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newazimuth |
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Le 26 juin, un peu avant midi, il m'est arrivé quelque chose que je n'oublierai plus : je suis mort.
Evidemment ce n’était pas la première fois. Déjà par deux fois, au tout début, j’avais été abattu dans l’exercice de mes fonctions. Mais à chaque fois j’avais persévéré et j’étais reparti à zéro avec les mêmes ambitions.
Mais cette fois ci, c’était différent, il semblait que cela fut définitif. Et tout le problème était là.
Mais comment en étais je arrivé à ce désastre ?
Pourquoi avait il fallu que je, ou plutôt qu’il, ou devrais je dire que nous mettions sur pied ce trafic ?
- 1 -
J’étais heureux, tout allait pour le mieux, ma petite agence de détective privé tournait à merveille. Oh bien sur je n’avais qu’une confiance limitée en mes deux employés.
Zimuth Touta, un grand black issu du sous continent américain ou du moins ce qu’il en restait, avec sa démarche chaloupée et son amour du new tango en fa dièse ne pouvait qu’inspirer au mieux de la curiosité, au pire de la méfiance. Mais voila il était le seul pilote breveté de navette modèle X23 disponible sur cette foutu planète Verta.
En tout cas le seul à avoir répondu à mon annonce. Le seul également à fredonner à longueur de journée « Ce soir, je serais la plus belle pour aller danser, danser … » ; une veille comptine EuroBulgare remise au goût du jour l’année dernière, par un audio robot programmateur en mal de sensations.
Et Lucy Homère, une rousse élancée comme une liane qui devait sa présente identité disait elle à la culture littéraire de ses géniteurs.
« Vous avez de la chance, smooty (oui smooty purple est mon nom et est toujours mon nom), vous auriez pu avoir une navigatrice avec Sherlock Holmes inscrit sur sa combinaison de vol ».
Je l’avais échappé belle, j’en convenais aisément ; cette nouvelle mode qui voulait que l’on porte un identifiant sans aucun rapport avec son sexe du moment m’horripilait au plus au point.
C’était décevant, de faire appel à un service de nettoyage vous indiquant que « Pénélope Alma sera à votre domicile ce jour à 14H00 », et de se retrouver avec un petit asiatique grassouillet transpirant sur un escabeau en train de nettoyer les baies vitrées opacifiées par 6 mois de pollution.
Lucy Homère était bardée de diplômes de navigation subespace obtenus par correspondance, avec une recommandation élogieuse de son précédent employeur, un archéologue renommé, qui insistait « sur ces compétences sans failles de navigatrice, mais également sur sa grande maîtrise du tantrisme ».
Je me suis longtemps demandé si cette dernière phrase n’aurait pas influencé mon jugement.
- 2 –
« Tout être humain à le droit à une existence virtuelle » Article 27 de la charte des droits de l’Homme.
Tout avait commencé à ce moment là.
31 décembre 2200, Pékin, les Nouvelles Nations Unies (NNU) avaient ratifiés à l’unanimité cette proposition émanent de l’Institut du Développement Humain. L’IDH, rassemblait tous les plus grands scientifiques de la planète et était garant à ce titre des droits des êtres humains.
Beaucoup on dit à cette époque que cette vénérable institution était à la solde des grands trusts à l’échelle planétaire et notamment du conglomérat Indochinois XIyangApple leader mondial dans les techniques logiciels et matériels de réalité virtuelle.
Moi j’ai toujours pensé que c’était la suite logique aux deux précédents articles ;
2180 New Delhi : Article 25 Tout être humain a le droit à une activité rémunérée pour subvenir à son existence.
2185 Le Caire : Article 26 Tout être humain est avant tout un consommateur et doit à ce titre dépenser l’intégralité de ses revenus.
Voila deux articles qui avaient également fait évoluer fortement l’existence humaine ; leur mise en application fut une affaire rondement menée. Il faut dire que les Chinois avaient testés avec succès ces deux préceptes.
Dès votre majorité, à 16 ans, et en prenant en compte un minimum de vos aspirations, le bureau local du NNU vous assigne une activité. Cela peut être un travail productif classique, ou bien continuer une formation, ou encore élever son unique enfant.
Toutes ces activités sont rémunérées.
En contre partie nous sommes également devenu des Nouveaux Consommateurs.
La durée de validité de notre salaire est d’un mois maximum après sa perception, et il est composé, pour nous sur le continent Européen, de 30% d’Euro_logement, 20% d’Euro_locomotion (valable indistinctement pour les moyens de déplacement individuels ou collectifs), 15% Euro_nourriture, 15% d’Euro_culture, 10% d’Euro_vacances, et 10% d’Euro_libre.
Les prélèvements obligatoires, pour les différentes institutions étant retenus directement sur le salaire.
