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Forum OXMO Forum OXMO > Section Généraliste > Discussion Libre > [SONDAGE] Quid de la constitution européenne ?


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A ce jour, vous en pensez quoi de la Constitution Européenne ?
Absoument POUR
Totalement CONTRE
Je ne sais pas si j'irai voter, ce jour-là, c'est la fête des mères
J'irai à la pêche, il fera beau ce jour-là, c'est sûr
oOUIwan keNONi
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en mars 1932, hitler : 37,3% - 13,75 millions
en novembre 1932, élections présidentielles : hitler 33,1% des voix - 11,7 millions

Il est nommé Chancelier par le président de la république Hidenburg.

en mars 1933, législatives (incendie du Reichtag, interdiction du PC...)
43,9% _17,8 millions de voix.

Hitler n'a jamais été élu. Il n'a jamais eu la majorité (50% des voix).

___http://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_nazi#Tableau_des_r.C3.A9sultats_.C3.A9lectoraux



Mussolini a été appelé au pouvoir en 1922 par le Roi d'Italie. Lui non plus n'a pas été élu majoritairement par les italiens..



Il me semble clair que dès l'avènement de ces 2 hommes, le régime est très vite devenu dictatorial.




Tout celà nous éloigne de ce "débat".


Donc du calme!!!


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Old Post 24-05-2005 16:03
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D'habitude, j'aime bien ta modération mais là tu ergotes aussi sur les mots.

Je te renvoie au sujet du bac de l'academie d'orleans.
Garde le pb de majorité si ca peut te rassurer, mais cela faisait parti du jeu démocratique de l'epoque. On retrouve d'ailleurs cette particularité dansd'autres démocraties (cf Angleterre ou USA (majorité des grands electeurs et non du peuple)).

Bref, pourquoi déveloper ce point? Tout simplement que les démocraties modernes nesont pas à l'abri de ce genre d'incident. L'autriche de Jorg Haeder en est un exemple et la France en 2002 s'est fait une belle frayeur.

Dans une Union européenne pacifié et sure de ces valeurs humaines, l'autriche s'est vu mettre au ban diplomatique des nations. Et la pression intense des Etats membres a jouer un rôle stabilisateur.
Si un jour Lepen passe, j'attends aussi de l'Europe qu'elle sache ramener la France à ses valeurs universelles.

L'europe a des valeurs humaines fortes.

Par ailleurs, en votant la constitution, la Turquie devra se plier à la charte des droits fondamentaux pour une eventuelle entrée. Sans la constitution, la Turquie pourra rentrer dans l'UE sans ce plier à cette charte.


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Old Post 24-05-2005 16:45
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Citation:
D'habitude, j'aime bien ta modération mais là tu ergotes aussi sur les mots.



J'aime bien être précis.
Et, s'il y a eu dérapage ici, c'est faute d'être précis.



Hitler a été choisi car il représentait le parti le plus important du Reichtag, faiblesse de la droite classique et division du SPD et du KPD, qui pratiquait la politique "Classe contre Classe" (les sociaux-fascistes étant plus dangereux que les fascistes).

Il est toujours bon de rappeler qu'il n'a pas été élu par le peuple allemand, ni majoritaire.


Pour le reste, il faut toujours être vigilant.


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Edité par le narrateur le 24-05-2005 à 17:50

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Old Post 24-05-2005 17:31
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Pour revenir à la tactique "Classe contre Classe" de la 3ème Internationale :

Citation:

Comment se battre contre le fascisme
L'Internationale communiste et la théorie criminelle du "social-fascisme"

