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Forum OXMO Forum OXMO > Section Généraliste > Coup de gueule - Coup de coeur > [CDG] Violences policières, ça continue...


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c'est vrai que c'est un peu abuser,mais le chauffard a quand meme essayer de les tués.que pensait t'il?"comme ce sont des flics,s'ils m'arretent ils ne me feront rien,ils ont pas le droit...".Ce sont des gens comme vous et moi,qui sont de plus parfois tres malmener toute la journee.alors je pense que certaines personnes aurait pu faire bien pire encore,et que meme si les flics vont etre jugés,que lui aussi sera jugé...


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Old Post 26-02-2004 22:50
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Citation:
Message écrit par mopz02, le 26-02-2004 à 21:56
Il y a confusion là.

J'en ai pas l'impression

1. C'est très bien de citer le nombre de policiers ou de gendarmes tués en service mais, même si je suis toujours scandalisé par la mort d'un homme, il faut rappeler que le risque fait partie intégrante du métier.

Donc si je comprends bien : un policier mort a moins de valeur qu'un voyou mort.

2. Les soldats aussi, se font tués, et les pompiers, etc... Est-ce que cela justifierait que ces professions aient le droit au dérapage ? Si oui, au prorata du nombre de morts par corporation ?


Qui a dit qu'ils avaient le droit au dérapage ?
Simplement on constate dans certains cas des circonstances qui permettent de mieux comprendre le dérapage, pas de l'excuser.
Tout le monde est d'accord pour dire que les gens qui dérapent doivent être punis.
Qu'ils soient policiers, pompiers (y'en a eu récemment d'ailleurs) ou médecins...
Qu'il y ait plus de dérapages chez les policiers me parait aller de soi vu les situations auxquels ils sont confrontés de par le métier qu'ils exercent.


3. Si l'on faisait la liste des victimes des débordements policiers depuis 1804, je crois que le chiffre serait autrement plus impressionant que ceux cités plus haut. Et je ne parle pas des enquêtes baclés sur le dos de "coupables idéaux", parce que là, on atteindrait des sommets !

Faire à la police actuelle des reproches sur son mode de fonctionnement au 19ème siècle, ça me parait...comment dire...pas très sérieux.
Bref, passons et parlons un peu du présent au lieu de toujours parler du passé...


4. D'un fonctionnaire assermenté à qui l'on donne une arme, on attend un comportement exemplaire. En comparant policiers et voyous, en admettant qu'ils usent des mêmes procédés, vous ravalez les premiers au rang des seconds. Du coup, comme défenseurs de la société, ils n'en deviennent que plus suspect.

Le recrutement sûr à 100% de personnes de parfaite moralité et maître de ses nerfs en toutes circonstances, ça n'existe pas.
Ou alors tu as eu une recette miracle pour le recrutement et il faut te hater de la donner aux services de recrutement de la Police et de la Gendarmerie.
Peut-être que des progrès peuvent être faits mais le "zéro défaut" est impossible.
Ou alors il faut recruter des robots (sans bugs informatiques).


5. Pour finir, quand un policier est tué ou blessé, si son agresseur est identifié, il a droit à une peine exemplaire (ce que je trouve normal), mais quand un policier commet une bavure, il s'en tire souvent plutôt mieux, il est rarement condamné à la prison ferme, et parfois garde même son boulot. Cela vous semble normal dans une démocratie ?


Non ce n'est pas normal.
Mais est-ce toujours aussi vrai ?
Et cela ait-il une raison suffisante pour jeter l'opprobe sur toute une profession, sur tous ceux (la grande majorité) qui se comportent bien ?


Si la police veut être respectée comme elle le devrait, peut-être doit-elle commencer par faire un peu de ménage, changer les mentalités, arrêter de profiter de son statut et montrer l'exemple. Aujourd'hui, on en est loin, et je le déplore vraiment car je suis convaincu que la société a besoin d'une bonne police.


Je constate que tu tombes dans le travers de tirer des conclusions négatives sur tout une profession à partir d'un fait réel certes mais qui ne concerne qu'une minorité.
C'est un procédé qui est utilisé dans d'autres situations que tu serais, je suppose, le premier à déplorer.


__________________
Que chacun s'efforce dans le milieu où il se trouve de témoigner à d'autres une véritable humanité. C'est de cela que dépend l'avenir du monde.


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Old Post 26-02-2004 23:53
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Citation:
il faut rappeler que le risque fait partie intégrante du métier.


Hélas oui.


Citation:
Les soldats aussi, se font tués, et les pompiers, etc... Est-ce que cela justifierait que ces professions aient le droit au dérapage ? Si oui, au prorata du nombre de morts par corporation ?


Personne n'a le droit aux dérapages, meme un simple civil.


Citation:
Si l'on faisait la liste des victimes des débordements policiers depuis 1804, je crois que le chiffre serait autrement plus impressionant que ceux cités plus haut. Et je ne parle pas des enquêtes baclés sur le dos de "coupables idéaux", parce que là, on atteindrait des sommets !


Ah bah la je crois que c'est clair, un sacré sommet atteint


Citation:
Pour finir, quand un policier est tué ou blessé, si son agresseur est identifié, il a droit à une peine exemplaire (ce que je trouve normal), mais quand un policier commet une bavure, il s'en tire souvent plutôt mieux, il est rarement condamné à la prison ferme, et parfois garde même son boulot. Cela vous semble normal dans une démocratie ?


Une justice pour TOUS, c'est con à dire mais c'est que dans les reves.
C'est vrai qu'il y a une trés trés forte différence de peine le policier qui agresse et le civil qui agresse le policier, est-ce normal, je doute.....


Citation:
Si la police veut être respectée comme elle le devrait, peut-être doit-elle commencer par faire un peu de ménage, changer les mentalités, arrêter de profiter de son statut et montrer l'exemple. Aujourd'hui, on en est loin, et je le déplore vraiment car je suis convaincu que la société a besoin d'une bonne police.



Le ménage se fait petit à petit, je sens les bleus moins "facho", moins "rouge" (du au vin), plus prés des gens, biensur il reste encore une tonne de "deliquant en bleus" mais c'est une coutume, ca changera pas ou peu


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Old Post 27-02-2004 00:15
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Là , votre comportement me désole, certains d'entre savent pourquoi je m'énerve comme ça si ils se souviennent d'un topic du même genre.

Je ne cautionne aucunement ce type d'actions. La critique est facile, Messieur mais pourriez-vous étayez vos dire au lieu de pratiquer de la désinformation.

Vos dires me rappellent un triste personnage avec une mêche et une petite moustache concernant une obédience judaïque. Tout comme ceux qui écoute avec vénération de telles affirmations sans en avoir les preuves...

Citation:
Message écrit par mopz02, le 26-02-2004 à 21:56
3. Si l'on faisait la liste des victimes des débordements policiers depuis 1804, je crois que le chiffre serait autrement plus impressionant que ceux cités plus haut. Et je ne parle pas des enquêtes baclés sur le dos de "coupables idéaux", parce que là, on atteindrait des sommets !

Citation:
Message écrit par koks, le 27-02-2004 à 00:15
Ah bah la je crois que c'est clair, un sacré sommet atteint

Là, j'attends vos chiffres et surtout les détails des débordements. (Sachant qu'un fait ne doit pas être retiré de son contexte et que les médias ne citent que ce qui peut atttirer les chalands...



Citation:
Message écrit par mopz02, le 26-02-2004 à 21:56
5. Pour finir, quand un policier est tué ou blessé, si son agresseur est identifié, il a droit à une peine exemplaire (ce que je trouve normal), mais quand un policier commet une bavure, il s'en tire souvent plutôt mieux, il est rarement condamné à la prison ferme, et parfois garde même son boulot. Cela vous semble normal dans une démocratie ?

