|
gortogg |
 |
Confirmé 
Déconnecté
Niveau : 3 N° de Membre :
6145
Ancienneté : 98%
Participation : 2%
Inscription: 16 Nov 2002
Localisation: Freux ou Bominable, ça dépend des jours
Age: 45
Messages: 1321
Sujets Lancés : 38
|
C'est parti pour le projet éducatif...
[EDUCATION]
- Le devoir de réussite
Citation:
Palabres
Le président de l’UMP a rappelé que « nous ne cessons de cacher notre immobilisme en chargeant l’école de régler à notre place tous les maux de la société, sans jamais vraiment lui dire, au fond, ce qu’on attend d’elle, ni remplir à son égard les devoirs qu’on lui doit ».
Les mesures proposées répondent à cette exigence du devoir de réussite, c’est à dire « l’obligation pour l’école de permettre à chaque enfant de réussir ».
|
Il ne s'agit pas ici de propositions, mais bel et bien de palabres. "Il faut que l'école permette à chaque enfant de réussir"... c'est bien... mais il reste trois questions monstrueusement importantes: ça veut dire quoi "obligation"? ça veut dire quoi "chaque enfant"? ça veut dire quoi "réussir"? je vais revenir sur chacun de ces points dans la critique qui vient.
- L’école face à deux défis
Citation:
Faux constat
Parmi les principaux défis qu’elle doit relever, l’école est confrontée à « l’entrée dans la société de la connaissance ».
Rappelons quelques chiffres :
- 160 000 élèves sortent aujourd’hui chaque année de l’école sans diplôme.
- 50% des étudiants à l’université ne franchissent pas le cap du premier diplôme universitaire.
- 38% des jeunes d’une classe d’âge accèdent aux formations longues de l’enseignement supérieur – universités et grandes écoles – contre 75% dans les pays nordiques ou 65% aux Etats-Unis.
|
L'entrée dans la société de la connaissance... Tout d'abord, i lest aussi souhaitable de rapeller que les élèves qui sortent sans diplômes de l'école sortent aussi souvent sans savoirs-faire, et n'ont donc que très peu de chances d'entrer par la suite dans le monde du travail. Sans vouloir vexer les têtes de piaf qui ont écrit ces lignes, je tiens juste à rapeller qu'il n'existe aucun financement (ou presque) pour le supérieur, et que la totale liberté laissée à des jeunes de 15 ans dans le choix de leur parcours n'est peut-être pas étrangère à ces chiffres.
Le problème auquel on se heurte ici, est l'inadéquation totale entre l'école et le monde du travail et le supérieur. Il n'y a pas d'emploi pour 5000 docteurs en psycho, il n'y a pas d'emploi pour des titulaires de maîtrise d'histoire... Aujourd'hui, à l'exception des filières techniques, il n'y a pas d'emploi à la sortie des études (je considère que les anciens DESS font partie des filières techniques puisqu'ils contiennent une partie "entreprise").
Pour toutes les facs, les diplomes qu'elles offrent sont des diplomes disciplinaires (histoire, géographie, lettres, psycho etc...) elles ne sanctionnent justement qu'un niveau de connaissance. Ce dont les entreprises n'ont strictement rien à foutre... Non seulement 160000 jeunes sortent sans diplome, non seulement seuls 38% arrivent dans le supérieur, mais en plus, au moins 30% de ces 38% ne trouvera pas de boulot en rapport avec sa formation.... Bref on gave des gamins de savoirs qui leurs plaisent (ce sont eux qui choisissent), pour qu'ils ne s'en servent pas au final... Il y a un problème....
