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Forum OXMO Forum OXMO > Section Généraliste > Discussion Libre > [SONDAGE] Quid de la constitution européenne ?


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jeannot12 :
D'abord, je ne considère pas que l'Europe telle qu'elle existe soit un modèle ou corresponde à mes aspirations. La plupart des règles qui la régisse ont été prises sans consultation des citoyens. Puisqu'aujourd'hui on nous donne enfin l'occasion de nous exprimer, pourquoi s'en priver ?

Ensuite, en admettant même que l'Europe actuelle soit un pis-aller, faut-il la figer avec une "constitution" dont même les partsans du Oui reconnaissent qu'elle bloquera l'Europe pour au moins 50 ans ?

Mais tu vas me dire, comme ci-dessus, que cette "constitution" ne fait qu'améliorer des traités dont les signataires enthousiastes hier nous disent aujourd'hui le plus grand mal. Alors voici une réponse rédigée par Yves Salesse dans laquelle je me reconnais.

Citation:
Les principaux arguments du « Oui »
Examinons les arguments les plus répétés des partisans du « Oui ». Cela commence par la comparaison avec le traité de Nice. Ce n’est pas, nous l’avons vu, l’essentiel. Reste que, même sur ce terrain subsidiaire, les contrevérités sont multipliées pour valoriser le projet de « constitution »

« Il ne comporte que des avancées et aucun recul » : faux

Donnons immédiatement quelques exemples ; nous en rencontrerons d’autres ultérieurement :

1. Préambule : Les Etats agissent en « S’inspirant des héritages (...) religieux (...) de l’Europe, dont les valeurs sont toujours présentes dans son patrimoine ».

2. Et pour garantir cette inspiration, le dialogue régulier avec les Eglises est institutionnalisé (article 51, nouveau).

3. L’article 40, nouveau, §3 stipule : « Les Etats membres s’engagent à améliorer progressivement leurs capacités militaires ». L’obligation est précise. Elle ne parle pas de l’amélioration des capacités militaires de l’Union qui pourrait être interprétée en termes de meilleure coordination, formation commune, homogénéisation des matériels.
Elle vise l’amélioration des capacités de chaque Etat membre. Est ainsi tranchée, en faveur de l’augmentation des budgets militaires, la controverse qui traverse les principaux pays. Nous devons dire de nouveau qu’est inadmissible l’inscription dans la « constitution » de cette décision politique, désormais soustraite au débat.
Pour remettre à l’endroit tout ce que le libéralisme fait fonctionner à l’envers

4. Il en est de même pour le § 7 du même article 40 qui décide : « Pour mettre en oeuvre une coopération plus étroite en matière de défense mutuelle, le Etats membres participant travailleront en étroite coopération avec l’OTAN ».

5. Aux termes de l’article III-88, nouveau, les Etats de la zone euro doivent « renforcer la coordination de leur discipline budgétaire et la surveillance de celle-ci ». C’est un durcissement de la mise en oeuvre du pacte de stabilité pourtant largement contesté.

6. L’article III-216 de la « constitution » reprend l’article 131 du traité CE, mais avec un petit ajout qui complète la modification précédente. A la contribution au développement harmonieux du commerce mondial que représente « la réduction des barrières douanières » le nouvel article substitue : « la réduction des barrières douanières et autres ». Ces deux petits mots ont une très grande portée, car l’article couvre désormais toutes les formes possibles de protection. On peut être pour ou contre telle ou telle mesure de protection. Cela ne doit pas être tranché par la « constitution » qui, par cet ajout, accentue encore le caractère libre-échangiste du droit européen.


« L’article III-6 fournit pour la première fois une base juridique pour les services publics » : faux, c’est même une régression.

Il y avait déjà un article, et donc une base juridique, pour les services d’intérêt économique général (SIEG) dans le traité de Rome. Cette base a été complétée par le traité d’Amsterdam. Voici sa rédaction reprise à l’article 16 du traité de Nice : « Sans préjudice ... (du respect d’articles sur la concurrence) et eu égard à la place qu’occupent les SIEG parmi les valeurs communes de l’Union ainsi qu’au rôle qu’ils jouent dans la promotion de la cohésion sociale et territoriale de l’Union, l’Union, la Communauté et ses Etats membres (...) veillent à ce que ces
services fonctionnent sur la base de principes et dans des conditions qui leur permettent d’accomplir leur missions.»

Voici l’article III-6 de la « constitution » : « Sans préjudice (... idem) et eu égard à la place qu’occupent les SIEG en tant que services auxquels tous dans l’Union attribuent une valeur ainsi qu’au rôle qu’ils jouent dans la promotion de sa cohésion sociale et territoriale, l’Union et ses Etats membres ... veillent à ce que ces services fonctionnent sur la base de principes et dans des conditions, notamment économiques et financières, qui leur permettent d’accomplir leurs missions. La loi européenne définit ces principes et ces conditions. »

On voit que, non seulement, cet article n’est pas la première base juridique des SIEG dans les traités, mais qu’il est très peu différent de celui introduit à Amsterdam. Ce qui n’a pas constitué un obstacle à la poursuite des libéralisations. Le nouvel article précise que les conditions sont notamment économiques et financières, ce qui n’est pas bouleversant. Il ajoute que la loi européenne définit ces principes et conditions : ce n’est que la reprise de l’idée d’une directive sur les SIEG, en discussion depuis plusieurs mois sans cette précision. Ajoutons que rien ne permet de dire que cette loi sera une garantie pour ce qui restera des services publics tant est restrictive la conception européenne des missions de service public et parce qu’elle devra être conforme au reste de la « constitution ». La loi ne pourra desserrer l’étreinte des règles de la concurrence auxquelles la « constitution » assujettit les services publics.

