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Forum OXMO Forum OXMO > Section Loisirs > Littérature > [JEU] Prix littéraire Oxmo 2005: postez ici vos textes !


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[JEU] Prix littéraire Oxmo 2005: postez ici vos textes !

Je vous invite à poster vos nouvelles dans ce thread ! En attendant de lire vos oeuvres bon courage à tous !


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La réunion


« Le 26 juin, un peu avant midi, il m'est arrivé quelque chose que je n'oublierai plus: je suis mort. »
- Non ! Aurélien, ce script est le pire que tu m’aies fait lire, hurla Richard.

Ça a débuté comme ça. Moi, j'avais jamais rien dit. Rien ! D’ailleurs, vu l’état dans lequel je me suis couché, je ne comprend même pas comment faisait richard, mais, lui il avait la forme, la très grande forme même.
Richard c’était un grand gars sec, pince sans rire, très chiant mais rarement en colère, ce matin je ne sais pas ce qu’il avait après Aurélien.
A décharge, ce script n’était pas un des meilleurs qu’il nous ait fourni, toutefois Richard en avait accepté des pires alors pourquoi ce matin avait-il décidé de ne rien laisser passer ? Je pressentis que nous étions partis pour de longs monologues comme il en avait le secret.

- Partout il est question de mort, tiens au hasard celle ci « Facteur, triste facteur ! Un cercueil sous ton bras ! ». Tout est sombre, aseptisé froid et mélancolique, pas une once de créativité là dedans.
- Non ! Aurélien tu m’as habitué à plus de punch et ne me dis pas que c’est la faute de ce Blake, je me fiche de ce qu’il fait et peut m’importe qu’ils se pressent pour voir ses films.
- Sérieusement, écoutes ce que tu as écrit ont dirait le fruit de l’accouplement entre David Hamilton et Marie Shelley, je cite « Il eut un songe : il lui semblait qu’il était couché d’abord sur des herbes sèches; parmi lesquelles il y en avait quelques-unes de piquantes qui l’incommodaient; et qu’ensuite il reposait mollement sur un lit de roses, dont il sortait un serpent qui le blessait au cœur de sa langue acérée et envenimée. « Hélas! disait-il, j’ai été longtemps couché sur ces herbes sèches et piquantes, je suis maintenant sur le lit de roses, mais quel sera le serpent? » ». Et ensuite tu nous dit «Après ce songe, il a une autre vision : il se voyait en France, à Aix, sur un perron; avec deux chaînes, il retenait un ourson ».
Sans laisser Aurélien s’expliquer, Richard surenchérit de plus belle :
- C’est non seulement creux, insipide et mauvais, mais jamais en tant que producteur je n’accepterai aucun animal sur le tournage, déjà que l’on va en Hongrie, ce n’est pas pour se retrouver à gérer un zoo. D’autant que si la SPA tombe dessus elle usera de son influence pour retarder le visa d’exploitation.

Ah La métaphore de l’accouplement, c’est vrai qu’il était en très grande forme le Richard. Il s’acharnait sur Aurélien comme l’ouragan s’abat sur les populations démunies, et de rajouter :

- Aurélien, Je te rappelle le synopsis de départ, Jonathan Noël est un écrivain. Il ne brille pas par une carrière éclatante, mais cette fois il y croit, il a le sentiment de créer LE roman, celui de sa consécration. L’histoire est pourtant simple on filme ce qu’il couche sur papier, un fond de péplum chic, et hop les amours adultérins de Charles et Lucrèce Borgia, le tout en décors plus beau que nature.
Y a pas à tortiller du cul, je veux du sexe, du sexe, du sexe, le reste tu brode autour, t’as compris ? Tonitrua Richard à l’intention d’Aurélien.
D’une certaine manière j’aimais autant que ce soit Aurélien plutôt que moi, qui subisse la mitraille de Richard.

- Patron, c’est bon je crois que je la tiens cette fois écoutez, minauda Aurélien
« LORSQUE lui arriva cette histoire de pigeon qui, du jour au lendemain, bouleversa son existence, Jonathan Noël avait déjà dépassé la cinquantaine, il avait derrière lui une période d'une bonne vingtaine d'années qui n'avait pas été marquée par le moindre événement, et jamais il n'aurait escompté que pût encore lui arriver rien de notable, sauf de mourir un jour. » c’est bien comme intro hein ?

- Aurélien tu te fiches de moi, je t’ai dit pas d’animaux c’est quoi cette histoire de pigeon, t’es con ou quoi ?

A ce moment là je crois qu’il n'y avait pas de terre ferme; il n'y avait pas de lac qui soit assez profond pour qu’Aurélien puisse échapper au courroux de Richard.
Le pschiiit électrique d'un flash d'appareil photo se déclencha, aveuglant Richard l'espace d'un instant, c’était Bérénice l’assistante de Richard qui par mégarde venait d’appuyer sur le bouton. N’importe qui se serait fait fusiller pour un tel outrage, n’importe qui sauf Bérénice, il faut dire qu’en deux semaines les choses ont bien changé pour elle.