En mai 1928, le N.S.D.A.P. - parti ouvrier national-socialiste allemand - de Hitler pointa du nez pour la première fois aux élection avec 800'000 voix. En septembre 1930, il perça avec 6'400'000 voix. L'I.C. sous-estimait totalement le fascisme. Devant sa montée (sans oublier qu'il avait déjà triomphé en Italie en 192?), l'I.C. parlait de fascisation de la domination bourgeoise. La social-démocratie participant de plus en plus souvent à l'exercice de cette domination main dans la main avec la bourgeoisie, il était claire pour l'I.C. que la social-démocratie n'échappait pas à la fascisation. Ainsi apparut le social-fascisme. Certes, la social-démocratie faisait le jeu du fascisme, parce qu'elle était incapable de donner une réponse à la crise et à la montée du fascisme, mais elle n'en était pas fasciste pour autant, comme le prétendirent les Partis communistes. (Staline estima que fascisme et la social-démocratie était jumeaux.) Mais la théorie du social-fascisme alla bien plus loin. Vu que la social-démocratie n'était pas ouvertement fasciste, contrairement aux nazis, elle était plus dangereuse car plus pernicieuse. Le danger le plus grand était donc - toujours d'après l'I.C. - la social-démocratie et non le fascisme lui-même. Il fallait d'abord s'attaquer à la social-démocratie. Le sommet fut atteint lorsque le K.P.D. (P.C. allemand), sur ordre de l'I.C.(12), appela à voter lors d'un réferendum en Prusse, avec les nazis, afin de faire tomber le gouvernement social-démocrate de ce Land. Le K.P.D. rebaptisa ce référendum, connu jusqu'à ce moment comme "le plébiscite brun" en "plébiscite rouge".

Comment une telle politique était-elle possible? Les fascistes ne sachant donner une réponse à la crise, pour l'I.C., la situation était claire: Hitler ne pouvait pas tenir en place longtemps, car la population se détournerait de lui et après, la voie vers le pouvoir etait toute tracée pour les communistes. Aussi simple que ça. À cela s'ajoutait que, suivant les staliniens, l'Allemagne vivait déjà sous régime fasciste avant Hitler. Les gouvernements de Brüning et von Papen - qui précédèrent Hitler - étaient déjà fascistes(13). L'I.C., non seulement sous-estimait son ennemi, mais ignorait complètement sa nature.

Toutes ces considérations empêchèrent une lutte efficace contre le nazisme. Le K.P.D., suivant parfaitement la ligne que lui dictait l'I.C., luttait au moyen du "Front unique à la base" (car passer par le sommet était exclu à cause de la fascisation des dirigeants sociaux-démocrates), et bien évidemment et "sous la direction du K.P.D.". Or quel ouvrier, excepté celui qui était membre du P.C. allait suivre la direction du K.P.D? Le "front unique à la base" était une impasse. Pourtant de nombreuses voix s'élevèrent pour une lutte commune des ouvriers, toutes tendances confondues, face au nazisme. Mais il n'y avait rien à faire, le K.P.D. resta sur ses positions.


I.C = Internationale Communiste (Stalinienne)

(12)Pierre Frank, Histoire de l'Internationale communiste (1919-1943), p. 659, La Brèche
(13)Pierre Frank, Histoire de l'Internationale communiste (1919-1943), p. 657, La Brèche

___http://membres.lycos.fr/frq/trotsky2.htm



une autre référence :
Citation:
Retour sur février 1934
Le fascisme en embuscade
__http://www.lcr-rouge.org/archives/020504/retrovis.html


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Edité par le narrateur le 24-05-2005 à 21:38

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Old Post 24-05-2005 18:35
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A 20h45 ce soir sur Arte

Citation:

Petite histoire et grandes controverses

Origine : Fra. 2005.
Réalisation : Olivier Duhamel et Bernard George.


D'où vient le texte du traité maintenant soumis à la ratification des différents pays membres de l'UE ? Quels problèmes prétend-il résoudre ? Quels en sont les enjeux ? Sur quels points essentiels portent les controverses ? Ce documentaire apporte des éléments d'information et de réflexion sur ces différentes questions.

Alors que les Européens déplorent souvent de ne pas connaître - ou de ne rien comprendre - au "Traité établissant une Constitution pour l'Europe", le documentaire a choisi de revenir sur la genèse de ce texte, avec des extraits des débats très animés qui ont présidé à son élaboration lors des réunions de la Convention. Celle-ci, sous la direction de Valéry Giscard d'Estaing, a travaillé pendant plus de dix-huit mois pour aboutir à la rédaction du texte actuel. Il s'agit ce soir d'éclairer à la fois le contenu, les intentions et les enjeux du traité, en mettant l'accent sur les articles qui alimentent aujourd'hui les principales controverses. Le film met ainsi en lumière les différentes conceptions de l'Europe qui existent au sein de l'Union et montre comment la proposition finalement rédigée a été acceptée comme un compromis par les responsables des vingt-cinq pays membres.

