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Sumatriptan |
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Citation: Message écrit par Anaximandre, le 27-03-2006 à 17:32
Tout d'abord, je tiens à dire que mon opinion a beaucoup changé depuis le début des événements. Lors des premiers remous, je voyais ce mouvement comme un feu de paille, une petite agitation éphémère visant à rompre l'ennui du quotidien étudiant, une occasion de plus pour les grandes gueules de se faire entendre. Bref, je n'y accordais que peu d'attention, et je le tenais en médiocre estime. Et peut-être en effet n'y avait-il pas grand chose à estimer alors. Je le dis, je n'aime pas cette posture revendicatrice systématique que l'on voit chez la plupart des orateurs d'assemblées générales, chez la plupart des premiers agitateurs et des représentants de toutes les grandes causes de la nouvelle génération, une posture si souvent inspirée par la mauvaise foi et l'opportunisme. |
Tout à fait d'accord. Comme toi au départ, je n'ai pas prêté attention, comprenant mal cette posture alors que le CNE était déjà en vigueur.
En plus, je n'attends plus rien de ce gouvernement. J'ai donc vu ce projet comme une tentative desespéré pour renouer avec l'emploi.
Citation: Message écrit par Anaximandre, le 27-03-2006 à 17:32
[B]
Mais force est d'admettre que les choses n'en sont pas restées là, que la situation présente dépasse de loin les intentions et les paroles de ceux qui tiennent ou tenaient le devant de la scène. Le mouvement s'est complexifié, les motifs sont plus divers, et peut-être aussi plus divergents. On a tort de se croire fin de faire la distinction entre manifestants et casseurs, et de les considérer encore comme deux blocs parfaitement homogènes. Des tensions, des différences irréductibles, des intérêts et des points de vue de toutes sortes, parfois même inconciliables, traversent chacun des deux. Les gens ont vu grandir sous leurs yeux un phénomène qui au premier abord ne semblait pas les concerner, mais à mesure qu'il gagnait en importance, ils ont eu le désir de s'y rallier. Ils y ont, à mon sens, perçu l'occasion d'exprimer quelque chose de latent, mais de présent un peu partout de nos jours : un sentiment que l'on rencontre, me semble-t-il, un peu dans tous les milieux, dans toutes les classes, dans toutes les strates de la société. Je n'ai pas la prétention de parler au nom de tous. Je le répète : je ne crois pas qu'il y ait une réelle unité dans ce mouvement, je crois qu'il est extrêmement complexe, et que son sens est multiple. Mais j'ai l'impression que le sentiment dont je veux parler en est une composante forte, partagée par certains ou peut-être par beaucoup, et pas nécessairement exprimée par ceux qu'elle habite. |
Rien à dire, je partage ton point de vue.
Citation: Message écrit par Anaximandre, le 27-03-2006 à 17:32
[B]Honnêtement, je crois que tout le monde se fout royalement du CPE. C'est un prétexte, un simple détonateur, l'arbre qui cache la forêt. Je crois que tous les gens qui manifestent sont bien contents qu'il n'ait pas été retiré : ils ont pu poursuivre ainsi leur acte de rébellion, accroître les tensions, et faire que leur sédition gagne en ampleur. Ils ont mis en évidence la rigidité dramatique du gouvernement et de l'action politique. Pourtant, me dira-t-on, on parle et on ne cesse de parler de tout côté du CPE. Mais ne voit-on pas assez souvent, aussi bien à l'échelle individuelle qu'à l'échelle d'une société, les prétextes noyer les raisons réelles et profondes d'un acte ? L'histoire et la vie n'offrent-elles pas assez d'exemples qui nous montrent que les faux problèmes recouvrent presque inévitablement les vrais ? La fausse conscience, l'illusion, pèsent constamment sur nous tous, et constamment elles perpétuent nos échecs. La réalité dément chaque jour les prétentions de l'évidence et du bon sens. Il serait temps que l'on comprenne qu'on n'a pas épuisé le sens d'une action une fois que l'on s'est contenté de lire les slogans inscrits sur des banderolles... |
Là aussi, complétement d'accord. Et je suis le premier à le dire. Le CPE est aujourd'hui un symbole mais en aucun cas une réforme majeure. Tout le monde se moque du CPE mais aujourd'hui il cristallise un mouvement entamé le 21 avril qui a trouvé son point d'orgue lors du réferendum sur l'Europe.