Je me rappelle encore cet instant où je l’ai présenté à la boite ils ont tous cru que c’était ma copine, pourtant la première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide et Richard n’était pas loin de partager son opinion.
C’est vrai, que ce n’était pas à proprement parler un canon, mais une gentille fille prête à tout pour rendre service.
Le sourire aux lèvres en toutes circonstances et des yeux profond et mutins, ajoutez à cela une forte poitrine toujours tendue sous un chemisier trop cintré et une paire de fesses rebondies plantée sur des jambes fermes, vous obtiendrez Bérénice.
Même si elle était la simplicité incarnée, elle savait y faire et les pipes qu’elle prodiguait sur mes conseils à Richard, lui permettait d’avoir un contrôle total sur son patron. En guise de remerciements Richard tiraillé par le remord de profiter honteusement de Bérénice à mon insu, me fichait une paix royale et tout ce que je demandais m’était accordé.
Il faut dire que j’avais bien renseigné Bérénice sur les goûts et les petites manies de Richard, en retour cette fille me témoignait une reconnaissance hors normes, a un point tel qu’indépendamment qu’elle ne soit ni ma femme ni ma copine en titre je me sentais de plus en plus lié a elle et tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé.

Rien ne nous prédestinait pourtant, il y a trois semaines par une fin d’après midi chaude et humide tandis que j’effectuais le réapprovisionnement du réfrigérateur. Les caisses passées une des roues avant du caddie couinait et avait une tendance marquée à obliquer vers la gauche et, ce ne sont pas les vingt cinq packs de corona qui facilitaient la manœuvre de retournement de l’engin pour accéder à ce fichu parking. C’est ainsi que j’éclatais le cabas de Bérénice qui eut le malheur de se trouver là à cet instant, projetant sur sa jupe un mélange de lait, de confiture et de miel. Alors que je m’attendais à recevoir les foudres divines, elle me souria gentiment en inclinant la tête. Il était bien naturel que la raccompagne chez elle, elle n’allait tout de même pas rentrer toute seule dans cet état. Je la fis donc monter dans ma voiture et je commençais à essuyer sa jupe avec des mouchoirs en papiers tout en me confondant en excuses.
Sans un mot elle mis son index sur ma bouche puis jetant le kleenex elle guida ma main vers sa cuisse, pour racler la confiture, étonné je fus mais pas autant que lorsqu’elle porta ma main à sa bouche et se mis a me sucer goulûment les doigts.
Une fois propre je fis glisser ma main le long de sa joue, son cou, m’attardant sur sa nuque pour enfin finir ma course contre son opulente poitrine, tandis que l’autre s’affairait à faire glisser sa jupe souillée.
Alors que je lui caressais l’intérieur des cuisses en remontant vers son nid douillet, elle s’est mise a genoux sur le siége et commença à dégrafer mon pantalon, ouvrit ma braguette et lentement sortit mon sexe turgescent, lécha abondamment sa main et doucement s’entreprit a quelques mouvements de va et vient pour me décalotter le gland.
Je caressais sa culotte devenue humide et sentais sous le tissu son petit mont se durcir sous mes attouchements.
Il ne lui fallu pas longtemps, pour me prendre en bouche, quelle fille, tantôt succion, tantôt aspiration, sa langue se faisait câline ou curieuse, elle me léchai la verge comme elle aurait dégusté un cornet de glace, avec la même gourmandise, avec la même avidité. De mon coté je ne la ménageais pas non plus, elle ruisselait tant mes caresses devenaient pertinentes et ses petits tressaillements me laissait présager qu’elle n’allait pas tarder a me jouir dans les doigts.
Bérénice m’a sorti le grand jeu, la pipe infernale, le grand 8, le chamboultou, la pieuvre édentée, la sangsue de Bornéo, elle réussit en en temps record à recueillir l’onctueux fruit de ses efforts.

A cet instant quand je regarde Bérénice je me souviens de la voiture et, je bande encore... ! En fait, c’est vrai à chaque fois que je la regarde et des souvenirs nous en avons accumulés en trois semaines.

Maintenant là par exemple, Richard est fou de rage après Aurélien, moi assis dans un coin, je pense à quoi ? Aux seins lourds de Bérénice, à son sexe mi-épilé qui se frotte contre ma bouche, à l’odeur suave et musquée qu’elle répand quand son corps vibre de plaisir.

Encore hier soir, après une longue et épuisante journée de casting, comme on avait fini tard, Richard avait réussi à la coincer dans son bureau et obtenir qu’elle le pompe tandis qu’il compulsait une dernière fois ses notes. Sacré Richard ça l’aide à se concentrer parait-il, je l’imagine le pantalon sur les chevilles alors que Bérénice en bas et porte-jarretelles pour seuls vêtements s’applique à lui éponger le gland sous la table. En contre partie de quoi elle avait néanmoins obtenu qu’il invite sur ces deniers personnels, toute l’équipe à finir la soirée dans ce nouveau club.

Une petite lune brillante était suspendue haut dans le ciel nocturne, et les constellations de l'automne saupoudraient le ciel bleu-noir comme une poussière de diamants broyés, c’est ainsi que nous arrivâmes, Richard, Aurélien, Bérénice et moi devant la lourde porte capitonnée du club.

Je sonne et met Bérénice devant, une paire d’yeux nous scrute longuement, « c’est bon allez y » fit le patron en nous ouvrant la voie.
Le claquement de la porte noire qui se refermait emplit l'univers feutré qui régnait dans l’endroit, très vite je compris que c’était une boîte bizarre.
D’un coté le bar, une piste de danse déserte et de l’autre coté des coins baignés de pénombre ou des couples s’affairent. Au fond d’un corridor une scène étrange, une fille nue est allongée, pieds et poings liés, à ses cotés un nain en cuir rouge lui peint le corps se servant de son sexe monstrueux comme d’un pinceau.