Avec la participation de dirigeants politiques de premier plan issus de différents pays de l'UE et ayant activement contribué à élaborer le texte : outre Valéry Giscard d'Estaing, les Italiens Massimo d'Alema et Romano Prodi ; le chrétien-social belge Jean-Luc Dehaene, vice-président de la Convention ; l'Espagnol José Maria Aznar ; le ministre Vert allemand Joschka Fischer. Mais aussi avec le regard d'aujourd'hui du socialiste espagnol Josep Borrell, président du Parlement européen ; de William Abitbol et Nigel Farage, souverainistes français et britannique ; d'Eva Lichtenberger, du parti autrichien des Verts ; de l'Allemande Silvia Kaufmann du PDS (ex-parti communiste est-allemand) ; de Boguslaw Sonik, démocrate-chrétien polonais ; de Francis Wurtz, communiste français, président du Groupement confédéral de la Gauche unitaire européenne.


Vu le réalisateur (Olivier Duhamel grand poufendeur des NON) je ne m'attends pas à une grande objectivité mais ça peut être très interessant...
A suivre un "Dessous des cartes" spécial constitution.


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Old Post 24-05-2005 20:11
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Magnifique reportage qui me conforte dans mon vote de Dimanche


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Old Post 24-05-2005 21:46
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Je l'ai pris en cours....


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Old Post 24-05-2005 21:56
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Re: A 20h45 ce soir sur Arte

Citation:
Message écrit par Schoubi, le 24-05-2005 à 20:11
Vu le réalisateur (Olivier Duhamel grand poufendeur des NON) je ne m'attends pas à une grande objectivité.


Tu m'étonnes.
Duhamel est d'une mauvaise foi affligeante. N'est-ce pas lui qui a sorti une version expurgée de la Constitution pour nous aider à "bien voter" ? C'est aussi ce triste sire qui claironne que la France est en "régression bolchévique" (sic).

J'ajoute, pour que tout le monde soit bien conscient de l'objectivité de ce brave homme :
Citation:
Professeur à Science-Po et ancien député socialiste européen, Olivier Duhamel a participé activement à la Convention qui a élaboré le Traité constitutionnel européen.

Est-ce assez clair ? Comment pourrait-il être objectif ? Ce n'est pas de la pédagogie, c'est encore de la propagande.


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mopz02 toi tu n as rien compris mefies toi la passion mene des fois à dire des conneri

















Tu m'aurais poser la question de ce que je votais Dimanche je t'aurai peu etre repondu Trop tard !!
Au fait tu continues à regarder ARTE ???


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Old Post 24-05-2005 22:21
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Euh Je répondais à Schoubi. Pas à toi bzh.


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Entre ébats et débats la Tv FRANCE3 n est pas mal ce soir


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Old Post 24-05-2005 23:51
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Tant de démocratie me laisse perplexe

ps: comme par hasard la grande bretagne sera le dernier pays à s'engager dans la constitution, quels euro-enthousiastes ceux là


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Old Post 26-05-2005 11:33
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La prochaine fois, référendum pour tous !

La prochaine fois, référendum pour tous !
On nous a expliqué que l'approbation de la Constitution par le Parlement allemand serait un signal positif, y compris en France. Gouvernement et opposition se bousculent pour influencer en bien notre voisin, juste avant son référendum du 29 mai. Sauf qu'il s'agit là d'une vision fausse de la situation. Car, en réalité, c'est la France qui émet des signaux, négatifs en l'occurrence, et l'opinion publique allemande qui y réagit.
Alors qu'approche le jour du vote, les Français se sont empoignés à propos du contenu de la Constitution. Le débat passionné qui en a résulté a débordé en Allemagne, bien que les Allemands, eux, n'aient pas été consultés du tout. Voilà quels sont les débuts fragiles d'un débat européen. On voit maintenant des politiciens allemands intervenir à des tribunes françaises, et l'on assiste au lancement d'une campagne à l'échelle de toute l'Europe.
Le processus que l'on peut aujourd'hui observer en France prouve qu'il faudra sceller la prochaine réforme du Traité par un référendum dans toute l'Union. Quand on peut mettre son avis dans la balance, on se sent davantage incité à s'intéresser à un sujet complexe. C'est précisément de cela qu'a besoin l'Union européenne. Les risques et les effets secondaires du référendum, eux, ne changent pas. C'est pourquoi cet instrument devrait exclusi¬vement être réservé aux modifications du Traité. Un référendum dans toute l'Europe sur l'entrée de la Turquie dans l'UE pourrait par exemple susciter des réflexes populistes extrêmement dangereux. Même si l'on cantonne les référendums aux seules questions portant sur les traités et la Constitution, cela renferme encore une charge explosive. Quelles règles présideront à la prise en compte des résultats ? Cinquante pour cent des suffrages exprimés suffiront-ils ou bien faut-il que ce quorum soit obtenu dans chacun des Etats membres ? Quelle valeur attribuer au résultat dans les pays où la participation ne dépasse pas 30 % ? Des questions difficiles, mais qui ne sont pas insolubles. Si l'on veut trouver une réponse satisfaisante d'ici à la prochaine réforme constitutionnelle, c'est aujourd'hui que les débats doivent commencer. Dans toute l'Europe.
Daniela Weingârtner, Die Tageszeitung, Berlin