On voit encore que le traité d’Amsterdam classait les SIEG dans les valeurs communes de l’Union, alors qu’il a été refusé de les inscrire dans l’article 2 de la « constitution » énumérant ces valeurs communes. Et dans l’article III-6, ils ne sont plus que des services « auxquels tous attribuent une valeur » ; surtout ceux qui veulent leur privatisation pourrait-on ajouter.

=> En excluant les services publics des valeurs communes de l’Union, la « constitution » est en régression par rapport au traité de Nice.


« Il introduit un équilibre moins favorable au marché » : faux.


Ce changement serait dû aux références à l’économie sociale de marché, au commerce équitable ou au plein emploi. Il faut être naïf (ou roué) pour prétendre qu’elles font contrepoids à l’ensemble des articles qui assurent le primat du marché. Il n’est pas besoin d’être juriste pour savoir que les responsables politiques aiment parer les textes juridiques de références générales voire généreuses, dépourvues de portée.

Ces pétitions de principes sont parfois immédiatement neutralisées : « Dans ses relations avec le reste du monde, l’Union ... contribue au commerce libre et équitable ». Qui croit que, dans les rapports de forces existant entre pays du monde, le commerce libre peut être équitable ?
Que pèse une référence à l’économie sociale de marché face à la masse des articles qui organisent les règles de concurrence ? Et d’ailleurs qu’ajoute-t-elle aux nombreuses références au « progrès social » présentes dès le traité de Rome. Qu’ajoute-t-elle par rapport à l’inscription déjà ancienne dans les traités de « l’attachement aux droits sociaux fondamentaux tels qu’ils sont définis dans la charte sociale européenne (1961) et dans la charte communautaire des droits fondamentaux des travailleurs de 1989 » ?

Le préambule du traité de Rome, conservé par le traité de Nice, assignait « pour but essentiel » à la construction européenne « l’amélioration constante des conditions de vie et d’emploi des peuples ». Si l’on croit au poids des proclamations, la disparition du caractère essentiel de ce but là, au profit de banalités telles que « l’avancée sur la voie de la civilisation, du progrès et de la prospérité », est une autre régression de la « constitution ».

L’article du traité d’Amsterdam sur les services publics avait été alors signalé comme une grand progrès : a-t-il empêché la libéralisation du transport ferroviaire, de l’énergie, de la poste ? Celui sur la politique de la Communauté en faveur du « développement économique et social durable des pays en développement », a-t-il atténué l’intransigeance
européenne à Cancun ? Nous avons vu précédemment que l’inscription de la recherche du « plein emploi » est ensuite verrouillée par les articles très précis de la partie III, qui ne font d’ailleurs plus référence qu’à « un niveau d’emploi élevé ». Etc.

Nous sommes instruits par 50 ans de vie communautaire sur la base de traités qui ne se bornaient pas à affirmer le marché et la libre concurrence. C’est pourtant cela qui a structuré la politique européenne.


« La constitutionnalisation de la charte des droits fondamentaux est un progrès décisif » : faux.

Il est dit que l’intégration des droits sociaux dans le texte fondamental de l’Europe est une première et qu’elle constitue ainsi une avancée sociale importante.

Ce n’est pas une première. Depuis longtemps, les traités ont reconnu les « les droits sociaux fondamentaux tels qu’ils sont définis dans la charte sociale européenne, signée à Turin le 18 octobre 1961, et dans la charte communautaire des droits sociaux fondamentaux des travailleurs de 1989 ». Un prochain document Copernic comparera ces chartes avec celle intégrée à la « constitution ».

=> Cette charte des droits fondamentaux a été jugée gravement insuffisante par la plus grande partie du mouvement syndical et associatif qui a réclamé sa modification.

Donnons quelques exemples :
Sa portée est clairement bornée : elle « ne crée aucune compétence ni aucune tâche nouvelle pour l’Union » ; elle s’adresse « aux Etats membres uniquement lorsqu’ils mettent en oeuvre le droit de l’Union » (article II-51). L’énoncé des droits est souvent restreint par l’ajout : « conformément au droit de l’Union et aux législations et pratiques nationales ». Ils n’ont alors, explicitement, aucune influence ni sur le droit européen ni sur le droit national.

Les droits au revenu minimum, au logement, etc. ne sont pas reconnus. « Afin de lutter contre l’exclusion sociale et la pauvreté, l’Union reconnaît et respecte le droit à une aide sociale et à une aide au logement ». Ce §3 de l’article II-34 est en retrait sur la Déclaration universelle des droits de l’homme qui, en 1948, proclamait : « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et celui de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires » (article
25. 1).