Allons y dit Bérénice, J'aime les nains qui savent bien peindre..! Richard qui n’était pas familier de ce genre de spectacle resta estomaqué devant la taille de l’engin du nain « Chacun de nous est comme Dieu l'a fait, et bien souvent pire» dit il finalement un soupçon d’amertume dans la voix se demandant comment un si gros sexe pouvait appartenir a un aussi petit homme.

Il ne fallu pas longtemps à Bérénice pour devenir familière des lieux, elle s’installa à une table, commanda deux bouteilles de champagne et nous invita à la rejoindre.
La garce n’avait pas choisi la table au hasard, elle disposait maintenant d’une place de choix pour observer deux couples qui copulaient sous les regards échauffés d’une bande de motards moustachus. C’est vrai que les deux filles en donnaient du plaisir, à se lécher mutuellement elles étaient dèja le visage maculé de la jouissance de l’autre, tandis que se faisant face, deux hommes les prenaient sans ménagement. Les quatre corps ondulaient dans un joli mouvement et se choquaient mutuellement à un rythme effréné, c’est vrai qu’a la place des motards je serais bien chaud moi aussi.

Tandis que nous vidions consciencieusement une troisième bouteille, Bérénice commençait à avoir chaud, elle se trémoussait et jetait à la cantonade des regards de chatte en chaleur, alors qu’elle entreprit de se caresser en ouvrant son chemisier elle mit un pied sur l’entrejambe de Richard et l’autre sur le mien pour mieux nous exciter.
Très vite les deux seins lourds de Bérénice jaillirent de leur écrin de dentelle. Des seins comme jamais j'en avais vu, fermes et doux à la fois, un très joli galbe de poire surmontés de tétons rosés gros comme des boutons de console, durs et longs, j’avais à chaque fois la même envie de les aspirer, de les caresser de les titiller de les faire rentrer à l’intérieur. Rien que l'idée de prendre ses seins dans mes mains, de les attraper par en dessous et les faire rouler sous les doigts, me mettait dans une exitation terrible, Il m’en faut moins pour m’installer ses cotés et me mettre à l’ouvrage, c’est d’ailleurs ce qu’elle attendait, et comme si cela ne suffisait pas elle écarta les cuisses pour que tout l’entourage puisse profiter du spectacle des ses jambes offertes, comme souvent à son habitude Bérénice ne portait plus de culotte dés le milieu d’après midi, non pas qu’elle aimait particulièrement avoir l’intimité à l’air. Un jour, elle m’avoua un jour qu’elle emmenait pourtant trois culottes de rechange chaque jour, mais que cela ne suffisait pas, alors à un moment il faut bien que je sèche me dit elle en riant.
Sacré Bérénice, elle commençait à émettre des râles de plus en plus forts alors que je m’évertuais à lui introduire un doigt tout en lui cajolant son bouton d’amour.

Je ne sais pas si c’est cela ou Aurélien bourré qui a crié que Richard était un vrai enculé, toujours est il que nos amis les motards se sont mis à nous entourer, Bérénice en a bien sucé quelques uns et même plusieurs en même temps, mais la meute en voulait plus, toujours plus et ce hors d’œuvre que leur offrait notre amie, n’a fait que leur ouvrir l’appétit. Pauvre Richard il semblait bien mal en point quand nous l’avons remis dans taxi.
A la réflexion, c’est peut être même pour ça que Richard en a après Aurélien ce matin !

- Bordel ! Hurla Richard en s’adressant à moi, tu penses à quoi ? T’as rien dit de la réunion ce matin, tu crois peut- être que je te paie a dormir ?
Aurélien, répète ta dernière phrase pour mossieu qui dort
- euh… la dernière scène, extérieur nuit, travelling arrière, « Le jour s'en va, la nuit est tombée; Charles, le puissant empereur, est endormi. » fondu au noir générique.

- Alors t’en penses quoi ? hein s’exclame Richard

- Bah, J’ai pas le sentiment que soit assez sexe ? Fis-je .


…/…
euhh on avait bien dit que le style était libre non ?
Merci à ceux qui ont eu le courage de lire jusqu'au bout, je ne sais pas si cela vous a plus, en tout cas moi ca m'a fait marrer de me livrer à ce genre d'exercice.

5 pages, 2444 mots, 11 473 caratères, deux kleenex et une bonne douche !


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Mais de là à dépasser les bornes... !
Il y a des limites !!!


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les deux kleenex, c'était pour quoi ?


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ah!
un peu de lecture: je prends!
heu...
on peut faire des commentaires après ou interdit d'influencer le jury?


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"Elle attend... elle attend... patiemment... elle attend"


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EXCELLENT ! Je me suis bien marré ! Dans un style Houellebecq un peu cynique c'est assez réussi !

Au suivant !!!


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Edité par Servef le 08-11-2004 à 11:05

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Les commentaires sont les bienvenus ! Le jury a assez d'esprit critique pour ne pas être influencé !