Les clivages gauche droite sont depuis longtemps dépassé en Europe et aujourd'hui, la France essaye difficilement de faire sa mue entre réformateur et conservateur. Mais tous les curseurs sont faussés. La France a encore du mal à accepter que la fin de la guerre froide et la victoire du capitalisme. Aujourd'hui, la question n'est pasde choisir entre communisme et capitalisme mais de former un capitalisme par essence inhumain à un capitalisme humain comme certains pays ont réalisé (Canada, pays scandinaves...)
En France, désormais, on trouve les conservateurs dans les 2 partis et des réformateurs dans les 2 partis. La loi sur le DAVDSI le démontre et la loi sur le CPE aussi où dans le rôle des conservateurs, la gauche mene la danse dans un vent constestaire marqué par une absence d'alternative credible.
Citation: Message écrit par Anaximandre, le 27-03-2006 à 17:32
[B]De quel sentiment est-ce que je parle ? Je veux m'adresser à ceux qui s'appuient sur leur fameux sens des réalités. Je veux qu'ils écoutent ce que j'ai à dire et qu'après cela, ils me disent sincèrement si leur obstination et leur condescendance sont véritablement légitimes. Je veux savoir si ceux qui, pour démontrer l'inconscience et l'absurdité des partisans de la sédition, ressassent perpétuellement l'argument du terrain et de l'expérience, ont jugé ce mouvement à partir du terrain où il a lieu et de l'expérience de son effectuation concrète. Sont-ils descendus voir ce qui se passe dans la rue ? Ont-ils entendu ce que les gens avaient à dire ? Ont-ils cherché à comprendre ce qui réunit et anime toute cette foule ? En vertu de quoi peut-on a priori rejeter ce qui se passe comme nul et non avenu ? Le mot réalité serait-il devenu assez étroit pour ne plus rien désigner d'autre que le quotidien insipide de la vie d'entreprise ? Cela ne m'étonnerait guère, après tout. Il y a pourtant une autre réalité qui est en train de prendre la parole, et qui réclame droit de cité. Cette réalité, regardez la de près : elle a le visage d'une inconcevable lassitude. Je m'étonne que les partisans actuels du réalisme, qui nient avec toute leur énergie l'existence du sentiment qui s'exprime à présent sous leurs regards, sont souvent ceux-là mêmes qui invoquent le sentiment comme donnée irréductible et absolue dans d'autres débats, comme par exemple celui sur l'insécurité. Je prends pour témoin ce cher Sarkozy que l'on voyait se rengorger chaque fois qu'il avait l'occasion de faire montre de son grand sens de la métaphore, en disant que le malade qui va voir son médecin n'attend certainement pas de celui-ci qu'il lui réponde que sa souffrance n'existe pas. C'est pourtant précisément ce que l'on est en train de faire. Eh bien ? De quoi souffre-t-on ? Peut-être précisément de cette idée de la politique comme instrument destiné à s'accommoder d'un état de fait qu'elle est impuissante à transformer, comme résignation à une prétendue "réalité" dont l'invocation ne vise jamais qu'à écraser les exigences vitales des êtres humains, à entériner une situation qui maintient les hommes et les femmes dans l'insatisfaction, la frustration, et le pessimisme. Oui, camarades, en vérité je vous le dis, la réalité est l'opium du peuple. Cet argument des "réalistes", on l'entendait déjà dans le débat sur la Constitution, et l'on sait tous comment cela s'est terminé. |
Tu évoques l'absence de projet politique. Mais si demain un homme politique vient sur la scene francaise en déclarant qu'il est contre la privatisation de service public efficace (j'insiste sur le terme efficace), pour une relance keynesienne, des dépenses de recherches non prise en compte dans le deficit, la fin du pétrole et son remplacement par des energies renouvelables ou encore envoie au fraise l'Europe dans l'interet de la France si celle ci s'oppose à ces réformes d'envergure, j'applaudis des deux mains.
