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Forum OXMO Forum OXMO > Section Généraliste > Discussion Libre > [SONDAGE] Quid de la constitution européenne ?


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A ce jour, vous en pensez quoi de la Constitution Européenne ?
Absoument POUR
Totalement CONTRE
Je ne sais pas si j'irai voter, ce jour-là, c'est la fête des mères
J'irai à la pêche, il fera beau ce jour-là, c'est sûr
oOUIwan keNONi
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une petite remarque au passage sur l'aspect contraignant ou pas de la Charte.
J'ai écouté hier l'émission sur France 2, et R. Badinter a donné des éléments qui me semblent intéressants à ce sujet :

- La charte fait d'ores et déjà parti du traité de Nice sans valeur contraignante
- son inscription dans un traité constitutionnel permettra selon R. Badinter de la rendre justement contraignante car on verra alors une jurisprudence se construire peu à peu sur ces questions de valeurs

Le traité n'est donc pas neutre mais favorable à une Europe sociale.


de toutes les façons les parties I et II de la constitution ne semblent pas poser de problèmes d'acceptation particulier si ce n'est à la clique DeVilliers, Pasqua, LePen.


Finalement, je ne vais que redire ce que j'avais déjà écrit plus haut : je comprends, sans la partager, la position de ceux qui votent non parce qu'ils sont opposés à l'ensemble des traités existants aujourd'hui : le modèle actuel européen ne leur convient pas, et ils rêvent d'une autre Europe. Utopie selon moi.
En revanche j'ai plus du mal à comprendre ceux qui veulent rester au traité de Nice, que je n'ai pas lu mais pour lequel beaucoup s'accordent à dire qu'il n'est plus adapté...


je concluerai en disant que je n'ai pas vraiment peur de perdre mon identité nationale au profit d'une identité européenne. Je suis content mais pas "fier" d'être français, et être européen d'origine française demain me satisfait pleinement pour définir mon identité nationale. Mon utopie à moi c'est le jour où les pays se regrouperont tous et mettront leurs moyens en commun à l'accomplissement de grandes tâches.

voilà désolé, je sais que c'est complètement décousu, mais je voulais faire ces petites remarques suite à ce que j'ai entendu hier et à la lecture de vos postes.
..


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@ Ouich : Parfait. C'est ce que j'écris depuis 5 ou 6 pages déjà

Et ca rejoins mon analyse avec une nuance. Si l'on regarde les faits (et j'aimerais que le débat se situe plus à des niveaus concrets que sur des positions doctrinales d'un tel ou d'un tel professeur de droit ou de Science po), les partisans du non historique ont toujours été contre l'Europe. Comme l'Europe est devenue une évidence, on voit aujourd'hui ces même europhobes demander une autre europe. C'est l'extreme gauche, le PC et l'extreme droite soit 30 %de la population. Il suffit de regarder Villers, Pasqua et Hue qui etait résolument contre toute idée l'Europe avant Maastricht et qui aujourd'hui réclame une autre Europe.

Par contre je crois vraiment que les 25 % restant (gaulliste et socialiste ou vert) sont europhiles. Et là, ils réclament peut etre un devoir d'inventaire de l'Europe que l'on peut regretter ne pas avoir eu plus tôt.

@ Servef:

La double unanimité, un handicap dans les faits?
tout traité dès lors qu'il concerne des points définis dans la constitution française (par exemple: abandon de territoire) doit être ratifié par réferendum (peuple ou congrès). Ca a été le cas pour Maastricht (peuple) mais aussi pour Nice (congrès). La double unanimité n'a donc pas empeché d'avancer. Le TCE reste un traité supranationale qui suit les même régles.

L'europe est elle un facteur de paix? La charte des DF joue-t-elle déjà un rôle?
Oui incontestablement.La croatie a vu son plan d'integration reporté en raison de son manque d'implication dans la volonté de livrer des criminels de guerre. L'Europe a ainsi fixé les droits de l'homme (et avec la constitution, la Charte des droits fondamentaux) comme principe à l'adhésion. La Turquie serait aujourd'hui repoussé en raison de ces principes. Il existe donc une contrainte. Ce principe est d'ailleurs en vigueur depuis sa création et la constitution le renforce.
Par ailleurs, l'Europe a participé à la pacification de nos relations (marché commun, échanges entre les peuples...) mais elle ne reste qu'un outil parmi d'autre (OTAN, ONU...).

La commission sera-t-elle toute puissante? Pourra-t-elle faire passer tous les textes selon sa volonté?
Non, Non et Non. La Commission ne vote pas les lois (20e fois que je le repete), La constitution ne changera rien à cela. La Commission les propose et c'est le Conseil de l'Europe avec (ou sans selon les domaines de competences) le Parlement qui adopte ou refuse ces propositions de directives ou reglement (lois européennes avec la constitution). La vrai question que les partisans n'ont pas soulevé est l'impact des lois.

Et bien justement, l'impact des lois, ca change quoi?
Vrai point de discorde, je ne saurais encore classé cette disposition. En effet, avec le systèmes des lois européennes, les directives disparaissent et et les réglements deviennent des lois. Je m'explique.

Aujourd'hui: les directives doivent etre transposé dans chaque nation. Seul la finalité compte. Les moyens utilisés pour atteindre l'objectif de cette directive peuvent etre different d'un etat à un autre. Avec les réglements, la décision européenne s'impose à tous uniformément sur toute l'Europe. Avec la Constitution, seuls des lois (avec la valeur juridique des anciens reglements) seront votés. Formidable facteur d'harmonisation des législations, c'est aussi un outil plus rigide que la directive qui laisse plus de latitude. Néanmoins, dans la pratique, les directives restent insastifaisantes.

Concernant le Parlement, je ne comprends plus votre position. il y a quelques pages, on se plaint de son absence de pouvoir et maintenant c'est un Caid???


Ce referendum n'aurait il pas du etre organisé plus tot afin de connaitre le sentiment des français sur la question d'une Europe fédérale ou des nations?
Oui. Comme le rappelle judicieusement Ouich, le point central est là. Doit on aller plus en avant dans l'intégration européenne. Si oui, la Constitution s'impose. Ou alors, la nation est elle le meilleur moyen de défendre nos intérets face au monde? Dans ce cas, le non s'impose. Le centre du débat est là car l'enjeu, c'est comment faire face à l'hyper puissance des nations émergentes.