L’article II-15 se borne à assurer : « Toute personne a le droit de travailler et d’exercer une profession librement choisie ou acceptée ». C’est à dire que l’on ne peut interdire à quelqu’un de travailler ni l’obliger à exercer une profession qu’il refuse. Heureusement ! Cela n’a rien à voir avec le « droit au travail ». L’article II-28 stipule : « Les travailleurs et les employeurs, ou leurs organisations respectives, ont (...) le droit de (...) recourir, en cas de conflit d’intérêts, à des actions collectives pour la défense de leurs intérêts, y compris la grève. » Travailleurs et employeurs sont traités identiquement et le droit de grève n’a été retenu qu’étendu aux employeurs ! Aux termes de l’article II-14, seul l’enseignement obligatoire doit être gratuit : dans de nombreux pays, l’école maternelle et l’enseignement supérieurs resteront réservés à ceux qui peuvent payer.

=> L’intégration de la Charte dans la « constitution » a pour effet, sinon pour objet, d’en empêcher l’amélioration, puisque sa modification requerra l’assentiment de l’unanimité des Etats. Et cette intégration a été l’occasion de la dégrader un peu plus : la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, organisme placé auprès du premier ministre, a attiré l’attention de celui-ci sur certaines modifications négatives apportées à la Charte par la Convention.


« Les coopérations renforcées sont facilitées » : faux.


Certains voient dans les « coopérations renforcées » entre quelques Etats, la possibilité d’échapper au double verrou, libéral et intergouvernemental, maintenu par la « constitution ». Ces coopérations poussées en matière de politique étrangère, de défense, de politique économique et sociale, permettraient même de faire émerger une avant-garde capable de mettre en oeuvre l’Europe politique et sociale.

Résumons la critique essentielle de ces propositions de groupe pionnier ou d’avant-garde (voir Manifeste...p.98s). L’Union actuelle persistant, les Etats qui ne se joignent pas au groupe profitent de l’appartenance au marché unique sans partager les mêmes contraintes. John Major, le leader conservateur britannique, avait déclaré à propos de la Charte sociale qu’il ne voulait pas signer : « Vous aurez les règles sociales et j’aurai les emplois ». Dans le même ordre d’idée, les Etats non membres du groupe pionnier profiteraient d’une politique de relance financée par ledit groupe, et peut-être plus que lui dans la mesure où ils poursuivraient leur dumping social. Etc. L’avancée par les « coopérations renforcées », en matière sociale, fiscale et autres est donc difficilement praticable.

=> L’idée que les coopérations renforcées permettent à quelques Etats décidés de s’affranchir des contraintes libérales et institutionnelles ne correspond pas à la réalité. La « constitution » les encadre strictement sur le fond et par la procédure.

L’article III-322 énonce ce que certains semblent ignorer : les coopérations renforcées doivent respecter la Constitution et le droit de l’Union. Elles ne peuvent donc servir à s’émanciper ce celui-ci. En outre, elles ne peuvent intervenir dans le domaine des compétences exclusives de l’Union (article 43) ; ce qui n’est pas rien : règles de concurrence (le coeur de l’ensemble), politique commerciale commune, union douanière, conservation des ressources biologiques de la mer, politique monétaire pour les Etats membres de la zone euro, certains accords internationaux. Un groupe d’Etats membres ne peut donc engager une coopération renforcée en vue de promouvoir des relations commerciales plus coopératives avec les pays du Sud ; ni instaurer des droits de douane supérieurs, ni promouvoir une politique plus ambitieuse de protection des ressources biologiques de la mer.

Il doit être établi que les objectifs poursuivis par cette coopération ne peuvent être atteints dans un délai raisonnable par l’Union dans son ensemble. Qu’est-ce qu’un délai raisonnable ? Des gouvernements hostiles à la mise en place d’une coopération renforcée pourront, au lieu de s’y opposer, proposer la prise en charge du sujet par l’Union et faire traîner la négociation. L’adoption d’un texte important nécessite habituellement quatre ans au moins. Il faudra plus pour s’apercevoir que l’on ne parvient pas aux objectifs poursuivis dans un « délai raisonnable ».

L’article 43 impose que la coopération renforcée réunisse au moins un tiers des Etats membres, soit 9. Et la procédure d’autorisation multiplie les possibilités de blocage. L’objet de cet examen n’est pas de juger si cette procédure est justifiée mais d’apprécier la difficulté de mise en oeuvre d’une coopération renforcée.

S’agissant de la politique étrangère et de sécurité commune, le Conseil des ministres décide seul mais à l'unanimité. Dans les autres cas, il décide à la majorité qualifiée mais d’autres obligations s’ajoutent :

L’autorisation est donnée par le Conseil des ministres sur proposition de la Commission. Cette proposition est indispensable pour que le Conseil décide (article III-325). Les Etats adressent donc leur demande à la Commission qui « peut soumettre au Conseil des ministres une proposition en ce sens. Si la Commission ne soumet pas de proposition, elle en communique les raison aux Etats membres concernés.» Et la procédure s’arrête. La Commission est donc un premier verrou possible. D’autant plus que le Conseil européen a décidé que tous les Etats seront représentés à la Commission. Or les dix nouveaux membres sont hostiles aux coopérations renforcées par crainte d’être marginalisés.
Il faut ensuite l’approbation du Parlement européen. Celui-ci est donc un deuxième verrou possible.
Enfin, le conseil des ministres tranche : troisième verrou possible.

