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Benmars |
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Je crois qu'on va perdre beaucoup de textes et déclencher un fort mouvement ou un recadrage permanent de la loi à coup d'amendements ...
Voir en fin de citation d'où viennent les extraits incriminés.
Rem de BenM@rs : quand on dit que la religion prône la tolérance et la paix, ce n'est pas en y trouvant des textes tels que ceux cités qu'on va calmer les exités du bulbe et du foulard.
Citation: Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes
ET À CEUX QUI VOUDRAIENT S’EN ACCOMMODER
Des propos inadmissibles, dont les auteurs anonymes n’ont jamais fait l’objet de poursuite, sont accessibles sur le web, à disposition de tout un chacun. Appels à la discrimination, à la haine, voire au meurtre, contre des personnes à raison de leur appartenance à un groupe. L’impunité dont ont jusqu’alors bénéficié les promoteurs de ces ignominies, et tous les intermédiaires techniques engraissés dans cette bauge, me conduit à m’adresser à la justice, contre cette honte ordinaire, celle que l’on ne voit même plus tant elle est ancienne. Mais un jour, basta...
Mesdames, Messieurs les Procureurs de la République,
Ma fille benjamine, mineure en école primaire, a eu connaissance en navigant de contenus passible des tribunaux. Il n’est en effet pas difficile de trouver des sites de la plus indécente propagande religieuse (nous n’en donnons pas l’adresse pour ne pas leur faire une publicité, mais je les tiens à votre disposition), où même l’enfant innocent peut lire des propos sexistes, homophobes et d’apologie d’actes réprimés par la Loi, telles la cruauté ou le meurtre, impunément médiatisés. Jugez en.
Je ne permets pas à la femme d’enseigner ni de dominer l’homme. Qu’elle se tienne donc en silence [1]
Vous qui craignez le Christ, soumettez-vous les uns aux autres ; femmes, soyez soumises à vos maris comme au Seigneur. Car le mari est le chef de la femme (...) [2]
Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs (qu’IL) accorde à ceux-là sur celles-ci (...). Les femmes vertueuses sont obéissantes (...) Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. (...) [3]
Ma fille et ses camarades s’estiment insultées gravement par ces propos, et je ne sais que faire pour que cesse ce trouble. Sur le même type de sites, maintenus par des sortes d’associations d’adeptes, elles me signalent aussi l’existence d’une phrase incroyable :
L’homme qui couche avec un homme comme on couche avec une femme : c’est une abomination qu’ils ont tous deux commise, ils devront mourir, leur sang retombera sur eux. [4]
Je pensais les apaiser par un vague "bof, y a plein de conneries sur le web", qui ne les a pas satisfaites, du fait notamment que ces divers propos d’ivrogne ou de nazillon sont tous présentés sous le sceau de la vérité. Par exemple : C’est le Livre au sujet duquel il n’y a aucun doute, c’est un guide (...). [5]
Notre rôle éducatif nécessitant une évaluation plus poussée, nous sommes allés voir de plus près. On a aussi trouvé dans ces lieux quelques appels à meurtre et propos va-de-la-gueule d’une grande vulgarité, le tout noyé dans mille autres considérations d’une effroyable niaiserie ou d’une insupportable suffisance. Mal pensé, mal écrit, souvent sordide, toujours complaisant, il est vrai que donner au public les pensées supposées d’un inexistant doit être ardu. Y figurent également des considérations très inexactes sur les plans historique, hygiénique et médical, un statut de l’animal propre à révulser la Société Protectrice des Animaux, des propos de discrimination professionnelle vis à vis d’handicapés, une abondance d’éléments de la superstition la plus triviale, de rituels obsessionnels particulièrement malsains, des conceptions psychiatrisable de l’impropre et de la souillure, l’apologie de la soumission humaine en échange de biens futurs, et nombre de menaces et injures contre les incroyants.
Et afin de parer à la plus élémentaire critique, ces textes comportent aussi des indications signifiant que ceux qui ne sont pas d’accord sont dans l’erreur, et peu intelligents. Un totalitarisme absolu, une odieuse manipulation. On ne trouve pas sur ces sites, et ce n’est pas étonnant, la liste des exactions, assassinats de masse, compromissions, veuleries et abjections commis sous le couvert des livres réputés sacrés.
Je suis ainsi injurié, discriminé et désigné à une possible vindicte comme athée, sans avoir la ressource de l’appel à la loi Pleven sur le racisme, qu’ont, à l’inverse, les religions comme les Nations. Ma fille voit son père comparé au bétail, et quand on apprécie le destin de ce dernier dans les sacrifices à proprement parler puants (les dieux aiment la fumée de la graisse des entrailles), ce n’est pas rassurant pour elle.