Edité par Sumatriptan le 22-04-2005 à 11:08

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oops ! je repasse en coup de vent...
un ami vient de m'envoyer ça :

Citation:

Les débats du Monde", organisé en partenariat avec TNS-Sofres, s'est déroulée, lundi 18 avril, au Théâtre du Rond-Point à Paris
***************************************************
Les invités
Dominique de Villepin

est ministre de l'intérieur,

de la sécurité intérieure

et des libertés locales. Il est partisan du oui à la Constitution.

François Hollande est premier secrétaire du Parti socialiste et député de Corrèze. Il est favorable au traité constitutionnel.

Marie-George Buffet est secrétaire nationale du Parti communiste et députée de Seine-Saint-Denis. Elle est hostile à la Constitution.

Jean-Pierre Chevènement

est président d'honneur

du Mouvement républicain et citoyen (MRC). Il milite contre l'adoption de la Constitution.

Paul Allies est professeur

de sciences politiques à l'université de Montpellier et membre du conseil national du PS. Il est partisan du non au traité constitutionnel européen.

Olivier Duhamel est ancien eurodéputé socialiste et ancien membre de la Convention qui a élaboré le projet de Constitution. Il est favorable à son adoption.

Jorge Semprun est écrivain

et ancien ministre espagnol de

la culture (1988-1991). Coauteur, avec Dominique de Villepin

de L'Homme européen (Ed. Plon), il est favorable au traité.

Edouard Glissant est poète, essayiste et romancier martiniquais.

***************************************************

Edwy Plenel : Quelle est la raison de votre oui ?

Dominique de Villepin : Nous avons besoin, passant de 15 à 25 pays, de règles, d'idéaux et de valeurs partagés. Ces idéaux sont très largement inspirés de la France : notre conception d'un modèle social, des services publics, de la diversité culturelle, des droits de l'homme. Nous faisons face aussi à d'immenses changements dans le monde, de grands vents de la mondialisation qui ne sont pas tous négatifs. Nous sommes plus forts si nous sommes capables de mieux maîtriser cette évolution, c'est-à-dire d'humaniser cette mondialisation. L'Europe nous offre l'espace, le cadre, les outils.




J'ai trois raisons essentielles de croire en cette Constitution et de répondre oui. La première, c'est la démocratie. Nous avons, grâce à la Constitution, la possibilité de nous décider avec moins de contraintes, plus rapidement, pour faire face aux difficultés du temps. La seconde, c'est la solidarité. La Constitution prévoit une clause de solidarité face au terrorisme, face à tout risque technique ou toute catastrophe naturelle. Démocratie, solidarité et enfin puissance, parce que le monde nous le demande comme contribution à la paix. Il y a plus de chances d'avancer vers la paix au Proche-Orient avec une Europe unie. Il y a plus de chances avec un ministre des affaires étrangères européen, un président du conseil européen, de trouver des positions communes. Là où nous serons d'accord, nous serons plus forts. Nous sommes à l'aube d'un grand siècle européen, d'un siècle où l'Europe peut changer le cours de l'histoire.

E. P. : vous faites campagne pour la constitution, ou pour changer de premier ministre ?

D. de V. : Ce n'est pas une affaire d'hommes mais d'exigence. Pour mieux répondre à l'enjeu européen, il faut prendre en compte les inquiétudes, les angoisses et les doutes qui s'expriment.

E. P. : Comment distinguer un oui de gauche d'un oui de droite, François Hollande ?

François Hollande : Je ne me détermine pas par rapport à Jacques Chirac. Pourquoi ai-je dit oui ? Parce que je considère que l'Europe est la plus belle aventure politique des cinquante dernières années. Quel autre continent a réussi à devenir la première puissance économique, à faire la paix entre les peuples qui le constituent, à abattre un mur pour se réunifier, à se donner une monnaie ? Mais c'est une aventure inachevée. Dans la mondialisation, il faut maintenant passer à l'Europe politique.

Si on ne franchit pas le pas politique, on en restera avec cette Europe économique et monétaire qui semble tant déplaire. Le oui s'inscrit dans une perspective. Comme Jacques Chirac l'a dit lui même, il est là jusqu'en 2007. Moi, je considère que le scrutin n'a rien à voir avec les gouvernements, les présidents qui sont en place.

Nous avons une opportunité qui ne reviendra peut-être pas d'ici longtemps. Je vais me battre jusqu'au 29 mai pour convaincre les électeurs socialistes qui veulent donner cours à leur colère. Non pas qu'ils doivent retenir cette colère, mais une colère utile, c'est être capable de faire une Constitution européenne au moment où elle se présente et faire l'alternance le moment venu. L'alternance sera d'autant plus facile à réussir si on a un traité constitutionnel et une Europe en marche.

E. P. : Est-ce que ce combat est aussi un combat de clarification qui vous met en position d'être le candidat présidentiable du Parti socialiste ?

F. H. : Non. Ce serait le pire service à une candidature et à l'Europe. S'il y a un sujet où on doit faire son choix indépendamment des personnes, des conjonctures, c'est bien le traité constitutionnel.

D. de V. : L'argument de François Hollande est fort. Les avancées sont au rendez-vous. Nous avons obtenu des concessions importantes. Imaginer qu'au nom d'une Europe que l'on voudrait immédiatement plus forte, plus grande, plus intégrée, l'on puisse dans les mois, les années qui viennent obtenir un meilleur traité ! C'est une utopie qu'on ne peut pas laisser croire.

E. P. : Le non est divers. Autour du PCF, une sensibilité altermondialiste se réclame d'un non européen. Le non de M. Chevènement est d'une sensibilité souverainiste. Pourquoi voter non ?

