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Citation: Multiplication des plaintes pour violences policières
PARIS, 21 fév (AFP) - Les plaintes pour violences policières sont en hausse depuis quelques années, notamment à Paris et sa proche banlieue où elles ont augmenté de 12,21% en 2002, selon le rapport d'activité de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, police des polices).
L'Inspection générale des services (IGS), qui couvre Paris et les trois départements limitrophes, a recensé l'an dernier 432 plaintes contre les policiers, soit une hausse de 20% en trois ans.
Et selon des chiffres cités par le Monde daté de samedi, ces dérapages ont même doublé entre 1997 et 2002.
En revanche, la progression est bien moindre sur l'ensemble de la France, avec une hausse de 8,03% du nombre de plaintes sur les trois dernières années, selon le rapport d'activité de l'IGPN, compétente sur toute la France.
En 2002, l'IGPN a été saisie de 592 cas, contre 548 en 2000.
Résultat : Paris et sa proche banlieue concentraient en 2002 près des trois quarts (73%) des plaintes contre 66% deux ans plus tôt.
Le phénomène est en partie lié à la sensibilisation du public, plus familier des recours, selon François Della Sudda, secrétaire général adjoint de la Ligue des droits de l'Homme (LDH), en charge des violences policières.
Mais pas seulement, dit-il. "Autrefois, on parlait de bavure, d'incident imprévu, involontaire. Aujourd'hui, il faut parler de violences, commises surtout contre une partie précise de la population", ajoute-t-il.
"Nous recevons des tas de documents, coups de téléphone ou visites de gens qui ont eu affaire à des policiers dans des conditions scabreuses, et les choses ont tendance à s'aggraver depuis quelques mois", constate-t-il.
Depuis son arrivée place Beauvau, le ministre Nicolas Sarkozy répète que "toute bavure sera sanctionnée".
Mais pour M. Della Sudda, "la politique du gouvernement en matière de sécurité fait que les policiers se sentent soutenus et certains pensent qu'ils peuvent faire n'importe quoi".
Du côté de la police, les explications sont autres. "La violence de la société impose aux forces de police d'employer des moyens à la hauteur des troubles", dit le secrétaire général du Syndicat des commissaires, André-Michel Ventre.
Pour lui, "le phénomène est complexe". Parmi les explications, il voit "le renouvellement des effectifs", "l'inexpérience" des nouveaux fonctionnaires.
Il juge ainsi significatif que les plaintes soient plus nombreuses en région parisienne où "les jeunes policiers sont de moins en moins expérimentés et pourtant affectés dans des quartiers dont le caractère difficile s'est accentué".
En revanche, ces chiffres témoignent d'un "aspect positif". "La police est bien contrôlée en interne", affirme-t-il.
Selon l'IGPN, le nombre de sanctions est resté stable : 2.109 fonctionnaires (actifs, administratifs, techniques, scientifiques) ont été sanctionnés en 2001, 2.110 en 2002.
Comme en 2001, l'essentiel des sanctions (1.616) s'est limité à un simple blâme ou à un avertissement.
En revanche, il y a eu un peu plus de sanctions lourdes : 94 contre 85 un an plus tôt avec 8 mises à la retraite d'office et 86 révocations. |
Ça nous fait 2000 abus de pouvoir dont 94 bavures graves ...
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