|
mopz02 |
 |
Expert 
Déconnecté
Niveau : 3 N° de Membre :
8147
Ancienneté : 97%
Participation : 4%
Inscription: 15 Jan 2003
Localisation:
Messages: 2805
Sujets Lancés : 205
|
newazimuth :
Bien malin qui peut dire aujourd'hui à quoi ressemblera l'économie mondiale dans 30 ans.
Quand on regarde les prédictions des gouroux économistes des années 70, il y a de quoi rigoler.
L'économie n'est pas une science et encore moins une science exacte.
Laisser diriger le monde par des gens qui se plantent régulièrement dans leurs prédictions ce n'est vraiment pas ce qu'il y a de plus subtil.
Dis toi bien que derrière les économistes qui nous expliquent à longueur de journée que nous devons accepter de nous coucher pour survivre, pour nous "adapter" aux réalités, il y a une volonté politique. Les "think tank" néolibéraux qui cherchent à imposer un modèle économique ultralibéral et un modèle social moins-disant ne sont pas de grands savants qui essayent de nous éviter une catastrophe mais des gens qui ont une volonté politique. Il suffit de voir avec quels partis ils sont liés dans le monde pour se faire une idée de leur engagement politique.
Il est faux d'affirmer que la politique ne peut rien. Le gouvernement états-uniens le montre tous les jours quand ils subventionne directement ou indirectement des pans entiers de son économie, quand il crée des barrières douanières au gré de ses besoins, quand il impose des politiques libre-échangistes où et quand ça l'arrange au monde entier....
Le fatalisme que je ressens dans tes propos est sans doute bien plus dommageable à notre avenir que la lutte de ceux qui pensent qu'il y a une autre voie.
L'histoire nous apprend que depuis 150 ans les dirigeants économiques ont toujours refusé le progrès social au nom de la compétition, de la concurrence. Ele nous montre aussi que tout ce qui a été gagné l'a été par la lutte et que loin d'avoir affaibli l'économie mondiale, ces victoires sociales l'ont dynamisée. En 1936, le patronat français disait déjà que les congés payés signaient l'arrêt de mort de l'économie. On a vu ce qu'il en était. Plus récemment, les mêmes ont incriminé les 35 heures. Une récente étude de l'INSEE vient de montrer que si le résultat n'était pas à la hauteur de celui escompté, il était quand même plutôt positif.
Il serait très facile d'obliger les pays émergents à accepter un minimum de règles sociales et de respect des droits de l'homme. On leur imose à travers divers organismes internationaux (FMI, etc.) des contraintes tout aussi difficiles à respecter. Le seul frein est la résistance des multinationales qui y perdraient quelques sous. Cette résistance ne serait rien sans le soutien qu'apportent à ces multinationales certains partis politiques par idéologie ou par intérêt.
Ce n'est pas la dérèglementation, la casse sociale, la toute puissance laissée aux multinationales et à leurs organismes financiers qui sortira le tiers monde de sa misère. Bien au contraire. Partout ou le FMI passe et impose sa vision néolibérale, les économies sont détruites, les services publics (même bégayants) disparaissent, la misère augmente. Les exemples ne manquent pas.
Ce n'est pas en se couchant et en acceptant de revenir aux conditions de travail du 19ème siècle que l'on fera avancer le monde. Ni celui du Sud, ni celui du Nord.
__________________
Je définis la cour un pays où les gens
Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents,
Sont ce qu'il plaît au Prince, ou s'ils ne peuvent l'être,
Tâchent au moins de le paraître,
Peuple caméléon, peuple singe du maître,
On dirait qu'un esprit anime mille corps ;
C'est bien là que les gens sont de simples ressorts.
Signaler ce message à un modérateur | IP: Logguée Temps en ligne : 16 Jours, 5 Heures, 3 Minutes, 19 Secondes en ligne
|