Marie-George Buffet : Pour l'Europe. L'Europe aujourd'hui est fragilisée, parce qu'elle se construit sans les citoyens et les citoyennes. Ils ont découvert le projet de traité une fois finalisé. Elle est fragilisée par l'utilisation, par les gouvernements, les Parlements nationaux, de ses politiques pour casser toute sorte d'acquis sociaux. On peut avec ce référendum réconcilier nos concitoyens avec l'Europe en leur présentant une alternative à l'Europe libérale, une alternative sociale, démocrate. Le non est un non réfléchi, intelligent.

E. P. : Est-ce que le non n'est pas un vieil habillage du PCF qui a toujours été contre la construction européenne ?

M.-G. B. : Il a été réticent à la construction libérale de l'Europe. Il y a une envie d'une autre Europe chez les partisans du non. Nous travaillons à un autre projet de traité avec des propositions alternatives. L'Europe ne doit pas être gâchée parce qu'on la place au service des marchés financiers avec ce dogme de la concurrence libre et non faussée. On ne peut accepter cette troisième partie qui dresse une politique économique et sociale. Les peuples doivent pouvoir choisir les politiques sociales et économiques menées par leurs gouvernements.

E. P. : Jean-Pierre Chevènement, pourquoi votez-vous non ?

Jean-Pierre Chevènement : Je suis frappé du ton incantatoire des "ouiouistes" pour défendre leur position. Cette Constitution est un corset libéral. Le pacte de stabilité, l'indépendance de la Banque centrale, exemple d'une perte de souveraineté massive non contrôlée, est quelque chose de scandaleux, de récessif. L'Europe nous protège contre la mondialisation ? Mais l'euro nous asphyxie. L'Allemagne, la France, l'Italie sont dans le rouge. Nos peuples ont les mêmes problèmes : 5,2 millions de chômeurs en Allemagne ! La charte proclame le droit de travailler et de chercher un emploi ? C'est moins que le droit au travail de notre Constitution. Je suis frappé de la convergence qui se réalise entre l'UMP, le PS sur la Constitution de Valéry Giscard d'Estaing. J'ai vécu le retournement progressif du Parti socialiste depuis 1983 vers le social-libéralisme. J'ai vécu aussi l'éloignement des gaullistes de la politique définie par le général de Gaulle, à la brève exception de la crise irakienne symbolisée par Dominique de Villepin et un peu par Jacques Chirac. Mais cette Constitution n'est pas du tout dans la ligne du général de Gaulle. C'est la ligne de l'abdication de la République et de l'indépendance de la France qui est nécessaire pour l'indépendance de l'Europe. Moi, je veux l'Europe, faire surgir un acteur européen stratégique au XXIe siècle. J'y crois. Mais il faut adopter la géométrie variable, s'appuyer sur la volonté des peuples.

D. de V. : Je répugne, pour ma part, à faire parler les morts. Ma conviction, c'est qu'avec le non, cette France choisira aussi pour elle-même un chemin plus douloureux parce qu'un chemin plus solitaire. Marie-George Buffet dit : "Nous réfléchissons à un nouveau traité." Mais avec qui en Europe ?


F. H. : Ce qui est intéressant dans ce débat, c'est que personne n'ose dire qu'il est contre l'Europe. Marie-George, c'est vrai que les peuples n'ont pas été assez associés à la construction européenne. Reste que si aujourd'hui l'Europe ne me plaît pas, elle est démocratique. C'est pourquoi, si on veut changer l'Europe, il faut d'abord changer les gouvernements en Europe.

Jean-Pierre Chevènement dit "C'est un corset libéral", en évoquant la partie III. Mais ce sont les traités existants. L'Europe est sur un bateau, la Constitution tombe à l'eau. Qu'est-ce qui reste ? La partie III, justement, les traités existants. Autre chose, on peut ne pas aimer l'euro, mais peut-on en sortir ? Aller faire comprendre aux autres pays qu'on pourrait avoir tous les déficits possibles, qu'on a tous les droits et que c'est pour ça qu'on aimerait une Europe française ? Eh bien, non, l'Europe n'est pas française, elle est européenne !

M.-G. B. : On nous dit, Dominique de Villepin en l'occurrence, "C'est le bout du chemin". La partie III, c'est l'Europe telle qu'elle est et les traités tels qu'ils sont. Passez, il n'y a rien à changer. Il faut se résigner à l'Europe telle qu'elle s'est construite depuis des décennies. Eh bien, je pense que le peuple français et d'autres, j'espère, vont dire : "Nous voulons faire autrement l'Europe." Je crois que, si le non gagne en France, va se lever une espérance de changer enfin la construction européenne. Le 29 mai, si le non est victorieux, les gouvernements seront obligés de l'entendre et on sera obligé de renégocier le traité.

D. de V. : Un mot sur la notion même de concurrence. Ne lui faisons pas porter tous les maux. En plusieurs occasions, la Constitution évoque les services publics, les services économiques d'intérêt général.

M.-G. B. : Ça n'est pas la même chose, et vous le savez.

J.-P. C. : Je voulais simplement dire à Dominique de Villepin que personne n'est contre l'économie de marché, mais chacun sait que la concurrence ne permet de régler ni les problèmes du long terme, ni les problèmes de justice sociale, de cohésion nationale. La France isolée, mouton noir, ai-je entendu ? Mais c'est faire preuve de peu de considération pour le peuple français, car celui-ci s'est quelquefois exprimé très fortement et nos partenaires ont dû en tenir compte. Est-ce qu'on s'en est plus mal porté ? Pas du tout. Les diplomates se remettront au boulot. C'est votre boulot, Dominique de Villepin, allez renégocier.

D. de V. : Et pendant ce temps vous arrêterez les produits chinois ?

J.-P. C. : Aujourd'hui, vous êtes incapable de les arrêter !

F. H. : Le principe de concurrence existe depuis 1957. Rendez-vous compte ! On vit avec la concurrence libre et non faussée depuis 1957.

J.-P. C. : Mais le monde a changé.

