|
soul^keeper |
 |
Administrateur 
Déconnecté
Niveau : 5 N° de Membre :
1
Ancienneté : 100%
Participation : 19%
Inscription: 22 Feb 2002
Localisation: La Défense
Age: 48
Messages: 16623
Sujets Lancés : 2412
|
Tout à fait... je met le message en copie ici. Le sujet est donc clos.
<U>Copie du site Le Monde</U>
<b>Les réseaux pédophiles exploitent les failles d'Internet</b>
Des programmes copiés sur le système d'échange de fichiers musicaux Napster sont utilisés pour diffuser des images de pornographie enfantine en toute discrétion. Pour les enquêteurs, le Web constitue néanmoins un nouveau moyen de traquer ceux qui exploitent les mineurs.
<b>Edition du samedi 19 janvier 2002 </b>
Les policiers, les représentants associatifs et les professionnels font le même constat : les réseaux pédophiles ont commencé à adapter leurs techniques aux nouveaux modes d'échanges sur Internet. En 2001, encore, la traque de certains sites Web diffusant des scènes illicites ou la chasse aux forums de discussion permettant les trafics d'images concentraient l'essentiel des efforts des enquêteurs. Du 17 au 20 décembre 2001, à Yokohama, au Japon, les 2 000 participants au deuxième Congrès mondial contre l'exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales avaient ainsi largement évoqué ces technologies. Une petite voix, celle de John Carr, de l'ONG Ecpat, a toutefois donné l'alerte : "Récemment, des services comme Napster et Gnutella, qui permettent d'échanger des fichiers musicaux sur Internet, se sont imposés auprès du public (...). Il semble que les producteurs de pornographie mettant en scène des enfants communiquent déjà de cette façon les uns avec les autres."
En France, Le Bouclier, une association de lutte contre la pédophilie, n'en est plus à des suppositions. Ses membres ont mené des tests, au début du mois de novembre 2001, sur plusieurs de ces systèmes d'échange de documents. "La totalité de ces dispositifs voit les trafics d'images et de vidéos pédophiles se multiplier dans des conditions inquiétantes qui nécessiteraient un travail d'investigation énorme", souligne Robert Valadon, président de l'association. Enorme car la quantité de fichiers en circulation sur ces "sous-réseaux" de l'Internet est gigantesque. Enorme, également, car la mise en sommeil du célèbre Napster – le premier de ces systèmes d'échange d'un ordinateur à un autre dits de "point à point" (peer to peer en anglais) – a suscité la création d'une multitude de clones plus efficaces et moins contrôlables.
<b>DES FICHIERS "MAQUILLÉS"</b>
Ces programmes, disponibles sur Internet, mettent en relation l'ordinateur sur lequel ils sont installés avec toutes les machines disposant du même logiciel et simultanément connectées à Internet. Plus besoin de passer par un site. Les utilisateurs de ces dispositifs mettent ainsi en commun une partie de leurs documents dans une sorte de bibliothèque virtuelle répartie sur des centaines de milliers de machines. Alors que Napster permettait l'échange des seuls fichiers musicaux (MP3), certains de ses successeurs autorisent désormais le partage des images et de la vidéo. Au milieu des fichiers de musique, d'images, de logiciels ou de textes ainsi partagés se cache un nombre de fichiers pédophiles "en augmentation constante", selon M. Valadon.
S'agit-il simplement d'un moyen supplémentaire de diffuser des images pédophiles sur le Réseau ? Pas vraiment, estime le capitaine Eric Freyssinet, chef de la cellule informatique de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), car "le point à point a fait franchir un cap en permettant une bien plus grande facilité d'accès à ces fichiers". Trouver les "bonnes" adresses de sites au contenu pédopornographique nécessite parfois de passer de longues heures sur des canaux de discussion. De plus, la conservation des données de connexion par les fournisseurs d'accès est parfois dissuasive pour les plus avertis. Court-circuitant les sites Internet, le point à point place, lui, au même niveau d'accès tous les types de documents. Il suffit de lancer une recherche sur ces sous-réseaux autour de mots-clés tout à fait explicites pour se voir proposer de longues listes de fichiers.
Cette diffusion de pédopornographie n'est pas l'apanage d'individus entre eux. Selon Damien Bancal, rédacteur en chef de Zataz, une revue spécialisée dans le cybercrime, des groupes organisés utilisent des systèmes d'échange de fichiers comme Kazaa, Gnutella, Morpheus ou eDonkey. Une utilisation qui ne date pas d'hier. "Même sur Napster, des échanges effectués dans le cadre de réseaux organisés étaient tout à fait possibles, explique M. Bancal. Il suffisait de 'maquiller' des fichiers image ou vidéo en fichier MP3." "L'utilisation des réseaux de point à point a été avérée lors de précédents démantèlements de cercles pédophiles", ajoute-t-il, faisant référence à plusieurs opérations menées aux Etats-unis et en France.
Mais la lutte contre la diffusion de fichiers pédopornographiques par le point à point s'avère complexe. Lorsque l'intitulé des fichiers n'est pas explicite, suivre ces échanges relève de la gageure ou du hasard. "Nous avons remarqué l'utilisation de suites de lettres sans signification apparente dans le nom de fichiers pédophiles, raconte Guerric Poncet, l'un des responsables du réseau Gnutella. Lorsqu'on lance une recherche sur ces suites de lettres, on tombe sur des quantités phénoménales de ces documents."