Tout cela montre qu’il n’est pas si simple d’engager des coopérations renforcées et, en tout état de cause, qu’elles ne permettent pas de s’affranchir des contraintes générales réaffirmées par la « constitution ». Regardons maintenant si celle-ci facilite les coopérations renforcées », puisque ce serait l’une des avancées importantes selon les défenseurs du « Oui ».

Les stipulations de la « constitution » sont très proches de celles du traité de Nice. Mais n’impose de réunir que 8 Etats (article 43). Il ne prévoit d’autorisation que dans les domaines de la PESC et du traité CE. La généralisation de l’autorisation par la « constitution » n’est pas un assouplissement. Dans le champ du traité CE, l’article 11 du traité de Nice décrivant la procédure d’autorisation ne prévoit, en général, que la consultation du Parlement. L’approbation du Parlement, posée par la « constitution », est un obstacle supplémentaire à la mise en place d’une coopération renforcée. Le seul assouplissement apporté par la « constitution » est, dans le champ du traité CE, la suppression de la possibilité, ouverte par le traité de Nice, pour un Etat de demander la saisine du Conseil européen. Une telle saisine, soumise à condition, pourrait retarder de quelques mois l’autorisation de la coopération renforcée. C’est peu comparé au délai raisonnable et à l’ensemble de la procédure.

Au total, l’assouplissement par rapport au traité de Nice n’est donc pas évident.


La crise !
Devant le congrès de la CES, en 1988, Jacques Delors affirmait : « L’Europe est à nouveau en marche et c’est, de toute manière, positif ». Toutes les démissions étaient contenues dans cette affirmation. En marche vers quoi ? Au nom de la marche en avant de toute manière positive une partie de la gauche a tout accepté : l’Acte unique, Maastricht et leur suite. L’Europe devait marcher sur deux jambes ? Tant pis pour la jambe sociale. Elle devait se clarifier et se démocratiser ? On signe Nice. On prétendait défendre les services publics ? On les a sacrifiés.

Deux amis de Delors, Pascal Lamy et Jean Pisani-Ferry ont très bien résumé cette mécanique : « Deux moments historiques cristallisent ces tensions. Le premier est, au milieu des années quatre-vingt, le virage vers le marché unique. Orchestré par un socialiste français, Jacques Delors, mais de son propre aveu parce qu’il avait déterminé qu’aucune autre orientation de relance de la construction européenne n’était susceptible de recueillir l’adhésion des Etats membres, il met en branle une mécanique de libéralisation » (L’Europe de nos volontés, Note de la Fondation Jean-Jaurès, 2002, p.20). La citation doit être méditée.

« Tout s’effondrera si la constitution est rejetée! » Cet argument révèle l’appréciation portée par ses défenseurs sur l’Europe actuelle, après un demi-siècle de « construction ». Mais il est spécieux. L’Europe a connu des crises. La droite ne craint pas d’y recourir : De Gaulle en 1965 a ouvert une crise majeure, Thatcher a récidivé pour son « chèque ». Chirac a refusé de se soumettre au pacte de stabilité. L’Europe a survécu.

=> Surtout, chacun sait que la construction européenne est déjà en crise profonde. En cinquante ans, ses défauts ne se sont pas corrigés mais accrus. L’hypertrophie de la réglementation de la concurrence au détriment de la politique sociale s’est amplifiée, l’attaque contre les services publics s’est déployée, l’inexistence politique s’est confirmée, la paralysie de ses institutions politiques gagnera avec l’élargissement.

Pour remettre à l’endroit tout ce que le libéralisme fait fonctionner à l’envers, ce bilan est aujourd’hui camouflé derrière une promesse de lendemains qui chanteront : « il faut l’Europe pour réguler la mondialisation, pour faire fasse à la puissance agressive des Etats-
Unis ». Certes, mais justement l’Europe actuelle est incapable de jouer ces rôles. Avec la volonté opiniâtre du retrait de l’intervention publique, elle se désarme systématiquement. Impuissante sur la marche du monde, volant en éclat à chaque évènement international, incapable de répondre aux problèmes rencontrés par ses peuples, sans budget, sans politique économique, sans politique des transports, de l’énergie autres que la libéralisation, dotée d’un système institutionnel de plus en plus impotent : l’Europe est en crise.