Citation:
Faux constat
Le second défi pour l’école est celui de l’égalité des chances. « On ne peut pas continuer à parler sans cesse de l’école comme le pilier de l’égalité des chances, sans avoir jamais le courage de dire que la principale insuffisance de l’école aujourd’hui, est qu’elle ne réduit pas les inégalités sociales » a affirmé Nicolas Sarkozy. Il a ainsi souligné « que la manière dont on a parfois réduit les exigences attendues des élèves crée de l’inégalité sociale ». « C’est une erreur majeure de penser qu’il faut être moins exigeant avec les élèves » les moins favorisés a-t-il déclaré.
|
L'école d'aujourd'hui ne réduit pas l'inégalité sociale en effet, mais cela n'est en rien dû à la baisse des exigences.... Elle ne réduit pas l'inégalité sociale car il n'existe pas de mixité sociale dans l'école. Il n'existe pas de mixité sociale car il n'existe pas de mixité sociale dans les villes (quartiers riches/pauvres). Comme il n'existe pas de mixité sociale dans les villes, la carte scolaire ne peut fonctionner. Aujourd'hui, l'absence de mixité sociale à tous les niveaux crée un système scolaire à deux vitesses: les lycées de "riches" et les lycées de "pauvres". Etrangement, un bac d'un lycée de riche vaudra 10 fois plus qu'un bac d'un lycée de pauvres, et pour cause, les lycées de riches disposent de moyens titanesques par rapport aux lycées pauvres. Mais ce n'est pas tout, le lycées pauvres manqueront de matériel, on y enverra les incompétents (ceux toujours absents etc.) et on y affectera les plus mauvaises administrations...
Bref, aujourd'hui, pour réparer le problème d'égalité des chances à l'école il faudrait réparer le problème d'égalité sociale en France... qu'est-ce que ça a changé de filer le bac à n'importe qui? la seule chose, c'est que ce n'est plus le diplôme qui sélectionne, mais bien l'adresse, c'est à dire le compte en banque de papa/maman. Avant, grâce au compte en banque de papa/maman, le même fils à papa aurait eu son bac (qui vallait quelque chose à l'époque) à grand coup de cours particuliers, écoles privées et autres boites à bacs...
Tout ça pour dire, la baisse des exigences n'est pour rien au phénomène... la discrimination sociale en fonction du revenu ou de l'origine (cela reste malheureusement souvent lié) des parents est la principale fautive...
Voila la vraie réussite pour l'UMP: avoir un diplome supérieur.... qui ne mène à rien...
- Changer l’école est possible
Citation:
Pour relever ces défis, le Président de l’UMP propose des changements dans plusieurs domaines :
- le sport à l’école, notamment parce qu’il « développe des qualités humaines qui sont essentielles à la vie en société et dans le monde du travail : le charisme, l’esprit d’équipe, le sens des autres ».
- l’accueil des enfants handicapés : 50% d’entre eux ne sont pas scolarisés dans le système ordinaire, contrairement à ce que prévoit la loi de 1975. Et entre 15 et 20 000 enfants handicapés n’ont pas d’école.
- les langues étrangères : « c’est au CP qu’il faut commencer à enseigner la première langue vivante ». Notre objectif doit être que tous nos enfants soient bilingues.
- la sécurité dans les établissements qui doivent redevenir des « espaces préservés contre la violence ». « Chaque enfant qui pose des problèmes de comportement doit recevoir une réponse adaptée, qui dépend bien sûr de la nature de ses difficultés : cela va de l’aide à la parentalité à la sanction d’exclusion, en passant par la mise sous tutelle des allocations familiales, un meilleur suivi la famille dans le cadre du secret partagé, le repérage d’éventuelles violences intrafamiliales, ou encore une classe relais… ».
|
Le sport à l'école, voila la solution... en fait, ce n'est plus un cours de sport, mais bien un cour de savoir-être/vivre, que l'on pourrait coupler avec l'instruction civique et la philo.... le charisme, l'esprit d'équipe, le sens des autres, tout cela s'acquiert en s'ouvrant aux autres, pas en faisant du squash dans le gymnase d'Henri IV, et du foot sur le terrain goudronné du Val Fourré.
Ça c'est la réussite de chaque enfant, faire du sport en ne fréquentant que des personnes qui sont proches de lui...
