchent à donner une dimension «cantonale» à cette perspective.
Plutôt que de pétitionner, pensez-vous qu'ils feraient mieux de décrocher des prix Nobel comme le font leurs homologues américains, selon la formule de votre ministre Patrick Devedjian ?
Je pense que les chercheurs ne méritent pas dans notre pays de jugement sommaire. Je suis très attentif à ce qu'ils soient respectés dans toutes leurs décisions.
La réflexion sur la recherche devrait-elle être étendue à l'ensemble des partenaires européens ?
Je le pense. C'est pour cela que je propose de sortir les dépenses de recherche des critères de Maastricht. Ce serait le moyen de montrer que toutes les dépenses n'ont pas la même qualification pour l'avenir.
Chercheurs, enseignants, intermittents, magistrats, avocats, beaucoup se sentent victimes d'une «guerre à l'intelligence» déclenchée par votre gouvernement...
Je crois que c'est une manoeuvre politique. L'opposition cherche à fédérer des mécontentements et je reconnais là la main de ceux qui menaient des campagnes présidentielles au siècle dernier. Je suis très attentif à chacune des difficultés qui touchent les uns et les autres. Fédérer des mécontentements en période électorale, c'est un «vieux truc» qui dessert en général ceux qui sont au coeur de ces difficultés.
Ne craignez-vous pas que cette «fédération de mécontents» fasse recette dans les urnes dans quinze jours ?
Poser les grands sujets nationaux de manière partisane à l'occasion d'élections locales, c'est aller dans une impasse. Quand on mélange les sujets il n'y a pas de gagnants. L'échéance sur laquelle je travaille, c'est les trois prochaines années de la législature. Là est l'enjeu de notre ambition pour la recherche.
Vous vantez «l'intelligence de la main». Est-ce par méfiance vis-à-vis des élites ?
Pas du tout. La recherche, c'est aussi la paillasse ! Il faut aussi s'occuper attentivement de tous, y compris des jeunes chercheurs qui n'ont pas toujours leur signature en bas des articles auxquels ils ont contribué. L'intelligence est grande quand elle se partage, mais ce n'est pas un monopole.
Dans la foulée de sa victoire en 2002, la droite voulait séduire ces professions intellectuelles d'ordinaire classées à gauche ? Deux ans après, vous avez échoué ?
Je ne le pense pas. Notre politique est vraiment fondée sur les conséquences du 21 avril et notamment la promotion des valeurs de la République. Il faut éviter la course à l'extrémisme que l'on voit apparaître dans l'usage de certains mots, comme «opposition frontale», ou certaines attitudes. Mais on ne peut pas classer politiquement les intellectuels. Ce serait une «ghettoïsation» de la pensée. J'aime trop la pensée pour la croire unique.
François Chérèque de la CFDT suggère d'attribuer une caisse autonome aux intermittents. Est-ce une bonne idée ?
J'étudie avec d'autant plus de bienveillance les propositions de François Chérèque qu'il fait partie des partenaires sociaux qui sont à l'origine de l'accord. Que les signataires cherchent une sortie positive ne rencontrera nullement l'opposition du gouvernement.
Sur la Recherche, la Culture ou l'Education, ce sont trois ministres de la «société civile» qui peinent. Pour des négociations aussi délicates, n'aurait-il pas fallu des «pros» de la politique ?
Quels qu'aient été les ministres, la période que nous avons derrière nous était difficile. Si on avait eu les 4 % de croissance de l'an 2000, les ministres n'auraient pas eu les mêmes difficultés. Je pense qu'il y a même eu chez les ministres en question un certain courage à affronter ces situations. Quand je vois Jean-Jacques Aillagon, après les Césars, se rendre aux Victoires de la musique, je le juge courageux. Il y a des «pros» de la politique qui n'auraient pas eu ce courage. Quant à Claudie Haigneré, elle a montré sur des sujets comme ITER ou l'implantation de Soyouz à Kourou, qu'elle était une femme de projets à la hauteur de ses responsabilités. Je n'ai pas à plaider pour Luc Ferry, il met la pensée en action.
Le retour de la croissance devrait donc suffire à renouer le dialogue avec ce monde qui vous est aujourd'hui hostile...
Je vais vous dire un secret : j'ai des amis intellectuels. Ne croyez pas qu'il y a un monde qui ne pense pas et un autre monde qui pense vrai. Heureusement, depuis la chute du mur de Berlin, les débats se sont ouverts : Alain Finkielkraut, Alain Besançon, Marek Halter ou Bernard-Henri Lévy restent des gens libres. Ils ne sont pas forcément pour ou contre. Le dernier livre d'André Comte-Sponville le montre. La pensée est en train de l'emporter sur l'idéologie, et c'est tant mieux.
|
Source : Libé
__________________
Allez jeter un œil à mon portfolio !
Signaler ce message à un modérateur | IP: Logguée Temps en ligne : 103 Jours, 6 Heures, 14 Minutes, 38 Secondes en ligne
|