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Zakath |
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Guru 
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Mouif. Certes, il ne dit pas que des conneries mais je trouve qu'il fait preuve de pas mal de mauvaise foi.
Taper sur la "gauche", qu'elle soit représentée par le PS, le PCF ou la LCR de Besancenot, c'est facile. D'autant que d'après ce qu'il dit, Soral a un contentieux personnel avec le PC qu'il a vu "chûter" (et on peut se demander si ce n'est pas aussi sa perception qui a changé).
Mais rejeter toute la gauche d'un bloc, c'est juste ridicule. Surtout quand la seule ligne d'argumentation, répétée maintes et maintes fois, c'est "ce sont des crétins qui m'emmerdent". Parfois modulée par des arguments du type "j'ai 48 ans, ils en ont 20, j'ai vu la vie, pas eux, qu'ils se la ferment", ce qui n'est rien d'autre qu'un argument d'autorité.
Oui, Serge July et ses semblables sont gerbants, mais ce n'est pas ça, la gauche, aujourd'hui, et le prétendre est une généralisation si hâtive qu'elle confine à la malhonnêteté.
Ce qui est remarquable dans cette interview, comme d'ailleurs à chaque fois qu'on cherche à "dédiaboliser" le FN, c'est que jamais on ne parle du fond du programme du FN. Il faut pousser Soral dans ses retranchements pour qu'il accepte finalement d'arrêter de balancer de grandes envolées lyriques sur combien Le Pen est un homme seul contre le système et qu'il parle un peu d'économie ou de nationalisme. Au détour d'une formule lachée presque par accident, "arrêter avec une société d'assistanat", ou à travers un nouvel argument d'autorité ("les vrais marxistes ont compris que l'autogestion ne marchait pas et qu'il fallait soutenir les PME/PMI. Si vous n'êtes pas d'accord, c'est que vous êtes trop con pour avoir compris ça."), on arrive à obtenir une image un peu plus fidèle. On pourra alors se rappeler que le FN prône un vrai libéralisme, un marché sans entraves sur le terrain national, ce qui n'est pas sans évoquer... Pinochet ! En tout cas, exit la solidarité dans cette "nouvelle société post-révolutionnaire".
La question de la nation est aussi assez terrifiante, puisque "être internationaliste, c'est être facho". Ah bon ? Voir le salut dans le patriotisme ou dans un "alter-nationalisme", quoi que cela puisse représenter, demanderait au moins une véritable argumentation plutôt qu'une bête énonciation comme si c'était une évidence.
Et puis, le slogan de Le Pen n'était-il pas "La France, aimez-la ou quittez-la" ? Pas un mot sur l'immigration (si, il a le soutien de franco-maghrébains), seule une faible affirmation "non, Le Pen n'est pas raciste". C'est pourtant le coeur de leur programme...
Enfin, une mauvaise foi flagrante quand il évoque les gens qui comparent le FN à l'Allemagne des années 30. Réponse : "non, on n'est plus en 1930, on ne parle pas de race supérieure [juste de nationalité gauloise, NDZ] et on ne veut pas envahir la Pologne". C'est une ligne de défense absolument ridicule, personne ne s'attendrait, évidemment, à ce qu'un Le Pen attaque militairement qui que ce soit, mais, comme Soler le dit d'ailleurs plus tard, "on ne veut pas s'étendre à l'est, juste rester tranquillement chez nous".
Enfin, admettons que Le Pen ait toujours été hors du système et haï de celui-ci (même si, à mon avis, cette soi-disant haine est assez artificielle et sert de repoussoir et d'épouvantail à ce même système). C'est aller un peu vite en besogne que d'en conclure "si on veut être hors du système, il faut donc être partisan du FN". Très vite, même. Outre la grossière (et à mon avis volontaire) erreur de logique, c'est là encore ne considérer que la forme et pas le fond du message du FN. Paradoxalement, Soler condamne les gens qui hurlent au loup dès que Le Pen est évoqué et "diabolisent" son message, mais refuse d'expliciter ce même message alors qu'on lui en donne une chance. Et c'est là un processus usé jusqu'à la corde, Le Pen aime à se présenter en victime stoïque.
Quant à la dimension "votons Le Pen pour précipiter la révolution", je n'y crois pas. Ca n'a pas marché en Allemagne ou en Italie, Bush est toujours président, les danois ou les autrichiens ont eu des FN-like au pouvoir sans contestation majeure. Je m'inquièterais plutôt des commandes groupées de chemises marron s'il devait gagner au second tour...
Le fascisme est encore là, bien vivant. Ce n'est pas parce que notre société est mauvaise (et bon sang, elle l'est) qu'il faut à nouveau succomber aux chants des sirènes. La France n'est pas protégée par un enchantement qui l'empêcherait magiquement de jamais avoir un gouvernement fasciste, même en l'an 2000 et même après 1930. Ce ne sera pas Hitler, ce ne sera pas Mussolini, mais ça sera quand même du fascisme.
Pour finir, rappelons-nous que Mussolini a longtemps été socialiste et marxiste...
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