L'acceuil des enfants handicapés... c'est une bonne idée sur le papier, mais comme aucun moyen supplémentaire n'est alloué pour ces enfants, l'école n'est physiquement pas capable de les accueillir (modulo d'énormes travaux et une formation des enseignants à la gestion des handicapés)). Qui plus est, en favorisant l'absence de mixité sociale dans les lycées, on expose les enfants handicapés à une marginalisation grandissante, où qu'ils aillent, marginalisation renforcée par l'inadaptation des structures (désolé gamin, tu ne vas pas en français, il n'y a pas d'ascensceur).
Ça c'est la réussite de chaque enfant, sauf les handicapés, eux ce sera pour quand on aura fait les travaux et formé les enseignants à gérer les handicapés mentaux...
Les langues étrangères, c'est une bonne idée... et si on commençait par le français... Aujourd'hui les enfants disposent de tellement peu de vocabulaire qu'ils ont des troubles du comportement en conséquence. Le cas fréquent que je rencontre quotidiennement est le suivant: impossible d'exprimer la colère, l'angoisse, ou la fatigue avec des mots, résultat, ces gamins sont violents, ont des ulcères, ou font des tentatives de suicide... ils ne disposent même pas des mots pour décrire leurs sentiments, ils sont donc incapables de gérer leur comportement...
Cela dit apprendre une langue étrangère jeune est une vraie bonne idée, mais qui n'est pas réalisable sans créer de très nombreux postes de prof de langue... Reste encore le problème du choix de la langue... comment choisir, comment se plier au choix des parents si ils décident que leur enfant doit parler chinois au CP...
Une fois encore, la réussite de chacun passe par l'uniformisation de tous, et ceux qui n'y arrivent pas? et ceux qui ont déjà des lacunes? eux, ils ne comptent pas...
La sécurité dans les établissements est encore une jolie proposition... la réponse adaptée aux actes de violence de chaque enfant est un gentil voeu... Le seul problème, c'est que personne ne dispose des moyens pour mettre en place de telles classes. Encore un exemple... dans une de mes classes, il y a un enfant sociopathe (un vrai), cet enfant a été mis à l'ecole contre l'avis de l'école grâce à un recours de ses parents. Il a failli étrangler un de ses camarades de classe avec son écharpe... Cela fait maintenant 6 mois que l'ensemble de l'équipe pédagogique veut l'envoyer en classe "répit". On se heurte au refus des parents... et pour cause, une classe "répit" c'est une sorte de classe avec 5 élèves dangereux que l'on met ensemble et que l'on occupe jusqu'à la fin de la journée... ils n'apprennent pas grand chose, mais ça évite qu'ils se blessent ou ne blessent quelqu'un. La seule solution pour ce gamin là serait un internat (éloignement de la famille) avec un précepteur qui s'occuperait de lui... à la place, on le met avec 6 autres fous dangereux et on attend qu'il ait 18 ans et que ses parents n'aient plus de droits sur lui... voila LA solution que propose d'étendre M. Sarko.... quelle bonne idée au moins, ce fou dangereux ne pourrait faire de mal qu'à un autre fou dangereux... et à ses enseignants!
Une fois encore, la réussite de tous impose le sacrifice de certains... avant, on sacrifiait les handicapés, maintenant on va réintroduire les handicapés et enterrer les violents...Il y aurait des moyens de s'occuper de chacun, mais on ne peut pas les financer... Et dans 15 ans, on se demandera quoi faire de ces gamis violents oubliés par le système qui se retrouveront tous en taule pour meurtre, et on accusera encore l'école de n'avoir pas su les gérer... on inventera alors un nouveau bouc émissaire (les timides par exemple) que l'on sacrifiera etc...
