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Cochonne va ! 
Bon voila de l'actualité prévisible mais bon :
Citation: CNRS : démissions refusées, protestations écoutées
Par Sylvestre HUET
«Il y a une opportunité d'une réforme de l'organisation de la recherche, ce qui mérite bien un geste.» Bernard Larrouturou, DG du CNRS
«Aidez-nous monsieur le directeur général !» Lancé hier matin dans l'amphithéâtre Marguerite de Navarre du Collège de France, ce cri du coeur s'adressait à Bernard Larrouturou, directeur général du CNRS, le navire amiral de la recherche publique, avec près de 12 000 chercheurs et 1 200 laboratoires. Des labos dont les directeurs avaient été convoqués à la hâte, pour cause de démissions en masse _ 780 selon Francis-André Wolfmann du collectif Sauvons la recherche.
Des directeurs qui ont traversé la cour du Collège entre deux rangées de jeunes chercheurs applaudissant leurs «chefs démissionnaires» et les incitant à tenir bon dans cette lutte. Petit moment d'émotion pour certains, soumis à une vive pression dans leurs labos, devenus «ingérables du fait de l'angoisse des jeunes chercheurs» lorsque, explique Giuseppe Balducci (Institut Curie), «nous avons 160 dossiers de recrutement, dont 40 de qualité excellente, pour six postes».
Indépendance.
Si la réunion est présentée comme «normale» par un directeur général assurant «toujours recevoir un cadre qui présente sa démission», il n'empêche que le ministère de la Recherche a tenté de l'en dissuader. En vain, car l'homme tient à son indépendance d'esprit comme à son autonomie d'action.
Le ministère avait raison de se méfier. La réunion de travail était destinée à donner la réponse du DG aux démissionnaires. Elle tient en huit mots : «Je ne vois pas comment accepter votre démission.» Décision sans surprise, s'y résigner signifierait la fermeture de labos où travaillent des milliers de chercheurs, universitaires, thésards. Décision qui, reconnaît Bernard Larrouturou «ne signifie pas que la crise est finie.» D'ailleurs, de nombreux directeurs d'unités ont immédiatement rétorqué qu'ils restaient «mobilisés» ; Gérard Chaouat (élu au conseil scientifique du CNRS) prônant «une rupture des relations avec le ministère ou les administrations, tout en préservant le fonctionnement du laboratoire».
Du coup, la réunion a tourné au meeting antigouvernemental, après le succès des manifestations du 19 mars, deux fois plus nombreuses que celles du 9. Elle a permis aux directeurs de laboratoire de manifester collectivement leur détermination à obtenir le rétablissement des 550 postes de chercheurs, d'ingénieurs et de techniciens remplacés par des CDD.
Une revendication plutôt modeste mais dont la réponse sera considérée comme un signal de la volonté du gouvernement de résoudre, ou non, la «crise de confiance», explique Yves Langevin (astrophysique, Orsay); qui note au passage le décalage entre les discours riches en promesses et les décisions budgétaires au rebours.
Rustines.
Contradiction dont Bernard Larrouturou a, lui aussi, souligné le caractère dévastateur. Et indiqué qu'après «les rustines» appliquées en 2004, il demandera une vigoureuse augmentation budgétaire et que le gouvernement sera «au pied du mur dès juillet lorsque la loi de finance 2005 sera négociée».
De nombreux directeurs ont interpellé Bernard Larrouturou sur sa position, en précisant qu'ils étaient «en conflit avec le gouvernement, pas avec la direction du CNRS». Francis-André Wolfmann ou Pierre-Henri Gouyon (généticien, Orsay) en appellent à «Bernard», Axel Kahn lui donne du «monsieur le directeur général», mais tous soulignent qu'ils espèrent vivement son appui pour défendre la recherche et le CNRS.
Comme il l'admet avec une grande franchise, le DG «est coincé» entre le ministère et ses chercheurs. Et cherche la voie étroite entre l'exigence d'un DG qui ne soit pas «en conflit public avec le gouvernement» _ il succède à Geneviève Berger, limogée par Claudie Haigneré dès qu'elle a critiqué ouvertement ses décisions _ et l'expression de sa solidarité avec les chercheurs.
«Déception».
Son message au gouvernement n'est donc pas exactement celui des protestataires, ce qui provoquera un sentiment de «déception». Mais Bernard Larrouturou souligne qu'il y a une «opportunité unique d'une réforme de l'organisation de la recherche, ce qui mérite bien un geste du gouvernement». Et réaffirme qu'il «ne tire pas un trait sur l'emploi 2004», et défend l'emploi de chercheur permanent comme «socle de la recherche publique». Claudie Haigneré va finir par regretter d'avoir nommé cette forte tête à la direction du CNRS. |
En tout cas c'est pas ça qui fait baisser la motivation 
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