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heros de l'amer |
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Citation: Evidemment, ça a fait l'effet d'une bombe, une détonation désagréable accompagnée de son concert de réactions hystériques, face à la "terrible" nouvelle du weekend : Marine le Pen pourrait être en tête du premier tour des Présidentielles en 2012 ! On ne s'arrêtera pas trop sur le bal, un peu pathétique, des "c'est la faute de l'autre" que jouent, depuis, les états majors du PS et de l'UMP. Comme leurs champions respectifs se voient devancés, et donc en phase d'exclusion pour le choix final, ils cherchent désespérément à en reporter la responsabilité sur le camp adverse.
Pourtant, ils sont tous les deux "coupables" de cette "grimpette" inattendue : l'UMP, car il ne cesse d'aller jeter de l'engrais sur les terrains de prédilections du Front National, que sont l'immigration, l'islam, la lutte contre les fonctionnaires de tout poil, la justice ou l'insécurité. En utilisant des discours ambigus , qui le situent aux frontières des thèses "radicales", tout en fleurant bon la récupération , qui avait servi ses ambitions en 2007 .....
Le PS, car il n'a cessé d'ignorer ou de "flouter" les problèmes réels qui touchent nombre de Français, au nom d'une politique de l'autruche qui a fini par le discréditer. Pourtant, sa position dans l'opposition, depuis 9 ans, lui aurait donné l'occasion de développer une véritable contre argumentation sur ces thèmes.
On assiste donc à un véritable festival de réactions indignées, affolées, donneuses de leçons, alarmistes , voire même fatalistes . Rien de bien constructif, en somme: l'agitation du verbe ne résout pas les problématiques du terrain ...
Malgré ce coup de tonnerre, et le vacarme assourdissant qui en découle, on pourrait , en fait , se réjouir de l'annonce d'un tel score, et ce , pour de multiples raisons :
- nous passerons assez rapidement sur les conditions de réalisation du sondage, qui défrayent un peu la chronique depuis hier : son commanditaire, le Parisien, avait besoin d'une belle"news", afin de redorer son blason, face à la nouvelle formule du JDD , son concurrent ( commanditaire, justement des dernières enquêtes ... ) : et ce n'est pas son tristounet "supplément tv" du samedi qui pouvait suffire . En plus, ce jeune institut semble ne pas avoir maitrisé toutes les données techniques nécessaires à la réalisation d'une évaluation sérieuse ...
- .... peu importe, et envisageons donc la réalité de ces "intentions de vote" : nous sommes à un peu plus d'un an des élections présidentielles de 2012 : or, si on examine tous les sondages pré électifs qui ont été réalisés avec ce type d'écart depuis 20 ans, on constate que tous les candidats prévus , alors, "en tête", se sont tous "vautrés" à l'élection finale : Balladur ( 95 ), Jospin ( 2002 ) et Ségolène Royal ( 2007 ) en savent quelque chose .... Marine le Pen devraient donc commencer à s'inquiéter d'être propulsée en tête, comme ses "prédécesseurs" , marqués par l'échec...
- l'inquiétude ne s'arrête pas là : en débarquant brutalement comme une "alternative", la fille de Jean Marie prend son état major de court : le Front National est toujours dans une logique de parti d'opposition, et il est encore en "phase de réflexion" par rapport à deux éléments clefs de son programme : l'économie et le social. Deux aspects qui répondent aux abonnés absents sur le site officiel du programme frontiste. Ça fait désordre, pour un parti désormais "présidentiable" ....
- pour le moment, le Front National a "chassé l'électeur", en respectant sa technique classique : faute d'un programme très cohérent, il a agité les habituelles peurs , qui remuent les tripes de l'électorat hexagonal : l'immigration, l'islam, l'insécurité, la perte des valeurs, etc .... Mais agiter les peurs, ça va un moment - ensuite, il faut répondre aux attentes premières, avec des propositions réellement porteuses : sur le chômage, la précarité sociale, l'éducation, le déficit commercial....Et là, c'est beaucoup moins facile de paraitre "crédible" que lors de grandes diatribes populistes : Marine le Pen en a déjà fait l'expérience, et a montré sa fragilité technique profonde, sur des sujets déterminants, à plusieurs reprises ( cf son passage au grand jury ) ....
- si Marine veut continuer à développer son capital électoral, il lui faudra donne des gages de "fréquentabilité" ( néologisme perso, pas d'affolement ) . Car son parti répond toujours aux sept critères de bases d'une formation d'extrême droite :
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- le nationalisme,
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- le traditionalisme associé au culte du passé, quitte à vénérer une certaine nostalgie
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- l'élitisme lié à la méritocratie ou à des facteurs endogènes,
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- la référence à des valeurs « suprêmes » ( morale, religion, branches laïques, etc .),
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- la crainte de la mondialisation et du métissage en général,
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- une aspiration à un système basé sur l'ordre – et le respect -
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- … le tout associé à des logiques de « combat ».
Or, officiellement, le FN se défend d'un positionnement "à droite" : un refus qui risque de passer pour une incapacité à assumer ses revendications profondes ...
- Sur un grande nombre de sujets importants, voire des clefs de son programme, Marine le Pen a joué "la valse hésitation", quitte à se contredire totalement :
. la laïcité version "Front" est à géométrie variable ( le parti est encore trop lié aux chrétiens rigoristes de Gollnisch ),
. l'avortement est interdit ou toléré suivant les jours,
. la place de l'État ( les propositions multiplient les interventionnismes étatiques ) est en opposition avec les conceptions ouvertement néo libérales du FN, en matière d'économie ,
. la politique fiscale s'égare entre affirmations "populaires" ( défendre les "faibles" ), et la réalité des projets ( fiscalité très protectrice des hauts revenus )
etc. etc.
..... ce type de "contradictions" est l'une des constantes du programme du FN ...
- Le FN ne peut plus se contenter de dénoncer le 'tous pourris" de l'establishment politique, car ses propres "casseroles " ne vont pas manquer de résonner opportunément aux oreilles des électeurs : ce parti n'a, en effet , rien d'un jeune parti, qui serait neuf en politique et sans passé douteux . Au contraire, il souffre d'un "background" très chargé , depuis sa création ( liée à des ramifications extrêmes ), jusqu'à son bilan politique, qui est loin d'être "propre" ( les électeurs locaux ne s'y sont pas trompés : ils n'ont jamais réélu ce parti à la tête de responsabilités territoriales importantes ). De plus, son nouvel état major, malgré tous les efforts de Marine , pour le présenter comme un parti modéré et respectable, ne correspond guère à ces qualificatifs : on y trouve nombre de "durs" ( "megretistes" revenus en grâce ) et de transfuges de l'extrême droite la plus radicale ( le Bloc Identitaire )... Et, surtout, aucun "spécialiste" de renommé internationale, d'expert reconnu, pourtant absolument nécessaires à la constitution d'un éventuel gouvernement ....
- cet électrochoc , qui pourrait laisser envisager le célèbre " 21 avril bis" , arrive peut-être beaucoup trop tôt, au goût de Marine : en 2002, la surprise avait tétanisé les états majors, et il était ensuite trop tard, sauf pour un pauvre "sursaut républicain", qui n'est même plus d'actualité aujourd'hui. Mais là, l'avertissement est effectif, et réalisé. Il donne paradoxalement le temps aux autres partis de développer une contre attaque "lourde" dont ils ont le secret, avec l'aide de leurs appareils, afin de décrédibiliser progressivement le "danger" Le Pen ....
....Finalement, ce "succès" pourrait donc laisser des traces d'amertume dans la bouche de la blonde bretonne .....
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