Ces textes en libre accès, qui peuvent troubler des cervelles sensibles, sont présentés comme des révélations originelles et un manuel de savoir vivre en société. J’ai demandé à un voisin croyant ce qu’il en était, il m’a répondu "bof, y a plein de conneries dans les Livres", ce qui ne me satisfait pas non plus. Ce doit être un mauvais croyant. Un autre attire mon attention sur la lecture symbolique qu’il faut en faire, la contextualisation, et patati patata. Mon oeil.
Il me semble que si j’écrivais sous mon nom des âneries sournoises et agressives pareilles, les Ligues et autres associations m’enverraient connaître la paille humide du cachot, me dépouilleraient à jamais de mon honorabilité, lecture symbolique ou pas. J’ai, en conséquence, quelque peine à comprendre la poursuite d’une présence aussi ostentatoire et manifestement sereine de ces contenus grossiers sur le web, après quelques siècles d’expérience de leur malfaisance pour tous.
Ceux qui ont, à juste titre, dénoncé la présence de contenus racistes, négationnistes, sectaires ou pédophiles sur le réseau n’ont pas pris garde, tant est grande leur focalisation sur l’objet de leur combat, à ces provocations, d’autant plus graves qu’elles sont présentées comme préceptes à vocation universelle. Sinon, on eut assurément connu des procédures visant soit à interdire ces contenus, soit à demander la suppression des passages litigieux sous astreinte financière. Ou bien, une mise en cause des fournisseurs d’accès afin qu’ils empêchent l’accès, ou encore une procédure à l’encontre des intermédiaires techniques, les auteurs, anonymes et probablement décédés, n’étant pas convocables, hélas. Je ne suis pas personnellement partisan de telles mesures, dont la portée est considérable pour l’avenir du réseau, mais je reste étonné que ceux qui les promeuvent demeurent dans l’inaction. Même pas un petit mot sur leurs sites, à croire à quelque connivence.
Sans doute n’attendent-ils qu’un signe, soyons optimiste. C’est pourquoi, en mon nom et en celui de ma fille mineure, je viens, Mesdames et Messieurs les Procureurs de la République, demander à celle ou celui d’entre vous qui le voudra bien, d’initier une procédure, l’ordre public étant manifestement en cause. En effet, si les divers croyants de ces groupements sont en général gens très pacifiques et de compagnie agréable (surtout quand ils s’en fichent comme de leur première cérémonie), quelques têtes plus faibles peuvent prendre au pied de la lettre certaines des prescriptions dont propagande est faite.
De plus, outre les croyants lambda, il existe des professionnels de la religion (comme pour la politique, ou les médias), rémunérés à ce titre et qui, se jugeant dépositaires de la représentation de leur groupe, déploient des activités, déjà dénoncées sur le web, de lobbying, de manipulation et de désinformation de toutes natures (dont le fait de s’adresser à ma fille benjamine via le web, sans autorisation parentale ou assurance de sa qualité de personne majeure). Et parfois même ces professionnels ont été, ou sont, si proche d’un pouvoir d’Etat que l’on peut apprécier très exactement la portée des prescriptions des livres malsains adorés comme idôle par ces cauteleuses crapules. Pas symbolique du tout.
Je suis certain qu’une fois l’action engagée, un grand nombre de groupes y participeront. Au pire ne serait-ce que pour essayer par ce détour de modifier la prescription actuelle de trois mois appliquée aux délits de presse, ou réactualiser la question du filtrage. On trouvera cependant aisément des contenus en ligne de moins de trois mois, vu qu’il s’en accumule périodiquement, le sentiment d’impunité de ces individus semblant bien installé. Mais je ne vais pas vous apprendre votre boulot, n’est-ce-pas. Je compte bien sur vous, car, vous le savez bien, les enfants croient que ce qui est écrit est vrai...
Avec mes remerciements citoyens pour votre laïque diligence, en l’espèce très appropriée.
[1] Timothée I, 2,12
[2] Ephésiens 5
[3] Sourate 4,34
[4] Lévitique, 20,13
[5] Sourate 2,2 |
Ça me fera rigoler, le jour où les législateurs devront censurer des extraits de textes religieux que d'autres trouveront racistes, homophobes ou autre.
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Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson sur ses capacités à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu'il est stupide.
A. Einstein
Edité par Benmars le 15-01-2004 à 15:01
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