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L'ivrogne du 5e |
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Chronique d'un Ivrogne
Bonjour à tous,
Depuis quelques semaines, je pratique une sorte de rituel, une étude dirons certains.
J'entre dans un bar, commande un verre ( parfois deux, trois ) et cherche à entamer une discussion avec la personne qui m'inspire le plus.
En à peu près deux mois, j'ai rencontré une dizaine de personnes susceptibles de " valoir " un topic. En voici quelques uns :
- Un huissier blasé, blasant, ambidexte, légèrement alcoolique et cynique à souhait.
- Une équatorienne de 20 ans absolument sublimissime et qui le soir même de notre rencontre m'aidait à amplifier ma soif de découvrir le monde ( Et surtout les environs de Quito.. )
- Un jockey homosexuel qui m' a avoué avoir pris du plaisir lors de certaines courses, lorsque sa selle le heurtait " violemment ". ( J'ai rarement autant ri avec un jockey )
- Un septuagénaire à la classe naturelle me faisant l'apologie d' Apollinaire ( sacrée redondance sonore). Grâce à lui, je connais par coeur " Le Pont Mirabeau " .. et comprends désormais combien sa femme lui manque.
- Une prof au CHU de Campo Formio assez agée et au fort accent anglais, peruadée que je bandais mou parceque j'avais eu le malheur de fredonner " Mon fils, ma bataille "
- Marco, un artiste peintre contemporain Napolitain dont l'oeuvre était principalement basée sur les pieds et leur rapport avec le cycle des saisons.
Parmi ces personnes, Georges était probablement le personnage le plus ordinaire. La quarentaine, ni beau ni moche, ni grand ni petit, marié, 2 enfants, fonctionnaire. Une vie simple, sans reliefs, " sans faits d'armes majeurs " . Pourtant c'est lui qui m'a le plus marqué. A la question " Georges, tu penses quoi du monde ? ", il m'a répondu,
" Il tourne vite, parfois il me donne la nausée et d'autres fois je me surprends à tourner avec lui, et je souris. "
En repartant je l'ai salué, l'ai embrassé et l'ai remercié. Par la suite j'ai vomi, allumé une cigarette et aimé Georges.
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
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euh nan et toi?
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