Là encore, des chiffres, des faits ? Et surtout une comparaison peine/délit avec un quidam civil sur les mêmes actions, soyons impartiaux.



Mais bon, peu d'espoir de ce côté là ! Mais souvenez-vous ! Le respect engendre le respect et le genre de discours que vous tenez ne me semble pas aller dans le bon sens...


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Old Post 27-02-2004 01:00
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Ca ne sert à rien de spéculer de toute façon ....... même si ce sont des policiers, ils vont être jugés pour leurs actes comme n'importe lequel des citoyens.
Je ne pense pas que la justice rendu envers les policiers soit plus laxiste qu'envers le commun des mortels ......... si c'est le cas, je serais bien interessé de voir les chiffres prouvant ceci


__________________


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Old Post 27-02-2004 05:22
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Citation:
Message écrit par Didou, le 26-02-2004 à 23:53
Citation:
--------------------------------------------------------------------------------
Message écrit par mopz02, le 26-02-2004 à 21:56
Il y a confusion là.

J'en ai pas l'impression

1. C'est très bien de citer le nombre de policiers ou de gendarmes tués en service mais, même si je suis toujours scandalisé par la mort d'un homme, il faut rappeler que le risque fait partie intégrante du métier.

Donc si je comprends bien : un policier mort a moins de valeur qu'un voyou mort.

Non, tu ne m'as pas compris. Je rappelle simplement qu'un policier fait un métier à risque. Et que lors de son engagement il en est conscient.

2. Les soldats aussi, se font tués, et les pompiers, etc... Est-ce que cela justifierait que ces professions aient le droit au dérapage ? Si oui, au prorata du nombre de morts par corporation ?


Qui a dit qu'ils avaient le droit au dérapage ?
Simplement on constate dans certains cas des circonstances qui permettent de mieux comprendre le dérapage, pas de l'excuser.
Tout le monde est d'accord pour dire que les gens qui dérapent doivent être punis.
Qu'ils soient policiers, pompiers (y'en a eu récemment d'ailleurs) ou médecins...
Qu'il y ait plus de dérapages chez les policiers me parait aller de soi vu les situations auxquels ils sont confrontés de par le métier qu'ils exercent.

Alors pourquoi ressortir des chiffres qui ont tendances à faire des martyrs des policiers ? Quand on n'a pas les nerfs assez solides, on change de métier.


3. Si l'on faisait la liste des victimes des débordements policiers depuis 1804, je crois que le chiffre serait autrement plus impressionant que ceux cités plus haut. Et je ne parle pas des enquêtes baclés sur le dos de "coupables idéaux", parce que là, on atteindrait des sommets !

Faire à la police actuelle des reproches sur son mode de fonctionnement au 19ème siècle, ça me parait...comment dire...pas très sérieux.
Bref, passons et parlons un peu du présent au lieu de toujours parler du passé...

Je ne fais que répondre aux affirmations postées plus haut.

4. D'un fonctionnaire assermenté à qui l'on donne une arme, on attend un comportement exemplaire. En comparant policiers et voyous, en admettant qu'ils usent des mêmes procédés, vous ravalez les premiers au rang des seconds. Du coup, comme défenseurs de la société, ils n'en deviennent que plus suspect.

Le recrutement sûr à 100% de personnes de parfaite moralité et maître de ses nerfs en toutes circonstances, ça n'existe pas.
Ou alors tu as eu une recette miracle pour le recrutement et il faut te hater de la donner aux services de recrutement de la Police et de la Gendarmerie.
Peut-être que des progrès peuvent être faits mais le "zéro défaut" est impossible.
Ou alors il faut recruter des robots (sans bugs informatiques).

Je regrette que la formation soit si légère.
Mais pourquoi défendre l'indéfendable ?


5. Pour finir, quand un policier est tué ou blessé, si son agresseur est identifié, il a droit à une peine exemplaire (ce que je trouve normal), mais quand un policier commet une bavure, il s'en tire souvent plutôt mieux, il est rarement condamné à la prison ferme, et parfois garde même son boulot. Cela vous semble normal dans une démocratie ?


Non ce n'est pas normal.
Mais est-ce toujours aussi vrai ?
Et cela ait-il une raison suffisante pour jeter l'opprobe sur toute une profession, sur tous ceux (la grande majorité) qui se comportent bien ?

C'est souvent vrai. Si j'ai un peu de temps, je ferais une recherche sur les chiffres. Est-ce que mon premier post jetait l'opprobe sur une profession ? Non.

Si la police veut être respectée comme elle le devrait, peut-être doit-elle commencer par faire un peu de ménage, changer les mentalités, arrêter de profiter de son statut et montrer l'exemple. Aujourd'hui, on en est loin, et je le déplore vraiment car je suis convaincu que la société a besoin d'une bonne police.


Je constate que tu tombes dans le travers de tirer des conclusions négatives sur tout une profession à partir d'un fait réel certes mais qui ne concerne qu'une minorité.
C'est un procédé qui est utilisé dans d'autres situations que tu serais, je suppose, le premier à déplorer.

Je me contente de constater que la police se plaint d'être mal aimée. Pourquoi n'accepte-t-elle pas de se remettre en question ? Pourquoi un tel acharnement à défendre ses "brebis galeuses" ? Ce n'est pas dans son intérêt.



Exemple entre autres des violences policières pour ceux qui oublient vite :
Métro Charonne :
8 février 1962, dès 18 h, l’ensemble du quartier de la Bastille et ses alentours sont quadrillés par pas moins de 2800 policiers. Ordre leur est donner de brasser les attroupements et d’arrêter ceux qui refusent de circuler et, à partir de 18 h 30, de ne tolérer aucun rassemblement et de faire preuve d’énergie, ce qui signifie : "mettre le paquet".
Résultat : 9 manifestants tués.


17/10/1961 : Manifestation algérienne à Paris : Papon est Préfet de police.
S'il n'est pas possible de déterminer exactement combien d'Algériens furent tués le 17 octobre 1961 et les jours qui suivirent, il reste que le chiffre de plusieurs centaines de morts, avancé par J-L. Einaudi dans son livre La Bataille de Paris à partir de l'étude de registres de cimetières, de témoignages et de documents internes du F.L.N., est le plus vraisemblable. De nombreuses archives administratives qui auraient été essentielles au dénombrement des victimes ont aujourd'hui disparu. Ceci explique pourquoi le rapport Mandelkern - commandité par le gouvernement et rendu public en 1998 - et le livre de J-P. Brunet, qui tous deux se fondent sur les archives existantes de la préfecture de Police, concluent à un nombre de morts bien inférieur - autour d'une quarantaine.


Voilà 2 exemples "énormes". Maintenant, dans d'autres topics, tout un tas de chiffres et de sources ont été citées. J'ai la flemme de chercher, mais tout le monde peut le faire.


Maintenant, un petit exemple de la vie quotidienne. Il y a qq années, je connaissais un "jeune" mineur de 17 ans qui faisait des conneries. Un jour, il s'est fait prendre. Les policier lui ont proposé deux solution :
1. tu prends une bonne torgnole
2. on te conduit menotté chez tes parents
Dubitatif, je me suis renseigné et il apparaît que ce genre de proposition a été faite à plusieurs personnes. Est-ce une bonne façon d'inspirer le respect de la police ?


