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Re: bof bof...
Citation: Message écrit par ad-rock, le 05-11-2003 à 12:24
Après les critiques élogieuses, que ce soit sur oxmo ou dans toutes sortes de médias, je me suis empressé d'aller découvrir ce film.
Hélas, la déception a été à la hauteur de mes attentes. Pour moi, le dernier Eastwood ne tient tout simplement pas ses promesses et est à cet égard raté.
Alors que le réalisateur semble vouloir nous servir un film très noir, avec un très fort ancrage dans la réalité, il multiplie les effets appuyés destinés à faire prendre la "sauce émotionnelle" :
- ralenti sur le jeune Tim Robbins la mine déconfite et les mains plaquées sur le pare brise de la voiture qui l'emmène comme s'il avait déjà conscience de son triste sort ;
- flash-backs de Tim Robbins adulte, pas nécessaires si ce n'est encore une fois pour amplifier artificiellement le ressort dramatique du film ;
- ...
On a ensuite cette superbe brochette d'acteurs (Tim Robbins, Sean Penn, Kevin Bacon) malheureusement tous enfermés dans des rôles caricaturés à l'extrême.
Le personnage de Tim Robbins, par exemple, qui se réduit au traumatisme vécu dans son enfance, l'air toujours affreusement triste, incapable d'esquisser le moindre sourire durant tout le film (il a pourtant une vie avec femme et enfant...).
Sean Penn ensuite, enfermé dans un personnage qui se réduit à la colère. Pas la moindre ambiguité, pas un seul instant de faiblesse causé par la perte de sa fille ("incapable de pleurer" c'est lui qui le dit).
Kevin Bacon est finalement celui qui s'en sort le mieux même si encore une fois son personnage de flic tiraillé entre son devoir et son ancienne amitié n'a rien de fondamentalement original et même s'il ne s'éloigne pas des rôles dans lesquels on a l'habitude de le voir.
Au final, Mystic River est un film plein de qualités certes, mais qui montre aussi de cruels défauts que le spectateur trouvera plus ou moins gênant selon son degré d'exigence mais ce n'est en tout cas pas le chef d'oeuvre qu'on veut nous vendre. |
on comprend là qu'il peut y avoir différentes sortes de point de vue d'aborder un film pouren juger de la qualité.
Cependant je pense que si tu es DECU par un film (ou n'importe quoi d'autre d'ailleurs), c'est en partie de ta faute, puisque tu en attendais qqch d'improbable ou plutôt sûrement qqch que tu as vu ailleurs et que tu aimerais revoir. Je prendrais l'exemple des films de Poolevorde, où si tu t'attends à te gausser à chaque fois sur l'absurdité de ses interventions, il y a un de ses films qui pourra DECEVOIR tout autant. Je veux parler des "portes de la gloire", film très méritant toutefois pour peu qu'on veuille bien s'affranchir de tout à priori au départ.
Pour revenir à Mystic River, j'en ai pensé beaucoup de bien, notamment car tu l'as dit : c'est un film "plein de qualités" ce qui n'est pas si fréquent, et que celles ci sont bien ordonnées (je n'ai pas eu cette impression de juxtaposition). Il est sûr que ça peut passer pour du "tout calculé" qui te fait dire quelques remarques sur les personnages et la façon de les présenter (au passage j'y vois personnellement un peu + de nuances), et c'est une évidence qu'il répond à certains schémas, ce qui semble être l'objet principal de ta déception (sa convenance), mais cela ne saurait être en mon sens un critère objectif de la qualification d'un "chef d'oeuvre" ou non. Je m'explique : avec le nombre de productions cinématographiques dans les 2 dernières décennies, les films qui échappent à cette impression de "déjà vu" ne peuvent être que très rare. En spectateur averti, je pense que l'on doit donc faire un effort d'abstraction une fois entré dans la "camera obscura" ... alors qu'il est normal que les motivations qui nous ont emmené jusque là prennent elles leur source dans notre culture artistique, ses références, ses penchants, etc.
Tu ne peux donc pas réclamer à Mystic River la fraîcheur narrative et technique d'un Husbands de Cassavetes (John pas Nick ), comparable dans sa façon de présenter les retrouvailles de 4 anciens camarades autour de la tombe de l'un d'entre eux, et les relations psychologiques qui s'ensuivent, comme celles qui perdurent depuis le fait marquant de leur enfance entre les 3 "compères" dans le film d'Eastwood et qui amènent à un dénouement logique et "rédempteur"
bon ce sont mes impressions sans recul puisque ça date de cette nuit tard, et je suis aussi pour dire que c'est beaucoup un film d'esthète, mais j'aime ça 
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