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Sarkozy a cent jours pour gagner le pari de sa vie
Intronisé ce week-end candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy entame la dernière ligne droite.Toute la vie de ce fils d'émigré hongrois, depuis trente ans, est tournée vers l'Elysée.Les points forts de ce parcours et les points faibles du champion de la droite
«JE NE SUIS PAS excité, pourquoi je serais excité ? » Hier, place Beauvau, à l'issue de la présentation de son dernier bilan en tant que ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy ne veut surtout pas montrer son impatience. Pas question de céder à l'agitation. Au contraire.
Depuis quelques semaines, alors que le dernier carré des villepinistes, Premier ministre en tête, met le feu à la majorité et que le chef de l'Etat ne rate pas une occasion de lui faire des mises en garde, Sarkozy joue - un rôle de composition ? - les pacificateurs et les rassembleurs. Personne ne doit gâcher « son » sacre de dimanche, porte de Versailles à Paris . Pourtant, il bouillonne. Dans quarante-huit heures, lors du congrès d'investiture de l'UMP, 50 000 militants acclameront leur champion. Un plébiscite annoncé. N'est-il pas le seul en lice ? Personne dans son camp, à l'exception de la timide tentative rapidement avortée de Michèle Alliot-Marie, n'a osé l'affronter au sein du rouleau compresseur de l'UMP, le parti qu'il a ravi en 2004 au nez et à la barbe de Jacques Chirac. Aujourd'hui, le ministre-candidat savoure son triomphe. Pour ce fils d'émigré hongrois, c'est l'aboutissement de trente ans de combats politiques, de fidélités successives et de trahisons. Gaulliste, chiraquien, balladurien, Sarkozy est avant tout... sarkozyste. Et qu'importent les dégâts pour les autres et parfois pour lui ! « J'ai des cicatrices », aime-t-il répéter. Il est animé par une boulimie de conquête du pouvoir au service d'une seule ambition : être le premier. Comme s'il avait une revanche à prendre sur la vie. « La présidentielle, je n'y pense pas seulement en me rasant », avait-il lancé. Le voilà en route pour l'Elysée. Le plus dur reste à faire maintenant.
Discours musclés
Même bien placé dans les sondages, le candidat accumule quelques handicaps. Certains milieux lui sont carrément hostiles. Il rame notamment auprès des jeunes. De vilaines plaies, en banlieue, cicatrisent mal. Les épisodes du « Kärcher », de la « racaille », et sa crispation contre les étrangers, ne sont pas oubliés. La plupart des sportifs et des intellectuels sont loin d'être acquis à sa cause. Les champions les plus populaires le détestent. Noah ne veut pas lui parler, Thuram, Gallas ou Anelka l'ont égratigné. De son côté, l'équipe de Sarkozy tente de gommer ces faiblesses. Le ministre de l'Intérieur s'affiche avec des peoples (Johnny, Doc Gynéco ou Pascal Sevran) et multiplie les opérations séduction... Persuadé que son bilan dans la lutte contre la délinquance fera pencher la balance dans son sens. Pas sûr. Car Sarkozy, c'est aussi vingt ans à la mairie de Neuilly où les logements sociaux ne dépassent pas 3 %. A l'heure où le logement reste l'une des principales préoccupations des Français... Enfin, son passage place Beauvau demeure controversé. Derrière les statistiques et les promesses, les résultats sont mitigés. Il y a eu des ratés. Bien sûr, la plupart des 150 000 policiers de France l'adorent, même si aujourd'hui certains dénoncent sa culture du chiffre et ses discours musclés en banlieue. Preuve de ce début de grogne, les dernières élections professionnelles dans la police : les syndicats classés à gauche ont gagné du terrain. Un mauvais présage ? |
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