Pour en finir (pour ma part), je rappelle encore une fois que mon post initial visait simplement à dénoncer un phénomène en nette recrudescence, les violences policières. La seule façon de réconcilier les citoyens avec leur police est, à mon avis, de ne plus tolérer ces écarts. Mais cela ne peut passer que par une prise de conscience des policiers eux-mêmes. En aucun cas, ces violences ne sont acceptables. Même Sarko vient de l'affirmer. Pour une fois, je suis d'accord avec lui.


__________________
Je définis la cour un pays où les gens
Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents,
Sont ce qu'il plaît au Prince, ou s'ils ne peuvent l'être,
Tâchent au moins de le paraître,
Peuple caméléon, peuple singe du maître,
On dirait qu'un esprit anime mille corps ;
C'est bien là que les gens sont de simples ressorts.


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Old Post 27-02-2004 09:17
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hello à tous,

Je ne vais pas rajouter à la polémique.
Mais j'ai 2 amis policier. Ils comprennent très bien ce que leurs collègues ont fais. Mais le condamne tout aussi fermement.

Ces 2 amis me racontent leurs conditions de travail et c'est pas triste. les dépressions sont monnaie courante chez eux. Ce faire lincher QUOTIDIENNEMENT sans avoir le droit de riposter, la loi les en empêche, ça pèse sur la patate.
Normal que parfois les nerfs craquent.
Faut vraiment que ce métier soit une vocation.

Le pire c'est que parfois, les menaces ils en ont jusque chez eux. c'est rassurant de savoir sa famille non à l'abris de représailles, sans avoir le droit de faire quoi que ce soit tant que fait réel n'est été constaté (genre agression !!).

Ce que je trouve le plus navrant et que certains d'entre vous ont mis en avant, c'est la non équité devant la justice.

je vais dévié du sujet, mais prenez l'exemple de Juppé, et d'un Internaute.
Dans le numéro 18357 du Monde (daté Dimache-Lundi 1-2 février 2004) on trouve la somme d'argent public "détournée" durant la période des emplois fictifs.
On estime cette fraude à 2,4 millions d'euros...
Dans le même numéro, on trouve la condamnation d'un internaute coupable d'avoir vendu des MP3, pour une somme totale de 5 511 Euros...
L'homme est veuf avec trois enfants à charge.

Alain Juppé = 2 400 000 Euros à l'Etat = 18 mois de prison avec sursis.
L'internaute = 5 511 Euros aux maisons de disque = 6 mois fermes.

Alain Juppé = vol de l'Etat = jugement trop sévère = intervention sur TF1.
L'internaute = vol de sociétés privées = bon jugement = ferme ta gueule.

Alain Juppé = "consternation" = campagne de soutien. L'internaute = bien fait pour sa gueule = rien.
Aucun média ne s'est amusé à de tels rapprochements. Dommage : c'est instructif.

Equité devant la justice, mais biensur.

Voilà c'était ma petite pensée du jour.
Marius


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Old Post 27-02-2004 09:48
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Ca s'enflamme

Qu'il le tabasse c'est peut être comprehensible mais de la a lui mettre un enjoliveur dans le Q.....


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Old Post 27-02-2004 10:45
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tu aurais prefere une manivelle

désolé

@mopz02 tu as omis dans tes exemples sous petain les flics qui donnait les juifs et aussi en 68 pendant les maifs et aussi sous napoleon avec les frequentes violences policieres

des fois je me demande...


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ludovike


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68, petain et Napoléon, c'est pas aujourd'hui ....


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Old Post 27-02-2004 11:20
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@ Cthulhu22 ben je sais mais ça non plus ... tout comme la betise d'ailleurs




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Exemple entre autres des violences policières pour ceux qui oublient vite :
Métro Charonne :
8 février 1962, dès 18 h, l’ensemble du quartier ......Résultat : 9 manifestants tués.


17/10/1961 : Manifestation algérienne à Paris : Papon est Préfet de police.
......t à un nombre de morts bien inférieur - autour d'une quarantaine.


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Tu pourrais articuler ? J’entends rien entre la queue dans ta bouche et l’apitoiement qui t’étouffe.


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Message écrit par ludovike, le 27-02-2004 à 11:09
tu aurais prefere une manivelle

désolé



Non non, la roue de secour


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Bon, vous voulez du plus récent ,;

Citation:
Brutalités policières

Les cas de brutalités policières signalés au cours de l'année étaient le plus souvent liés à des contrôles d'identité. En avril, plusieurs associations de juristes se sont inquiétées du fait que ces contrôles _ qui ont conduit, au cours des dernières années, à l'accroissement du nombre d'infractions pour "outrage" ou "rébellion" _ étaient le plus souvent pratiqués dans des quartiers dits "sensibles", dont une grande partie des habitants sont des jeunes d'origine non européenne.

Karim Latifi, de nationalité française, a déclaré avoir subi, en février, des injures racistes et des violences physiques qui lui auraient été infligées par des policiers après qu'il fut intervenu lors d'un contrôle dans une rue de Paris. Dans sa plainte, il a expliqué qu'une quinzaine de policiers étaient présents lors de l'agression, durant laquelle il aurait reçu des coups de matraque, de poing et de pied. Une fracture du nez et des contusions à la tête ont été constatées par la suite. Karim Latifi a été retenu dans un commissariat de police pendant un quart d'heure environ, avant d'être informé qu'aucune charge ne serait retenue contre lui. Il a déposé une plainte devant la justice mais, au mois de juillet, celle-ci a été classée sans suite par le parquet, au motif que l'enquête menée sur ses allégations n'avait "pas permis de caractériser suffisamment l'infraction pour permettre d'engager la responsabilité pénale". La procédure judiciaire se poursuivait néanmoins, Karim Latifi ayant décidé d'engager des poursuites par voie de citation directe.

* Le 31 décembre, un avocat, Me Daniel François, a été sollicité pour assister un jeune homme de dix-sept ans placé en garde à vue au commissariat d'Aulnay-sous- Bois (Seine-Saint-Denis). Il a informé l'agent de permanence qu'il souhaitait rédiger une note en double exemplaire pour signaler que son client avait été brutalisé par des policiers, mais se serait heurter à un refus. Devant son insistance, six ou sept policiers l'auraient forcé à sortir du commissariat, mais il serait revenu. Accusé de "rébellion" et d'"outrage", il aurait alors été contraint de se déshabiller et aurait été retenu pendant quinze heures. Me Daniel François a ensuite emmené son client à l'hôpital pour le faire soigner de ses blessures à la tête, au nez et aux jambes.

Flash-balls

En mai, le ministre de l'Intérieur a annoncé que les membres de la police de proximité seraient progressivement dotés de flash-balls. Il s'agit d'armes de poing "non létales" ou "à létalité réduite", qui tirent des balles en caoutchouc souple censées s'étaler comme des crêpes lors de l'impact. La décision d'étendre l'usage de telles armes est intervenue à la suite de plusieurs agressions contre des policiers.

Amnesty International a adressé une lettre au ministre de l'Intérieur en juin pour lui faire part de l'inquiétude suscitée par cette mesure. En effet, a souligné l'organisation, même si les normes internationales encouragent le recours à des armes neutralisantes non létales dans la mesure où elles permettent de maîtriser des situations dans lesquelles les membres des forces de l'ordre feraient autrement usage d'armes à feu, il n'en demeure pas moins que, selon plusieurs informations, les flash-balls peuvent causer des blessures graves, voire mortelles, lorsque la balle est tirée de près.

