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Pavix |
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Bon, je me lance !!
Tout d'abord, je ne comprends pas pourquoi cette volonté de comparer [I]Equilibrium avec The Matrix : l'un utilise les grands concepts des romans de science-fiction des années 50 à 70, l'esthétique de cette période et de certains films de SF en "marge" comme Dark City, Bienvenue à Gattaca (notamment pour l'ambiance de la ville, la froideur des bâtiments, l'uniformité), et aussi THX 1138, l'autre mêle religion réalité virtuelle, paranoia, donc des thèmes de SF, mais traités sous un nouvel angle (celui de la culture asiatique et notamment japonaise).
Evidemment, l'allusion au Fahrenheit 451 de Bradbury est très nette : les bûchers, une société "libérée" de toute forme de sentiments, un élu (le pompier depuis l'ecclésiastique) qui se rebelle, la place du livre dans cette libération. L'univers de Philip K.Dick est également très présent : que ce soit l'utilisation de drogue pour ne plus "souffrir", en tout cas mettre fin à bien des maux, un régime totalitaire qui crée une nouvelle religion, des agents très spéciaux, des transgresseurs qui "respirent" et "vivent" comme certains personnages de ses bouquins.
Donc, déjà, à la base, il y a une grosse différence de références et de traitement.
A partir de cela, est élaboré un scénario assez sympathique, en tout cas très efficace. Il n'y a pas vraiment de solution de facilités : on s'attend à ce que certains évènements se produisent (que vas devenir Emily Watson, comment va agir Brant, le "combat final" avec Brant). On assiste à une gradation constante des émotions chez le héros (qui, c'est certain, est assez crispé au début, mais montre au fur et à mesure son talent. Paradoxalement, c'est vers la fin, quand il est libéré qu'il est très convenu ; quant à la comparaison avec Steven Seagal, elle est déplacée et injustifiée).
De plus, ils existent plusieurs sources de conflits qui ne se détruisent pas les unes au profit des autres. Par exemple, sans jouer au spoiler : les craintes de se faire découvrir sont de plusieurs natures (familiales-->bravo au gamin pour la tension qu'il instaure, au sein de la société--> araître, tenir son rang, au sens propre, son coéquipier-->omniprésent et ambitieux), une découverte des sentiments, une recherche aux multiples signifiactions des transgresseurs.....
Alors, après, les différents évenements qui se succèdent sont peut-être extrêmement originaux, mais ce ne sont pas des clichés et rentrent très bien dans le cadre du film, ne le décrébilisent pas.
En effet, l'une des forces de ce film, c'est son univers. Un univers propre, qui pourrait devenir une référence. On peut toujours dire qu'il y a une touche de THX 1138, de Gattaca, d'Avalon (pour les Enfers), ces films n'ont pas tout inventé.
En tout cas, il puise encore une fois dans l'imagerie des années 60 à 80 en SF : à base de noir et blanc, selon les rôles de chacun et les ambiances qui les entourent. Cet univers ne ressemble au final à aucun de ceux cités auparavant grâce à la photo qui oscille entre des couleurs froides à fort contraste à une lumière plus claire (les scènes de remise en condition des ex-trangresseurs, certains passages dans la ville, dans certaines maisons) qui laisse apparître un blanc un peu laiteux, plus doux.
Côté réalisation, Kurt Wimmer, auteur déjà du scénario n'est pas en reste.
Bon, je complète au sujet de la photo : on note clairement que les éléments de couleurs sont vraiment ternes au début, puis finissent par gagner petit à petit l'écran, soit en multipliant les objets, soit à l'aide de nouveuax personnages (l'histoire de l'Underground et ce qui l'entoure), soit à l'aide de décors non aperçus auparavant). Cette évolution exprime le changement qui s'opére chez le héros, et par extension, au sein de la société.
Ensuite, niveau mise en scène : enfin un film avec de l'action sans ralentin, sans bullet time !!! Les scènes d'action sont constituées de trois catégories.
1-les scènes de "groupe", assez prenantes, dynamiques, pas trop clipées, qui font bien ressortir la barbarie et l'inégalité des rapports de force
les autres ont un point commun : Christian Bale n'est jamais quitté des yeux, le spectateur s'accroche avec lui et ne regarde que lui et ce de 2 façons : plan fixe ou plan suivant une chorégraphie très large.
Encore une fois, ce n'est pas courant, surtout suivant les standards actuels, elle ne dure pas vraiment longtemps. Mention spéciale à la scène finale qui est simplement stupéfiante.
Ensuite, il y a le Kata-Gun : pourquoi pas...... le reste ne s'enflamme pas, pas de saut de 3 mètres, avec triple coup de pied rotatif, et concours de flechette : ça reste simple, les combats sont assez épurés.
Pour le reste, c'est assez classique dans le bon sens du terme, c'est vraiment pas le "film de jeunes " avec un montage accéléré qui enchaine 125 plans à la seconde. Non, c'est simple, joliment mis en scène, et la musique est assez prenante sans être de trop.
Verdict : un film à voir, et le temps le dira, mais je pense sincèrement que ce film a largement sa place à côté de réussites surprises et innovatrices comme Dark City.
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Tout peut arriver dans la vie, et surtout rien.
Edité par Pavix le 24-07-2003 à 02:23
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