F. H. : Sans doute, mais la libre concurrence aussi. Nous avons fait, sous le régime de la libre concurrence non faussée, les nationalisations en 1981 _ nous les avons faites librement et souverainement, et Jean-Pierre Chevènement était à la manoeuvre _, et les privatisations ont été faites de la même manière sous le régime de la concurrence libre et non faussée, qui quand même est faite pour lutter contre les positions dominantes, contre les monopoles et contre les concentrations. Est-ce finalement une faute que de l'avoir inscrite ? Si on en reste avec les traités existants, ce sont les règles de concurrence qui sont les premières en Europe, et la mission même de la Commission européenne, c'est de les faire respecter. Et comme le dit Jean-Pierre Chevènement, elle le fait avec zèle.

E. P. : Nous allons continuer le débat en l'élargissant avec quatre autres participants : Jorge Semprun, Paul Allies, Edouard Glissant et Olivier Duhamel. Nous allons commencer par Paul Allies et Olivier Duhamel, qui sont tous les deux universitaires.

Paul Allies : Un diagnostic a été posé, ce matin, par Robert Badinter dans Le Figaro qui disait ceci : les difficultés des partisans du oui sont dues d'abord à l'usage abusif du terme de Constitution. Quelle est la nature du texte ? Si les Français se mettent à s'intéresser autant et aussi vite au contenu du texte, c'est parce qu'on leur a dit que c'était une Constitution. Mais les partisans du oui ont commencé leur retraite il y a déjà quelques mois. Michel Rocard dans Le Monde, au mois de juillet de l'année dernière, a commencé à dire que c'était un règlement intérieur accommodant.

Olivier Duhamel : C'était une connerie de dire ça.

P. A. : Oui, mais il a été suivi par d'autres. Notamment par Valéry Giscard d'Estaing, qui a dit que c'était un règlement d'équipes de foot. Je disais hier à mes étudiants : vous allez voir, ils vont nous dire que c'est un règlement de copropriété. C'est arrivé. Et c'est Jacques Delors qui l'a dit l'autre jour !

Il est normal que nous nous interrogions sur ce que l'on nous vend aujourd'hui. Et ce que l'on nous vend ne ressemble pas à une Constitution. La convention qui a accouché de ce texte n'a pas été démocratique.

E. P. : Olivier Duhamel a écrit la résolution demandant la convocation d'une convention pour écrire une Constitution. Il pense, lui, que c'est une Constitution.

O. D. : Je pense que notre pays va mal. Il faudrait se demander comment une des toutes premières puissances économiques du monde peut subir un chômage aussi persistant et un mal-être aussi profond, et surtout comment le sortir de sa maladie qui est à la fois institutionnelle et sociale, politique et morale. C'est vraiment la lancinante question que nous ne traitons pas depuis au moins le sombre printemps 2002, qui vit une chemise brune au second tour de l'élection décisive.

Mais ce pays n'ira pas mieux si le oui ne gagne pas le 29 mai. L'Europe serait durablement abîmée et la France en Europe plus encore.

J.-P. C. : Au nom des partisans du non, nous sommes des crétins, des pauvres types, des imbéciles, des demeurés, des peureux, des repliés, des recroquevillés. Je remercie Olivier Duhamel de continuer ainsi à faire la propagande pour le non.




D. de V. : Est-ce au moment où l'Europe entre dans l'âge politique, où nous passons après une expérience longue d'économie, de technique, parfois même de technocratie, est-ce au moment où cette Europe se retrouve pour enfin se configurer politiquement, est-ce à ce moment-là qu'il faut dire non ?

F. H. : Cette affaire va engager pour longtemps, que l'on soit pour ou contre, et l'Europe et la France et le monde. Nous sommes devant une responsabilité historique. Créons-nous un espace politique cohérent ou non ? Si nous ne le créons pas, on laissera le monde être organisé sans nous. Prenons-nous conscience qu'il s'agit d'un moment où l'Europe doit se renforcer. Il faut que l'Europe soit une entité politique et puisse décider du sort du monde.

M.-G. B. : C'est une responsabilité historique de savoir si l'on va se donner une Europe de progrès social, de démocratie, de justice, de paix, qui soit capable dans un monde marqué par la logique capitaliste, de créer une autre dynamique, de faire en sorte que les peuples puissent reprendre leurs affaires en main.

E. P. : Je passe la parole à Jorge Semprun. C'est un homme qui a sa liberté. Il est à la fois président du Comité du oui, côté socialiste, et en même temps il dialogue avec Dominique de Villepin, l'homme européen.

Jorge Semprun : L'Europe a inventé le roman, l'avion et le cinéma. Je veux rappeler, pour insister sur l'importance de l'Europe, que dans le milieu des années 1970, les trois partis communistes les plus importants de l'Europe occidentale, le Parti communiste français, le Parti communiste italien et le Parti communiste espagnol, ont lancé un mouvement démocratique, d'autonomie vis-à-vis de l'URSS, et l'ont appelé l'eurocommunisme.

Il suffit de dire euro, c'est-à-dire de mentionner l'Europe, pour que tout le monde comprenne que l'on est pour la démocratie, pour la voie démocratique au pouvoir, pour la culture, pour l'esprit critique et pour l'autonomie.

M.-G. B. : Pourquoi vous déniez le droit de dire oui à l'Europe et non à un projet de traité qui porte une Europe que nous ne voulons pas ?

J. S. : Vous avez toujours été contre l'Europe. Le non de votre part ne m'étonne pas. Il me navre. Le non de Jean-Pierre Chevènement m'étonne à moitié. Jean-Pierre Chevènement est un souverainiste. Mais il y a des non socialistes qui m'étonnent beaucoup et que je ne comprends pas. Je voudrais bien qu'on m'explique comment du plaidoyer pour le oui à Maastricht, on passe au plaidoyer pour le non aujourd'hui, alors que le traité d'aujourd'hui est dix fois meilleur que celui de Maastricht. L'Europe sociale ne va pas nous tomber rôtie dans le bec. Mais la Constitution donne un terrain où on peut lutter pour l'Europe sociale

E. P. : Edouard Glissant, Martiniquais, est l'un des plus grands poètes-écrivains en langue française. Je le cite : "L'utopie n'est pas le rêve. Elle est ce qui nous manque dans le monde."