Amnesty International a également exprimé la crainte que les policiers prennent l'habitude de se servir de ces armes au lieu d'utiliser des moyens non violents, ou qu'ils tirent de trop près, à des distances dangereuses, s'ils ne suivent pas une formation rigoureuse comportant des séances d'entraînement régulières. Le ministre de l'Intérieur a répondu, en octobre, que depuis la mise en service des flash-balls, une seule information judiciaire a été ouverte quant à l'utilisation de ces armes, et que l'affaire avait été classée sans suite par le parquet. Il a ajouté que le nombre d'enquêtes pénales concernant l'usage par la police des armes de service classiques avait diminué d'un quart au cours de la dernière décennie, et qu'une formation était régulièrement dispensée sur toutes les armes à balle en dotation au sein de la police.


Un peu plus ancien...

Citation:
Sous le soleil de Marseille
Printemps comme hiver, la police marseillaise ne chôme pas. A l'initiative de SOS-Racisme, une liste (non-exhaustive) a été dressée des victimes ayant décidé de porter plainte contre la police pour violences et injures. Les prénoms de ces Marseillais les destinaient à devenir les souffre-douleur de policiers brutaux et racistes. Il convient de noter, également, que dans cette ville, le syndicat d'extrême-droite FPIP a obtenu 25% des voix lors des dernières élections aux Commissions paritaires de la police.

Le 10 septembre 1999, Zina intervient pour protester contre la brutalité des policiers. Elle s'entend dire : «On va niquer tous les Arabes !» Zina porte plainte mais les policiers l'accusent de rébellion. Le 3 février 2000, cette femme est condamnée à quatre mois de prison avec sursis. Sa plainte n'a toujours pas été instruite.

Dans la nuit du 23 au 24 novembre 1999, Nadji, qui est médecin de garde dans les quartiers Nord se rend à la Belle de Mai pour visiter un patient. Il est interpellé par une équipe de policiers qui le soupçonnent de complicité de vol. Vont suivre neuf heures de garde à vue. Il est ensuite reconduit à son domicile menottes aux poignets au vu de tous ses voisins. Sa plainte n'a toujours pas été instruite.

Mohamed est interpellé par six policiers, suite à un vol de voiture, le 7 janvier 2000. Il est menotté puis roué de coups, et frappé à coups de battes de base-ball, au commissariat. Il a plusieurs dents cassées. Les coups sont accompagnés de ce commentaire : «Si on avait su, dès le départ, que tu étais Arabe, on aurait tiré sur le moteur de la voiture pour qu'elle te péte à la gueule !» Mohamed a quinze ans. Sa mère a porté plainte pour violence volontaire.

Nordine brûle un feu rouge, ce même 7 janvier. Interpellé, il est menotté. Un policier profère des insultes homophobes. Au commissariat l'alcootest ne révèle que 0, 64 gr. d'alcool dans le sang. Les policiers l'ayant reconnu comme Maghrébin, à la vue de ses papiers, la violence redouble à coups de pied dans le ventre et forces gifles. Les amis de Nordine, présents lors du
contrôle d'identité, ont porté plainte auprès du procureur de la République.

Le 12 avril 2000, dans les quartiers Nord de Marseille, Akli est passager d'une voiture ayant commis une infraction au Code de la route. Il est violemment pris à partie par les policiers, reçoit des coups à la tête, ses lunettes sont brisées. Ayant supplié les policiers d'arrêter de le tabasser car il a été hospitalisé, dix ans plus tôt, pour polytraumatisme à la tête, Akli est injurié en arabe. Il a déposé plainte.

Le 27 avril 2000, des policiers se présentent au domicile de Fatima 43 ans. Ils recherchent son fils, soupçonné de vol. Faute de trouver le garçon, la mère est conduite au commissariat où elle subit de mauvais traitements, puis se voit interdire d'aller aux toilettes, reçoit ensuite des coups et se voit adresser des injures car elle refuse de signer le procès-verbal. Fatima a déposé plainte auprès du procureur de la République.

Le 29 mai 2000, Norredine est victime d'une agression dans un cabinet d'huissiers. Il fait appel au Samu mais les policiers, au lieu de lui porter secours, le menottent, le tabassent, avant de le conduire au commissariat de la rue de Rome, où il subit un autre passage à tabac, agrémenté d'injures du type : « Sale Arabe, retourne dans ton pays !» Après 48 heures de garde à vue, il porte plainte auprès du procureur de la République.

Enquête dans les bas-fonds
Lorsque l'on pousse le ministre de l'Intérieur dans ses derniers retranchements, à propos de la violence et du racisme de ses policiers, il donne parfois quelques chiffres approximatifs. En fait, selon ses propres dires, de 2 à 2, 5% des policiers se retrouvent, bon an mal an, devant les Commissions de discipline de la police nationale. Peu de chose, en effet. Pourtant si cela ne représente que 2 500 à 3 000 policiers déviants, il faut savoir que, rapporté aux 60 millions de citoyens de ce pays, cela donnerait le chiffre de 1 à 1, 5 millions de délinquants.

Le mensuel Entrevue a mené l'enquête dans la corporation des CRS et relevé que l'absentéisme, les vols, les violences et les crimes divers constituent des dérapages plus fréquents qu'il n'y paraît dans un corps de fonctionnaires censé protéger les personnes et les biens. Il convient néanmoins de noter que les peines frappant ces policiers sont légères, quand ce n'est pas la relaxe et que les révocations sont rares. Sur 32 cas relevés par les journalistes d'Entrevue, il est possible de noter la mansuétude qui préside dans cette institution qui ne peut se résoudre à trop punir ses ouailles.
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Selon Gérard Boyer, secrétaire général du syndicat Alliance de la police nationale : «La proportion des policiers fautifs ou délictueux est représentative de reste de la population.» L'habile syndicaliste est, pour le moins, imprudent en avançant cette affirmation car il ne devrait pas y avoir un seul policier brutal, raciste ou sexiste dans la police, les récalcitrants devant être systématiquement écartés de cette fonction. Par ailleurs, nous prévient le même représentant de la base policière: «Le Conseil de discipline n'émet qu'un avis, la décision finale appartient au ministère de l'Intérieur.» Il n'empêche, Gérard Boyer assène : «99% des décisions prises par le Conseil de discipline sont respectées.» Comme les peines ne sont pas impitoyables, tout ce beau monde, une fois réprimandé, réintègre sa compagnie, à de rares exceptions près.
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Prenons en note les ivrognes, par exemple. Sur les 32 CRS morigénés, cités dans cette enquête, 19 l'ont été pour ivresse et, pour ces policiers d'élite, les sanctions vont de 15 jours d'exclusion temporaire, avec sursis, pour un gardien de la paix de la CRS 37 de Strasbourg pour « accident corporel de la circulation sous l'empire d'un état alcoolique », à 12 mois d'exclusion temporaire pour « accident matériel de la circulation en état d'ivresse et absence à la prise de service », pour un collègue de la CRS 17 de Bergerac. Sans oublier un brigadier de la CRS 07 de Deuil-la-Barre, relaxé au bénéfice du doute, lequel « en état d'ivresse, au volant de son véhicule, a provoqué un accident avec un autorail. » Peu de choses finalement. Rapporté à l'ensemble de la population de ce pays, cela représenterait de très nombreux pochards
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Il y a plus grave, évidemment. Ainsi ce gardien de la paix de la CRS 39, de Nancy, frappé d'une exclusion temporaire de quatre mois, pour « exhibition sexuelle » ; tandis qu'un de ses collègues de la CRS 03, basée à Quincy a quand même été révoqué pour « agression sexuelle sur mineure de moins de quinze ans. » Au hasard, relevons un meurtre accompli par un gardien de la
paix de la CRS 41 de Tours, ce qui lui a quand même valu la révocation, sous le motif : « A poignardé sa concubine et a déposé le corps dans un congélateur pendant 9 mois. »
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Il est vrai que les Commissions de discipline sont pleines de compréhension pour les simples malfrats. Exemples : un mois d'exclusion temporaire pour un gardien de la CRS 50 de Saint-Etienne avec ce motif : « A dérobé divers matériels dans un magasin de bricolage. » Plus chanceux, un brigadier de la CRS 05, de Massy, a reçu un simple blâme : «A fait de fausses déclarations pour obtenir de manière indue des frais de déplacement.» Indue est tout a fait délicat.
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La clémence des « collègues » et des représentants de l'administration siégeant dans les Commissions de discipline est tout à fait évidente lorsque l'on constate qu'un brigadier de la CRS 19, basée à La Rochelle, est exclu pour cinq jours au motif suivant : « Rédaction d'un compte rendu mensonger à la suite de violences légères commises à l'encontre d'un particulier. » Le verdict le plus triste concerne un brigadier de la CRS 21 de Saint-Quentin, mis à la retraite d'office pour : « Vol et utilisation de 4 chèques
bancaires appartenant à un collègue. » Allons, nous sommes rassurés, la justice policière est bonne fille envers ces gardiens de l'ordre public dont on nous affirme qu'ils ne sont guère différents de la moyenne de la population.
(Source, Entrevue, n° 95, juin 2000)

