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[CRITIQUE] Michel Vaillant 2003 - FR - Louis Pascal Couvelaire
<a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=45667.html">Michel Vaillant </a>
Film français (2003). Aventure, Action. Durée : 1h 44mn.
Date de sortie : 19 Novembre 2003
Avec Sagamore Stévenin, Peter Youngblood Hills, Diane Kruger, Jean-Pierre Cassel, Béatrice Agenin
Réalisé par Louis-Pascal Couvelaire
Synopsis
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Michel Vaillant est un pilote automobile virtuose, champion incontesté dans les rallyes et les circuits du monde entier. Ses succès et ceux de son équipe, l'Ecurie Vaillante, provoquent autant l'admiration que la jalousie de ceux qui se mesurent à eux...
Ruth Wong est le manager de l'équipe Leader. Elle sait jouer de son caractère et de ses charmes, et n'a de cesse de venger la mémoire de son père, le fameux Leader. Prête à tout pour gagner, elle va déployer des trésors d'imagination pour détruire les Vaillant.
Michel, concentré, est au volant de sa Vaillante bleue n°10. A ses côtés : Steve Warson, son ami, fabuleux pilote américain, dans la Vaillante n°8. Ils sont sur la grille de départ des 24 Heures du Mans. Juste devant eux, deux voitures rouges monstrueusement agressives, deux pilotes Leader, Bob Cramer et Dan Hawkins...
Site officiel http://www.michelvaillant-lefilm.com
<b>Mon avis : Michel Vaillant : un nouveau record</b>
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Plus fort que Doberman, dont les 30 secondes supportables étaient dans la bande annonce.
Plus fort que SWAT, qui réussit à présenter le résumé du film ( et de toutes les scènes d'action) dans une BA de 45 secondes.
Plus fort que tout ca, Michel Vaillant est LE clip francais qui réussit à tenir 1h45 !
Ne cherchez pas ailleurs, il n'y a qu'un francais pour arriver à ce niveau d'étronnage, qu'un francais pour arriver à rater la soupe que les américains arrivent toujours plus ou moins à nous faire avaler, qu'un français pour rater à ce point une soupe automatique, une purée mousline, un plat Marie à réchauffer au micro ondes...
Michel Vaillant : 2 min de cinéma, 1h42 de clip, ou plutot de clipS, de clips juxtaposés, n'épargnant aucun poncif du genre :
- la pub pour voiture avec quinqua rassurant dans la scène où Michel contemple sa Vaillante dans la soufflerie.
- le clip rock révolté dans les scènes de piste
- le clip branché groove tendance new age dans les scènes avec Odessa, la gouinasse qui sert d'égérie à la grande méchante
- le clip parodique, toujours avec Odessa, dans les 30 secondes qui virent franchement à l'hilarant : Odessa regarde l'équipe Vaillante monter le pneu qu'elle a trafiqué la nuit précédente, accrochée à son caméscope JVC (c), sur musique électrique, et souffle sa bulle de chewing gum dans une allégorie foudroyante destinée à rappeller aux quelques malheureux qui tentaient d'échapper à l'ennui en allant pisser un coup dix minutes avant que le dit pneu allait péter.
- le clip omniprésent, inéluctable, incessant : pendant 1 heure on se demande quand va commencer le premier dialogue. Après 1 heure, on prie pour qu'ils arrêtent de dire plus de 3 mots tant les acteurs sont pitoyables. Stevenin n'y croit pas, Jean Pierre Cassel fait à peine mieux dans un rôle de sous-Serrault, la mamma Vaillant est une pauvre hystérique anémiée (comment une femme comme ca pourrait supporter 30 ans de vie avec un capitaine d'industrie et deux fils coureurs autos ???), et aucun second rôle n'arrive à se détacher du lot (sauf David Dougherty alias Scott Thrun à qui l'on saura gré de mourir dès le premier tiers du film dans l'explosion de sa voiture, ce qui nous épargnera - au moins de sa part - quelques tirades dignes des meilleures pubs SFR).