C’est un diagnostic partagé. Lamassoure caractérisait ainsi l’élargissement sans refonte préalable du système institutionnel : « C’est l’Europe du traité d’Amsterdam avec 25 Etats membres. Les règlements actuels ne pourraient plus être modifiés, les décisions étant extrêmement difficiles à prendre : il en résulterait une zone de libre échange, garantissant la libre circulation des marchandises et des capitaux(...), mais non une entité politique
capable de s’affirmer vis à vis de l’extérieur » (Le Sénat. Délégation pour l’Union européenne, n° 12, 1998). Le diagnostic fondait la proposition de Joskha Fischer pour la construction d’un groupe pionnier. En écho, Delors reprochait aux gouvernements de ne pas vouloir « poser la question qui fâche et qui divise : quel pourrait être notre projet commun quand nous serons 30 ? Et d’ailleurs, quel est déjà notre projet commun à 15 ? » (Le Monde 19/1/2000) ; Juppé s’inquiétait d’une Europe conçue « uniquement comme un espace économique fondé sur la seule philosophie de la libre concurrence » (Le Figaro 16/6/2000) et J. Monod : « qu’avons nous à proposer ? Une zone de libre-échange condamnée à se diluer dans un espace sans limite ? » (Le Monde 6/5/2000). C’est cette construction européenne là qui nourrit les tentations de repli national, qui risque de ruiner l’idée même de construction européenne.

La « constitution » proposée n’est pas un compromis. Un compromis aurait consisté au moins, dans l’environnement libéral, à garantir l’harmonisation sociale (condition d’une « concurrence non faussée »), à sortir les services publics des règles de la concurrence. Tout cela a été refusé. Qu’ont concédé les libéraux ? Rien. L’incorporation des politiques libérales dans la 3ème partie du texte, la plus longue, la plus dense, la plus précise, signe le refus du compromis. On nous reproche de refuser la constitution parce qu’elle ne serait pas exactement ce que nous voulions. Nous serions coupables d’un extrémisme destructeur. Non, nous refusons cette « constitution » parce qu’elle est exactement ce que nous ne voulons pas.

=> Elle est le dernier avatar de la maladie dégénérative, désormais clairement visible, qui ronge l’actuelle construction européenne. Le « Non » ne sera pas à l’origine d’une crise déjà patente. Il est la réaction nécessaire pour sortir de cette crise là. Que provoquerait-il ? Une crise politique, bien moins dangereuse que celle qui sévit déjà, parce qu’elle sera politique, parce qu’elle obligera à prendre le temps du débat sur le « projet commun », parce qu’elle ouvrira la possibilité du changement de cap aujourd’hui interdit. Ce débat en profondeur sera le premier moment d’un véritable processus constituant dont l'Europe a besoin


__________________
Je définis la cour un pays où les gens
Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents,
Sont ce qu'il plaît au Prince, ou s'ils ne peuvent l'être,
Tâchent au moins de le paraître,
Peuple caméléon, peuple singe du maître,
On dirait qu'un esprit anime mille corps ;
C'est bien là que les gens sont de simples ressorts.


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OXMO : Le débat sur le projet de TCE


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OK, ici enfin on donne ce qui peut être reconnu par certains comme des reculs. Je récapitule donc:
-Possibilité que le TCE interdise l'avortement
-Reconnaissance de l'héritage religieux, et dialogue avec les églises par l'Europe
-Renforcement des capacités militaires des pays
-Que l'on permette d'abolir des frontières entre états autres que douanières

Pour la disparition des SIEG des valeurs de l'Europe, je n'ai pas pu vérifier étant donné que dans Amsterdam, il s'agit d'une modification d'article ou on rajoute le paragraphe qui est cité, et je ne sais pas quel traité on modifie. En tout cas je n'ai pas pu trouver un texte intégral ou les SIEG apparaissent.

Quelques corrections ensuite:

Citation:

4. Il en est de même pour le § 7 du même article 40 qui décide : « Pour mettre en oeuvre une coopération plus étroite en matière de défense mutuelle, le Etats membres participant travailleront en étroite coopération avec l’OTAN ».


Cet article n'existe pas.

Citation:

5. Aux termes de l’article III-88, nouveau, les Etats de la zone euro doivent « renforcer la coordination de leur discipline budgétaire et la surveillance de celle-ci ». C’est un durcissement de la mise en oeuvre du pacte de stabilité pourtant largement contesté.


L'article III-88 n'existe pas non plus, la seule chose que j'ai trouvé c'est ce qui suit, qui concerne les capacités d'adoption du conseil, ce n'est pas la même chose.

Citation:

ARTICLE III-194
1. Afin de contribuer au bon fonctionnement de l'union économique et monétaire et conformément aux dispositions pertinentes de la Constitution, le Conseil adopte, conformément à la procédure pertinente parmi celles visées aux articles III-179 et III-184, à l'exception de la procédure prévue à l'article III-184, paragraphe 13, des mesures concernant les Etats membres dont la monnaie est l'euro pour:

* a) renforcer la coordination et la surveillance de leur discipline budgétaire;



Citation:
D'abord, je ne considère pas que l'Europe telle qu'elle existe soit un modèle ou corresponde à mes aspirations. La plupart des règles qui la régisse ont été prises sans consultation des citoyens. Puisqu'aujourd'hui on nous donne enfin l'occasion de nous exprimer, pourquoi s'en priver ?


Voilà par contre une bonne raison de voter non: on ne se reconnait pas dans cette Europe et on la rejette.
Pour ma part je préfère qu'on continue à progresser pas à pas plutot que recommencer à zéro.

