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jeff932 |
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Citation: "C'était un rendez-vous" est un court métrage français de 1976 réalisé par Claude Lelouch.
SYNOPSIS
Une traversée de Paris à grande vitesse, réalisée en plan séquence
REALISATEUR : Claude Lelouch
DUREE : 9 minutes
ANECDOTE
« Je roule comme Trintignant dans Un Homme et une Femme, pied au plancher, compteur bloqué à cent quatre-vingts, prenant tous les risques. Et même d'avantage, puisque je ne suis pas au rallye de Monte-Carlo, mais en plein Paris. À côté de moi, mon chef opérateur contrôle la vitesse de la caméra accrochée au pare-chocs. Nous brûlons systématiquement tous les feux rouges. Les rues et les avenues défilent à une vitesse terrifiante.
A ce moment là, je me dis que les spectateurs seront collés à leurs fauteuils, écrasant du pied un frein imaginaire. Car c'est un film, bien sûr, que je tourne. Neuf minutes trente secondes. Neuf minutes trente secondes de pellicule, c'est ce qui me restait à la fin du tournage de « Si c'était à refaire », au moment des rendus. Trouvant dommage de laisser perdre ces précieux trois cents mètres de pellicule, j'en ai profité pour réaliser un projet qui me tenait à cœur depuis longtemps : un film en un seul plan-séquence où la caméra traverserait Paris à grande vitesse, son regard étant celui d'un homme qui conduit comme un fou parce qu'il est en retard à un rendez-vous.
J'avais eu cette idée un jour où, moi qui suit toujours ponctuel, j'étais dans la même situation. Comme il était vital que j'arrive à l'heure, j'ai traversé Paris à une vitesse hallucinante, brûlant des feux rouges, empruntant des sens interdits, prenant des risques insensés. Comme je suis entrain de le faire en ce moment même. Cinq cent soixante-dix secondes, pas une de plus, c'est le temps que j'ai pour effectuer le trajet porte Dauphine-place du Tertre. Avec deux principaux problèmes techniques. Le premier consiste à coordonner le parcours de la voiture avec l'action des dix dernières secondes, quand Gunilla, ma compagne de l'époque (qui est aussi la mère de ma fille Sarah) s'avancera vers le véhicule qui s'arrêtera devant elle. C'est le bruit du moteur, à mon approche de la place du Tertre, qui l'avertira qu'il est temps de s'avancer jusque dans le champs de la caméra. Le second problème réside dans l'impossibilité d'assurer la sécurité de l'opération. J'ai limité les risques en tournant ce film cascade au mois d'août, à cinq heures trente du matin, au lever du jour. La circulation est donc quasiment inexistante. Je n'ai pu cependant obtenir l'autorisation de bloquer les rues débouchant sur mon parcours. Un véhicule peut donc déboîter devant moi à n'importe quel moment. Si cela se produit, je prie pour avoir le coup d'œil et les réflexes nécessaires pour réagir au quart de seconde. L'étape la plus dangereuse du parcours demeure le passage des guichets du louvre. Il n'y a aucune visibilité à la sortie. Si une voiture surgit à ce moment devant mon capot, la collision sera inévitable. J'ai donc posté mon assistant, Elie Chouraqui, à cet endroit stratégique. Grâce à son talkie-walkie, il me parviendra en cas de danger. J'arrive à la hauteur des guichets du Louvre. Aucun signal de la part de « Chouchou ». Je fonce. Le reste du parcours s'accomplit sans problème. Je ralentis place du Tertre, et Gunilla, avec un chronométrage parfait, s'avance à ma rencontre. Un quart d'heure plus tard, je retrouve Chouraqui, en train de bricoler son « talkie ».
- Qu'est ce qui se passe ? - C'est cette saloperie ! me dit-il en désignant l'appareil. Il est tombé en panne au début de la prise !
J'ai un grand frisson d'angoisse rétrospectif.
Debout dans le bureau du préfet de police, j'ai la sensation d'être un enfant puni. Je m'apprête d'ailleurs à l'être et sévèrement.
D'une voix de procureur, le préfet, qui m'a personnellement convoqué, dresse à mon intention la liste de toutes les infractions que j'ai commises pendant les quelques minutes de tournage de Pour un rendez-vous. Elle est interminable. Quand il a fini, il lève sur moi un œil noir et dit en avançant la main :
- Remettez-moi votre permis de conduire, s'il vous plait. Le moment serait mal choisi pour discuter. Je m'exécute. Le préfet de police s'empare du document, le contemple rêveusement pendant quelques secondes, puis... me le rend avec un large sourire. - Je m'étais engagé à vous le retirer, me dit-il. Mais je n'ai pas précisé pour combien de temps.