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La soirée

″Le 26 juin, un peu avant midi, il m'est arrivé quelque chose que je n'oublierai plus: je suis mort...″
Tu parles d’un titre à deux balles ! Pourquoi une certaine presse (si jamais cela mérite le nom de presse) s’acharne-t-elle à vouloir faire revenir sur le devant de la scène des personnes retombées dans l’anonymat à grands coups de titres racoleurs...Mais, laissez nous tranquilles à la fin ! Non seulement on doit les supporter pendant X années et,quand enfin on arrive à s’en débarrasser,les voilà qui reviennent par la petite porte, pour nous raconter une histoire qui est rarement rocambolesque,souvent pitoyable.
Sommes nous donc abonnés à vie ? Je n’ais rien signé moi, en plus ça me poursuit jusqu’à chez moi ! Si j’attrape Tab et sa stupide habitudes d’acheter ces magazines et ensuite de les semer au grès du vent chez ses potes.Est ce que je dépose mes poubelles chez lui ? Le pire dans tout ça, c’est que à chaque fois qu’il en laisse un quelque part, la personne qui le retrouve va le lire dans l’heure qui suit.Doit y avoir un produit dedans qui t’hypnotise ou qui te rend accro et qui fait que tu ne peux pas t’empêcher de le feuilleter.Peut-etre dans l’encre ou alors des images subliminales…va savoir…hum…voyons voir ce qu’il y a d’autre la dedans…Faire du sport,manger bio,ne plus prendre l’ascenseur,prendre votre café avec du sucre non sucré…bla-bla-bla…vous vivrez mieux et surtout,vous vivrez plus longtemps.
L’internationale des vieux est en marche et, elle va tout balayer sur son passage.A vos brumisateurs, prêts, partez…Le problème est : est-ce que j’ai envie de vivre vieux là-dedans, est-ce que j’ais envie de traîner mes ″vans″ dans ce bourbier qui te bouffe de ton premier cris jusqu’à ton dernier souffle.
Mais, qu’est-ce qui m’a pris de faire ça ? Qu’est-ce qui m’a pris d’accepter cette invitation ?
Pourquoi je ne suis pas resté chez wam, à zapper sur les cent vingt chaînes du câble pour finalement éteindre la boîte à visions et m’allonger dans mon hamac et écouter ce bon vieux ″Kind Of Blue″.Merde Miles ! Pourquoi n’as-tu pas fait ton job ce soir, pourquoi tu ne m’as pas envoûté comme tu sais si bien le faire à l’ordinaire ?
Un bip sur mon portable, plus de feuilles dans mon paquet d’OCB et me voilà parti pour cette soirée.Incroyable comment je peux m’agacer quand je réagit comme ça.Juste une minute pour repenser à la dernière soirée et à sa fin calamiteuse et, je ne me serais pas retrouvé dans cette épave en pleine nuit, en train d’attendre que le calme soit revenu tout autour de moi.Mais, revenons en au déroulement de cette histoire :
Il est dix neuf heure,je descend les escaliers,retrouver en bas de mon immeuble mon pote Dell qui m’attend paisiblement dans son épave roulante.Pret à se faufiler à travers des ruelles impossibles,afin d’éviter le moindre embouteillage pour être à l’heure au 132 de la rue des âmes.Le starter au maximum ( sinon elle cale et là la seule solution c’est le pousse-pousse) La Renault Fuego crache une fumée blanchâtre qui se marie parfaitement avec le nuage qu’expulse Dell par la fenêtre du conducteur.L’autocollant ″Non au nucléaire″ sur le coffre arrière de la voiture est vraiment parfait dans cette circonstance.Un coup bien placé sur la portière et le carrosse s’ouvre à son passager.Aussitot, les premières notes de″Entroducing″ de DJ Shadow se font entendre et,inondent le trottoir à la grande désapprobation de mon concierge qui a là,la confirmation de tout le mal qu’il pense de moi.Le sourire que je lui envoie n’a pour effet que le claquement de la lourde porte d’entrée.Sur ce bruit sourd,nous voilà parti à travers la ville.
- ″ Tu te rends compte que depuis quelques années ,il ne se passe pas un jour sans que l’on ne célèbre une journée mondiale contre ou pour quelque chose.En plus tu as vraiment le choix , régionale,nationale,européenne,internationale : Journée mondiale de la terre,de la transhumance,pour la santé,contre la douleur,journée de l’UDF,journée contre la grippe aviaire,rencontres francophones de la schizophrénie…bref,un vrai filon pour la presse.à longueur de JT ou de journaux.Ils sont tranquilles comme ça.Les papiers sont bien préparés à l’avance et hop le moment venu,ils n’ont plus qu’à les sortir du freezer et à les présenter à nos yeux ébahis devant tant de discipline et de rigueur journalistique.A croire qu’il ne se passe rien d’autres sur notre planète bleue.Et c’est toujours la même histoire du côté de la rédaction.Quand je soulève le problème,le rédac-chef me répond que cela intéresse les gens et que ce sont de très bonne transitions entre des sujets opposés.Qu’il ne faut surtout pas lasser les lecteurs avec trop de suivi.Je fait quoi moi la dedans,tu peux me le dire ?″
Sans attendre de réponse de ma part, il accélère et engage la voiture entre brume et pluie.
Une heure plus tard, nous voilà devant le 132 de la rue des âmes.Un pavillon identique à tous ceux de la voie mais, pas de doute, la soirée a bien lieu là vue le niveau sonore qui s’échappe des fenêtres qui sont pourtant à double vitrage.Nous nous laissons happer par les décibels et pénétrons dans la soirée.Pas le temps de poser ma veste que déjà je suis harponné entre le hall d’entrée et le salon.
- " Ce qu’il faut comprendre K, et ce que j’ai compris, et qui est une évidence c’est que en ce moment le voyant lumineux de mon répondeur téléphonique clignote d’une autre couleur."
Je vous présente Darius.Un bon ami.Ca fait quelques années maintenant que l’on se connaît, ça date de la maternelle. Autant dire que l’on se connaît bien.Enfin je crois...En ce moment il psychote pas mal, enfin en ce moment c’est une façon de parler parce que ça fait un petit moment que sa grimpe chez lui. Un sacrée guide de haute montagne dans sa catégorie le Darius. J’aimais bien sa douce folie au début, sa changeait et puis peut être que je cherchais çà à ce moment là.
-" Pourquoi c’est de quelle couleur un voyant de répondeur téléphonique ? "
-" C’est vert bien sur…et le mien en ce moment il est rouge ! "