- De nouvelles mesures pour l’éducation prioritaire
Citation:
Le président de l’UMP a réaffirmé « l’échec de la politique des ZEP » , rappelant qu’il ne s’agissait pas d’une question de moyens, mais de rendre le système plus juste. Or les ZEP « accroissent les inégalités sociales au lieu de les réduire », parce qu’ « elles concentrent dans les mêmes établissements les enfants les plus défavorisés et les enseignants les plus jeunes et les moins expérimentés, alors qu’il faudrait au contraire disperser les uns comme les autres ».
|
Les ZEP n'accroissent pas l'inégalité sociale, puisqu'on ne regroupe personne dans une même école. On est pas envoyé en ZEP quand on est violent ou pauvre... on s'y trouve puisque c'est comme cela que sont créées les ZEP... Il ne s'agit effectivement pas d'une question de moyens de l'école, il s'agit d'une question de moyens des parents, et de qualité de l'enseignement. Aujourd'hui, un établissement en ZEP dispose de moyens financiers importants... il dispose aussi de nombreux enseignants néo-titulaires (n'ayant aucune expérience) et d'administrations complaisantes (comprendre qui ne s'intéressent à rien d'autre qu'au financier)... Ce n'est évidemment pas toujours le cas, par contre, c'est toujours le cas lorsque l'on trouve une ZEP ayant "échoué" (il existe de nombreuses ZEP ayant réussi). Aujourd'hui, un jeune enseignant, s'il a le choix entre une ZEP et une bordure de ZEP (à peu près seul choix de tout enseignant en début de carrière), il choisira la ZEP pour les moyens... la bordure de ZEP concentrant les mêmes élèves, mais sans les moyens...
Ce n'est pas la classification ZEP qui accroit les inégalités sociales, mais bel et bien l'absence de mixité sociale et pédagogique dans ces établissements... Effectivement, il faudrait peut-être "disperser les uns comme les autres", mais il faudrait aussi en faire autant avec les "bons élèves"... le problème, c'est que les parents des bons élèves ont souvent les moyens d'envoyer leur enfant ailleurs (école privée par exemple...).
Quant aux jeunes enseignants, qui va-t-on mettre à leur place? Il y a eu un test pour n'envoyer que des volontaires dans des lycées de type ZEP, mais l'essai n'a pas été concluant: trop peu de volontaires... Il faudrait donc y muter de force des enseignants expérimentés... ça laisse supposer une belle réussite au niveau de l'implication dans le travail de ces enseignants...
Citation:
Pour répondre au devoir de réussir, la première condition est de permettre à chaque élève d’ « acquérir à l’école un socle de connaissances et de compétences fondamentales ». Ceci implique des programmes adaptés dès la petite enfance, puis des mesures de soutien au primaire et des parcours individualisés au collège. Les études encadrées le soir ou encore les « internats de la réussite » sont parmi les mesures qui créent les conditions de la réussite.
|
Alors sans être méchant... ça c'est du délire.
Programme adaptés dès la petite enfance... c'est pas déjà le cas? si non, qu'est-ce qu'ils attendent? Soutien au primaire, parcours individualisé en collège... oui, mais par qui, et financé comment? Etudes encadrées... idem, par qui et comment? Internats de la réussite, ça c'est comme une ZEP, sauf que les gamins vivent au lycée... moi qui croyait qu'il fallait les disperser ces jeunes.... En plus ça ressemble sévèrement à une prison pour mineurs... qui s'en occupe? comment est-ce financé?
Citation:
La deuxième condition consiste à mieux « aider les enfants à choisir leur avenir » . Le système d’orientation et l’information dispensée sur les métiers et les filières doivent être repensés. Et au-delà de ces réformes, il s’agit de « rechercher l’égalité des ambitions ». Car trop souvent, les enfants des familles défavorisées ne sont pas poussés dans leurs études. « C’est à l’école d’avoir de l’ambition pour eux » . D’où l’obligation faite aux établissements scolaires « de présenter les dossiers de leurs meilleurs élèves en classes préparatoires et que les classes préparatoires soient obligées de réserver des places pour ces élèves ».