De plus, à l'image de Gnutella, les requêtes envoyées d'un ordinateur du Réseau à l'autre ne passent plus – comme c'était le cas avec Napster – par un serveur central. Sans l'action d'un tiers lors de la connexion entre deux ordinateurs, il semble donc aujourd'hui impossible de réduire ces réseaux au silence. "Les logiciels de point à point sont largement diffusés, et la mise en place de filtres sur le moteur de recherche n'empêcherait le transfert que des fichiers dont les noms sont explicites", explique Guerric Poncet.
Dans la situation classique de sites Web au contenu illicite, des recours en justice sont possibles. Le point à point, lui, met les autorités dans une situation nouvelle. Car il n'est pas rare de voir le même fichier disponible sur plusieurs centaines d'ordinateurs personnels. Faire taire l'un d'entre eux ne rendrait pas pour autant ce même fichier indisponible sur le réseau.
Pour autant, les systèmes aujourd'hui les plus populaires ne sont pas infaillibles. Il est en général simple de connaître l'adresse IP – le numéro affecté à chaque ordinateur connecté sur le Réseau – des machines hébergeant un fichier illicite. Mais de nouveaux protocoles, encore peu utilisés du grand public, sont en cours de développement. Freenet, par exemple, permettra un anonymat absolu à tous ses utilisateurs. Quant à la "charge" des fichiers présents sur le réseau, elle sera répartie entre tous les membres de la communauté : des documents pourront ainsi se répliquer automatiquement sur l'ordinateur d'un utilisateur du sous-réseau, sans que celui-ci en ait connaissance...
Face à la complexité d'une lutte technique contre l'utilisation frauduleuse des réseaux point à point, l'arme principale des gouvernements reste politique. Une meilleure coopération internationale des Etats et une mobilisation des acteurs sociaux pour la prévention des crimes commis sont indispensables. "Ce n'est pas, illustre M. Poncet, parce que La Poste achemine des cassettes vidéo pédophiles qu'il faut fermer La Poste..."
<b>Stéphane Foucart</b>
--------------------------------------------------------------------------------
<b>La diffusion d'images, un délit puni de cinq ans de prison</b>
Loi du 17 juin 1998
En France, une loi du 17 juin 1998 dispose que "le fait, en vue de sa diffusion, de fixer, d'enregistrer ou de transmettre l'image ou la représentation d'un mineur lorsque cette image ou cette représentation présente un caractère pornographique est puni d'une peine de trois ans de prison et de 45 730 euros d'amende". Si un réseau de télécommunications est utilisé pour diffuser de telles images, les peines sont portées à cinq ans de prison et 76 220 euros d'amende.
<b>Convention internationale sur la cybercriminalité</b>
Le caractère transfrontalier d'Internet rend les poursuites judiciaires difficiles. C'est pourquoi, fin novembre 2001, à Budapest, une trentaine de pays, dont la France, ont signé la Convention internationale sur la cybercriminalité. Son article 9 traite des infractions pénales relatives à la pornographie enfantine. Il est l'aboutissement de quatre années de discussions au sein du Conseil de l'Europe, mais ne sera applicable qu'après des changements dans les législations nationales. Il devrait aboutir à une meilleure coopération internationale dans la lutte contre la plupart des crimes et délits actuellement de mise sur Internet.
<b>Stockage des données</b>
Le texte impose également aux fournisseurs d'accès Internet des règles visant à la conservation et au stockage pendant trois mois des données relatives aux échanges qui ont cours sur le Net. Cette base de données servira aux autorités compétentes à contrôler les opérations et les échanges susceptibles de constituer un délit. En France, la loi sur la société de l'information prévoit déjà la conservation des données par les fournisseurs d'accès Internet pour une durée plus longue, d'un an maximum.
<b>Détention des images virtuelles</b>
Une proposition de décision-cadre serait en préparation au niveau européen aux termes de laquelle le simple fait de détenir des images virtuelles (dessins, Manga) à caractère pédophile constituerait un délit, ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle dans de nombreux pays européens.
--------------------------------------------------------------------------------
<b>Mme Royal lance une campagne de prévention</b>
Pour "briser la loi du silence", une campagne de prévention des maltraitances sexuelles sur mineurs sera lancée, jeudi 24 janvier, a annoncé la ministre déléguée à la famille et à l'enfance, Ségolène Royal, à ses collègues ministres réunis jeudi 17 janvier à Matignon. Quatre spots très courts, qui s'achèvent par le slogan "Se taire, c'est laisser faire", seront diffusés à la télévision et dans les salles de cinéma.
Le numéro de téléphone gratuit 119, destiné à accueillir les appels d'enfants maltraités ou de personnes témoins de violence sur les enfants, verra ses moyens renforcés. Un "Observatoire national des maltraitances et violences sexuelles", qui traitera l'ensemble des données statistiques et des signalements, sera mis en place. Mme Royal a par ailleurs souhaité que "la diffusion des listes des délinquants sexuels soit plus large".
<b>Stéphane Foucart</b>
foucart@lemonde.fr
Signaler ce message à un modérateur | IP: Logguée Temps en ligne : 92 Jours, 20 Heures, 31 Minutes, 0 Seconde en ligne
|