Devant ma stupéfaction, il ajoute : - Mes enfants adorent votre petit film ! »
Source :Claude Lelouch
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Ce film, modeste dans sa durée et son scénario mais immense par ce qu’il recouvre, fut longtemps tenu secret. Lelouch en eut honte, le tut jusqu’à aujourd’hui, comme un réalisateur répugnera jusqu’au bout à avouer un snuff movie dans sa filmographie. Ce "snuff car movie" accomplit avec Internet sa vraie carrière ; on en parle dans les forums où il acquiert une dimension culte ; on dit à son sujet tout et n’importe quoi. Que l’auto était aux mains d’un pilote de course, ami de Lelouch (Jacques Laffite, Jacky Ickx, Johnny Servoz-Gavin ou encore Jean Ragnotti sont les noms les plus fréquemment cités), que cette auto était une Ferrari 275 GTB, que la vitesse annoncée ne correspond pas à l’impression ressentie en voyant les images, bref chacun y apporte ses fantasmes.
La réalité est plus simple. Mais pas moins impressionnante. Claude Lelouch est obsédé par le fait d’être à l’heure à ses rendez-vous. De cela est née l’idée de faire un film à propos d’un type obligé de traverser Paris à toute allure pour ne pas faire attendre sa belle. L’occasion s’est présentée en août 1976, à la fin du tournage de Si c’était à refaire, quand le metteur en scène s’est retrouvé avec des chutes de film vierge, l’équivalent d’un chargeur plein, soit une dizaine de minutes. Avec son assistant Elie Chouraqui, il a exploré les pistes possibles pour un tel tournage. Elles n’étaient pas nombreuses, une seule en fait : demander en Préfecture l’autorisation de bloquer la moitié de Paris pour un court de 9 min. Trop cher, trop long à obtenir. A écarter.
Restait l’autre option : faire ça au noir, ni vu ni connu, un dimanche matin à l’aube
Après qu’on eut fixé une caméra à l’avant de sa Mercedes 300 SEL 6.9 personnelle, Lelouch s’installe au volant. A côté son chef op, pour agir à distance sur le diaphragme, derrière le chef machino. Les trois sont sanglés comme des pilotes de Nascar. Mission : rallier la place du Tertre sans s’arrêter, d’une part, à fond d’autre part. Au premier danger, Lelouch a décidé qu’on laisse tomber. Il faut que ça marche au premier coup. Une roulette russe automobile.
Délégué à la surveillance des guichets du Louvre, le passage le plus dangereux car totalement aveugle, Chouraqui, un talkie-walkie en main, doit prévenir le pilote d’un éventuel obstacle. Problème, l'appareil de Chouraqui tombera en rade, ce que Lelouch ignore en déboulant à 200 à l’heure au pont du Carrousel (l'image ci-dessus), frôlant le cul d’un bus pour plonger devant ce qui sera plus tard la Pyramide du Louvre et fondre sur les Guichets qu’il franchit à plus de 100. Coup de bol, le feu est vert.
Le cinéaste raconte la suite sur son site Internet [1] : "Puis j'ai remonté l'avenue de l'Opéra. Le carrefour était bloqué par un bus. Pour éviter de ralentir, j'ai dû passer de l'autre côté de la chaussée, des voitures venant en sens inverse. Place de l'Opéra, pas de problème ! J'ai ensuite pris la rue de la Chaussée-d’Antin vers Clichy. Je suis tombé sur des camions poubelles que je n'ai pu dépasser qu'en montant sur le trottoir. Je croyais ne plus avoir de problèmes. Mais en arrivant rue Lepic, j'ai été bloqué par un type qui livrait. J'ai pris de l'autre côté, vers le Gaumont-Palace, en destruction à l'époque. J'ai remonté la rue Caulaincourt, ce qui me rallongeait énormément. Je ne savais pas s'il allait me rester suffisamment de pellicule. J'ai donc pris des rues en sens unique pour arriver à Montmartre dans les temps…"
La bande son, ajoutée au montage, correspond à une sonorité Ferrari. C’est le seul trucage.
Le résultat est un film qu’on n'a jamais vu, projeté de temps à autre dans des festivals où il fut toujours objet de polémique, tantôt sifflé, tantôt adulé. C’est un film qui n’a rien à voir avec notre sport où la pratique de la vitesse est légale, encadrée par une batterie de règlements. C’est un film qui fait peur. C’est un film qu’on aime.
C’était un rendez-vous (Claude Lelouch), visa n°46 452, durée 9 min © 1976 Les Films 13
Le pilote serait sous toute vraisemblance Jean Ragnotti !! à verifier
On peut voir que c'est un trés bon pilote qui maitrise son engin,
Signaler ce message à un modérateur | IP: Logguée Temps en ligne : 45 Jours, 1 Heure, 0 Minute, 2 Secondes en ligne
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