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[CRITIQUE] Cypher (2002) - USA - Vincenzo Natali
Citation de l'excellent post de cyrildej :
Citation: Cypher
Film américain (2002). Espionnage. Durée : 1h 35mn.
Date de sortie : 26 Mars 2003
Avec Jeremy Northam, Lucy Liu, Nigel Bennett, Timothy Webber
Réalisé par Vincenzo Natali
Synopsis
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Morgan Sullivan n'aime pas la vie qu'il mène. Il rêve de grands voiliers, d'aventures et il se retrouve comptable dans une banlieue avec une femme qui ne le regarde même plus.
Décidé à changer de vie, il intègre Digicorp, une étrange société spécialisée dans le renseignement industriel. Sa nouvelle fonction est autrement plus excitante : il doit espionner, s'infiltrer chez la concurrence, saisir des informations stratégiques et les rapporter à son patron, Finster.
Sa rencontre avec la très belle et très mystérieuse Rita va pourtant semer le trouble dans sa nouvelle existence. La jeune femme lui révèle qu'il serait la victime d'une machination qui a pour but de lui laver le cerveau. Morgan se trouve bientôt pris au coeur d'un engrenage : fiction ou réalité ?
Site officiel http://www.cypher-lefilm.com/ |
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Je tiens à prévenir que ma critique est par essence un SPOILER. Ce film ne tenant que par son scénario alambiqué, ne pas lire ce qui suis si vous comptez voir le film un jour.
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Vincenzo Natali m'avait surpris avec Cube. Un film sorti d'un peu nulle part, une narration décalée, un thème de huis clos exploité avec bonheur.
Le film n'était pas exempt de tout reproche, en particulier des longueurs et des dialogues parfois un peu légers. Mais en moyenne c'était une excellente surprise et un bain de fraicheur dans la SF-gros-budget-gros-spectacle du moment.
C'est donc avec un a priori plutot positif sur le réalisteur que je me suis installé pour voir Cypher. Et aucun a priori sur le scénario étant donné que je n'en n'avais jamais entendu parlé.
Commence le visionnage. Une présentation des acteurs, réalisateurs zé autres personnalités du film dynamique et très "mode". Des bureaux bien froids, une technique d'interrogatoire à la "bienvenue à Gattaca". Le décor est planté.
Bureau, avion, séminaire, chambre d'hôtel les lieux s'enchainent ensuite rapidement. Le scénario suit le rythme effrené : espion, agent double, agent retourné, puis agent indépendant... les métiers de notre héros changent à toute allure, chacune le détachant un peu plus d'une personnalité humaine cohérente.
Le scénario est bien ficelé, la chute pas forcément prévisible (en tout cas je ne l'ai devinée que quelques minutes avant sa mise en scène). Tout cela est dense et en moyenne bien plaisant.
Et pourtant je n'ai pas aimé ce film, car j'ai trouvé la réalisation bien en-deca de ce que permettait le sujet.
Tout d'abord, le rythme. Le scénario tire le film vers un paroxysme de retournements de situations et pourtant tout cela reste bien paisible. Des plans s'attardent sur un téléphone, une chambre d'hôtel... cela n'a pas beaucoup de sens. J'ai trouvé le décalage entre la réalisation et le scénario assez pénible. Quand Natali aurait pu nous emmener dans un univers paranoïaque et oppressant, il nous laisse gentilement digérer chaque élément du film et la tension baisse. Tout au plus pouvons-nous attendre avec curiosité la suite, spectateurs passifs d'un drame qui ne nous regarde pas.
Les décors, quant à eux, sont réduits au strict minimum. Cela est peut-être une volonté afin de désincarner le sujet, mais la grosse corpo avec 3I-Mac dans un coin, ca fait cheap. Surtout quand un plan d'ensemble précédent nous montre une magnifique structure très dans le style "bio design". Des salles de réunions de la taille d'un stade de foot, vides. Des baies vitrées qui ne montrent rien de l'extérieur. Tout cela est bien léger et donne un sentiment de fadeur... ni coup de coeur ni dégout, tout passe bien.
Cette fadeur se retrouve dans les dialogues. Pas de double sens, pas de virtuosité. Même les questions piège lors du premier coktail ne donnent pas lieu à une performance vraiment intéressante. La scène de "drague" avec la - magnifique - Lucy Liu est de le même cuvée : très conventionnelle.
Pour parler des acteurs, le tout est quand même moyen. Lucy Liu se débrouille bien comme "James Bond Girl" bien qu'elle n'ai pas la place ni d'être excitante, ni d'être vénéneuse. Jeremy Northam est assez terne. C'est un peu son rôle, je l'accorde. Mais j'ai déjà plus intéressant comme normalité.
Ajoutons à cela des choses que je n'ai vraiment pas aimé : toute la fin avec la base souterraine tellement cachée qu'elle en devient suspecte, le gars enfermé dans un data center immense et obligé de distiller lui meme son whisky (n'importe quoi ca... je serais le responasble, je livrerais des bouteilles plutot que prendre le risque que son bricolage explose.. et puis d'abord, qu'est-ce qu'il distille ??? des disques durs ???) et enfin la toute fin avec hélico et co. qui sonne super faux.
En conclusion, Cypher un peu un "cadavre exquis" de plusieurs styles : thriller, drame psychologique, folie, espionnage et même un poil d'action.
C'est une volonté avérée du réalisateur qui a voulu ainsi se plier aux multiple personnalités de son héros. Mais dans ce cas les couleurs ne se supperposent pas, elles se mélangent et finissent par donner ce que donnent tous les mélanges de couleurs : un paté grisatre au fond de la palette, indéfinissable et peu ragoutant.
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