C’est assez incroyable quand pour la première fois on se retrouve face à quelque chose que l’on nomme régulièrement sans jamais vraiment la rencontrer : la schizophrénie.
A ce moment là j’ai deux possibilités .Soit je rentre dans son histoire (et ça ne serai pas la première fois), soit je m’esquive comme j’ai bien appris à le faire. N’ayons pas peur des mots, je suis devenu un athlète de haut niveau en la matière. C’est tout un art. Se faufiler sans être vu.Il y’a bien une autre réaction : être présent physiquement tout en s’échappant de son envelope.Mais je n’aime pas trop faire cela, c’est un tantinet gênant, mais parfois la fatigue ou la non envie vous font choisir ce mode là.
-"Et c’est pas bon signe ? "
-"Mais enfin K, tu ne comprends pas ? "
Je me demande bien pourquoi j’ai choisi cette voie là ?
-" Qu’est ce que tu veut que je te dise... tu sais, la couleur des voyants des répondeurs téléphonique c’est pas mon fort "
-" Je te dis que le mien en ce moment il est rouge. Mais ça ne m’étonne pas, c’est la suite logique. Le problème c’est que je les ais démasqué et, il y a pleins d’autres petite choses comme ça. Ce couple que je croise à différents endroits par exemple, l’autre jour ils étaient en bas de chez moi dans la rue dans une voiture. Ils faisaient semblant d’attendre quelque chose, et quelques jours plus tard, j’ai vu la même voiture dans mon rétroviseur. Ils sont vraiment pas discrets, mais bon c’est pas un problème moi ça m’aide. "
J’ai comme l’impression que ce ça va être la version longue ce soir. Il est redoutable dans ces conditions. Le pire c’est que si on ne fait pas attention, on commence à entrer dans l’histoire et, de façon totalement absurde, on se met à douter et on regarde dans son rétroviseur sur le chemin de retour. Il faut absolument que je réussisse à m’échapper sinon je vais prendre du retard dans la soirée. Désolé Darius, pas ce soir. Encore faut-il trouver la manière, je ne peux pas l’arrêter comme ça. Quoi que, si je réfléchie, il ne m’a pas donner le choix non plus. Pourquoi devrais-je me plier, une fois de plus, à cette cérémonie dariusienne ? Il n’y aura pas de sacrifice ce soir, ou en tout cas ça ne sera pas moi l’agneau. Question de survie, je dois trouver un remplaçant. Et pourquoi pas Magic ? Ils sont sur les mêmes ondes ces deux, toujours prêt à partir dans un chorus endiablé. Je me demande si c’est vraiment un hasard qu’ils soient là tout les deux ce soir, il faut toujours prévoir un minimum dans une soirée vous ne croyais pas …? Il y a de fortes chances qu’il y ais des dégâts collatéraux dans cette bataille de francs-tireurs. Ils ne font ni dans la dentelle ni dans la frappe chirurgicale. Et si c’était le cas, je pense que j’inviterai un général de l’armée à la retraite pour nous expliquer le déroulement de la joute. Je les trouve tellement choux ces vieux guerriers, décorés comme des sapins de noël, quand ils essayent de nous expliquer des non images de guerres et autres bombardements nocturnes verdâtres en direct des messes informatives. Je me demande si c’est facile ou pas d’en faire venir un chez soi, juste pour une soirée …«Général 30mn » livré chez vous en 30 minutes maximum,passé ce délai nous nous engageons à vous faire demi tarif sur la course. L’image d’un général, assis sur le porte bagage d’une mobylette rouge de livraison, traversant la ville à vive allure me fait mourir de rire. Faudrait-il inventer un fauteuil particulier pour nos consultants en goguette ? On a bien crée une boite pour permettre aux pizzas de ne pas refroidir en chemin quand on vous les livre à domicile, pourquoi pas pour mon chef de guerre. Je le veux chez moi en pleine forme, que du premier choix. Mais je divague, je m’emporte et j’en oublie le principal : Darius est là devant moi et il attend une réponse.
-" Tu sais que selon Magic, Neil Armstrong n’a jamais marché sur la lune en 69. La mission Apollo XI ne serait jamais allée mettre les pieds sur le caillou poussiéreux là-haut.Tout cela n’était que propagande. Tout a été fait en studio et en plus de façon parfois grossière. On ne rappelle jamais assez la situation géopolitique de cette époque : La guerre froide Darius ! L’ennemie bolchevique, mangeur d’enfants, avait déjà envoyé un pauvre type faire le tour de notre planète à bord d’une canette de l’espace. Comme dans une cours de récréation, pour être plus fort que l’autre, ils ont monté ce bobard certes un peu gros mais qui a fonctionné à merveille. Et forcement les gens l’ont vu à la télévision donc l’ont cru, puisque toi comme nous savons très bien que la télévision ne ment jamais ! "
Je me demande si je n’en ais pas trop fait là ? En même temps en l’attaquant sur un de ses points faibles je me garantie son adhésion et je le vois détaler vers quelqu’un qui sera plus apte que moi pour soutenir ce genre de conversation. Mais je ne me fais pas de soucis, nous nous croiserons encore de nombreuses fois dans la soirée et qui sais le genre de discussions que nous aurons.
Toutes ces personnes dans la pièce me rappellent ce qui c’est passé ce matin pour moi à l’anpe.N’allez pas faire de comparaisons qui n’aurais pas lieu d’être, il s’agit juste de la masse de gens présente qui me fait revenir ma matinée passée à l’ANPE.Au moment ou j’ais franchi la porte des locaux (qui se trouvent de façon passagère dans les vieux murs désaffectés d’une usine laissé à l’abandon, la belle image que voilà…), j’ai juste le temps d’entendre :
-"Panne nationale…je suis désolé mais, je ne distribue pas de ticket pour ne pas vous faire attendre.Nous avons une panne de tout le réseau informatique, nous ne pouvons rien faire pour vous, désolé, peut-être que d’ici quelques heures…ceux qui veulent partir peuvent, pour les autres il y aura de l’attente."
Bingo ! Motivé comme un jeune scout qui prépare son premier camps, je me suis retrouvé tôt ce matin ici pour faire vite et bien mon inscription comme demandeur d’emploi.Pas de ticket pour ne pas attendre…si seulement c’était vrai, comme si le simple fait d’avoir un ticket permettait de passer la vitesse de la lumière tel le commandant du Faucon Millénium.