Edouard Glissant : Je crains de faire figure, ici, de mouton noir... J'appartiens à une île à 7 000 km d'ici, qui, paradoxalement, fait partie de l'Europe. A ce titre, j'ai toujours rêvé d'une Europe "archipélique", d'une Europe qui a assez de densité pour ne pas craindre l'écume, d'une Europe où les Etats-nations, sans renoncer à eux-mêmes en tant qu'Etats, pourraient accepter à côté d'eux les nations sans Etat. D'une Europe où les périphéries ne seraient pas méprisées. D'une Europe qui ne serait pas continentale et qui, par exemple, n'aurait pas l'impression d'être constituée d'un noyau dur (la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Angleterre) autour duquel papilloteraient des éléments disparates. Et je pense que cette Europe-là n'existe pas encore.

Il me semble qu'une Constitution européenne ne peut pas susciter l'enthousiasme si elle ne commence pas par une approche des peuples du monde. Il est temps de dire que ce qu'il manque à l'Europe, c'est le monde.

@ tchao byebye


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Du nouveau sur le site d'Etienne Chouard.

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/


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Citation:
Message écrit par Ouich, le 22-04-2005 à 10:02

je concluerai en disant que je n'ai pas vraiment peur de perdre mon identité nationale au profit d'une identité européenne. Je suis content mais pas "fier" d'être français, et être européen d'origine française demain me satisfait pleinement pour définir mon identité nationale. Mon utopie à moi c'est le jour où les pays se regrouperont tous et mettront leurs moyens en commun à l'accomplissement de grandes tâches.
..

Encore une bonne raison de voter NONch. Merci Ouich.


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Oui-Oui et l'Europe magique

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Message écrit par Marie-José Mondzain
«Le «oui» va mal.
Désormais, la campagne pour le «oui» bat son plein.
Qu’est-ce que cela veut dire?
Depuis une semaine, et pour six semaines encore sans aucun doute, cela veut dire que l’acceptation du traité constitutionnel ne doit plus être l’objet d’un débat contradictoire et démocratique au sujet d’un avenir commun, mais un objet pris dans un pur rapport de forces.
Bras de fer contre un bras de terre, puisque que les champions du «oui» contrôlent pratiquement tous les médias. Les journalistes, consentants ou non, se trouvent destitués de la dignité de leur profession, de leur fonction d’information, de médiation entre les libres expressions de ceux qui veulent débattre, parler pour comprendre.
Désormais, on assiste à la transformation de la campagne du «oui» en programme de showbiz orchestré par des animateurs des spécialistes en divertissement. Les citoyens ne sont plus respectés, ils sont devenus un public à conquérir. L’électeur est un spectateur à qui l’on doit à tout prix éviter de penser comme on épargnerait l’ennui. Il devient une cible pour la vente d’un produit; ce produit, c’est le traité. La campagne est affaire de marketing.
Nous n’attendrons pas le 29 mai pour dire non à ce traitement indigne, qui augure assez bien de ce qui nous attend dans le cadre même du dit traité.
Il y a quelques années, nous avons déploré, quand nous n’en avons pas ri, que Berlusconi s’empare du pouvoir en animateur de télé dont il contrôlait tous les programmes. Il occupait la scène en amuseur brillant et demandait en séducteur à son public de lui faire confiance dans une double matière: celle de l’économie et celle du divertissement – car c’est tout un: là-dessus, la crise des intermittents a bien fait symptôme. Ils nous ont fait entendre un fort signal, ne l’oublions jamais.
Mais devant Berlusconi, nous avons alors pensé qu’une telle caricature de la démocratie n’était possible que dans un pays qui abritait sur son sol et par tradition quelques grands histrions du théâtre de la vie publique. Quelle erreur! Aujourd’hui, la classe politique au pouvoir en France n’a pas résisté à l’ivresse des plateaux, à la frénésie du spectacle, aux bénéfices de l’«entertainment». Dire «oui», c’est faire partie de la grande famille des permanents du spectacle.
Quel est le bénéfice attendu d’une telle parodie du vivre ensemble qui a dû être vendue à notre président par un conseiller en communication?
Il s’agit de fabriquer l’image avenante du ouiouiste européen qui ne fait plus obstacle à rien: non seulement, comme on nous le dit, à la libre concurrence, mais qui ne fait plus obstacle à quoi que ce soit. Le ouiouiste ignore tous les obstacles, ne résistant à rien ni à personne, toujours d’accord avec tous les accords, il est lui-même irrésistible.
Mode d’emploi: comment fabrique-t-on un ouiouiste? On le choisit, on l’invite, on lui serre la main. Puis on lui demande de s’exprimer, on l’écoute avec aménité, on lui demande ce qu’il n’a pas bien compris. On va tout lui expliquer, car s’il doute, s’il critique, c’est qu’il est encore trop jeune, encore ignorant, pas assez confiant. Il ne faut pas hésiter à lui faire peur, et le mieux est d’essayer de l’endormir. Après quoi, on mange, on boit, on fait de la musique, on va danser, peut-être.
Le profil européen du bon ouiouiste est celui-ci: il est jeune, il est beau, dynamique et confiant. Il a du travail, et s’il n’en a pas, il en aura dès demain matin. Il a un toit, et s’il n’en a pas, il en aura un après-demain. Il sera bientôt riche. Il voyage gaiement, parlant cinq langues, et partout où il va, toujours gaiement bien sûr, il a quelque chose à vendre. Il ne connaît qu’un transport: le wagon de marchandises.
Car le ouiouiste est toujours acheteur et vendeur de quelque chose.
Tout ce que fait le ouiouiste peut se vendre.
Tout ce qu’il désire s’achète.
Tout ce dont il rêve est en boutique.
Que le meilleur ouiouiste gagne – ou plutôt, celui qui gagne le plus est le meilleur ouiouiste. Un ouiouiste doit être gagnant.
Il vend tout, il achète tout, même la confiance, l’air pur, l’eau potable, le médicament. Il vend les OGM et il achète chèrement son bio. Mais il achète aussi le savoir, la pensée, la culture, la création de masse et la culture de classe, il achète les choses et les images des choses… Le ouiouiste est un consommateur effréné du bonheur, un boulimique de la communication, un accro du shopping tous azimuts. Il ne sait plus recevoir et il lui sera interdit de donner.
Telle est l’image que l’on veut nous vendre. Je crois qu’elle présente un avantage considérable pour nous qui résistons, c’est que le «oui» cesse ainsi de se respecter lui-même. Le fabricant du ouiouiste méprise et sous-estime sa propre créature.
Quel citoyen de bonne foi qui croit légitimement à l’Europe et qui acquiesce au traité, ne sera pas pris d’un haut-le-cœur et rempli de révolte, car il ne peut ni ne veut se reconnaître dans cette caricature de la citoyenneté?
Quant à moi, si je résiste aux sirènes ouiouistes, ce n’est pas par esprit de contradiction, ce n’est pas parce que je ne suis plus jeune ou que je n’ai plus d’espoir, que je ne crois plus au bonheur d’être ensemble.
C’est exactement tout le contraire.
C’est parce que je fais partie, avec une majorité croissante de citoyens, non seulement de tous ceux qui n’ont pas grand chose à vendre ni le fantasme de pouvoir tout acheter, mais de tous ceux qui avec moi et souvent bien plus que moi encore, passent leur vie non pas à vendre et à acheter, mais à donner, à transmettre, à éveiller les esprits, à célébrer la puissance de la parole, le sens des émotions, à échanger des idées et des signes, à poser des questions, à proposer des figures, certes fragiles, mais si précieuses, du partage.
Quelle que soit son histoire, toute vie d’homme trouve son prix non calculable, non mesurable dans le commerce gratuit du temps consacré à partager du sens et de l’espoir.
Dire «non», c’est ainsi poser la question de la communauté non pas en termes de pouvoir à prendre ou de pouvoir d’achat, mais en termes de partage et de reconnaissance.
Ce n’est pas une posture nihiliste ni rétrograde, car ce n’est pas au nom du passé que nous nous battons. Nous n’invoquons pas le charme monarchique d’un monde révolu, ni l’effroi du chaos. Non, nous nous battons pour une autre figure de l’avenir.
Cet avenir est à construire.
Par quoi je veux dire que dire «non» à ce traité constitutionnel n’est pas une position négative, mais bien au contraire la posture positive par excellence, affirmative, même, et constructive.
Nous devons travailler pour faire entendre de plus en plus clairement à quoi nous disons «oui».
À la question: «mais que proposez vous à la place du traité?», ne soyons pas embarrassés pour répondre: à la place du traité actuel, nous voulons un texte qui nous fasse une autre place. Et c’est cette place que nous voulons partager pour produire tous ensemble le texte qui construira l’Europe socialement et politiquement, c’est-à-dire une Europe où tous ceux qui n’ont rien à vendre restent notre bien commun le plus précieux


