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@ castypique : des fois on ce demande :
Citation: SOCIAL Les syndicats mettent la pression sur le gouvernement qui a donné des consignes strictes quant aux retenues sur salaires pour les grévistes du secteur public
La bataille du paiement des jours de grève
Claire Bommelaer
[19 juin 2003]
A la veille du huitième jour de grève et de manifestations, la polémique concernant les retenues sur salaires des grévistes du secteur public est en train d'enfler. Fidèles à leurs habitudes, les syndicats réclament que cette question fasse l'objet d'une négociation dite de sortie de conflit. Mais, cette fois-ci, la partie semble mal engagée : il y a une dizaine de jours, le gouvernement a en effet fait savoir qu'il était décidé à ne pas payer les jours de grève, et que la stricte loi s'appliquerait en la matière (nos éditions du 6 juin). Le 11 juin, il a une nouvelle fois rappelé cette politique de «responsabilisation» du gréviste, au cours d'une réunion interministérielle. Pas question de décompter les jours de grève comme des jours de congé ou de RTT, aurait-il été décidé au cours de cette réunion. Tout juste serait-il possible d'étaler les retenues pour fait de grève sur deux mois, comme il est d'usage. «Chacun doit assumer ses responsabilités, chacun prend la décision de faire grève ou de ne pas faire grève, il en accepte donc à l'avance les conséquences et il nous appartient, à nous, d'assumer nos responsabilités et de faire appliquer les règles et la loi», a expliqué Jean-Paul Delevoye, le ministre de la Fonction publique, hier, à l'Assemblée nationale.
La consigne gouvernementale a visiblement été transmise à l'ensemble des ministères, ainsi qu'aux entreprises publiques. A la SNCF, il a été décidé de prélever les jours de grève à raison de 3 à 5 jours par mois, sur un maximum de trois mois, les directions régionales pouvant négocier dans cette fourchette. A la RATP, des agents vont se voir compter des «absences irrégulières», notamment ceux qui avaient repris le travail après le 3 juin pour se remettre en grève le 10, «puisqu'il n'y avait pas de nouveau préavis», explique la direction.
Bref, convaincus que le manque de fermeté explique en grande partie le nombre de journées de grève dans le secteur public, gouvernement et directions d'entreprises publiques semblent plus que jamais décidés à rompre avec le «laxisme» et les petits «arrangements» de fin de grève.
Il faut dire qu'en général, gouvernement et syndicats pratiquent l'art de la carambouille en fin de conflit. Classiquement, la question des «modalités de retenue» n'est abordée qu'après une grève longue, d'au moins dix jours.
Lors des grandes grèves contre Claude Allègre, l'ancien ministre de l'Education nationale, une partie des académies, dont celle de Créteil, avaient par exemple décidé de payer jusqu'à 9 jours de grève. De même, afin de sortir du conflit lors de la tentative de réforme de Bercy, des «arrangements» avaient été trouvés au ministère de l'Economie et des Finances : une partie des journées de grève a été transformée en congé, une autre purement et simplement effacée. A l'époque, un certain nombre de hauts fonctionnaires de Bercy, non grévistes et favorables à la réforme, avaient trouvé la pilule dure à avaler. Côté hôpitaux, il est d'usage d'être «clément» dans les établissements de l'Assistance publique de Paris et de Marseille, dont le pouvoir de blocage est aussi connu que redouté. Les négociations de fin de grève se font alors avec l'assentiment des ministres de tutelle.
Dans les entreprises publiques, il est de moins en moins d'usage de payer les jours de grève, «sauf parfois en Corse», affirme, sous couvert d'anonymat, un haut responsable de La Poste. Mais les syndicats ont encore en mémoire les protocoles de sortie de conflit en 1995 : à la SNCF, les syndicats avaient notamment obtenu que les jours de grève soient transformés en jours de repos, ainsi qu'un étalement des retenues salariales. A La Poste, un étalement des retenues sur un an avait même été négocié...
Officiellement, tout cela est du passé. Mais les syndicats comptent bien maintenir la pression : ils savent d'expérience que la politique se heurte souvent au principe de réalisme. La mairie de Marseille n'a-t-elle pas accepté de payer la moitié des jours de grève des éboueurs ? Certes, elle a pris la peine d'expliquer son geste – les éboueurs, a-t-elle fait valoir, ont fini par ramasser les ordures, une fois le conflit terminé. Il n'en reste pas moins que chacun a compris que l'ère des arrangements n'était pas encore tout à fait terminée.
Fort de cette certitude, le secrétaire général de la FSU (enseignants) compte bien amener le gouvernement à arrondir les angles, et à ne pas appliquer les règles de retenues de façon stricte (lire ci-dessous). FO, pour sa part, dénonce les «tentatives d'intimidation et les pressions» contre les salariés en grève. Le syndicat ajoute que «le prélèvement en une seule fois des journées de grève préconisé par les différents ministères risque de compromettre durablement le climat social dans la Fonction publique». |
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