Donc, fébrile, j’attends avec impatience l’arrivée du fameux sésame qui,me permettra de ne plus attendre.Je me demande bien,quel phénomène entre en compte à ce moment là pour causer une telle accélération des particules.Pendant ce temps,la pièce exsangue se rempli de façon calme mais certaine.La fille du guichet répète inlassablement la même phrase aux nouveaux arrivants.Le lot habituel de raleurs et de mécontents est bien présent,qui plus est,ce problème informatique leur donne une assurance supplémentaire et,très vite,on n’entends plus que eux.La pièce se partage en deux :les raleurs qui disent tout et son contraire,ils sont assis sur les quelques chaises mises à leur disposition.Le deuxième clan est celui qui tourne en rond autour des panneaux sur lesquels sont affichées les offres d’emplois.Meme après les avoir lu des dizaines de fois,ils tournent et retournent tels les prisonniers du film d’Alan Parker :Midnight Express .Ils connaissent les offres par cœur mais,ils ne veulent surtout pas s’arrêter et rester immobiles,l’arrêt c’est la mort.
Et moi dans tout ça …? Je dois revenir dans la soirée sous peine d’entendre que je suis encore ailleurs.Je clame et réclame bien haut et fort le droit aux « flash-back » personnels quand on le désire.
Une cibiche, voilà ce qu’il me faut.Quelques volutes, essayer désespérément de faire quelques cercles dans l’air puis les traverser d’un dernier jet de fumée bien dirigé, comme les cracks dans les vieux films en noir et blanc.Je devrais trouver mon bonheur du coté du bar improvisé pour cette occasion.Incroyable le nombre de personnes qui peuvent s’amasser autours du coin rafraîchissements, et ce dans n’importe quel endroit.A la nuit tombée,tous les animaux se retrouvent autour du point d’eau et font fi des conflits qui peuvent exister :Une sorte de Pax Romana ?
Bhâti est la personne qu’il me faut.Une compulsive de la nicotine,elle a toujours sur elle deux paquets de sa marque préférée,pas question de tomber en rade et ce,quelques soient les circonstances.Elle peut oublier bien des choses mais,certainement pas celle là.Son dernier séjours en Angleterre en atteste bien :sachant que le prix des clopes était là-bas bien plus élevé qu’en France,elle avait fait ses provisions.Tout était prêt de ce côté-là et,le jour de son départ elle oublia son billet de train sur la table basse de son salon.Notez que au départ,elle l’avait posé là bien en évidence pour ne pas l’oublier.Il y était toujours d’ailleurs quand elle est entrée dans son appartement un mois plus tard…Elle était en plein récit et, se trouvait dans un pub au moment du déjeuner.
-“This is the traditional fish and chip…Yes, yes…Les deux petites vieilles dames indiennes étaient assises en face de moi.Le pub était plein.Là-bas,partager sa table est monnaie courante.Juste deux ou trois mots pour débuter le repas et rapidement plus rien.Le copieux fis hand chips était en train de subir les assauts répétés de mes compagnes de tablé.Elles se jetaient juste de temps en temps un regard complice entre quelques bouchées de frites made in England, entendez par là des frites aux hormones qu’il fallait couper en deux sous peine de s’étouffer en les mangeant.Avec une de leur frites vous en faite cinq chez nous .A grands coups de ketchup et de vinaigre au malt,les assiettes se vidaient à vitesse grand V.Celle qui m’avait demandé la permission de s’asseoir,s’empressa d’aller chercher deux chocolats pour qu’ils puissent refroidir et être bu sans perdre de temps.Poisson,frittes et chocolat…
Ces petits bouts de femmes étaient d’une efficacité redoutable, à l’image des londoniens : pas de temps à perdre, course perpétuelle contre la montre.Si un fou inventait une une telle épreuve sportive, le champion olympique serait à coup sur londonien.Quand à nous les français : derniers ou pas loin…A peine le temps de commander un autre thé au comptoir que déjà, mes compagnons de table ne sont plus là.Run, run, run baby run.
Je suis de façon définitive une latine.Je fais attention au temps mais, je ne cours pas après, je vis avec lui.J’ai le temps !”
Tonnerre d’applaudissements pour cette dernière phrase autour de moi.Mais, elle enchaîne aussitôt, son auditoire en demande encore.
-“Les pubs anglais méritent leur réputation :il y fait bon y être,ils sont agréables et les gens y sont chaleureux et acceuillants.Nos cafetiers pourraient en prendre de la graîne.Même si votre anglais n’est pas parfait,il prennent le temps de vous écouter,vous déchiffrer.Souvent derrière le comptoir,un des membre n’est pas anglais(du moins sur Londres) et,tomber sur lui vous facilite la commande.Vous ne pouvez donc pas mourir de faim et de soif.Par contre,votre porte-monnaie se videra comme un arbre en automne balayé par le vent.Londres est la seule ville dans laquelle je me suis senti pauvre m’avait dit un ami…il avait bien raison.Cette phrase se confirmait chaque jour pour moi…”
Surtout quand on est obligé de se payer un deuxième billet de train pour l’Eurostar car le premier est en train de se morfondre tout seul sur votre table du salon made in Ikea…comme c’est étrange,Bhâti ne parle pas de cette épisode à son auditoire.Allons, allons je ne vais tout de même pas gâcher son moment, je veux juste une cibiche.La drogue la plus légale et vendu à chaque coin de rue.Je retrouve très vire Dell avachi sur un canapé,en grande conversation avec le poisson rouge qui le regarde fixement dans l’aquarium.Il me donne les clés de la voiture pour que je puisse aller prendre mon paquet oublié dans sa Fuego.
Dehors, il fait un froid tenace.L’objet tant convoité est là, au sol, à coté du levier de vitesse.Pas le temps de me relever que j’entends des voitures s’arrêter à coter de moi.Bruits de portières,courses,ordres, je comprends très vite qu’il s’agit d’une descente de police.Il est question de piratage informatique, de téléchargements.D ‘après les conversations, il y a même une équipe télévisée pour montrer le tout au journal de 13h du lendemain midi.Aucune possibilité de prévenir les autres,je reste là,effondré contre les sièges de la voiture .Je ne peux même pas m’allumer une cigarette…
.................................

