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gortogg |
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Je viens un poil rajouter mon grain de sel, étant modérément informé (copine qui a bossé pour le labo de la sécurité routière pour son DEA).
La vitesse n'est pas accidentogène: c'est verrifié de très nombreuses fois, elle ne créé pas d'accident. Par contre, les accidents, plus on va vite, plus ça fait mal, et plus ça touche de gens:
- accrochage sur autoroute: 30 km/h de différence entre les deux voitures = une file touchée = possible carambolage mais peu de véhicules impliqués,
- à 60 km/h de différence, différence de quantité de mouvement double = 2/3 files bouchées = gros carambolage possible.
Autre fait interressant: pays où conduire est le plus sûr en Europe: Allemagne,
pays où les autoroutes sont les plus mortelles: Allemagne...
Je vais encore rappeler ici que dans tous les cas, la comparaison de nos chiffres de sécurité routière avec ceux des autres pays d'Europe est un non-sens: nous ne comptons pas pareil.
En France, tous séquelles ou morts apparaissant avant 7 jours après l'accident est considéré comme étant causé par l'accident, dans le reste de l'Europe, cette limite de temps est fixée à 30 jours... cela en dit long sur la sécurité de nos routes.
Le débat sur la vitesse est de bon ton au ministère des transports depuis pas mal de temps. Toutefois, les principales causes de décès sur route sont les poids lourds, en particulier l'encastrement sous l'essieu arrière lors de carambolages (qui décapite net le conducteur de la voiture). Cela est évité, en Allemagne par exemple par l'obligation de disposer à l'arrière de chaque poids lourd une barre anti-encastrement, proposition lourdement refusé par les lobbys des transporteurs en France.
Pour terminer sur la vitesse, sachant qu'une limitation de vitesse n'a de sens qu'en foncton de très nombreux paramètres, la politique actuelle est la suivante: on y touche pas, on ne saurait pas quoi mettre de non-arbitraire à la place. Le seul moyen que le ministère ait pour se dédoiner de ce genre d'emmerdes, ce serait de refiler le bébé à des organismes indépendants.
Aujourd'hui, les seuls organismes indépendants en France sont les associations de victimes, les associations d'assurances (dont "la prévention routière") et les constructeurs.
Les associations de victimes ne sont pas crédibles pour modifier la législation routière. Au mieux, ils peuvent influencer, via les media, l'opinion publique, mais leur seul et unique objectif a été un temps de criminaliser le statut du conducteur (il est à noter d'ailleurs que la principale association de victimes, à savoir la fondation "Anne Cellier" a été dissoute dès que la loi établissant un statut possible de criminel aux conducteurs fut votée).
Les associations d'assurances étant particulièrement liées à des entreprises et donc des capitaux privés ne peuvent pas être qualifiées d'organismes indépendants, idem pour les constructeurs.
Pour résumer, tout le monde, même au ministère, aimerait que cela change, mais, soit on se heurte à des lobby trop puissants (transporteurs, constructeurs automobiles, assurances...), soit on ne sait pas quoi faire... changer ces limitations de vitesse arbitraires oui, mais pour quoi d'autre, quelle limitation n'est pas arbitraire, quelle limitation est absolue et indéniable?
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"Si tu peux te quoter toi même, t'es trop fort" Gortogg
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