Avec ce système, l’économie fonctionnait à merveille, le taux de croissance était à 2 chiffres. Les classes dirigeantes libérales exultaient, et les tenants d’une économie de marché planifiée étaient aux anges.
Quant aux autres, dont moi, ils travaillaient, et ils consommaient sans véritable aspiration, dans une société ou la liberté d’existence, le libre arbitre étaient des concepts inconnus.
Voila pourquoi, ce droit à une existence virtuelle, fut perçu à l’époque, comme la création d’un véritable univers de liberté, de fantaisies accessible à tous les êtres humains sans distinction de classe, de nationalité, de revenus.
Un nouvel Eden, une seconde chance pour beaucoup de laissés pour compte, de paria de cette société ou l’uniformisation des cultures, et le système économiques macro libérale en vigueur, ne laissent que peux d’espace pour le genre humain.
Tout alla très vite.
- 3 –
Le 27 janvier 2205 à 8H00, ils sont venus chez moi installer le Module d’Univers Virtuel modèle Tang22.
En rentrant de mon travail à 17H00, cette cabine d’une emprise au sol de 2 m2 (que j’avais décidé de faire installer dans la chambre), était déjà raccordé au Réseau et était même opérationnelle si j’en croyais le message laissé sur ma console de communication par mon voisin de palier.
Tim Xi mon voisin, ne put s’empêcher à 18H00 de venir me faire part de ses sensations. Lui aussi comme tous les habitants de cette tour de 1902 logements avait été équipé de ce Module d’Univers Virtuel.
Si on en croyait les panneaux publicitaires lumineux virevoltant en permanence dans le ciel, tous les habitants de la planète seraient équipés d’un MUV dans les 2 ans à venir au maximum. Et tout ceci gratuitement. En fait un nouveau prélèvement obligatoire avait été institué à vie et couvrait le prix de la machine et sa location mensuelle.
Tim Xi était en face de moi, il jouait sans passion avec PitouPi son chien robot, qui le suivait partout. D’ailleurs moi aussi il faudrait que je dépense avant la fin du mois, mes 15% d’Euro_culture ; peut être ce petit poisson robot bleu vu sur le Spam réseau et disponible en 9H00 chez vous.
Je lui servis un alcool de rose, avec des olives reconstituées. Tim était désign level pour une boite qui commercialisait des smileys.
- Tu verras, Pol (oui Pol Féval est, enfin était mon nom), c’est super simple d’utilisation ce MUV. Tu rentres dans la cabine, elle est configurée uniquement pour toi, tu enfiles la senso combinaison, les lunettes panoramiques, et le casque audio et le tour est joué. A toi une nouvelle existence.
- Oui ça parait jouable même pour un surveillant de serres horticoles ! Tu as choisis quel univers Toi, et ta Femme ? Reprends des olives.
- Chloé, a choisis sans hésiter le middle Age ; tu sais l’an 1000 les chevaliers, les châteaux. Et quand à moi j’ai hésité entre la préhistoire, oui l’apparition de l’homme sur terre, et 2100 l’écroulement de l’économie mondiale.
- Et alors ??
- En fait les dinosaures ne m’inspirent pas vraiment alors j’ai opté pour 1900, le début de l’ère industrielle. Pas mal ton alcool de roses, tu pourrais m’en avoir ?
- oui ça doit pouvoir ce faire, répondis je distraitement.
- génial ! L’alcool rien de telle pour oublier son job, sa femme et son clébard. Dès que tu as choisis ton époque tu me dis. Ha oui n’oublie pas de leur retourner le contrat.
Le contrat d’existence virtuelle. Voila deux heures que je parcourais ses 102.000 caractères sur ma console de com et une seule chose à retenir, ils étaient responsable de rien de ce qui pourrait m’arriver en utilisant leur MUV.
En leur retournant le contrat avec mon paraphe numérique, ils s’engageaient à mettre à ma disposition 16H par jour au maximum, tous les jours de l’année, l’univers virtuel que j’aurais choisis parmi les 10 disponibles.
16 H par jour, ils n’étaient pas fou, je devais au minimum travailler 6H et il me fallait bien 2H pour pouvoir jouer mon rôle de nouveau consommateur. Je me suis toujours demander quelle était ma fonction la plus utile pour la société : employé modèle ou sur-consommateur enjoué ?
Ils s’engageaient également à mettre à ma disposition dans l’univers que j’aurais choisi, une somme équivalente à 1000 Euro_libre, pour m’aider à débuter dans ma nouvelle existence. Cette somme était identique pour tous.
Sinon je pouvais élaborer librement mon avatar virtuel ; je pouvais choisir d’être un homme ou une femme, dans une plage d’âge comprise entre 7 et 77 ans, de race indou, européenne, afro cubaine, pygmée ou bien encore un mixte de tout ceci.