Citation:

Ensuite, en admettant même que l'Europe actuelle soit un pis-aller, faut-il la figer avec une "constitution" dont même les partsans du Oui reconnaissent qu'elle bloquera l'Europe pour au moins 50 ans ?


Je signale juste qu'on peut très bien se retrouver figé dans la situation actuelle pour 50 ans vu que les modalités de révision sont exactement les mêmes.

Jeannot


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Citation:
Message écrit par jeannot12, le 08-04-2005 à 18:31

Quelques corrections ensuite:
Citation:
Citation:
--------------------------------------------------------------------------------

4. Il en est de même pour le § 7 du même article 40 qui décide : « Pour mettre en oeuvre une coopération plus étroite en matière de défense mutuelle, le Etats membres participant travailleront en étroite coopération avec l’OTAN ».

Cet article n'existe pas.

Si, tu as mal vérifié :
Chapitre II - Dispositions particulières, Article 40, § 7 :
7. Tant que le Conseil européen n’a pas statué conformément au paragraphe 2 du présent article, une coopération plus étroite est instaurée, dans le cadre de l’Union, en matière de défense mutuelle. Au titre de cette coopération, dans le cas où l’un des États participant à cette coopération serait l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres États participants lui portent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, militaires et autres, conformément aux dispositions de l’article 51 de la Charte des Nations Unies. Pour mettre en œuvre une coopération plus étroite en matière de défense mutuelle, les États membres participants travailleront en étroite coopération avec l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. Les modalités de participation et de fonctionnement, ainsi que les procédures de décisions propres à cette coopération, figurent à l’article III-214.



Ensuite, tu affirmes :
Citation:

L'article III-88 n'existe pas non plus, la seule chose que j'ai trouvé c'est ce qui suit, qui concerne les capacités d'adoption du conseil, ce n'est pas la même chose.


Tu te trompes encore ! Le voici :
SECTION 3 BIS
DISPOSITIONS PROPRES AUX ÉTATS MEMBRES QUI FONT PARTIE DE LA ZONE EURO
Article III-88
1. Afin de contribuer au bon fonctionnement de l’union économique et monétaire et
conformément aux dispositions pertinentes de la Constitution, des mesures concernant les
États membres qui font partie de la zone euro sont adoptées pour:
a) renforcer la coordination de leur discipline budgétaire et la surveillance de celle-ci
b) élaborer, pour ce qui les concerne, les orientations de politique économique, en veillant à ce qu’elles soient compatibles avec celles qui sont adoptées pour l’ensemble de l’Union, et en assurer la surveillance.
2. Seuls les membres du Conseil des ministres représentant les États membres qui font partie de la zone euro votent sur les mesures visées au paragraphe 1. La majorité qualifiée se définit comme la majorité des voix des représentants des États membres qui font partie de la zone euro, représentant au moins les trois cinquièmes de la population de ceux-ci. L’unanimité de ces membres du Conseil des ministres est requise pour tout acte requérant l’unanimité.


Je ne saurais que trop te conseiller de trouver un texte complet. Apparemment, le tien est celui distribué par les partisans du Oui


D'autre part, et cela a déjà été évoqué, il est faux de prétendre que les modalités de modifications de cette "constitution" et celles des traités l'ayant précédé sont les mêmes. Chaque traité précédent prévoyait une date de renégociation. Il n'en est pas question dans la "constitution".

Enfin, rappelons deux points essentiels :
Une constitution doit émaner d’une assemblée constituante. Ce n’est pas le cas ici. Ajoutons qu’une assemblée constituante ne s’improvise pas. Elle doit s’appuyer sur la souveraineté populaire pour trouver sa légitimité. Celle-ci ne se décrète pas, elle se construit. Vu l’histoire de la construction européenne, cela suppose un débat démocratique prolongé, impliquant profondément les peuples.
Une constitution doit se borner à inscrire les valeurs communes, les principes fondateurs et à organiser les institutions. Le projet de « constitution » adopté par les chefs d’Etat et de gouvernement n’est pas du tout de cette nature. Il fixe dans le détail toute sorte de choix politiques, sociaux, économiques. Choix qui devraient pouvoir être modifiés lors d’un changement de majorité politique et ne pourront plus l’être.


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Citation:

Si, tu as mal vérifié :
Chapitre II - Dispositions particulières, Article 40, § 7 :
7. Tant que le Conseil européen n’a pas statué conformément au paragraphe 2 du présent article, une coopération plus étroite est instaurée, dans le cadre de l’Union, en matière de défense mutuelle. Au titre de cette coopération, dans le cas où l’un des États participant à cette coopération serait l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres États participants lui portent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, militaires et autres, conformément aux dispositions de l’article 51 de la Charte des Nations Unies. Pour mettre en œuvre une coopération plus étroite en matière de défense mutuelle, les États membres participants travailleront en étroite coopération avec l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. Les modalités de participation et de fonctionnement, ainsi que les procédures de décisions propres à cette coopération, figurent à l’article III-214.



