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Citation: BILAN INDIVIDUEL (par C.R.)
Fabien Barthez, Lilian Thuram, Zinedine Zidane et Thierry Henry ont été les quatre seuls joueurs de l'équipe de France à disputer l'intégralité des quatre rencontres de l'Euro, soit 360 minutes de jeu au total. Patrick Vieira, qui n'a pas disputé France-Grèce (0-1) en quart de finale, en raison d'une contracture à la cuisse gauche, n'était, lui non plus, jamais sorti du terrain au cours du premier tour (270 minutes). Ces chiffres dessinent nettement les axes forts sur lesquels Jacques Santini a essayé de s'appuyer au Portugal : les deux plus grands talents de l'équipe (Zidane, Henry), et ses trois meilleurs joueurs au cours du tournoi (Barthez, Thuram, Vieira). L'échec de la France est celui d'une équipe qui n'a jamais vraiment joué "ensemble", tiraillée entre les différents niveaux de forme et de jeu de ses individualités. Bilan des 23 :
BARTHEZ, THURAM et VIEIRA ont été globalement irréprochables. Le gardien des Bleus aura bouclé sa quatrième compétition au plus haut niveau. Comme à la Coupe du monde 2002, il a surnagé dans le naufrage, empêchant la défaite contre l'Angleterre en arrêtant un penalty de Beckham et en retardant l'échéance ensuite. Thuram, devenu le patron de la défense aux dépens de Desailly, a été constant de détermination et de solidité, même s'il se reproche d'avoir mal anticipé sur le but de Charisteas. Son tournoi demeure exemplaire, comme celui de Vieira, auquel il n'aura manqué qu'un peu de force. Monstrueux de présence et d'agressivité au cours des deux premiers matches - que serait devenu France-Croatie sans lui ? - le Gunner a tiré la langue contre la Suisse et espérait souffler avant les demi-finales. Barthez et Thuram, internationaux depuis 1994, avaient levé les doutes qui entouraient leur motivation pour la suite avant le début de l'Euro. Cet échec, dans lequel leur responsabilité est marginale, va peut-être les faire évoluer. Vieira doit être le leader de demain. Il aura 30 ans en 2006.
ZIDANE et HENRY ont fait parler leur classe de façon intermittente. Le talent de l'un (Zidane) et la persévérance de l'autre (Henry) ont entraîné les deux victoires du premier tour. Mais ils attendaient plus d'eux. Sauveur au premier match, leader au deuxième, buteur au troisième, Zidane a plongé avec tout le monde contre la Suisse. Henry s'est procuré seul la plupart des occasions qu'il a eues, mais il a aussi manqué quelques offrandes précieuses qu'un joueur de son rang aurait dû convertir.
Derrière ces cinq hommes-clef, trois titulaires n'ont pas eu leur rendement habituel : LIZARAZU (270 minutes), PIRES (257 minutes) et TREZEGUET (327 minutes). Les deux premiers, qui se sont fréquentés sur le côté gauche, n'ont cultivé aucune complicité et furent les grandes victimes du flou artistique qui a régné sur les ailes. Ce que Lizarazu a eu, une vraie détermination à ne pas sombrer, Pires a semblé en manquer malgré un jeu plus propre, mais qui ne fut jamais décisif. Pour l'introuvable Trezeguet, auteur d'un but opportuniste, la question est de savoir si c'est surtout l'équipe ou lui qui a mal travaillé. Sans doute les deux. Et sur le fond, cet Euro paraissait plus fait pour un Saha et son explosivité.
Les autres titulaires ont failli de façon plus ou moins spectaculaire. GALLAS (304 minutes), de moins en moins rassurant défensivement, a souvent joué à contre-courant et n'a jamais animé son couloir. MAKELELE (269 minutes), appliqué et disponible, a eu du mal à exister sans Vieira. SILVESTRE (348 minutes) avait réalisé 38 superbes premières minutes contre l'Angleterre avant de sombrer progressivement vers une effarante fébrilité dès l'instant où Lampard gagna son duel contre lui. DACOURT (157 minutes) n'a même pas eu le loisir de se mettre dans le bain : ses deux matches ont été catastrophiques. WILTORD (103 minutes) et DESAILLY (90 minutes) insuffisamment préparés, n'ont rien apporté. C'était aussi peut-être le cas de SAGNOL (67 minutes), victime d'une blessure au bras qui a réduit son temps de jeu. Mais sa lucidité ne peut que le rendre plus précieux pour l'avenir.
Les trois remplaçants dont le temps de jeu s'apprécie en deux chiffres n'ont pas à rougir de leur tournoi, surtout SAHA (34 minutes), auteur d'une passe décisive. PEDRETTI et ROTHEN ont eu peu de temps pour aérer un jeu statique (12 minutes). Leur fraîcheur, leur profil technique et leur mental en acier trempé auraient pu rendre de fiers services. BOUMSONG (1 minute) a pratiquement le même bilan que MARLET, GOVOU, COUPET et LANDREAU, qui seront restés vissés sur le banc en dépit des événements. |
L'Equipe
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