|
Repenser le système d'orientation, ça fait 20 ans qu'il faut le faire... le problème c'est qu'à 15 ans, souvent, on ne sait pas quoi faire de son avenir, et on sait encore moins quel métier on veut faire.... L' école doit avoir de l'ambition pour ses élèves... pourquoi pas, après tout, ni les élèves, ni leur famille n'ont trop d'ambition, si l'école en a pour eux, cela ne présage que de la réussite Si il y a des places réservées en classes prépas pour les "pauvres", ce sera au concours qu'ils se feront rétamer, puisqu'ils ne seront pas motivés par la formation... Qui plus est, c'est discriminer ceux qui pourraient réussir en prépa et qui n'ont pas la "chance" d'être pauvres... C'est aussi discriminer "les pauvres"... et si cette année là, 15 élèves de la classe pouvaient aller en prépa, pourquoi n'y en a-t-il que 2 qui y occupent une place?
C'est ça l'idée révolutionnaire? créer des ghettos éducatifs pour leur réserver des places dans le supérieur? Tout en gardant le système du supérieur en place malgré ses innombrables travers (et son crucial manque de moyens).
- Les enseignants, clé de la réussite
Citation:
L’UMP propose plusieurs mesures pour revaloriser le métier d’enseignant :
- Changer la formation des enseignants au profit « d’une formation sur cinq ans, reconnue par un diplôme de niveau master, qui concilie une parfaite maîtrise de la discipline et une formation pédagogique pragmatique, le tout étant enseigné simultanément ». Par la suite, l’institution doit être en mesure d’assurer les remplacements des enseignements pour leur permettre de suivre des stages de formation continue.
|
La création de ce type de formation va complêtement détruire de nombreuse filières universitaires, mais aussi limiter le choix des étudiants, tu choisis d'être prof juste après le bac... super pratique. Qui plus est, cela fonctionnerait peut-être dans les disciplines générales, mais jamais dans les disciplines techniques (génie civil pour ma part) où la quantité de savoirs nécessaires pour former les jeunes à leur diplome est conséquente...
De plus, la formation pédagogique des enseignants est aujourd'hui carrément à revoir, elle est dispensée dans près de la moitié des cas par des incompétents tels, que l'état décide qu'ils n'auront plus d'élèves... et les mute à la formation des enseignants... (dans certains cas, les formateurs sont très efficaces et valables hein...).
Dans tous les cas, cela exige la création de dizaines de milliers de postes de prof, que ce soit pour remplacer, ou pour enseigner aux futurs profs...
Citation:
- Valoriser les enseignants qui exercent leurs métiers dans les conditions les plus difficiles, « ceux qui s’investissent dans le projet d’établissement ou qui acceptent de rester en salle des professeurs pour être à la disposition individuelle des élèves et des familles ».
« Il faut aussi donner la possibilité à des enseignants expérimentés – contre allègement de service ou rémunération – de devenir des enseignants référents » pour les enseignants débutant leur carrière.
|
Ça veut dire quoi valoriser? Tout cela existe déjà, simplement aujourd'hui, les enseignants le font gratuitement... donc on serait valorisés pour bien faire notre boulot... et si à la place on nous augmentait nos salaires, et si on nous filait un lieu de travail et pas seulement d'exercice, et si on nous payait nos formations, et si on nous remboursait nos déplacements, et si....
Bref, c'est du vent, soit cela existe déjà et c'est fait gratuitement (et c'est grave parce que les profs sont payés une misère pour faire parfois 60 heures de taf par semaine), soit cela n'existe pas, et "valoriser" ceux qui le font ne veut rien dire... (on va faire faire une statue de tous les bons profs?)...