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C completement nul. Aucune proposition, aucun fait concret. Que des alternoiements sur la place de l'argent dans nos sociétés. La gentille cigale et la méchante fourmi, l'ivresse de l'artiste contre le froid destin du Marketer... Caricatural!!!!

La critique est aisée et l'art est difficile. Encore une fois, il n'y a que des mots de la doctrine et des critiques mais rien de concret.
Mais comment pourrait il en etre autrement. Concretement qu'elles sont les acquis sociaux obtenus par ce courant de pensée. Aucun. Pour contrôler un système, il faut être à l'intérieur du système quelque soit le modèle retenu. Pour controler l'Europe il faudra en etre un acteur plein et entier.




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Citation:
Message écrit par Sumatriptan, le 22-04-2005 à 14:43
C completement nul. Aucune proposition, aucun fait concret. Que des alternoiements sur la place de l'argent dans nos sociétés. La gentille cigale et la méchante fourmi, l'ivresse de l'artiste contre le froid destin du Marketer... Caricatural!!!!

C'est justement le coeur du débat à mon avis... Ca change du froid discours économiste.
Citation:
La critique est aisée et l'art est difficile. Encore une fois, il n'y a que des mots de la doctrine et des critiques mais rien de concret.

C'est le propre des utopies.
Citation:
Mais comment pourrait il en etre autrement. Concretement qu'elles sont les acquis sociaux obtenus par ce courant de pensée. Aucun. Pour contrôler un système, il faut être à l'intérieur du système quelque soit le modèle retenu. Pour controler l'Europe il faudra en etre un acteur plein et entier.


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J'illustre le propos. Avec la constitution nous aurons 13% des voix contre 9% actuellement. La Pologne et l'Espagne perdront leur statut de grand si cher à José Maria AZNAR, contre la Constitution. Se mettre hors jeu du système, c'est donné le baton pour se faire battre.
Par contre tu es en droit d'aimer les utopies mais il ne restera que les yeux de chimères pour pleurer.


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@ Servef: la charte n'a pas été intégrée à Nice, dans le projet de TCE, elle est intégrée, ce qui lui permet d'être invoquée devant les tribunaux nationaux et européens, avant, on ne pouvait pas.
Si ce n'est pas un progrès selon toi, très bien, moi je ne vois pas comment ça pourrait être considéré autrement, même si son application est limitée.
Il me semble aussi que une loi s'étend à force de jurisprudences, ses capacités pourront donc se voir étendues selon les interprétations des tribunaux. Avant le TCE, je le répète, on ne pouvait pas l'invoquer devant un tribunal, doc pas d'extension par jurisprudence.
A confirmer par un juriste, peut-être?

Citation:
Message écrit par Servef, le 22-04-2005 à 05:13
Alors, alors...

L'argument des améliorations démocratiques est je trouve, compliqué, car si le parlement gagne certes en pouvoir, dans tous les domaines essentiels, la commission peut voter seule. Comme le remarque le texte de Chouart cela n'est pas clairement écrit dans la constitution, mais il faut prendre les articles de la partie III un par un pour trouver des domaines dans lequel il est stipulé que la commission agit seul.


C'est vrai, et je ne cesse de le dire, le parlement a encore beaucoup à gagner pour les domaines de la concurrence, des dispositions monétaires etc... ou il n'est que simplement consulté.
Tu fais par contre une erreur, c'est le Conseil et non la commision qui vote seul (il s'agit souvent d'ailleurs des domaines ou l'unanimité est nécessaire).