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Citation:
Le 3 mai, Le Monde a publié une tribune signée Jürgen Habermas, Güntr Grass et Wolf Biermann interpellant leurs "amis français". Mais ceux-ci n'ont pas eu le droit de répondre dans le quotidien du soir. C'est donc dans Politis que Daniel Bensaïd, philosophe, université de Paris-VIII, Francisco Fernandez Buey, philosophe, université Pompeu Fabra de Barcelone, Alex Callinicos, philosophe, université de York, Domenico Jervolino, philosophe, université de Naples, Stathis Kouvélakis, philosophe, King’s College de Londres, Francisco Louça, économiste, député au Parlement portugais, ont trouvé asile.

Cette réponse, qui figure au sommaire de Politis cette semaine, est consultable en ligne: A nos amis allemands.

Ce n'est qu'une des mauvaises manières de cette campagne. J'en évoquerai une autre: le 16 mai, Libération publiait une tribune de Monique Vuaillat, ancienne secrétaire générale du SNES en faveur du "oui". Une semaine plus tard le quotidien de la rue Beranger était contraint d'ajouter cette précision: "L'article de Monique Vuaillat «Pour un oui de combat», paru le 16 mai, engageait personnellement l'auteure et en rien la FSU et le Snes."

Croyez-vous pour autant que Libération aurait accepté de publier une contribution de Gérard Aschieri qui, lui, aurait engagé la FSU? Non bien sûr, cela lui fut même refusé.

Michel Soudais (Politis)


Citation:
-------------------------------------------------------------------------
« À nos amis allemands, » une tribune d’intellectuels européens à propos du référendum
-------------------------------------------------------------------------

Les auteurs de ce texte, de diverses nationalités européennes, répondent à une tribune d’intellectuels allemands, parmi lesquels Jürgen Habermas et Günter Grass (« le Monde » du 3 mai). Ceux-ci plaidaient pour le « oui » dans une adresse intitulée « À nos amis français ».

Dans une tribune parue dans le Monde du 3 mai, des intellectuels allemands distingués (dont Jürgen Habermas, Günter Grass et Wolf Biermann), interpellent leurs « amis français ». Ils les exhortent d’approuver le traité constitutionnel. Bienvenus dans le débat français, nos amis allemands semblent bien mal informés de son contenu. Sans doute est-ce la conséquence du fait que la ratification parlementaire en Allemagne les prive d’une controverse publique féconde. Si la France avait adopté la même procédure parlementaire, on aurait ainsi retenu que 90 % des députés et sénateurs ratifiaient le traité, alors que l’issue du référendum reste à ce jour incertaine.

Pour nos amis allemands, un « non » français trahirait le progrès et les Lumières (sic). Et pourquoi pas « le sens de l’histoire » ? La gravité des propos appelle quelques précisions.

Partisans d’un « non de gauche », nous sommes attachés à la perspective d’une Europe sociale, démocratique, ouverte, et non limitée aux frontières incertaines d’une civilisation judéo-chrétienne. C’est pourquoi nous rejetons un traité qui constitutionnalise une Europe libérale, poursuit la démolition des solidarités sociales et des services publics, confirme le mandat de la Banque centrale européenne hors de tout contrôle politique, favorise (faute d’harmonisation sociale et fiscale) le dumping social et le développement inégal.