Citation:
- Améliorer et différencier la rémunération des enseignants. L’UMP propose par exemple de mieux rémunérer les enseignants volontaires pour travailler plus, pour prendre en charge des études du soir encadrées, etc.
|
Super idée... on va payer plus ceux qui bossent plus, en échange de quoi, on ne va augmenter le salaire de personne! Prenons un exemple que je connais bien: le mien. Je reste au lycée environ 40 heures par semaine, justement pour être dispo pour les familles/gamins, on rajoute 4 heures de plus les semaines de conseil de classe... Je ne peux pas travailler au lycée, je n'ai pas d'ordinateur, et le lycée ne dispose pas des fonds me permettant de préparer mes cours (normes, livres de référence etc...). L'UMP me propose tout simplement de ne m'augmenter qu'à la condition que j'aide des gamins à faire leurs exos de maths de 18h à 19h parce que leurs parents sont trop cons, trop peu impliqués, ou trop absents pour les aider? Là je crois que je vais gentiment me foutre en grève ou prendre quelques gamins en otage...
En fait, la réussite d'un gamin à l'école, pour l'UMP, ne peut se faire qu'à l'intérieur de l'école... en fait non, c'est surtout chez lui qu'un gamin va progresser... Il n'a qu'à rester plus à l'école comme ça, ça fait déjà ça de moins que ses parents ont à faire... Tant qu'à faire, on devrait enlever tous les enfants à leurs parents et les mettre tous en internat dès leur plus jeune âge, puisque les parents sont incompétents et les élèves oisifs... (voir les écrits de Platon)... N'importe quoi. Au lieu d'aider les parents en difficulté, et de fournir au gamin chez lui une aide aux devoirs qui pourrait bénéficier à la famille, on intervient surtout pas et on oblige le gamin à bosser dans l'école... avec ses profs...
- Pour la liberté pédagogique des enseignants
Citation:
Appliquer le principe de liberté pédagogique des enseignants, reconnu par la loi d’avril 2005. Cela implique notamment que les enseignants « soient évalués sur leurs résultats et pas sur leur méthodes »
|
Alors trois points importants:
- évaluer, c'est une bonne idée, mais qui s'en charge? on manque d'inspecteurs, et on manque d'enseignants pouvant devenir inspecteurs... faudrait-il embaucher?
- sur les résultats, c'est nier le spécificité des classes et l'identité des élèves. Avant tout, un prof, il gère des rapports humains... comment savoir ce qui est en cause dans les résultats? le travail des élèves? leur situation familiale? leur intérêt pour le cours ou la discipline? Qui décide et comment évalue-t-on le résultat d'un prof? Il ne s'agit bien sûr pas seulement d'un pourcentage de réussite.... alors qui? comment?
- sur les résultats c'est bien... mais pas top. Je le disais plus haut, un prof ça gère des rapports humains, avec certaines classes, cela va donc mal se passer... est-ce pour autant qu'il s'agit d'un mauvais prof? Peut-être que non, peut-être qu'avec une autre classe, ce serait un prof exceptionnel... Bref ça suppose une évaluation sacrément sujette à discussion... et une évaluation subjective n'a aucun intérêt... (ce prof là, cette année il a été mauvais avec 2 classes, et bon avec 3, on fait quoi alors, sachant que pour les mêmes filières, l'année d'après, il aura des résultats complêtement différents...)
Enfin la fin des voeux pieux, et autres souhaits sans fondement et financement....
- Pour une autonomie renforcée des établissements scolaires.
Citation:
« Je crois dans le libre choix des établissements par les parents »
- l’autonomie pour tous les établissements, dans des limites fixées bien sûr par le ministère. Cela signifie « l’obligation d’avoir un projet éducatif spécifique dans le cadre d’un contrat d’objectifs signé avec l’Etat, en contrepartie de la liberté d’affecter librement une part substantielle du budget, au moins 20% pour commencer, à la mise en œuvre du projet
|
Hum... donc les établissements sont libres mais pas trop... qui plus est, leur financement est majoritairement fait par la région/le département, donc l'état ne se mouille pas trop...
Enfin bon, ui décide des objectifs? qui signe au nom de l'état? 20% du budget, c'est bien, mais il est pris où? c'est 20% des heures? du budget cantine? c'est quoi cet argent?
