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fred & lae |
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Je crois que cette histoire a été médiatisée dans le but de faire évoluer la pensée sociale, mais que cela risque d'être vain.
Nous pensons presque tous que le droit de mourir est un droit que l'on ne peut pas nous refuser. Dans le cas où les personnes sont aptes à le déclarer devant témoins, avec un délai de réflexion, dans un cas très grave et sans aucun espoir de guérison, la plus minime fût-elle, alors pourquoi pas?
Mais dans le cas de Vincent Humbert, personne ne saura jamais si l'euthanasie était un désir de sa mère, de lui-même ou bien des deux.
Quoi qu'il en soit, je m'imagne (très très difficilement) dans son cas, la vie "arrachée", avec si peu de contacts avec le monde que celui d'une pression du pouce dans la main de ma mère, hé bien le futur me semblerait obscur, et je me demanderais bien pourquoi continuer de s'acharner de vivre?
Mais ce n'est là que mon avis, et je comprends que MkrayMkray pourrait me répondre: "mais c'est ton avis à toi et je ne le partage pas: nous n'avons pas le droit d'oter la vie à quelqu'un", et je le comprendrais très bien.
Ce débat est, à mon sens, bien trop complexe pour pouvoir être légiféré. En effet, il faudrait prendre en compte tellement de choses pour chaque cas, et on ne peut faire un référendum à chaque fois (excusez-moi, ça, c'était idiot).
Non décidément c'est bien trop compliqué. Je suis pour, parce qu'à mon sens, la vie est un choix, je suis libre de décider aujourd'hui si je me jette sous la trame de métro ou non (je ne le ferai pas) alors pourquoi z ou y n'aurait-il pas le droit de vouloir être débranché? et de l'être vraiment pour de bon?
Quant à ceux qui n'en expriment pas le désir, laissons les tranquilles.
Je m'explique: je suis ortho, j'ai un patient qui a eu un trauma crânien avec toutes les complications qu'il est possible d'avoir sur la terre. Il est resté un mois et demi dans le coma (avec un glasgow à 1 pour ceux qui connaissent).
Les médecins ont proposé à sa femme de le débrancher: elle a refusé.
Après un énième scanner, ils ont compris qu'il avait une hydrocéphalie.
Le lendemain de la pose de la valve de dérivation, il s'est réveillé. Puis il a fait des progrès extraordinaires (il est jeune: 45 ans) mais six mois après, la valve s'est bouchée, alors re-coma.
Il a perdu tout ce qu'il avait réappris, perdu l'usage de son hémicorps qui commençait à récupérer. Il a mis un an à sortir de la confusion, et maintenant, même s'il a beucoup de difficultés, il est rentré chez lui, a une aide-soignante qui vient tous les jours et ses deux filles ont toujours leur père.
Ceci pousse à réfléchir au cas de l'euthanasie:
est-ce que si sa femme avait accepté de l'euthanasier, il aurait vécu tout ce qu'il a vécu et qu'il vit encore? Certes, il a la mémoire qui défaille, il ne parle pas très bien, il se déplace en fauteuil, mais il est vivant, il est là quand ses filles rentrent de l'école et il dort dans son lit, auprès de sa femme.
Cela personne ne pouvait le lui enlever, et pourtant, il était dans le coma. Il était "'mort"...
C'est pourquoi tous les cas sont tellement différents, cas grave, oui mais où on place la barre du grave?
Tout ça pour vous embrouiller autant que je le suis moi-même.
Je relance le débat, euthanasie: oui ou non?
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Edité par fred & lae le 26-09-2003 à 15:43
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