Ensuite, tu affirmes :


Tu te trompes encore ! Le voici :
SECTION 3 BIS
DISPOSITIONS PROPRES AUX ÉTATS MEMBRES QUI FONT PARTIE DE LA ZONE EURO
Article III-88
1. Afin de contribuer au bon fonctionnement de l’union économique et monétaire et
conformément aux dispositions pertinentes de la Constitution, des mesures concernant les
États membres qui font partie de la zone euro sont adoptées pour:
a) renforcer la coordination de leur discipline budgétaire et la surveillance de celle-ci
b) élaborer, pour ce qui les concerne, les orientations de politique économique, en veillant à ce qu’elles soient compatibles avec celles qui sont adoptées pour l’ensemble de l’Union, et en assurer la surveillance.
2. Seuls les membres du Conseil des ministres représentant les États membres qui font partie de la zone euro votent sur les mesures visées au paragraphe 1. La majorité qualifiée se définit comme la majorité des voix des représentants des États membres qui font partie de la zone euro, représentant au moins les trois cinquièmes de la population de ceux-ci. L’unanimité de ces membres du Conseil des ministres est requise pour tout acte requérant l’unanimité.


Je ne saurais que trop te conseiller de trouver un texte complet. Apparemment, le tien est celui distribué par les partisans du Oui


Je suis preneur. Donne moi un lien vers ce texte et dis moi ou se trouve cet article stp.
Le III 88 ressemble étrangement au III 194 que je cite, et il dit la même chose: ce sont les mesures que peut adopter le conseil, elles ne sont donc pas imposées.

Citation:

D'autre part, et cela a déjà été évoqué, il est faux de prétendre que les modalités de modifications de cette "constitution" et celles des traités l'ayant précédé sont les mêmes. Chaque traité précédent prévoyait une date de renégociation. Il n'en est pas question dans la "constitution".


Les dates que tu évoques étaient celles de la convention et de la CIG, mais ça ne change rien aux modalités: il faut la double unanimité pour modifier les traités, non?
Je te le mets, touvé sur le portail de l'Europe, ici, avec pour intitulé Traité sur l'Union européenne et traité instituant la Communauté européenne, tels qu'en vigueur à partir du 1er février 2003 (versions consolidées à la suite du traité de Nice) page 31

Citation:
Article 48
Le gouvernement de tout État membre, ou la Commission, peut soumettre au Conseil des projets
tendant à la révision des traités sur lesquels est fondée l'Union.
Si le Conseil, après avoir consulté le Parlement européen et, le cas échéant, la Commission, émet un avis
favorable à la réunion d'une conférence des représentants des gouvernements des États membres, celle-ci
est convoquée par le président du Conseil en vue d'arrêter d'un commun accord les modifications à
apporter auxdits traités. Dans le cas de modifications institutionnelles dans le domaine monétaire, le
conseil de la Banque centrale européenne est également consulté.
Les amendements entreront en vigueur après avoir été ratifiés par tous les États membres conformément
à leurs règles constitutionnelles respectives.


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Au temps pour moi. Ça fait tellement longtemps que je me coltine ce texte que j'avais fini par oublier que je travaillais sur le projet (qui diffère très peu du document final si ce n'est que certains articles ont été déplacés voire, très rarement, reformulés). C'est sur ce même texte qu'avait travaillé Yves Salesse quand il a écrit cet article, il y a environ un an.

Voici donc l'ex article 40 § 7 devenu 41 § 7 :

Citation:

7. Au cas où un État membre serait l'objet d'une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, conformément à l'article 51 de la charte des Nations unies. Cela n'affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres.
Les engagements et la coopération dans ce domaine demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, qui reste, pour les États qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l'instance de sa mise en oeuvre.

La tournure est différente mais la finalité reste identique même si elle est exprimée moins ouvertement. On ne dit plus : "les États membres participants travailleront en étroite coopération avec l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord". Mais on accorde la primauté aux engagements souscrits au sein de l'OTAN, ce qui revient exactement au même puisque cela fait dépendre une action européenne du bon vouloir de l'OTAN qui reste un instrument des États-Unis comme chacun le sait.

L'article III-88 est effectivement devenu III-194 mais, comme tu le remarques fort justement, il a gardé tout son sens. L'analyse d'Yves Salesse reste donc parfaitement valable.
Citation:
5. Aux termes de l’article III-88 [III-194], nouveau, les Etats de la zone euro doivent « renforcer la coordination de leur discipline budgétaire ». C’est un durcissement de la mise en oeuvre du pacte de stabilité pourtant largement contesté.


Au passage, je constate d'ailleurs que, même si tu les ignores ou les minimises (...être reconnu par certains comme des reculs..), tu n'as guère de réponses à opposer aux arguments formulés par Yves Salesse dans son analyse.


Pour finir et concernant l'éventuelle révision de cette "constitution".
Si la procédure de révision est à peu près similaire (quoique, à lire IV-443, 444, et 445...) à ce qui préexistait, il existe une différence de taille avec les traités précédents. Le TUE prévoyait une clause "de rendez-vous" fixée à l’année 1996, afin d’examiner les points pour lesquels la discussion préalable à la rédaction du traité n’avait pu remporter un accord unanime. De même, le traité d’Amsterdam avait prévu la réunion de la CIG de 2000 à Nice, et le traité de Nice a convoqué une CIG pour 2004. Mais dans ce texte, il n'est plus question de rendez-vous du tout alors que ce texte fait entrer dans une constitution des directives économiques et politiques qui n'ont rien à y faire. Ces directives devraient pouvoir être modifiées lors d’un changement de majorité politique. Ce sera impossible. C'est là où la bât blesse ! D'emblée, on considère un texte issu du cerveau de technocrates sans aucune légitimité démocratique, un texte qui conditionne une politique économique et sociale, comme gravé dans la pierre. C'est un déni de démocratie !