Citation:
- « l’évaluation régulière et approfondie de tous les établissements », communiquée à toutes les familles ;
- choisir des chefs d’établissement à l’implication et au dévouement reconnus. « Leur rémunération, leur formation, leur possibilité de carrière ne sont à l’évidence pas à la hauteur de leurs responsabilités » ;
|
Qui va choisir de mettre son enfant dans un lycée mal évalué? qui aura la priorité pour aller dans les "bons lycées"? Et ceux à qui on refusera les bons, si ils sont pauvres, ils se rabattent sur les mauvais? Et ceux pour lesquels il n'existe pas de formation ailleurs que dans un mauvais lycée, ils font quoi? ils déménagent? Si on évalue seulement l'établissement, comment savoir quelle filière fonctionne?
Comment fait-on pour évaluer un établissement? Quels sont les critères? La réussite en fonction du public? La réussite à l'examen?
Bref, c'est encore du vent, cela va juste permettre à ceux qui voulaient échapper à la carte scolaire de le faire sans avoir à se prendre la tête... eux, ce sont ceux qui étaient déjà riches et dans les bons établissements....
Quant au délire sur les chefs d'établissement, je ne comprends pas pourquoi on se limite à eux, on pourrait en dire autant des profs...
Citation:
- l’engagement de l’Etat d’aider les établissements les moins favorisés à améliorer leurs performances, par des moyens supplémentaires, mais aussi une assistance éducative, des conseils, etc.
|
Alors ça c'est comique, aujourd'hui, la majorité des établissements qui s'en sortent le font grâce à la volonté et à l'implication des équipes pédagogiques et administratives... malgré les conseils très souvent mal avisés de l'état... Maintenant c'est l'état qui veut aider les mauvais établissements... le seul souci, c'est qu'ils font déjà ce qu'on leur dit de faire à la lettre... leur filer des conseils qui ne marchent pas va vachement les aider.... Bref c'est encore du vent.
Si on veut résoudre le problème de l'éducation dans le pays, il faudrait être sacrément radical... l'ensemble des mesures proposées par l'UMP et donc par Sarko, c'est aider ce qui marche déjà, à savoir la fuite de tous les "mauvais établissements" de leurs bons élèves. Résultat les mauvais sont d'autant plus mauvais, et les bons s'améliorent... qu'on se rassure, maintenant, les mauvais seront pires, et les bons meilleurs... Merci tonton Sarko...
Pas de mixité sociale en France, ni dans les villes, ni dans les entreprises, ni dans les écoles, un enseignement supérieur à l'abandon, complêtement inadapté au marché du travail, un accroissement de la violence dans les "mauvais lycées", nottament pour des raisons simples telles que l'absence de maîtrise du français, l'absence de mixité sociale, l'abandon des parents...
La réponse pourrait être:
- apporter une aide aux parents en difficulté en créant un adulte référent pour les familles déchirées ou inadaptées,
- un financement, une refonte (disciplinaire et technique) et la création d'un numerus clausus dans le supérieur,
- le développement des lycées techniques et professionels, afin de permettre aux jeunes n'étant pas capables de poursuivre dans le général de trouver un voie qui leur plait vraiment, et pas seulement parce que c'est près de chez eux...
- brassage des classes au niveau communal/départemental, afin d'éviter l'existence de "classes d'échec"/"classes de réussite", ou de "bons lycées"/"mauvais lycées",
- création d'un lieu de travail (bureau) et d'une bibliothèque efficace dans chaque lycée, pour que les enseignants puissent travailler au lycée,
etc...
Mais la suppression de la carte scolaire et la destruction des ZEP n'est certainement pas la solution...
PS: note amusante, le taux de réussite dans un lycée est lié statistiquement au nombre de demi-pensionnaires... (je suis très sérieux, ça s'explique bien en fait) peut-être qu'offrir la cantine à tous les gamins serait déjà un bon moyen d'améliorer les choses...
__________________
"Si tu peux te quoter toi même, t'es trop fort" Gortogg
Signaler ce message à un modérateur | IP: Logguée Temps en ligne : 24 Jours, 18 Heures, 19 Minutes, 52 Secondes en ligne
|