Cet homme politique proposera un vrai projet politique qui demande des sacrifices et des efforts certes, mais tendu vers un but déterminé, une société équitable.
L'important ici est de tenir compte du contexte et de l'histoire afin de ne pas répeter les memes erreurs.
Lorsqu'on nous explique que le CPE est un outil de précarité , on oublie tout simplement d'ouvrir les yeux sur une situation de l'emploi qui est sinistré. lorsquel'on dépeint un patron comme un salaud, on parle souvent du CAC 40, entreprises qui ne sont loin d'etre les plus gros employeurs dans un pays où le tissu industriel est fortement constitué de PME PMI, c'est à dire vous ou moi.
Non, un patron ne se leve pas tous les jours en se demandant comment il va virer les personnes qu'il a embauché la veille. Le processus de recrutement est si difficile que lorsque l'on a une personne qui occupe un poste convenable, on le garde.
Maintenant lorsque l'on parle d'emploi, c'est un peu comme lorsque l'on parle de transport. On ne parle que très rarement des accidents de voitures (licenciements dans les PME-PMI) alors que l'on médiatise enormement les accidents d'avions (licenciements dans les CAC 40)
D'ailleurs la plupart des discours des altermondialistes reposent sur les pratiques des CAC 40 alors que c'est une minorités d'emploi comparé aux PMI-PME.
D'où un réalisme à coté de la plaque.
Ecoutes les intervenants sur ce forum, la solution est toujours la meme: taxé les bénéfices des CAC40. Mais cette solution ne servira à rien.
Considérons que les CAC40 font un bénéfice mondial de 5 milliards environ (comme SA), la France représente au grand max 5% du CA. Ce qui signifie qu'en plus de taxer sur les sociétés, on fait une nouvelle taxe absorbant le benefice fait sur le marché français, celui ci représente (à la louche) 100 Milliards soit moins de 5% de notre PIB. Et on sacrifierait ainsi toute notre economie devenu non concurrentiel.
Mais c'est tellement plaisant de parler de paradis fiscaux...
Qui dis réalisme, parle de solution réaliste et non fantaisiste par des utopistes qui manie mieux le verbe que l'action.
On a l'exemple d'un echec retentissant: le communisme et certain s'evertue à vouloir reproduire un modèle qui a échouer. Là, c'est un manque de réalisme.
Le réalisme, c'est regarder le marché de manière objective et d'agir sur lui en fonction de cette réalité.
Lorsque l'on entend parler du patron comme un etre qui ne prend plaisir à licencier, le postulat de départ est faux et les actions entamés derriere seront biaisé.
Citation: Message écrit par Anaximandre, le 27-03-2006 à 17:32
[B]Puisque j'ai affaire à des pragmatiques, je pense qu'ils ne verront pas d'inconvénient à ce que je considère que le sens d'un mot n'est rien d'autre que son usage. Quel usage fait-on ici du mot réalité ? En vérité, je vous le dis, c'est l'usage le plus réactionnaire que l'on puisse concevoir, et je doute même que l'on puisse réellement le concevoir. Toutes les formes de réactions antérieures conservaient l'idée d'une puissance politique, réelle ou fictive, peu importe. Toute prise de position politique amenait avec elle une conception de la société, de la coexistence sociale, de la marche vers l'avenir, même sous la forme d'un retour au passé. Même les fruits les plus pourris de l'histoire de l'humanité apportaient l'espoir d'un changement, de la possibilité d'un changement, quelque chose qui dépassait tout pouvoir d'anticipation. Le fascisme est sans nul doute ce que l'humanité a connu de pire, mais il y avait encore en lui une promesse d'avenir, et même s'il a été le cauchemar le plus noir de nos civilisations, il possédait au moins la force de les bouleverser et de les transformer (en mal, bien sûr, mais là n'est pas la question...). On serait tenté de parler de fascisme de la réalité, mais les choses sont d'une autre nature. Ce réalisme est une forme nouvelle de réaction, la plus radicale que l'on connaisse : la réaction qui n'est pas dirigée contre telle ou telle politique, mais la réaction contre la politique elle-même. Le réalisme n'est pas une politique, il n'engendre pas de politique, il en est l'ennemi le plus féroce. La politique n'existe, n'a jamais existé que comme force créatrice, transformation des conceptions et des conditions d'existence, création de nouvelles possibilités telles qu'aucune prophétie ne peut les appréhender à l'avance. Personne ne pouvait imaginer l'Empire