5 pages / 3120 mots /15141 caractères

Bonne lecture (j'espère)

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Une fois de plus, je dois aller bosser...ah ! terrible monde ! Mais dès mon retour je suis impatient de lire ton oeuvre rievilo !


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C'est malin votre truc.
J'ai lu ça tout à l'heure et du coup, je me suis laissé piégé.
Maintenant, il est plus de 2h00 du mat et je me venge en vous livrant le fruit de ma soirée. Je ne me considère pas pour autant comme concurrent.

Le 26 juin, un peu avant midi, il m'est arrivé quelque chose que je n'oublierai plus : je suis mort. Pour tout dire, cela n’aura pas été aussi pénible que je l’avais imaginé. Un jour vous êtes là, bien vivant, entouré de vos amis ou de votre famille, voire des deux pour les plus chanceux, et puis le lendemain c’est fini. Ceux qui vous chérissaient portent le deuil, parfois un peu trop ostensiblement, ceux qui vous exécraient n’osent pas toujours ricaner, ou le font en douce le plus souvent, et l’immense majorité du monde se contrefout de votre disparition qu’elle n’a d’ailleurs pas plus remarqué qu’elle n’avait entrevu votre existence. C’est comme ça et c’est très bien. Cela me convient parfaitement.
J’avais rêvé d’une belle mort, dans mon lit, sur mes vieux jours, avec au moins un véritable ami à mes côté pour me tenir la main. Mais voilà, je n’aurai pas eu le choix. Ils m’avaient prévenu, je ne peux pas le nier. Je savais parfaitement que ça allait arriver. Simplement, j’avais espéré qu’ils me laisseraient un peu plus de temps. Vous savez, il y a des choses que l’on souhaiterait voir réglé avant de partir. Pour ma part, l’ardoise était assez longue et je reconnais qu’il aurait fallu beaucoup de temps pour l’effacer. Ils en ont décidé autrement.
Quand ils sont venus me chercher, le soleil n’était encore qu’une promesse. L’air restait chargé du doux parfum de la nuit qui semblait s’accrocher aux branches des arbres, comme s’il renâclait à laisser la place aux puissants et enivrants effluves diurnes de ce début d’été. Je n’avais pas dormi de la nuit, agité par un étrange pressentiment. Lorsque j’ai entendu l’automobile s’arrêter devant la maison, j’ai su que ce ne pouvait être qu’eux. Alors, sans attendre, je suis sorti à leur rencontre. Je n’ai pas pris le risque d’embrasser une dernière fois mon épouse et mes enfants. Qui sait, j’aurais peut-être hésité. Et s’ils s’étaient réveillés, la scène aurait sûrement tourné au mélodrame ; il y aurait eu des cris, des larmes, et pour finir, beaucoup de problèmes pour tout le monde. Non, je pense avoir fait ce qu’il fallait. Vraiment.
Je suis sorti dans le petit matin clairet, droit comme un i, raide comme un piquet pour ne pas trembler, et je me suis dirigé vers la grosse automobile noire dont le moteur ronronnait doucement. Ils n’ont pas paru surpris de me voir devancer leur appel. L’un d’entre eux m’a ouvert la portière sans m’adresser la parole. Je me suis assis derrière le conducteur et l’autre à fait le tour de la voiture pour venir s’installer à mes côtés. Après m’avoir jeté un coup d’œil dans son rétroviseur, apparemment satisfait de me trouver confortablement calé dans la banquette moelleuse, le chauffeur a enclenché une vitesse et la puissante automobile s’est élancée lentement, sans une secousse. Nous sommes très vite sortis des faubourgs pour rejoindre une grande route qui montait tout doucement vers les premiers contreforts alpins. Personne ne disait mot. Le chauffeur semblait hypnotisé par le ruban d’asphalte, son voisin somnolait, et le rouquin qui m’avait ouvert la portière paraissait absorbé par une réflexion intense qui lui faisait plisser le front. Curieusement, ce silence n’avait rien de pénible. L’habitacle baignait dans une douce quiétude qui apaisait mon angoisse. À nous voir ainsi, vous auriez sans doute crus surprendre de vieux amis en route depuis bien longtemps pour une destination lointaine. Durant environ deux heures, rien ne vint troubler cette étrange atmosphère. Puis, alors que nous roulions sur une route étroite et sinueuse, le chauffeur ralentit avant de bifurquer pour s’engager sur un petit sentier forestier que nous suivîmes pendant une dizaine de minutes à travers bois jusqu’à une petite clairière où, toujours sans sortir de son mutisme, il arrêta le véhicule et coupa le contact. Je compris alors que nous étions au bout du voyage et, sans poser de questions, je descendis pour rejoindre d’un pas tranquille le rouquin qui m’avait devancé. Du doigt tendu, il m’indiqua la direction à prendre et nous nous engageâmes tous les quatre sous les frondaisons qu’un soleil maintenant éclatant transperçait de ses rayons déjà brûlants. Je songeais à tout ce que j’abandonnais, un peu ému, pendant que nous gravissions la colline.