Braguette raciste
Le 13 juin, devant le tribunal correctionnel de Lyon, une interdiction d'exercer pendant cinq ans et une peine de quatre mois de prison avec sursis étaient requises contre deux policiers de la ville. Qu'avaient bien pu faire ces deux serviteurs de l'ordre pour ainsi risquer leur carrière ? Peu de choses finalement.
Le 7 février 2000, ces deux policiers, affectés au poste de la gare de Lyon-Perrache, avaient simplement traité de « chienne » une jeune femme d'origine algérienne, après avoir glapi : « Vous, les femmes
arabes, vous êtes des déchets de la société ! » Ces deux policiers (42 et 49 ans) avaient, par ailleurs, tenus des propos accompagnés de gestes à connotation sexuelle ; l'un d'eux ayant même dénoué son ceinturon et fait mine d'ouvrir sa braguette devant sa victime. Il convient de noter que ce sont des jeunes policiers, témoins de la scène, qui ont alerté l'IGS et le parquet de Lyon. Lors du procès, le défenseur de ces voyous en uniforme a évoqué «les paroles maladroites et regrettables » de ses clients mais a surtout insisté sur « l'attitude provocatrice et insolente » de la victime. Dans l'attente du délibéré, les deux policiers n'ont pas été sanctionnés disciplinairement, mais simplement mutés.
(Source, Le Progrès, 14 juin 2000)

Tabassé mais condamné
Le 23 mai, un jeune français prénommé Nordine est tabassé dans sa cellule par une équipe de policiers, dont un ADS, alors qu'il doit être libéré de prison le jour même. (Se reporter à Que fait la police ? juillet/août 2000) Le jeune homme porte plainte mais les policiers le poursuivent pour «outrage et rébellion. » C'est classique. Résultat des courses : le 21 juin, le tribunal correctionnel condamne Nordine à 18 mois de prison, dont six avec sursis sans même attendre les conclusions de l'enquête en cours de
l'IGPN. Au cours du procès, le président du tribunal explique à la victime, qui avait dû être hospitalisée durant 24 heures, plus 15 jours d'ITT : «Vous portez uniquement des traces d'intervention en légitime défense des policiers, pour que force reste à la loi !» A police raciste, justice raciste. De telles décisions ne peuvent qu'inciter les policiers violents à l'être plus encore.
(Source, La Marseillaise, 22 juin 2000)

Les faussaires à l'oeuvre
Le 9 novembre 1993, lors d'un coup de filet de la police antiterroriste, une centaine d'Algériens sont interpellés. Pour que ce « flag » soit impeccable, les policiers glissent des documents provenant du GIA dans la sacoche d'un des Algériens. Rapidement mis dans le vent, les humanistes vont expliquer qu'il y a eu « erreur de manipulation » au moment de la mise sous scellées définitive des documents compromettants. Peu importe la méthode. Le 5 juillet 2000, le magistrat instructeur déclare le non-lieu. Mais, la victime des policiers a passé trois semaines en prison, complétées par six années d'assignation à résidence. Bien entendu, on ne saura jamais quels furent les policiers auteurs de cette «manipulation», pour faire «tomber» un supposé
terroriste. Son avocat envisage désormais de porter plainte. Il explique : «La hiérarchie policière a couvert, et continue à camoufler la vérité. C'est extrêmement inquiétant.»
(Source, Libération, 6 juillet 2000)

Bières Bretonnes
Nous connaissons la délicatesse du mode d'intervention des hommes du GIPN (Groupe d'intervention de la police nationale). A Quimperlé, le 13 juin, à l'heure du laitier, une équipe de ces policiers interpelle à son domicile un couple de militants bretons du mouvement Emgann. Une porte vole en éclat, brisée par des hommes en cagoule noire, une vingtaine en tout avec les civils. Ce même jour, cinq autres militants bretons sont interpellés à Saint-Nazaire, Fougères et Rennes. Le 17 juin, tous seront relâchés. Ils étaient impliqués dans une bagarre survenue lors du Salon des bières, qui avait opposé un groupe de militants à deux policiers. En clair, rien à voir avec les terroristes bretons recherchés. Une voisine du couple interpellé à Quimperlé témoigne : «Il est inacceptable d'imaginer la peur des enfants, réveillés par une vingtaine d'hommes casqués et cagoulés, armés jusqu'aux dents, donnant l'assaut à l'escalier. Inacceptable cette volonté à chercher à briser l'image des parents aux yeux des enfants, en humiliant le papa et la maman, en violant leur intimité. Nous prenons chaque jour position contre la violence à l'école, à la maison, à la télé. Mais à présent, c'est à une autre forme d'agression que nous devons faire face. Comment dire à nos enfants que c'est de l'État français et de son armée que nous devons nous protéger ? »
(Sources, Le Télégramme de Brest, 14 juin, Presse Océan, 17 juin et Ouest-France, 19 juin 2000)

Police républicaine
«Le 9 juin, comme chaque année, la population de Tulle commémorait le massacre accompli dans cette ville par les SS le 9 juin 1944. En 1999, les militants de Ras l'Front avaient réussi (dans le calme) à écarter un élu d'extrême-droite, et son garde du corps, de cette cérémonie, malgré quelques tentatives des forces de l'ordre de les protéger. Cette année, il n'en a pas été de même. Le fasciste, toujours escorté de ses nervis a été protégé par de nombreux policiers, lui permettant de polluer la cérémonie. Alors que certains d'entre-nous s'avançaient pour isoler l'indésirable, un responsable de la police nous a enjoint de reculer, expliquant que l'endroit était réservé aux personnalités invitées. Hélas ! le galonné n'a pas su ou voulu nous dire qui lançait les invitations»
(Ras l'Front, Tulle).

Rambo au féminin (suite)
La policière flingueuse _ et menteuse _ de Dammarie-les-Lys a finalement été condamnée à dix-huit mois de prison, dont six mois ferme, le 26 juin. Rappel des faits (déjà relatés dans Que fait la police ? juin 2000) : le 21 décembre 1997, cette gardienne de la paix qui n'est pas une débutante (elle est âgée de 39 ans) blesse par balle un garçon de 20 ans. Après avoir affirmée que son arme lui a été dérobée, la policière concède que le coup de feu est parti « accidentellement ». Cette fonctionnaire, qui n'était pas de service le soir de l'incident, avait été mutée à la Guadeloupe sans doute pour s'y faire oublier et calmer les esprits. Il n'est pas exclu, qu'en appel, la sanction soit adoucie, ce qui lui éviterait la révocation.
(Source, Libération, 27 juin 2000).