napoléonien en 1789, personne ne pouvait imaginer la IIIe République en 1860, et personne ne pouvait imaginer le gaullisme en 1940. Et c'est vrai de toutes les formations politiques quelles qu'elles soient jusqu'à un passé proche. Mais à présent nous devenons les spectateurs d'une instrumentalisation absolue de la politique, par laquelle elle n'est plus que le vassal d'une conjoncture économique qui conditionne à la fois les moyens, et les fins de l'action humaine. On en est venu à considérer que tout manquement à l'allégeance absolue au principe de réalité condamne d'emblée à la rêverie et aux chimères. C'est la bonne vieille méthode du faux problème. On ne rend pas les gens impuissants en leur transmettant de fausses idées, mais en les plaçant dans de fausses alternatives. L'alternative présente est : rêve ou réalité, comme si l'idée d'un changement, d'une création ou d'une efficacité de l'action politique devait se réduire au rêve. Peut-être s'y est-elle effectivement réduite désormais. Et bien sûr, dans le mot réalité, on enfourne tout ce qui contribue à détruire la puissance d'agir des citoyens, à nourrir l'idée que le train est en marche, et qu'il ne faut pas le louper. La fameuse loi du "marche ou crève" dans sa manifestation la plus cynique, la plus mesquine. Oui, la réalité est là, la société ne changera pas. Lisez le mode d'emploi et contentez-vous de le suivre à la lettre. Ecoutez les spécialistes, ils vous diront comment on pourra s'en sortir. Mais avant toute chose, regardez bien la réalité et acceptez la, parce que vous n'êtes plus des enfants, vous êtes des hommes ! Vous voulez que ça change ? Allez donc à Disneyland, les RTT, c'est fait pour ça. Mais n'oubliez pas d'être à l'heure lundi matin. |
Je passerais sous silence la reference au fascisme. Non le réalisme n'est pas le chemin résigné vers un abattoir annoncé.
Le réalisme (ou pragmatisme) se sépare de son dogmatisme pour réaliser ses idées.
Un exemple: le principe d'égalité. Admirable principe qui est loin d'être appliqué. Et bien un pragmatique adoptera l'affirmative action, principe par essence inégalitaire sur le court terme pour atteindre son but à long terme: l'égalité pour tous.
Un idéaliste refusera d'utiliser cet outil qui ne s'inscrit pas dans son dogme et s'evertuera à laisser le statut quo par pure idéologie.
Aujourd'hui, la france est malade de son idéologisme et manque singulièrement de pragmatisme. Si aujourd'hui l'economie de marché concurrentiel est le meilleur moyen pour conserver un modele social comme au Canada ou au Danemark, cet outil devra etre utilise et non diabolisé comme certain se plaisent à le faire.
Citation: Message écrit par Anaximandre, le 27-03-2006 à 17:32
[B]Alors ? Idéalisme ? Irréalisme ? Utopie ? Rêverie ? Bêtise ? Naïveté ? Non, lassitude, ennui, absence de perspective, haine de l'avenir, révolte contre l'immobilisme et l'impuissance dont on veut nous convaincre. Marre de cette mort que l'on nous injecte et que l'on doit vivre tous les jours. Marre de devoir se dire : "demain, cet éternel hier..." Pourquoi croyez-vous que les prophéties d'apocalypse ont un tel succès de nos jours ? Parce que l'on préfère imaginer la destruction, le néant et la mort plutôt que cette perpétuelle continuation d'un mouvement scandé par les fluctuations d'une réalité qui ne signifie rien. Non, la politique n'a jamais été une affaire d'utopie, mais bien une affaire de réalité. Mais la réalité était comprise comme la matière informe que l'on devait sculpter, la ressource nécessaire et la contrainte féconde d'une volonté créatrice, et non comme la dictature résignée du fait auquel il n'y a rien à faire. Vous croyez qu'il s'agit de mesures sociales ? Je ne m'étonne plus alors que vous vous scandalisiez des réactions systématiques contre les réformes. Ce n'est pas que les réformes soient bonnes ou mauvaises, c'est qu'elles ne sont guidées par aucune inspiration de changement, par aucune idée de civilisation, par aucune conception authentique du social. Dès que j'entends le mot précarité, j'ai envie de sortir mon révolver, comme disait l'autre (ou à peu près...). A vrai dire, il est probable que les mêmes réformes inspirées par une véritable énergie politique passeraient sans obstacle. Les gens ne manquent pas de conscience politique, mais de politique tout court. |
Completement d'accord. Et c'est ce que je disais plus haut. je partage totalement ce point de vue.