Mon apparence physique était modulable. Le choix de ma terre d’accueil également.
Dans cet univers parallèle virtuel, le temps s’écoulait de la même manière que dans l’espace réel. On grandissait, vieillissait, et mourrait. Les accidents, les maladies, étaient également de la partie mais, disait la publicité « dans des proportions infiniment moindre que dans la réalité ».
En cas de mort de notre avatar, ils s’engageaient à nous redonner une nouvelle existence virtuelle dans un des univers de notre choix. Les cas de suicide étaient statués par une commission spéciale, et un délai de 6 mois était recommandé avant la création d’une nouvelle identité virtuelle.
Le passé, très peu pour moi. Quoi que ? Le middle age avec la possibilité de courtiser Chloé ! Oui mais il faudrait avoir la certitude que Chloé n’est pas choisis d’être matérialisée en un sergent de la garde, porté sur la boisson et maniant habilement la hache à double tranchant.
Non trop risqué ! Moi j’ai retourné, par le Réseau, leur contrat avec la case suivante cochée : Année 2500, exploration de l’espace.
Trente secondes après, le MUV passait du rouge au vert, et l’accès était libre.
- 4 –
10 ans ont passé.
La navette X23 est sur la rampe d’envol du spatioport prête à décoller avec pour destination la planète Orangea ; pas moins de 37H de vol subespace. Arrivée prévue à 12H30 le 26 juin, sur la wangbase.
Zimuth Touta était en discussion avec Lucy sur un détail de balise non répertorié sur son plan de vol. Je n’ai jamais su si Lucy me trompait avec Zimuth.
Quand à moi je respirais enfin ! Ma 285éme mission était sur de bons rails. Si les renseignements étaient exacts, j’allais enfin pouvoir mettre la main sur un nouveau Personnage Virtuel Non Identifié. Un dénommé Oxmo Rider ; drôle de nom.
Les PVNI étaient apparus presque aussitôt après la création des univers virtuels. Des pseudos rebelles avaient modifiés des MUV (les modèles Tang 27 à 33) pour permettre la création de plusieurs existences virtuelles, à partir d’une seule identité réelle. Ces existences virtuelles illégales se revendaient une petite fortune. Il faut dire qu’elles permettaient à leurs détenteurs de vivrent plusieurs existences en parallèle sur différents univers. Le bonheur, l’extase, le fin du fin dans cette société en mal de liberté.
Evidemment le système avait aussitôt réagis. Et sur chacun des 10 univers, une nouvelle profession était apparue : exterminateur de PVNI.
Et moi Smooty, j’en était un. Et l’un des meilleurs si j’en croyais mon compte en banque.
10 ans à parcourir l’espace, à traquer des « Oxmo Rider » sur toutes les planètes terraformées. Dix années de liberté, d’aventure, et surtout 10 ans à profiter de la vie. Je suis l’heureux propriétaire de 3 superbes Cadillac à coussin d’air, de 6 logements disséminés dans tous l’univers ; j’ai bibliquement connu des dizaines de femmes toutes plus belles les unes que les autres, marié trois fois, papa de 5 enfants de toutes les couleurs.
Et puis subitement, peux avant l’atterrissage, ma tablette de communication c’est mise à clignoter ; un message urgent crypté, d’une source inconnue, m’était destiné. Et j’appris toute l’histoire, toute mon histoire.
- 5 –
Il avait été dénoncé. Ils étaient remontés jusqu’à lui. Son implication dans un trafic illégal d’alcool de rose ne faisait aucun doute. Il s’était barricadé dans le MUV modèle Tang22, ils avaient tiré. Pol Féval était décédé et moi aussi par la même occasion.
Mais je ne devais pas m’inquiéter, il avait pris toutes ses précautions. Il préférait 1000 fois vivre dans cet univers virtuelle que survivre une fois dans le réel. Tel étais la dernière phrase de son mémo.
Et depuis ce jour, j’essais de comprendre.
En attendant je suis devenu un politicien qui milite chaque jours pour la création d’une charte définissant et protégeant les droits élémentaires des êtres virtuels.
- Lucy vous êtes prête à noter ?
- Oui dès que Zimuth arrêtera d’hurler sa chanson débile !
- Alors Article 1 : « Toute existence virtuelle à droit à un être humain », Article 2 : « tous les êtres virtuels naissent égaux, ……….. », article 25 : « les êtres humains ne doivent pas faire confiance au level designer travaillant dans des entreprises commercialisant des smilaids », article 227 : « la chanson - Ce soir, je serai la plus belle pour aller danser, danser, pour mieux évincer toutes celles que tu as aimées – est interdite de diffusion dans tous les univers virtuels ».
Fin
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