Tolérance zéro
La fameuse police de proximité, voulue par Jean-Pierre Chevènement, commence à produire ses effets. A Marseille, un lieutenant (on ne dit plus inspecteur) chargé de l'ordre public sur le cours Julien, là même où de graves incidents provoqués par la police se sont produits le 20 mai dernier (se reporter à Que fait la police ? numéro 63, juillet 2000) explique le sens de ses interventions : « a police de proximité, c'est un cadre très ouvert. On en fait ce qu'on en veut !» Nous en sommes ici à la «tolérance zéro», et un journaliste de La Provence commente : «Pour le lieutenant X et ses hommes, la loi est une. Tolérer une infraction, même minime, c'est mettre l'ensemble de l'édifice en péril. »Il ajoute, pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté : «Ainsi, sur le terrain, les officiers responsables de la mise en oeuvre de la réforme disposent-ils d'une marge d'interprétation très large» Il devient de plus en plus évident, en effet, que proximité n'a vraiment rien à voir avec convivialité.
(Source, La Provence, 11 juin 2000)

Pauvre médiateur
A quoi peuvent bien servir les médiateurs si, à la moindre de leur intervention _ pour calmer le jeu _ les policiers les poursuivent pour «outrage », après, parfois, les avoir roués de coups ? C'est l'aventure arrivée le 22 mai, à Créteil, à un médiateur (chargé de mission par la mairie) qui tentait de régler une querelle entre habitants d'une cité. Il n'y a pas de hasard si, dans le rapport concernant cet « incident », les policiers décrivent ce médiateur comme un « individu de race noire. » (On se croirait aux États-Unis.) Comme les policiers (une vingtaine de fonctionnaires, dont des BAC) se plaignent d'avoir été frappés, les délits
de rébellion et violence viennent s'ajouter à celui « d'outrage ». Le 19 juin, au tribunal de Créteil, ne pouvant se résoudre à réfuter la thèse des policiers, le procureur a requis 5 000 francs d'amende contre «l'individu de race noire.»
(Source, Le Monde, 22 juin 2000)

Garde à vue raffinée
Les conditions de la garde à vue dépendent essentiellement de la seule volonté (ou de la hargne) des policiers. Des militants bretons, interpellés dans le cadre de l'enquête sur l'attentat contre le Mac Do de Quévert en savent quelque chose. Passée la 72è heure de garde à vue, leurs avocats, venus les visiter, ont pu constater de nombreuses infractions à la légalité et, particulièrement, le fait que les entretiens avec leurs clients paraissent avoir été écoutés par les policiers. De plus, dans ce cas précis, en tout cas, les militants sont interrogés de 22 heures à 5 heures du matin et se « reposent » dans des cellules de dégrisement avant d'être repris en mains, deux heures plus tard, par une autre équipe. Par ailleurs, ils ne disposent pas de drap, ni de couvertures, ne peuvent pas prendre de douche pendant au moins quatre jours, et ne sont guère nourris car « aucune ligne
de crédit n'est prévue pour les repas. » Cela se passe dans les sous-sol d'un bâtiment du ministère de l'Intérieur, rue des Saussaies (sinistrement connu au temps de l'Occupation). D'où l'assignation en référé du ministre de l'Intérieur par les avocats indignés.
(Source, Libération, 24 juin 2000)

Nazis à l'école de police
Sinistre histoire narrée par le Canard Enchaîné. Trois élèves de l'École nationale de police de Paris organisaient des soirées arrosées et culturelles. On y chantait des refrains d'inspiration hitlérienne, tout en multipliant les saluts nazis. Ce sont d'autres élèves, indignés (et non la hiérarchie ) qui ont alerté leurs autorités supérieures. Rien que de relativement banal ont dû estimer ces dernières, si l'on en croit les sanctions prises en Commission de discipline, le 22 mars dernier. L'organisateur de ces parties fines (ancien gendarme) a été condamné à une exclusion temporaire de deux mois, et ses deux comparses à trois jours d'exclusion cette dernière peine portée à trente jours par le ministre de l'Intérieur, sans doute très en colère. A aucun moment donc il n'a été question d'exclure de la police ces éléments d'élite qui, depuis ces petites incartades, ont été réintégrés, et pourront bientôt exprimer pleinement leur sensibilité dans les commissariats ou chez les CRS.
(D'après le Canard Enchaîné, 28 juin 2000)


Les salauds en action
Les mauvaises manières perdurent dans la police nationale. Le 19 juillet, près de Calais, une jeune Soudanaise qui tentait de passer en Angleterre, était interpellée et acheminée vers un «centre d'accueil ». Les deux hommes de la police de l'air et des frontières (PAF), chargés de cette mission ont, à cette occasion, franchi la ligne rouge, et l'un d'eux est accusé par cette jeune fille, âgée de 16 ans, de l'avoir violée. Entre temps, les deux policiers, qui s'étaient bien gardés d'accompagner leur future victime au lieu prévu, avaient rédigé une fausse main courante au commissariat avant de rejoindre la jeune fille, pour se «faire une black.» Pour toute explication, le salaud a déclaré que la jeune fille était consentante. Comme s'il était naturel qu'un policier d'élite puisse proposer des relations sexuelles en échange d'une aide pour passer la frontière. Les deux policiers ont été mis
en examen, suspendus ; mais remis en liberté. Seront-ils révoqués ?
(Sources, Libération, 21 juillet et Le Monde, 22 juillet)

L'ordre blanc
A partir d'un simple PV, tout peut arriver. Y compris une situation de conflit tournant à la bataille rangée entre forces de l'ordre et badauds, lorsqu'un policier borné (et peut-être raciste) tient à affirmer son pouvoir illimité. Cela s'est passé à Paris, le 25 juillet, sur le boulevard de Strasbourg. Ce qui n'aurait dû être qu'un échange de mots (classique entre un policier et un automobiliste) se transforme en émeute. Une cinquantaine de képis, arrivés en renfort, vont s'affronter à autant de civils mécontents. Le « fautif » est Africain, et il est vrai que son refus d'obtempérer le conduit à se trouver «ligoté au sol et le visage ensanglanté Cinq policiers étaient sur lui. J'ai tenté d'intervenir, j'ai reçu des coups», dit une enseignante, témoin des faits. Selon un autre témoin, la chasse à l'homme se poursuit sur le quai de la station de métro Château-d'Eau, proche du lieu de la confrontation : une rame de métro est bloquée par les soins de la RATP, ce qui permet à une équipe de policiers secondée par des contrôleurs de s'activer à vérifier les titres de transport des passagers. Ce contrôle s'effectuant au faciès. Dans les wagons bondés, des Noirs sont « triés », alors qu'ils viennent d'une autre station. Interrogée, la préfecture de police prétend n'être pas au courant.
(Sources, Libération, 28 juillet et Le Monde, 29 juillet 2000)


EN BREF....