Citation: Message écrit par Anaximandre, le 27-03-2006 à 17:32
[B]Il est amusant de voir que le libéralisme ne cesse d'emprunter au marxisme les moyens de la répression qu'il exerce, une répression qui, précisons le, n'est rien de moins que sa condition de possibilité. Ces emprunts ne vont naturellement pas sans une perversion éhontée de la doctrine, mais qu'importe ! Le marxisme en a connu tant. Le premier emprunt consiste à récupérer l'idée selon laquelle les conditions économiques sont l'ultime instance et constituent les déterminations totales et absolues de toutes les dimensions de la société. Législation, morale, conceptions politiques et intellectuelles, art, culture, etc. sont résorbés dans le système autonome et magique de la réalité économique. Tous les horizons d'une communauté sont ravalés au rang de "secteurs", et évalués à l'aune de leur efficacité dans le champ omniprésent du capital. On veut redonner ses lettres de noblesse à l'art et à la culture, et l'on se demande alors de quelle manière on peut les rendre à nouveau rentables et leur faire jouer un rôle de poids dans le monde actuel. Mais il ne s'agit pas de ça. La culture n'a pas à trouver sa place dans un système dont les règles d'airain sont imposées d'avance et dont l'essence même est l'étouffement de la culture, de la nouveauté et de la création. La culture n'est pas un secteur, elle est une remise en question de tous les secteurs et de leurs rapports. Comment pourrait-elle avoir droit de cité dans une situation où toute remise en question est d'avance absorbée, conjurée, récupérée ? Toute contestation, toute parole forte et nouvelle est immédiatement intégrée à titre de composante du champ économique. Le problème n'est pas que l'on empêche les gens de s'exprimer, mais que les moyens d'expression qu'on leur donne sont une gigantesque machine à assimiler et à broyer tout ce qui ne va pas dans le sens de la marche. Le problème n'est pas l'exclusion, mais au contraire l'infini pouvoir d'absorption de l'oecuménisme du monde moderne. Comme la culture, la politique n'a pas à trouver son rôle dans un système préétabli, mais à créer de nouveaux systèmes et de nouvelles possibilités d'existence et de coexistence, ainsi qu'elle l'a toujours fait.
Le deuxième emprunt du libéralisme au marxisme est la ruse de l'espoir messianique. Tous deux vivent sur l'attente d'une libération définitive nourrie par la croyance en un équilibre spontané des forces économiques. Tous deux prônent l'asservissement prétendument provisoire mais doivent conclure à l'atermoiement infini, car ils sentent bien que l'accomplissement de leur promesse serait leur mort. Dieu est descendu sur terre, mais les hommes sont toujours aussi impuissants face à la nouvelle fatalité terrestre. "Le nouveau rêve est le gardien de l'insomnie." Le libéralisme est un rêve, un espoir, une utopie, et comme tous les rêves, il neutralise la puissance humaine et maintient dans la servitude. Les hautes sphères du système ne sont pas épargnées, elles abritent seulement les premiers esclaves. La marche du monde moderne ne sert aucun intérêt, le cynisme est une fonction, le profit est une fonction, le besoin est une fonction, et si la politique et la culture qui étaient des agents universels se sont métamorphosés en secteurs, la police qui était un secteur est devenue la fonction universelle de chaque agent. L'autonomie de la réalité économique est la négation et l'asservissement de toute réalité humaine. Le système tourne en roue libre, le court-circuit des réseaux du marché a libéré des puissances dont aucun homme ne peut désormais se saisir. Les profits générés par une entreprise lui servent à présent à racheter ses propres actions. Les produits de consommation deviennent de plus en plus une simple promotion des produits de consommation. "Fils de pub", mais aussi père de pub et frère de pub. On ne vit plus que le spectacle de sa propre vie. Jamais une telle abondance des richesses et des possibilités d'exploitation ne s'est conjuguée avec une telle impuissance de l'homme. Et personne n'est responsable, personne n'est coupable. La mystique du méchant capitaliste a fait son temps. Il n'est pas aisé de dire quel facteur de transformation de la société moderne est cause de la situation présente. Peut-être est-ce la dimension croissante des ensembles en rapport, ce qu'on appelle confusément la mondialisation. Peut-être est-ce un véritable tarissement des ressources créatrices. Que sais-je ? Le fait est là en tout cas, et personne ne peut le nier. |
Mais le libéralisme est un concept inhumain. C'est à nous ensuite de l'humaniser.
