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marillion |
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Au moins , dans les années 90, le dopage restait encore "humain" 
Citation:
Un coureur (qui veut garder l'anonymat) décrit la préparation médicale
Article paru dans "le monde" le dimanche 26 juillet
"Sinon tu gonfles"
Pour la saison 1996-1997, les notes commencent début novembre.
"En général, en octobre, tu arrêtes tout pendant deux à trois semaines", explique t-il. Tout, c'est-à-dire l'entraînement et les produits. "pour la présentation du Tour de France, tu es toujours parfait", assure-t-il.
Début novembre, c'est autre chose : "D'abord, durant deux à trois semaines, tu roules environ trois heures par jour, deux jours sur trois. C'est un petit décrassage durant lequel tu ne prends rien. Tu te contentes de te refaire un peu les jambes."
Arrive la première semaine de décembre. Les pages du cahier se noircissent. La journée démarre à 8 heures par une prise d'anabolisant : un cachet tous les matins, à quoi s'ajoute une injection de testotérone le troisième jour. "C'est pour assurer les effets des anabolisants, explique notre interlocuteur. Ca aide à fixer les muscles. Si tu ne réalises pas cette association, tu gonfles, tu gonfles."
Le régime se poursuit ainsi jusqu"au samedi. Là, le coureur se repose sans oublier toutefois d'avaler son cachet matinal. Le dimanche, il passe à 2 cachets par jour, reprend l'entraînement en accroissant les charges de travail. A l'issue de cette première semaine de traitement, il a pris huit cachets d'anabolisants, s'est fait une piqûre de testostérone et a roulé entre 19 heures et 20 heures, en variant les braquets.
A partir de la deuxième semaine, les doses augmentent. Tous les matins à la même heure, ce sont 2 cachets d'anabolisants, et une injection de testostérone le lundi. En troisième semaine, la dose quotidienne passe à 3 cachets, les charges de travail continuent de croître progressivement et le traitement ralentit avant de s'achever au bout de 4 semaines.
Les quelques semaines qui précèdent les traditionnels stages d'entraînement en équipe ne comportent que des sorties à vélo : entre 20 et 25 heures hebdomadaires, en 4 ou 5 séances.
"Le fond de jante"
Janvier. Une fois les fêtes passées ("en surveillant l'alimentation de près"), l'heure des stages collectifs sonne. Ils ont généralement lieu au soleil, dans le sud de la France, en Italie ou en Espagne.
Les sorties se font plus longues : entre 30 et 32 heures hebdomadaires. "Si tu as décidé de gagner les premières courses de la saison, tu commences les injections d'EPO." L'EPO, c'est un jour sur deux, une injection de 2000 UI, durant environ 3 semaines. Ensuite, les doses peuvent atteindre 4000 UI en 2 injections par semaine. Ce régime peut s'étendre jusqu'au mois de septembre-octobre. "Tout dépend des objectifs que tu te fixes, explique notre interlocuteur. Certains commencent l'EPO plus tard dans la saison."
Mais le dopage ne s'arrête pas à l'EPO. D'autres produits comme les hormones de croissance, les facteurs de croissance, Geref, IGF1 ou IGF2, circulent dans le peloton cycliste et complètent l'arsenal. Ce traitement constitue une sorte d'ordinaire, mais a tout de même un prix. Au total, notre coureur dépense entre 50000 F et 60000 F par an pour se procurer les produits (on appelle cela "le fond de jante", en référence à la gomme laquée appliquée autrefois sur les jantes des roues à boyau), et à peu près autant pour payer les consultations médicales.
En la matière, les pratiques varient suivant les médecins. Certains (bien établis) se font payer aux résultats, d'autres adoptent le forfait mensuel, qui peut dépasser 5000 F. Ce sont des médecins qu'on ne voit jamais dans les courses, mais dont les coureurs connaissent la réputation. "Le budget annuel consacré à la dope peut atteindre 100 000 F.
Parfois les coureurs le prennent complétement en charge, parfois des personnes de l'encadrement des équipes donnent de l'argent à des coureurs pour se fournir", explique notre témoin. Lequel assure qu'il n'existe pas de directeur sportif, pas un soigneur, pas un médecin d'équipe, pas une institution officielle, pas un organisateur de course qui ne soit "parfaitement au courant de ces usages".
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