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Schoubi |
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Je n'ai qu'une chose à leur déclarer :
Declaration d'independance du CyberSpace.
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http://www.anarchy99.net/biblio/docs/Indep.htm
Gouvernements du monde industrialisé, géants fatigués de chair
et d'acier, je viens du cyberspace, le nouveau domicile de l'esprit.
Au nom du futur, je vous demande, à vous qui appartenez au passé, de
nous laisser en paix. Vous n'êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous
n'avez aucune souveraineté sur le territoire où nous nous assemblons.
Nous n'avons pas de gouvernement élu, et il est peu probable que nous
en ayons un un jour : je m'adresse donc à vous avec la seule autorité
que m'accorde et que s'accorde la liberté elle-même. Je déclare que
l'espace social global que nous construisons est naturellement
indépendant des tyrannies que vous cherchez à nous imposer.
Vous n'avez aucun droit moral à nous gouverner, et vous ne possédez
aucun moyen de faire respecter votre autorité que nous ayons de
bonnes raisons de craindre.
Les gouvernements trouvent le fondement de leur pouvoir légitime dans
le consentement des personnes qu'ils gouvernent.
Vous n'avez ni sollicité ni obtenu le nôtre. Nous ne vous avons pas
invités. Vous ne nous connaissez pas, et vous ne connaissez pas non
plus notre monde. Le cyberspace ne se trouve pas à l'intérieur de vos
frontières. Ne pensez pas que pouvez le construire comme s'il était
un de vos Grands Travaux. Vous n'y arriverez pas. C'est un phénomène
naturel qui croît de lui-même, par nos action collectives.
Vous n'avez pas pris part aux grands débats qui nous ont réunis, et
vous n'avez pas non plus créé la richesse de nos marchés. Vous ne
connaissez ni notre culture, ni notre éthique, ni les codes non-écrits
qui ordonnent déjà notre société mieux que ne pourraient le faire
n'importe lequel des règlements que vous prétendez nous imposer.
Vous dites qu'il existe chez nous des problèmes que vous devez
résoudre. Vous prenez prétexte de cela pour faire intrusion dans notre
espace. Beaucoup de ces problèmes n'existent pas. Là où il y aura de
véritables conflits, là où des torts seront effectivement causés, nous
les identifierons et nous les traiterons avec nos moyens.
Nous sommes en train de mettre en place notre propre Contrat Social.
Nous nous gouvernerons en fonction des conditions qui prévalent dans
notre monde, pas dans le vôtre. Car notre monde est différent.
Le cyberspace est fait de transactions, de relations et de pensée,
circulant en un flot ininterrompu sur nos canaux de communication.
Notre monde est à la fois partout et nulle part, mais il ne se trouve
pas là où vivent les corps.
Nous sommes en train de créer un monde ouvert à tous, sans privilège
ni préjugé qui dépende de la race, du pouvoir économique, de la
puissance militaire ou du rang à la naissance.
Nous sommes en train de créer un monde où chacun, où qu'il soit, peut
exprimer ce qu'il croit, quel que soit le degré de singularité de ses
croyances, sans devoir craindre d'être forcé de se taire ou de se
conformer.
Les concepts de votre droit en matière de propriété, d'expression,
d'identité, de mouvement et de circonstances ne s'appliquent pas à
nous. Ils ont leur fondement dans la matière, et il n'y a pas de
matière ici.
Nos identités n'ont pas de corps : donc, contrairement à vous, nous
ne pouvons pas faire régner l'ordre au moyen de la force physique.
Nous pensons que c'est à travers l'éthique et l'intérêt bien compris
de chacun et de la communauté dans son ensemble que va surgir notre
mode de gouvernement. Nos identités sont probablement dispersées à
travers un grand nombre de vos juridictions. La seule loi que toutes
les cultures qui nous constituent seraient prêtes à reconnaître est
la Règle d'Or de l'éthique. Nous espérons que nous serons capables de
construire nos propres solutions sur cette base. Mais nous ne pouvons
pas accepter les solutions que vous essayez d'imposer.
Aux États-Unis, vous venez aujourd'hui de créer une loi, la loi sur
la réforme des télécommunications, qui renie votre propre Constitution
et qui est une insulte aux rêves de Jefferson, Washington, Mill,
Madison, Tocqueville et Brandeis. C'est nous qui devons maintenant
faire renaître ces rêves.
Vous avez une peur panique de vos propres enfants, car ils sont nés
dans un monde où vous serez à jamais immigrants. Parce que vous avez
peur d'eux, vous confiez à vos bureaucraties les responsabilités
parentales que vous êtes trop lâches pour exercer vous-mêmes.
Dans notre monde, tous les sentiments et toutes les expressions de
l'humain, du plus dégradant au plus angélique, font partie d'un tout
inséparable, l'échange global des octets. Il n'est pas possible de
séparer l'air qui peut éventuellement étouffer certains de ceux qui
le respirent de celui qui permet aux oiseaux de voler.
En Chine, en Allemagne, en France, en Russie, à Singapour, en Italie
et aux États-Unis, vous essayez de tenir à l'écart le virus de la
liberté en érigeant des postes de contrôle sanitaire aux frontières
du cyberspace. Peut-être que ceux-ci empêcheront la contagion un
certain temps, mais ils ne fonctionneront pas dans le monde de
l'omniprésence des médias transporteurs d'octets.
Vos industries de l'information, de plus en plus obsolètes,
cherchent à se perpétuer en proposant des lois,
en Amérique et ailleurs, qui ont la prétention de confisquer à leur
profit jusqu'à la parole même à travers le monde. Ces lois cherchent
à transformer les idées en un produit industriel comme les autres,
au même titre que les lingots de fonte. Dans notre monde, tout ce que
l'esprit humain peut créer peut être reproduit et distribué à l'infini
sans que cela ne coûte rien. Le transmission globale de la pensée n'a
plus besoin de vos usines pour se faire.
Ces mesures de plus en plus hostiles et colonialistes nous placent
dans la même position que les amoureux de la liberté et de l'auto-
détermination qui lors d'époques précédentes ont dû rejeter
l'autorité de pouvoirs distants et mal informés.
Il nous faut déclarer que nos identités virtuelles ne sont pas
soumises à votre souveraineté, alors même que nous continuons à
consentir à ce que vous gouverniez nos corps. Nous allons nous
disperser sur toute la planète de manière à ce que personne ne
puisse arrêter nos idées.
Nous allons créer une civilisation de l'esprit dans le cyberspace.
Puisse-t-elle être plus juste et plus humaine que le monde qu'ont
construit vos gouvernements auparavant.
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