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Citation:
Message écrit par mopz02, le 09-04-2005 à 10:36
C'est un déni de démocratie !

et une insulte à l'intelligence !


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Old Post 09-04-2005 11:20
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L'Intox continue

Allez, le pape est enterré et les oui-oui en remettent une couche.

Citation:

"Si Le Pen ne se fait pas entendre, c'est parce que d'autres font le travail à sa place", a lancé, vendredi 8 avril, le premier secrétaire du parti, François Hollande, en campagne à Colomiers (Haute-Garonne).

Citation:

Pour Jean-Pierre Raffarin, le non " casserait la maison Europe "

Citation:

Comme si Chirac n'avait pas déjà à assez faire contre les partisans du non au référendum. Le chef de l'Etat doit maintenant faire face à une fronde de journalistes de télévisions. L'objet de la discorde: l'organisation du «dialogue» prévu le 14 avril sur TF1 entre Jacques Chirac et un panel de 80 jeunes de 18 à 25 ans destiné à promouvoir le oui élyséen. Parmi ces jeunes, indique Robert Namias, directeur de l'information de TF1, des partisans du oui aussi bien que du non. Mais ce qui gêne les rédactions aux entournures, c'est autant le choix du casting pour modérer ce débat — un seul journaliste (PPDA) et trois animateurs-producteurs (Delarue, Fogiel et Chain) — qu'une éventuelle distorsion du temps de parole en faveur des tenants du oui.


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Ah Chirac !
Sur France Info tout à l'heure. (9:30)
2 candidats partisans du Non (et qui ont lus le projet et le connaissent) pour l'émission de jeudi ont été répudiés par Claude Chirac :
au premier on a dit :
- désolé, il nous manque un travailleur, pas un étudiant
au second :
- désolé, il nous manque un étudiant, pas un travailleur

Heureusement qu'ils en ont discutés en sortant de la séance de sélection : du coup, bras dessus, bras dessous, ils se sont rendus au CSA.
Résultat des courses : le CSA a exigé qu'ils soient retenus.
On verra.


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Si le "NON" l'emporte malgré la campagne béni-oui-oui des grands médias et des grands partis, ça en remettra peut-être certains à leur place et ce sera une grande victoire de la démocratie.


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Tiens en Allemagne ce sont les parlementaires qui voteront et pas les électeurs...


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"La volonté d’imposer NOTRE modèle français au reste de l’UE se ressent constamment."
(c'est tellement vrai!!)

" La méthode est analogue à celle de G.W.Bush qui veut imposer sa vision de la démocratie et de l’économie
C’est très révélateur".

" L’argumentaire oublie volontairement de mentionner ce qui est nouveau, ce qui est ancien, si bien que l’on a l’impression qu’il n’y a jamais eu d’Europe avant la Constitution, l’auteur voudrait faire croire que les traités de Rome (1957, 6 états) et de Maastricht (1992, 12 états, président Mitterrand) datent de 2005."

si c'etait le seul,je trouve que bcp de politique frise l'imposture dans leurs propos pour le NON.

"Mais de qui se moque-t-on ? A croire que l’auteur considère que nos concitoyens sont des êtres trop idiots pour s’informer, lire, comprendre. Désolé, mais ce n’est pas ainsi que je perçois la démocratie, je préfère l’éducation, l’information et la réflexion au mensonge, à la calomnie et aux méthodes qui ont jadis porté au pouvoir de trop nombreux tyrans."

il faut bien voir une chose,je pense que 40% des votants iront voter sans avoir lu la C° et ça c'est affligeant ,enfin c'est ce qui ressort de ma propre experience sur d'autre forum.
soon
philmagluc


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il faut bien voir une chose,je pense que 40% des votants iront voter sans avoir lu la C° et ça c'est affligeant

Ouais, ben je n'ai le temps ni l'envie de me farcir 832 pages de langage juridique...


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Message écrit par mopz02, le 12-04-2005 à 20:14
Si le "NON" l'emporte malgré la campagne béni-oui-oui des grands médias et des grands partis, ça en remettra peut-être certains à leur place et ce sera une grande victoire de la démocratie.


Moi je prefererai que les francais votent aux elections (taux abstention) que d'etre gouverné par le resultat de referendum....


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Old Post 14-04-2005 11:47
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Citation:
Message écrit par fleaz, le 14-04-2005 à 11:47
Moi je prefererai que les francais votent aux elections (taux abstention) que d'etre gouverné par le resultat de referendum....

Ben justement, la démocratie aurait été d'élire une assemblée constituante qui aurait été chargée de la rédiger cette constitution. Il est dangereux de laisser des technocrates sans aucun mandat démocratique décider à notre place. Une raison de plus pour refuser ce texte.


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