Citation:

Le problème, c'est que pour modifier la constitution il faudra l'unanimité d'abord des dirigeants puis celles des peuples (dans les cas similaires à la France). Un traité me semble autrement plus aisé à modifier, puisqu'il ne nécessite que l'unanimité des dirigeants (la machine à mettre en marche est plus légère). C'est pour moi tout le problème de cette constitution qui inscrit des avancées, des demi-mesures, des compromis mous, dans le granit.
[b]Je préfère un mauvais traité à une constitution médiocre.


Je t'invite à lire le traité de Nice, tu y trouveras exactement le même mode de révision que celui inscrit dans le TCE (sans les procédures simplifiées). On doit toujours avoir, pour un traité, l'unanimité des gouvernements + l'unanimité des peuples (parlement ou référundum).
Je rappelle aussi que les traités en vigueur sont conclus pour une durée illimitée.

Donc j'aimerais comprendre en quoi garder les traités ou les faire passer dans le TCE change quoi que ce soit concrètement, ça je ne l'ai toujours pas compris.
Dire qu'ils n'ont pas à figurer dans une constitution ok, mais qu'ils soient dans la constitution ou dans un traité à coté ne leur donne pas plus de valeur juridique ni ne les rend plus ou moins facilement révisable, non?


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@ mopz: je disais que l'Europe au point ou elle est arrivée empèchera les états de se faire la guerre, à mon avis. Si l'Europe est le facteur de paix depuis 50 ans je ne sais pas, ça sera certainement aux historiens de le dire, mais je pense que tu es un peu trop catégorique en disant que la construction Européenne n'a rien à y voir


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Message écrit par Sumatriptan, le 22-04-2005 à 01:59
Ta réponse illustre à nouveau mon point.

Tout d'abord, en quoi faut il différencier Extreme gauche de l'extreme droite? Ca revient à choisir entre Staline ou Hitler. Franchement je suis perplexe. Donc 30% d'extreme dans le non c'est une réalité que tu éludes.

Bel connaissance de la politique et de l'extrême gauche française en particulier. L'extrême gauche française stalinienne ! Il fallait oser. Bravo. Quant aux 30% que les extrêmes représenteraient, je ne sais pas d'où tu tiens ce pourcentage, mais il ravirait ces partis s'il était exact. À moins que tu n'inclues le PCF et le RPF dans les extrêmes, ce qui serait un contre-sens dans la mesure où ce sont des partis parlementaristes dont les responsables ont déjà participé au gvt de la France.

Citation:
Message écrit par Sumatriptan, le 22-04-2005 à 01:59
En outre, je ne vois pas en quoi l'extreme gauche est europhile??? Ils sont contre l'europe depuis la CECA. C'est un peu facile de se dire aujourd'hui europhile quand systematiquement on vote non à tout.
Des partis pronant la révolution permanente (Trotsky) meme dans leur nom, c'est effectivement très rassurant pour la démocratie.

L'extrême gauche trotskyste, qui est de loin la plus représentative en France, est, par nature, internationaliste. Elle s'oppose à la vision libérale de l"Europe, ce qui est la moindre des choses compte tenu des idées qu'elle défend. Mais manifestement, dire non à l'Europe libérale pour essayer de batir une Europe sociale est un crime de lèse Europe à tes yeux.

Citation:
Message écrit par Sumatriptan, le 22-04-2005 à 01:59
Mais c toujours la meme chose. On reinvente l'histoire. Mais sur les 55 pourcents de non, l y a 30 d'extreme. C une réalité que tu peux nier à loisir mais qui a chaque election est reaffirmer par les electeurs. Qu'il y est 20% d'europhile qui vote non, c'est aussi une réalité mais c'est la minorité du non. Et comme je le disais déjà avant, tu l'éludes en pretextant que l'on mélange.

Toutes les analyses sérieuses des intentions de vote disent aujourd'hui le contraire de ce que tu affirmes, mais c'est tellement plus facile de faire passer les tenants du NON pour des extrêmistes-nationalistes-arrièrés-rétrogrades.... C'est ce qu'on fait les médias et les partisans du Oui depuis le début... avec le résultat que l'on voit.



Citation:
Message écrit par Sumatriptan, le 22-04-2005 à 01:59
Je pourrais en dire autant de toi. Aucune reponse directe sur des questions directes. On noye sous un flot de source. Mais aucune réponse à la réalité.

Pour se faire une idée sur ce point, j'invite les lecteurs à parcourir le sujet et à juger par eux-mêmes.

Citation:
Message écrit par Sumatriptan, le 22-04-2005 à 01:59
Par exemple, entre les traités précédents qui ont une valeur supranationale sit en droit français valeur égale à notre constitution et le livre 3 de la TCE qui reprend ces traités quelle différence.Le conseil constitutionnel n'a jamais donné priorité entre les traités européens et la constitution. En droit juridique, ils ont même valeur. Dire que l'on constitutionnalise ces principes par ce Traité, c'est mal connaitre le droit. Ces principes ont déjà cette valeur et ont été adopté soit par referendum (maastricht) soit par congrès des 2 chambres. Le TCE d'un point de vue juridique est un traité supranational et aura la même valeur que notre constitution. Où est le changement?

Un exemple :
le traité de l'AGCS prévoit une libéralisation des services publics mais laisse chaque état libre des modes d'applications. La pseudo-constitution, en libéralisant tous les services dans le marché intérieur, privera les Etats de l’Union de la possibilité d'utiliser la disposition de l’AGCS qui leur laisse la maîtrise du choix des services auxquels ils décident d’appliquer cet accord.

Un autre exemple.
Citation:
ARTICLE II-70 :
Liberté de pensée, de conscience et de religion
1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accompagnement des rites.

Non seulement cet article II-70 de la constitution remet en cause le principe fondamental de laïcité, stricte séparation de la sphère privée et de la sphère publique, mais il annule purement et simplement la dernière loi sur les signes religieux “ostentatoires” à l’ école.



Citation:
Message écrit par Sumatriptan, le 22-04-2005 à 01:59
De meme, si le non passe. Avec qui on négocie? Les 10 nouveaux? ils sont tous de droite libérale et absent de la convention des 15. Qui peut faire croire qe l'on aura mieux? Là aussi, aucune réponse satisfaisante.