Arrivés au sommet, alors que je m’apprêtais à descendre sur le versant opposé, le grand brun qui avait somnolé si paisiblement dans la voiture déclara soudain d’une voix nette, claire et impérieuse, qu’il était inutile d’aller plus loin. Surpris, je m’arrêtai pour me retourner et constatai que les trois hommes m’avaient laissé parcourir seuls les derniers mètres. Regardant tout autour de moi, je commençai à m’interroger. Pourquoi avaient-ils choisi cet endroit-là ? Ça ne ressemblait pas à ce que j’attendais ! Je m’apprêtais à poser la question lorsque, s’approchant de moi, le rouquin d’un clin d’œil m’engagea à me taire. Lorsqu’il fut assez près, il me chuchota quelques conseils. Je ne devais rien dire, les deux autres n’étaient au courant de rien. Il fallait que ça ait l’air vrai. Tout en me parlant, il me tendit une arme en m’assurant que je n’avais rien à craindre. C’est à ce moment-là que je sentis la peur m’envahir. Le rouquin dut la voir dans mes yeux car il se fit plus pressant, m’engageant à lui faire confiance, me signifiant que ses acolytes allaient finir par s’impatienter et qu’ils étaient tout à fait capable de prendre les choses en mains. « Ou tu leur donnes le spectacle pour lequel ils sont venus, ou tu es un homme vraiment mort. » finit-il par me dire. « Ce n’est pas ce qui était convenu. » articulais-je péniblement. « Je sais, mais nous avons pensé que c’était plus sûr pour tout le monde. » me répondit-il sans sourciller. Je sentais qu’il perdait patience. Son regard devenait vraiment inquiétant. J’étais maintenant persuadé de m’être fait posséder. Ça ne devait pas se passer comme ça ! Je devais simplement disparaître, prendre une autre identité. J’avais tout accepté. J’abandonnais femme et enfants et je me volatilisais pour toujours. Le patron m’avait donné sa parole. Nous étions d’accord ! Après toutes ces années, je lui avais fait confiance. Incapable de réagir, j’entrai dans un état second, statufié, tous les sens en éveil. Tout autour de moi, l’air bruissait de vie, la nature s’acharnait à croître quand je me dirigeai vers le néant. Il y avait là une ironie cruelle que je ne pouvais ignorer même si je n’en tirais aucune colère. Un vent doux s’était levé qui faisait mollement frémir les feuillages dont le chant atone rythmait les bavardages incessants des oiseaux. Par instant, comme en contre-chant, on percevait le léger gazouillis de l’eau vive. Il devait y avoir une source tout près d’ici. « Et merde, on ne peut vraiment compter sur personne ! J’avais parié que tu marcherais jusqu’au bout, connard !» Sans plus attendre, le rouquin m’arracha l’arme des mains, la colla contre ma tempe et appuya sur la gâchette. C’est comme ça que, le 26 juin, un peu avant midi, je suis mort. Comment voulez-vous que je l’oublie un jour ?


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Je définis la cour un pays où les gens
Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents,
Sont ce qu'il plaît au Prince, ou s'ils ne peuvent l'être,
Tâchent au moins de le paraître,
Peuple caméléon, peuple singe du maître,
On dirait qu'un esprit anime mille corps ;
C'est bien là que les gens sont de simples ressorts.


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Citation:

C'est malin votre truc.
J'ai lu ça tout à l'heure et du coup, je me suis laissé piégé.


Hé hé, j'en vois qui se sont pris au jeu !

C'est drôle comme Rievilo et Major Tom ont eu la même approche pour finalement s'affranchir de la première phrase !


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joli ton texte, mopz02, j'aime bien

même si ce que je suis en train d'écrire sera bien différent, héhéhéhé (certes, c'est le but du concours)


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Oui on veut bien !!! La nouvelle de Pavix

@rievilo, Avec une nouvelle pareille au moins tu colles à l'actu, bravo


@Mopz02, j'ai bien aimé, j'espere pour toi que cela ne soit pas prémonitoire !


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Merci Major Tom
encore des nouvelles,miam miam,que les idées fusent...

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Du calme, je suis quelqu'un de laborieux.... ça avance doucement..... en gros, j'écris 500 mots d'un coup, puis je relis et à coup de formatage, de souci de clarifier, etc... j'en change 300.... c'est pas gagné pour le 01/12 !!!


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