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L'Europe et les Etats-Unis s'affrontent sur la gestion de l'Internet
Citation: L'Europe et les Etats-Unis s'affrontent sur la gestion de l'Internet
<i>A l'approche du sommet de Tunis, la question de la gestion des noms de domaine oppose encore les Etats-Unis au reste du monde.</i>
Christophe Lagane, VNUnet.fr 03.10.2005
A six semaines de l'ouverture des débats qui se dérouleront à Tunis du 16 au 18 novembre 2005, le Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) est-il voué à l'échec ? Les conclusions des travaux menés ces deux dernières semaines dans le cadre du Comité de préparation (PrepCom-3) pourraient le laisser croire. Notamment les propos de son secrétaire général, Yoshio Utsumi, qui déclarait en conclusion des réunions le 30 septembre : "Si nous voulons édifier une société de l'information juste et équitable, alors ce Sommet n'a pas le droit à l'échec." Rappelons que le SMSI vise à promouvoir le développement des nouvelles technologies de l'information à travers le monde et particulièrement du côté des pays les plus pauvres.
Cependant, parmi les problématiques de spam, cybercriminalité, coûts d'interconnexion et surtout de gestion des ressources Internet (systèmes de noms de domaine et adressage IP) abordées lors des réunions préparatoires du SMSI, la question, pourtant primordiale, de la gouvernance de l'Internet est restée en suspens. Alors que les négociateurs européens, soutenus par les pays du Sud, demandent que le Réseau mondial soit pris en charge par les Nations unies, les Américains s'y sont fermement opposés. "De nombreuses délégations du monde en développement ont affirmé avec force qu'il était urgent de mettre en place de nouveaux mécanismes de gestion et de contrôle afin de mieux refléter la nature mondiale de l'Internet, mais d'autres délégations avec les Etats-Unis à leur tête ont constitué un front relativement uni favorable dans l'ensemble au maintien du statu quo", explique l'Union internationale des télécommunications (UIT), organisateur des rencontres, dans son communiqué.
Jusqu'à présent, seule l'Icann (Internet Corporation For Assigned Names and Numbers), société américaine privée à but non lucratif, créée en 1988, est habilitée à gérer l'Internet à travers, notamment, l'administration des domaines (.com, .net, .org, .info, etc.). Pourquoi laisser à une seule nation le pouvoir de décider du fonctionnement d'un outil partagé à l'échelle de la planète entière, notamment le mode d'attribution des blocs d'adresses IP et des noms de domaine pour chaque nation ?, s'interrogent légitimement les pays en voie de développement, ainsi que la Chine. Le risque étant qu'en l'absence de consensus, le SMSI de Tunis n'aurait plus de raison d'être puisque aucune des parties ne s'entendra sur les résolutions à voter.
Une troisième voie à explorer
Mais tout n'est pas perdu. Une troisième voie, ouverte par le Royaume-Uni deux jours avant la fin du PrepCom, pourrait permettre de trouver ce consensus. Au nom de l'Union européenne, la Grande-Bretagne propose un nouveau cadre de coopération internationale à travers un forum multipartenaire chargé de définir les politiques générales et particulièrement l'intervention des Etats dans l'attribution des blocs d'adresses IP. En bref, il s'agirait d'une organisation qui chapeauterait l'Icann en ce qui concerne la gestion des nouveaux noms de domaine de premier niveau. A cette proposition sont venues s'ajouter d'autres contributions qui devraient être étudiées juste avant le Sommet de Tunis par le PreComp-3 afin de trouver le consensus souhaitable qui permettra au SMSI d'atteindre ses objectifs.
| Source: <a href="http://www.vnunet.fr/actualite/telecommunications/communaute/20051003006/">VNUnet.fr</a>
Citation: L'Europe s'oppose aux Etats-Unis sur la gouvernance de l'Internet
<i>A la veille du SMSI (Sommet mondial sur la société de l'information), les Etats-Unis sont de plus en plus isolés sur la scène internationale sur la question de la gouvernance de l'Internet.</i>
Philippe Crouzillacq , 01net., le 03/10/2005 à 19h50
L'Union européenne monte au créneau. Elle a officiellement remis en cause la suprématie des Etats-Unis sur la régulation technique d'Internet.
Cette annonce a été faite, vendredi 30 septembre, à l'occasion de la troisième et dernière réunion officielle (Prep Com 3) avant le SMSI. Ce Sommet mondial sur la société de l'information, organisé par les Nations- Unies, doit se tenir du 16 au 18 novembre prochain à Tunis. Il aura pour objectif d'assurer une meilleure diffusion des technologies de l'information dans le monde, en particulier dans les pays les plus démunis.
Les déclarations des représentants de l'UE n'ont pas déçu les observateurs. Loin de se ranger derrière les Etats-Unis - et sans rejoindre les positions extrêmes de pays comme l'Iran -, l'Europe a opté pour une position médiane, c'est-à-dire pour une approche à tout le moins multilatérale de la gouvernance de l'Internet. Dans cette optique, elle a proposé que la régulation du réseau mondial soit confiée, le cas échéant, à un organisme relevant des Nations-Unies, à l'instar de l'UIT, l'Union internationale des télécommunications.
Cette initiative remet en question l'hégémonie de l'Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), l'organisme qui, depuis des années, chapeaute pour le compte de la communauté internationale la gestion des noms de domaine sur Internet sous l'égide des autorités américaines.
Les Etats-Unis inflexibles
Dans l'acception européenne, la gouvernance de l'Internet est plus large que celle des Etats-Unis puisqu'elle inclut la gestion du DNS (Domain Name Server), mais aussi la lutte contre le spam ou la cybercriminalité dans son ensemble. « En adoptant cette position, l'Europe a montré son attachement aux caractéristiques de l'Internet, à savoir l'interopérabilité, la neutralité technologique et l'ouverture. Il s'agit là d'une position dynamique compatible avec les évolutions futures du réseau », se félicite Bernard Benhamou, maître de conférence à Sciences Po.
A contrario, du côté américain, ce sont plutôt les enjeux industriels, à commencer par le contrôle du serveur A DNS (qui détermine l'allocation des ressources Internet par pays ou les .com et .org) qui ont toujours primé. En résumé, les Etats-Unis ne sont pas prêts à partager. Et ils l'ont fait savoir haut et fort par la voix de leur ambassadeur David Gross. « Nous n'accepterons pas que les Nations-Unies prennent en charge la régulation de l'Internet », a affirmé celui-ci.
Pour les Américains, il n'est « pas question d'approuver des mesures qui pourraient avoir des conséquences négatives pour la sécurité et la stabilité des noms de domaine », et par là même créer de nouveaux risques pour l'économie des Etats-Unis.
Dans l'attente d'une hypothétique réunion de dernière minute qui pourrait se tenir quelques jours avant le SMSI de Tunis, les participants au Prep Com 3 se sont donc séparés sur ce constat de blocage et d'incompréhension mutuelle entre les Etats-Unis et le reste du monde.
| Source: <a href="http://www.01net.com/editorial/290186/">01Net</a>
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