Jeannot12 a déjà évoqué 4 suites éventuelles à la victoire du NON. Pas de grand drame en vue apparemment. Quant à ta résignation et tes craintes, venant de quelqu'un qui reproche aux partisans du NON de jouer sur la peur, c'est surprenant.

Citation:
Message écrit par Sumatriptan, le 22-04-2005 à 01:59
Prend la constitution française, ces principes ne sont pas en principe contraignant. Et pourtant, combien de fois la France a été condamné auparavant pour torture par la CEDH. Comment peux tu dire que ce ne sont que des mots quand des décisions de justice si attache. Encore une fois tu donne de la valeur à l'économie de marché mais aucune à la charte alors qu'il existe 2 cours de justice indépendantes qui condamneront chaque état qui ne s'y soumettrait pas. De facto ces principes sont aussi contraignant (et le sont déjà) que l'article que tu cites.

Toi, tu fais confiance aux intentions. Moi, je lis ce qui a été écrit. Je constate que lorsqu'il s'agit de protéger les transferts de capitaux, le texte INTERDIT aux états de s'y opposer, mais qu'il n'utilise aucun mot contraignant pour les libertés fondamentales. Pourquoi ne pas avoir été aussi clair dans un cas que dans l'autre ?


Citation:
Message écrit par Sumatriptan, le 22-04-2005 à 01:59
Tu n'as rien montré du tout. Notre constitution consacre les services publics dans la partie organisation. Ce principe est intervenu par les principes fondamentaux en droit. Il y a d'autres principes sociaux ainsi ajouté à notre constitution par nos traditions. Ce sont les principes fondamentaux du droit erigés en principes constitutionnels par le conseil constit.
En quoi cette consécration est différente des services d'interet economique.

C'est faux. Tu as déjà évoqué ce point et je t'ai déjà répondu :
Citation:

Citation:
Message écrit par Sumatriptan, le 18-04-2005 à 20:43

On est dans le meme schéma de grogne sociale et non de débat sur la constitution.
Qui a lu la constitution française à part le préambule des droits de l'homme?
La Constitution française ne parle pas d'économie de marché certes. Mais elle consacre les service publics, elle assure à tous le droit à la santé, le droit à la propriété et d'autres... Il y a des valeurs sociales forte.

En es-tu certain ? La Constitution française ne consacre qu'une chose : la Loi votée par un parlement élu, pas une politique économique prédéfinie et inamovible :
Citation:
Article 34 :

La loi est votée par le Parlement.

La loi fixe les règles concernant :

les droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l'exercice des libertés publiques ; les sujétions imposées par la Défense Nationale aux citoyens en leur personne et en leurs biens ;
la nationalité, l'état et la capacité des personnes, les régimes matrimoniaux, les successions et libéralités ;
la détermination des crimes et délits ainsi que les peines qui leur sont applicables ; la procédure pénale ; l'amnistie ; la création de nouveaux ordres de juridiction et le statut des magistrats ;
l'assiette, le taux et les modalités de recouvrement des impositions de toutes natures ; le régime d'émission de la monnaie.
La loi fixe également les règles concernant :

le régime électoral des assemblées parlementaires et des assemblées locales ;
la création de catégories d'établissements publics ;
les garanties fondamentales accordées aux fonctionnaires civils et militaires de l'Etat ;
les nationalisations d'entreprises et les transferts de propriété d'entreprises du secteur public au secteur privé.
La loi détermine les principes fondamentaux :

de l'organisation générale de la Défense Nationale ;
de la libre administration des collectivités territoriales, de leurs compétences et de leurs ressources ;
de l'enseignement ;
de la préservation de l'environnement ;
du régime de la propriété, des droits réels et des obligations civiles et commerciales ;
du droit du travail, du droit syndical et de la sécurité sociale.
Les lois de finances déterminent les ressources et les charges de l'Etat dans les conditions et sous les réserves prévues par une loi organique.

Les lois de financement de la sécurité sociale déterminent les conditions générales de son équilibre financier et, compte tenu de leurs prévisions de recettes, fixent ses objectifs de dépenses, dans les conditions et sous les réserves prévues par une loi organique.

Des lois de programmes déterminent les objectifs de l'action économique et sociale de l'Etat.

Les dispositions du présent article pourront être précisées et complétées par une loi organique.




Citation:
Message écrit par Sumatriptan, le 22-04-2005 à 01:59
Mon principal reproche est l'utilisation de la peur car le principe est là. On surfe sur la peur de, je cite:
-perte et cancer de la democratie,
- de tyrannie
- de constitution ultralibéral
- de danger

Bref. L'argumentation est en mode panique. C'est dommage. Pour ma part, j'attendais du non un vrai débat sur la place de l'Europe. Pas le declenchement de peur iraisonnée.

C'est l'hôpital qui se fout de la charité ! Tous ceux qui suivent ce débat et qui lisent, écoutent ou regardent les différents médias peuvent facilement voir quel camp joue sur la peur, quel camp prévoit des catastrophes : une France isolée, affaiblie, une France "mouton noir", une Europe disloquée, etc.


__________________
Je définis la cour un pays où les gens
Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents,
Sont ce qu'il plaît au Prince, ou s'ils ne peuvent l'être,
Tâchent au moins de le paraître,
Peuple caméléon, peuple singe du maître,
On dirait qu'un esprit anime mille corps ;
C'est bien là que les gens sont de simples ressorts.


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Citation:
Message écrit par jeannot12, le 22-04-2005 à 14:44
@ mopz: je disais que l'Europe au point ou elle est arrivée empèchera les états de se faire la guerre, à mon avis. Si l'Europe est le facteur de paix depuis 50 ans je ne sais pas, ça sera certainement aux historiens de le dire, mais je pense que tu es un peu trop catégorique en disant que la construction Européenne n'a rien à y voir

Et bien, il y a une façon simple de se poser la question. Peux-tu me citer un exemple, dans le monde, au cours de ces 70 ou 80 dernières années, de guerre ayant opposée deux démocraties ?


__________________
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