Une Union européenne sans programme social, livrée à la concurrence de tous contre tous, est forcément antidémocratique. Des libéraux déclarés, qui connaissent leur Montesquieu sur le bout des doigts, s’enthousiasment ainsi pour un Meccano institutionnel dans lequel l’exécutif (Conseil et Commission) et le judiciaire (la Cour de justice) légifèrent, alors que le législatif (le Parlement) est un ectoplasme consultatif. Nos amis allemands savent pourtant de quel poids a pesé, dans l’histoire allemande, l’unification bureaucratique bismarckienne sur les décombres des révolutions démocratiques avortées. Élever au statut constitutionnel un traité concocté dans le dos des peuples, sans exercice effectif de leur pouvoir constituant, ne produira à terme que déceptions et ressentiments. L’idée européenne elle-même en sortira discréditée.

Traité entre États drapé de solennité constitutionnelle, il eût été plus conforme à la réalité de le considérer comme un « règlement intérieur accommodant », selon la sobre formule de Michel Rocard. L’élever au rang de Constitution n’a cependant pas qu’une fonction symbolique. Il s’agit de constitutionnaliser des orientations (répertoriées dans le titreIII) qui relèvent des pouvoirs élus, de sorte qu’une majorité peut défaire ce qu’une autre a fait. En les gravant dans une Constitution pratiquement non modifiable, tant la procédure de révision à vingt-cinq ou à trente est improbable, on corsète les souverainetés populaires dans un carcan, et on interdit, au nom de la concurrence non faussée, des politiques qui donneraient à la logique des besoins et du bien commun la priorité par rapport à celle impitoyable des marchés boursiers.

Emportés par leur ferveur, les avocats du « oui » attribuent à un esprit bienfaiteur européen des pouvoirs magiques : la paix, les droits sociaux, l’Airbus, ce serait grâce à l’Europe. Les droits sociaux n’ont pourtant pas été octroyés par un spectre bienveillant, mais chèrement conquis par des luttes sociales réelles. La paix n’est pas un cadeau généreux de la Commission de Bruxelles, mais le résultat d’épreuves historiques tragiques et de rapports de forces issus de la guerre mondiale (sans oublier que la paix intérieure relative de soixante ans a pour contrepartie la participation à toutes les expéditions coloniales et impériales, en Afrique ou dans le Golfe). Quant à Ariane et à Airbus, ils ne sont pas le fruit d’une Constitution à venir, mais le résultat de coopérations industrielles soutenues par des États réellement existants.

Selon nos amis allemands, le traité constitutionnel serait nécessaire pour « équilibrer les relations avec les États-Unis ». Par l’acceptation de la tutelle de l’Otan, il entérine pourtant la subordination européenne vis-à-vis de la puissance hégémonique étasunienne. Son budget militaire est plus du double de celui de l’Union européenne. Prétendre réduire significativement cet écart conduirait soit à une relance vertigineuse des déficits publics, soit (c’est évidemment l’hypothèse la plus probable) à une réduction drastique des budgets sociaux. Si tant est qu’existe un nouveau « défi américain », il ne saurait être relevé en copiant son modèle libéral. Une réponse à l’hégémonie impériale devrait au contraire gagner la sympathie et l’amitié des peuples en présentant un véritable modèle alternatif de justice sociale et de paix.

Si l’Union européenne est aujourd’hui malade, ce n’est pas de l’éventualité d’un « non » français (ou hollandais) au traité constitutionnel. C’est par un défaut inscrit dans son logiciel de fabrication. Le scénario de l’Acte unique (en 1986) et du traité de Maastricht excluait trois événements majeurs. D’une part, la mondialisation libérale a entraîné une concentration des capitaux transnationale plutôt qu’européenne : l’Union compte autant et plus de partenariats industriels avec des firmes américaines ou japonaises que de champions proprement européens. D’autre part, l’effondrement soudain des régimes bureaucratiques d’Europe de l’Est a précipité la question de l’élargissement, lourde de contradictions sociales, mais politiquement inéluctable. Enfin, la désintégration de l’Union soviétique, l’unification allemande et la rupture des équilibres précaires de l’après-guerre ont mis à l’ordre du jour un nouveau partage du monde et une nouvelle distribution des alliances. Se sont ainsi mêlés les ingrédients d’une crise historique. Seul un changement radical de logique, donnant la priorité aux convergences sociales, démocratiques et écologiques, par rapport au calcul égoïste des profits et des revenus boursiers, pourrait la dénouer.