Combattre de l'interieur à toujours été plus efficace que le face à face sanglant.
Citation: Message écrit par Anaximandre, le 27-03-2006 à 17:32
[B]Je ne sais pas si la lutte est utile, je doute même qu'il se passe réellement quelque chose. Les "insurgés" sont déjà prêts à se jeter dans les bras du parti socialiste. Je sais bien que parmi eux, il y a beaucoup de rêveurs, beaucoup d'abrutis peut-être, beaucoup d'inconscients. Beaucoup de concessions, de compromissions, et de bêtise, et je ne renie pas ma part, soyez en sûrs. Il ne suffit malheureusement pas d'être révolté pour se garantir de ne pas alimenter l'ennemi. Je ne suis pas naïf au point de croire que les gens sont dans la rue exclusivement pour cela. Je voulais juste dire comment je ressens la réalité, un sentiment que j'ai pu reconnaître chez certains. |
Je pense plutot que ce mouvement va grossir une inflexion de la société française vers une rupture annoncé et les élections de 2007 risque d'être un point critique dans l'histoire de ce pays.
Citation: Message écrit par Anaximandre, le 27-03-2006 à 17:32
[B]Je sais très bien ce que l'on va me dire : encore une fois, aucune solution n'est proposée. Mais comment proposer des solutions alors que le malaise provient justement du fait qu'il est impossible de poser le véritable problème ? La question est la suivante : est-il permis d'espérer qu'à long terme, l'action humaine soit capable de déstabiliser suffisamment les conditions d'équilibre de la société moderne pour engendrer une possibilité de métamorphose de l'être social ? Ou pour parler comme l'autre, y a-t-il encore assez de chaos pour faire naître une étoile dansante ? Les solutions dans une situation d'impasse n'arrivent jamais avant le chaos, et le bon sens sera toujours le pire ennemi de la politique. Cela ne signifie pas qu'il faut se projeter dans un monde de chimères, il ne s'agit pas de nier les exigences et les contraintes économiques. Il s'agit de dire que ce n'est pas la réalité qui dicte sa loi à la politique mais qu'au contraire, c'est la politique qui doit dicter sa loi à la réalité. L'on peut dire ceci indifféremment de la politique et de la culture, qui sont les deux horizons créateurs de l'humanité. Certaines choses vitales sont oubliées. Certaines conditions essentielles de l'existence humaine sont mises au ban. |
Là encore, je vais me répeter mais comme toi je concois l'action politique comme evenement directeur de l'economie. Toutefois cela signifie, comme tu le dis de prendre en compte les contraintes de la réalité et non pas de proposer un modèle utopique.
Effectivement il manque cruellement d'un grand projet pour la France. Et lorsque la France manque de grand projet, elle se referme sur elle même et tombe en deliquescence jusqu'à rupture.
On sent tous aujourd'hui que les institutions de la 5e République ont vécu.
Voilà, j'espère avoir répondu à ta tartine par ma biscotte et que tu degustera ce post avec delectation 
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Si vous me voyez lutter avec un ours, priez pour l’ours. Sumatriptan
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