Bref, Couvelaire aurait mieux fait de rester dans la pub (16 ans de métier, et y a pas à dire, ils sont nécessaires pour arriver à remplir 1h40 avec ce qui fait max 3 min en général), lui qui disait pour son premier film : <i>Je ne voulais ni message ni question existentielle, juste de l'action, le suspense et le plaisir d'un vrai spectacle</i>.
Pour Vaillant, il a bien réussi la première partie, pour la deuxième, à part l'action j'ai du mal à voir. À moins que le finish des 24 heures, dans un sprint final échevelé entre une Leader poussé à la main par son pilote (sic) et une Vaillante au pneu crevé à 30km/h soit pour lui le sommet du suspense (il est vrai que c'est un cran au dessus de : "le maquillage de Claudia Schiffer résistera-t-il à l'airbag de ma nouvelle Saxo ?"), le <i> laisir du vrai spectacle</i> résidera plutot dans une triste contemplation de la lente et inexorable descente aux enfers de Besson au royaume des nanars (encore qu'un nanar est moins pire qu'un navet - cf. Yamakasi), qui n'a pas signé la moindre oeuvre digne de ce nom depuis 1994 avec Leon, confirmant avec ce film qu'un Besson n'est bon que si Jean Reno y meurt (cf le Grand Bleu, Nikita, Leon vs Jeanne d'Arc et Cinquieme Element - à l'exception de Subway)
<b>Edit 1: </b>deux trois phrase inachevées et :
Les images sont-elles belles ? Ca depend ce qu'on entend par la. Pour un étudiant en école de pub, il y a en 1h40 tous les exercices de styles possibles avec une caméra. En plan, en chromie, en lumière, il y a de tout - et je me disais de temps en temps que le directeur photo était probablement le seul à ne pas fusiller. Mais est-ce un beau film pour autant ? Non : en piano, une heure de gammes, c'est bien pour se chauffer les mains avant un concert, mais ca n'a jamais été beau. C'est surtout mortellement ennuyeux. Les couleurs sont constamment saturées, avec un grain omniprésent, qui, certes, donne un style quand on l'utilise judicieusement et avec parcimonie, je pense par exemple à l'usage savamment dosé qui en est fait dans <i>La 25eme heure</i>, mais ici lasse et détache progressivement le spectateur du film. À moins bien sur qu'on se souvienne qu'il s'agit d'un clip, et qu'on en déduise naturellement qu'il s'agit du plus beau et du plus long clip jamais filmé.
C'est un peu comme le chocolat noir en fait : deux carrés c'est bon, une plaquette c'est le contentement béat et vaguement écoeurant, trois kilos c'est la gerbe assurée.
<b>Edit 2: </b>
Je précise que j'aime le cinéma de Besson : Leon m'avait marqué comme un film qui avait tout pour être un <i> op corn movie</i> de plus à Hollywood, et que Jean Reno et la caméra de Besson hissait au dessus du lot, sans arriver au chef d'oeuvre, mais en renouvelant le genre par un oeil plus profond et plus humain sur les personnages (et non en rajoutant encore trois couches d'effets spéciaux). J'étais un peu jeune pour le Grand Bleu, mais j'ai des souvenirs noirs et desespérés de Nikita, des scènes d'écorchée vive pour Anne Parillaud, un des très bon films français.
Ce que j'ai un peu de mal à comprendre de la part de Besson - même avec son côté mégalo et égocentrique, qui n'est pas si insupportable que ca : il a montré sa maîtrise, il a fait des films à succès sans virer pop corn, il a bousculé l'intelligentsia cinematographique francaise, c'est un cinéaste de grand talent - ce que j'ai du mal à comprendre donc, c'est son acharnement à produire des téléfilms minables, reposant uniquement sur l'épate et le flashy pour conquérir les 12-18 ans ; il sait faire mieux que ca, merde ! Son talent de cinéaste devrait au moins lui permettre de sélectionner des réalisateurs un peu mieux choisis... bon, Gérard Pirès était moins pire qu'un autre, et Taxi 1, pour un film grand public, était relativement bien filmé. Mais quand on contemple l'avalanche : The Dancer, Yamakasi, Taxi2 et Taxi3, Michel Vaillant... et j'en oublie peut être... on est en à se demander si Alzheimer ne frappe pas un peu précocement....
Edité par Galeenet le 23-11-2003 à 14:57
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