Comme d'habitude
Dans son rapport annuel sur les Droits de l'homme, Amnesty international dénonce, une fois de plus, les mauvais traitements et l'usage excessif de la force par la police française. Amnesty international estime également que les tribunaux ne se trouvent guère «empressés de condamner les policiers accusés de violence ou d'un recours abusif à la force, ni de prononcer des peines à la mesure de la gravité de leurs actes.» L'Observatoire des Libertés publiques ne dit pas autre chose depuis 1994.
(Source, Le Monde, 16 juin 2000)


Paranoïa
Le syndicat Unsa-Police ne manque pas d'esprit revendicatif. Réunis en congrès national, le 21 juin, les fonctionnaires de cette fédération ont entendu leur nouveau secrétaire général «exiger» du gouvernement des efforts significatifs pour augmenter les salaires des gardiens de la paix et gradés (brigadiers et brigadiers-chef) Coût du traitement : 6 milliards de francs. C'est à ce prix (en gros 50 000 francs par fonctionnaire) que serait assurée la mise en ¦oeuvre de la police de proximité. Il est vrai que le policier
n'est pas un fonctionnaire ordinaire.
(Source, Le Monde, 23 juin 2000)

Mauvais en tout
Le procès du policier brutal et raciste de Ris-Orangis devait se dérouler le 23 juin, mais le parquet de l'Essonne a décidé de renvoyer cette affaire au 26 septembre. Le procureur-adjoint a tenté, non de minimiser les faits, mais de les réduire à la responsabilité de la brute : Œ'Ce procès n'est pas celui de la police nationale. C'est le procès d'une minorité de fonctionnaires,
mal choisis, mal formés, mal encadrés.'' Bel aveu. Il faut donc poser la question essentielle : combien de policiers de ce pays sont-ils mal choisis, mal formés, mal encadrés ?
(Source, Le Monde, 26 juin 2000)

Y a pas photo !
Le 20 juillet, près d'Arras, un photographe professionnel s'est permis de prendre quelques clichés de policiers s'acharnant contre des SDF, sur la place publique. Aussitôt, les policiers ont invoqué le «droit à l'image» pour confisquer la pellicule. En guise de consolation le commissaire a assuré au photographe qu'il lui serait possible, tout à son aise, de faire un reportage sur la police nationale.
(Source, Libération, 21 juillet 2000)

Maladroit
Il se passe toujours quelque chose dans les commissariats de Lille. Le 18 juillet, un policier qui ne savait pas manipuler son arme de service a grièvement blessé un adjoint de sécurité.
(Source, France-Info,18 juillet 2000)

Suicide
Un gardien de la paix affecté à la brigade d'information de la voie publique s'est suicidé chez lui, avec son arme de service, le 23 juin. D'après le syndicat Unsa-Police, ce policier était victime de harcèlement moral de la part de sa hiérarchie, ce qui paraît être fréquent.
(Source, Le Parisien, 24 juin 2000)

Non coupable
Il ne pouvait en être autrement : le policier lillois qui a tué le jeune Ryad, dans la nuit du 15 au 16 avril, ne l'a pas fait exprès. C'est pourquoi il est question de requalifier ce crime en homicide involontaire. Bel euphémisme. Un enquêteur évoque même : «Un geste réflexe extrêmement malheureux.» Allons, il faut que cela soit dit une fois pour toutes : un policier ne peut être totalement coupable.
(D'après Libération, 30 juin 2000)

A peine coupables
En novembre 1998, un jeune Zaïrois mourait, suite à un «processus d'asphyxie par compression thoracique», après son interpellation dans une rue de Tourcoing, alors qu'il circulait en patins à roulettes. (Se reporter à Que fait la police ? novembre 1998) Le 5 juillet, deux des policiers, qui ont tué «Sans intention de donner la mort», selon la formule consacrée, ont été condamnés à 7 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Lille. Les trois autres policiers ont bénéficié de la relaxe. Pourquoi cette mansuétude ? Réponse : ces tueurs n'étaient pas tout à fait coupables.
(Source, France 2, 6 juillet 2000)

Grosses caisses
Le 21 juin, c'est la fête de la musique. Sauf pour certains policiers qui considèrent les flonflons comme un trouble à l'ordre public. C'était le cas, à Vierzon, lorsque des policiers ont signifié à deux groupes de percussionnistes d'avoir à déguerpir, sous le prétexte qu'ils n'étaient pas inscrits au programme. Ces braves serviteurs de la Nation devaient ignorer qu'il n'est pas nécessaire d'avoir une autorisation le soir de la fête de la musique pour jouer dans la rue.
(Source, La Nouvelle République du Centre Ouest, 28 juin 2000)

Désespéré
Le 14 juillet, à proximité de la Tour Eiffel, un CRS s'est tué d'une balle dans la bouche, au milieu de ses collègues, dans le car qui le transportait pour sa dernière mission.
(Source, Le Monde, 19 juillet 2000)

Imprudence ?
Un jeune homme est décédé le 20 juillet au commissariat central de Strasbourg, durant une garde à vue. Selon le procureur, la police n'aurait fait aucune faute.
(Source, France-info, 21 juillet 2000)

Double emploi
Une société de service de sécurité a été mise en examen après la découverte d'un système de rémunération occulte de policiers. Un gardien de la paix et un capitaine, qui en «croquaient», ont été également mis en examen.
(Source, Le Monde, 21 juillet 2000)

Rétention de mineurs
Nous avons fréquemment abordé les conditions faites aux sans-papiers dans les centres de rétention administratifs, comme dans les zones d'attente, telles celle de Roissy II. Il est bien connu que la police y fait régner une atmosphère carcérale accompagnée de sanctions humiliantes et d'insultes racistes. Il convient maintenant d'ajouter à ce lourd dossier le fait que des jeunes étrangers mineurs se retrouvent également dans ces lieux de non-droit. Interpellés par la police de l'air et des frontières (PAF) des jeunes garçons et filles sont aussi maltraités que peuvent l'être les adultes. Le vice-président du Conseil général de Seine-Saint-Denis apostrophe la police : « On est en totale contradiction avec la Convention des droits de l'enfant qui prévoit une assistance pour les jeunes demandeurs d'asile. » La police est-elle réellement informée des droits de l'enfant ?
(Source, Le Parisien, 23 juin 2000)

Drôles de pistolets
Surprise. Le ministre de l'Intérieur vient de s'apercevoir que les revolvers dont sont dotés ses policiers sont dépourvus de cran de sûreté. C'est sans doute pour cette raison que les coups de feu partent tout seul quand nos cerbères s'estiment en situation de légitime défense. Pour en finir avec cette situation insupportable, Jean-Pierre Chevènement souhaite tester des pistolets, qui ne seraient pas trop mortifères, pour nos braves gardiens de la paix. Pourtant, comme l'abandon du revolver par la police pourrait provoquer de graves difficultés pour la firme Manhurin, il faudra attendre plusieurs années avant que soit généralisé l'usage du pistolet. Les flingueurs ont encore de beaux jours devant eux.
(Source, Le Monde, 28 juin 2000)


Voilà...et on pourrait en trouver tellement d'autres.
Ce n'est pas en niant les problèmes que les choses s'arrangent, bien au contraire.

Pour finir, un peu de fiction pour rire.

Mon ami policier à un frère chanteur.
Depuis que les mp3 se ramassent à la pelle sur le net, il ne gagne plus grand chose en droits d'auteur et il déprime grave. Sa famille est dans la mouise.

Mon ami policier est très en colère contre ces salauds qui poussent les auteurs à la misère.

Maintenant, avec la loi Perben, il va pouvoir faire irruption en pleine nuit chez (mettez votre pseudo). Comme il est vraiment en colère, vous lui pardonnerez de défoncer votre porte, d'effrayer vos enfants, de vous mettre quelques baffes car, mal réveillés, vous n'avez pas trop compris qui était le fou furieux qui venait de forcer votre porte.

Bien sûr, vous avez qq dents en moins, une arcade ouverte, vous avez été insulté devant vos enfants, mais il jurera que vous avez essayer de résister. Et puis, entre nous, je le comprends, vous avez vu dans quelle merde vous avez mis son frère.

Fini de rire.

Bien sûr, j'exagère, mais plus on justifie les abus, plus ils deviennent fréquents et excessifs. Je ne suis pas policier, mais si je l'étais, je serais furieux après les brutes qui salissent ce métier, pas après ceux qui dénoncent ces abus.


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Et j'avais oublié ça :

Citation:

Le nombre des violences policières en hausse en 2003 pour la sixième année consécutive
LE MONDE | 27.01.04 | 16h54
"Depuis 19 mois, il n'y a pas eu une seule bavure", avait avancé en novembre M. Sarkozy sur France 2. Dix cas de blessures mortelles ont été relevés et les sanctions de policiers ont augmenté de 22 %.


Infographie : Augmentation régulière
Les faits allégués de violence commis par des policiers sont en hausse. L'année 2003 a été marquée par une augmentation de 9,1 % des saisines de l'inspection générale des services (IGS), la "police des polices" pour Paris et la petite couronne, et de l'inspection générale de la police nationale (IGPN), qui couvre l'ensemble de la France. Cette dernière ne peut être saisie directement par les particuliers, contrairement à l'IGS.

"Depuis 19 mois, il n'y a pas eu une seule bavure", s'était avancé un peu vite le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, dans l'émission "100 minutes pour convaincre", le 20 novembre, sur France 2. Pourtant, l'année 2003 a été la sixième année consécutive de hausse des violences policières. Le total des saisines s'élève à 611, contre 560 en 2002 et 517 en 2001. Dix cas de blessures mortelles ont été enregistrés, contre 7 en 2002.

Le nombre de blessures ayant entraîné une interruption temporaire de travail (ITT) de plus de 8 jours est stable (87, contre 82 en 2002). En revanche, les cas de violences et blessures légères, avec des ITT de moins de 8 jours ou sans ITT, ont fortement augmenté, passant de 471 en 2002 à 514 l'an passé.

L'institution policière et les associations dans les quartiers difficiles ont, sans surprise, une lecture radicalement différente de cette évolution. Pour ces dernières, elle est une conséquence du traitement strictement répressif de la délinquance par le gouvernement ; pour la première, les violences illégitimes constituent des dommages collatéraux dans la reconquête des "zones de non-droit" mais ne portent en rien atteinte à la vertu policière.

"Le recul de la délinquance n'a pas été payé par un affaiblissement des règles déontologiques", a assuré Nicolas Sarkozy, à l'occasion de sa conférence de presse du 14 janvier, consacrée au bilan 2003 de son action. Le ministre de l'intérieur a cité ce jour-là un chiffre : celui des sanctions infligées après réunion de conseil de discipline, qui ont augmenté de 22 % en 2003 par rapport à 2002. Selon M. Sarkozy, cette hausse considérable s'expliquerait par une sévérité et une diligence sans précédent dans les procédures administratives, indice de la détermination de ses services à sanctionner tout écart de conduite. Toutefois, ces sanctions englobent quasiment tous les manquements déontologiques, dans lesquels les faits de violence ne constituent qu'une rubrique. En outre, elles concernent de nombreux incidents qui se sont produits avant 2003, de sorte qu'elles n'offrent pas une photographie fidèle du durcissement des interventions policières dans les quartiers difficiles sur l'année écoulée.

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), vers lequel se tournent de nombreuses victimes de violences policières, souligne que ces dernières ne reçoivent pas un traitement judiciaire approprié. "Systématiquement, les plaintes simples sont classées sans suite, souligne Emmanuelle Le Chevalier, du MRAP Paris. On se porte partie civile pour qu'il y ait ouverture d'une instruction, mais cela prend plusieurs mois, alors que pour outrages et rebellions, les gens passent toujours en comparution immédiate."

Bruno Beschizza, secrétaire général du syndicat Synergie-officiers, assure que la police n'est pas plus violente que dans le passé. "Nous sommes la profession la plus surveillée, explique-t-il. Les policiers travaillent sous le contrôle du magistrat, via le code de procédure pénale, du ministre de l'intérieur, via le code de déontologie, et de l'opinion publique, viales médias qui donnent de l'écho au moindre incident."

Pour sa part, Jean-Luc Garnier, secrétaire général d'Alliance (gardiens de la paix), ne se montre guère surpris par l'augmentation des violences policières ; il les met en relation avec le difficile retour à l'ordre dans les banlieues. "On est dans une société totalement déstructurée, explique-t-il. Pour un adolescent, la seule référence, même négative, est le flic, la seule autorité à essayer de jouer son rôle. Les policiers ne peuvent pas gérer seuls les problèmes de société, mais qui va le faire si on n'y va pas ?" Cette mission impossible a également un prix, celui du nombre de blessés et de morts. La police a payé "un lourd tribut", selon M. Sarkozy, à la lutte contre la délinquance. En 2003, 3 754 policiers ont été blessés et 9 autres sont morts.

Du côté du Syndicat national des policiers en tenue (SNPT, gardiens de la paix et gradés), on préfère voir dans les violences policières une conséquence de la culture du résultat, chère à M. Sarkozy, qui "pousse les collègues à la faute et les met en danger", selon son secrétaire général Gérald Noulé. Ce dernier considère que la "réponse du gouvernement n'est pas adaptée. On ferait mieux de s'interroger sur les mécanismes qui conduisent la société à devenir de plus en plus violente".

Piotr Smolar


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Surtout "au moment des interpellations"


Le directeur de l'inspection générale de la police nationale (IGPN), Daniel Herbst, établit un lien entre l'augmentation des faits de violence attribués aux policiers et la "reconquête du territoire dans les quartiers, entamée depuis plusieurs années". Interrogé par Le Monde, M. Herbst souligne une caractéristique de ces violences : "La grande majorité a lieu au moment des interpellations, sur la voie publique, et infiniment peu dans les locaux de la police. Les interpellations deviennent des moments de frictions, les résistances à la force publique sont de plus en plus nombreuses."

Autre phénomène, souligné par le directeur de l'IGPN : la hiérarchie policière et les inspections seraient de plus en plus souvent sollicitées par des fonctionnaires eux-mêmes. "Beaucoup n'acceptent pas le comportement déviant de certains de leurs collègues, et je ne parle pas seulement d'éventuels faits de violence", explique M. Herbst.


• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 28.01.04


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Je sais pas quoi penser en vous lisant...

Il s'agit encore une fois de prendre un exemple d'un fait tragique et de le médiatiser pour dire tout et n'importe quoi.

Bien sur ça fait bien de parler des bavures policières à quelques semaines des prochaines élections !

Bien sur que la présomption d'innoncence est importante mais garderions nous le sang froid nécessaire quand vous savez que la prochaine fois que vous auriez parlé à votre collègue aurait été dans une prière ?

Bien sur que c'est pas drôle d'avoir une humiliation en public !

Bien sur que la violence de ces policiers est inexcusables !

et des "bien sur" il y en aurait encore !

Mais qu'aurions-nous fait à leur place, insigne ou pas insigne ?

Je n'ai pas trop d'opinion sur le sujet et je ne sais que trop penser...

La seule chose qui me gêne, c'est qu'en raison qu'ils soient flics, on leur fait pas de cadeau et on leur crache dessus.
Est-ce qu'on en fait autant avec les "vrais" meurtriers, les "vrais" violents ?

Moi ce qui me fait gerber en ce moment c'est pas l'enjoliveur dans le cul d'un mec qui a tenté, quoi qu'on en dise, de blesser, voire de tuer. Ce qui me fait gerber, c'est Papon.


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