À en croire les plaideurs du oui, ce serait ce traité ou rien : « Pas d’alternative », aimait proclamer Mme Thatcher ! Cette rhétorique de la résignation contribue à discréditer la politique. Nous sommes au contraire non seulement convaincus que des critères sociaux de convergence (en matière de salaire, d’emploi, de services publics, de protection sociale) constitueraient une mesure de justice sociale élémentaire, mais encore qu’ils seraient le meilleur moyen d’éviter le dumping social. Ils fourniraient la base sur laquelle pourraient se négocier les élargissements. De tels critères seraient, il est vrai, de nature à « fausser la libre concurrence ». Ils seraient donc en contradiction avec l’esprit et la lettre de l’actuel traité.

Nos amis allemands s’inquiètent d’un « non » qui « isolerait fatalement la France ». Leur sollicitude exprime une vision statique du monde. Nous pouvons imaginer au contraire qu’un tel « non » briserait le cercle vicieux des petits pas et du moindre mal qui aboutissent souvent au pire. Il inviterait les peuples européens à devenir acteurs de leur propre histoire. L’isolement redouté ne vaut en effet que par rapport aux gouvernements et non par rapport aux mouvements populaires contre la guerre, aux forums sociaux européens, aux marches des femmes ou des chômeurs. Les gouvernements passent, les peuples restent.

Nos amis allemands craignent un « non populiste à la Constitution » et un enfermement des « nationalistes de gauche dans un bunker ». C’est mal connaître les partisans du « non » de gauche. Ils sont, pour une large part, des militants altermondialistes, des initiateurs des euro-marches, des animateurs des forums sociaux européens. Ce qui peut faire basculer le vote du 29 mai, c’est au contraire la poussée d’un « non » social et solidaire, et non pas le « non » chauvin et islamophobe de la vieille droite.

Nos amis allemands conjurent leurs « amis français » de « ne pas faire subir à la Constitution européenne les conséquences de leur mécontentement envers leur gouvernement ». L’expérience et le bon sens des travailleurs établit cependant à juste titre un rapport logique entre les politiques suivies depuis vingt ans et le traité Giscard. Si la Constitution proposée est l’esprit du libéralisme, la contre-réforme sociale vécue quotidiennement en est la chair, et Chirac et Raffarin en sont le bras séculier. La principale ligne de partage oppose désormais un « non » de gauche à un « oui » oecuménique qui, de l’aveu du revenant Jospin, illustre l’euro-compatibilité entre la droite libérale et la gauche libérale. Si cette gauche volontairement asservie à la camisole constitutionnelle revenait aux affaires, elle devrait donc persévérer dans la voie de Maastricht, d’Amsterdam et du pacte de stabilité.

Il y a trois ans, François Hollande faisait son pèlerinage à Porto Alegre, où le Forum social mondial proclamait un autre monde possible. Il y a un an à peine, le parti socialiste faisait campagne pour les élections au Parlement européen sous le slogan : « Et maintenant, l’Europe sociale ». Le « oui » au traité libéral signifierait aujourd’hui qu’une autre Europe (sans parler d’un autre monde) est impossible. François Hollande aura beau promettre l’Europe sociale pour Pâques ou pour la Saint-Glinglin, il ne pourra faire oublier que l’Union européenne comptait en 1997 treize gouvernements socialistes. Ni que Lionel Jospin, un an avant de devenir Premier ministre, pourfendait le pacte de stabilité « absurdement concédé aux Allemands » et dénonçait le traité d’Amsterdam comme « un super Maastricht ». Quant à Jacques Delors, qui vient de jeter dans la bataille du oui tout le poids de son expérience, il confessait, deux ans à peine après avoir porté le traité de Maastricht sur les fonts baptismaux, ne l’avoir pas « défendu avec ardeur » parce qu’il « n’en était pas follement amoureux ». On peut en conclure aujourd’hui, soit qu’il est tombé follement amoureux du traité Giscard qu’il défend avec ardeur ; soit qu’il n’en est pas plus amoureux que du traité de Maastricht mais qu’il ne nous le confiera que dans deux ans.

Daniel Bensaïd, philosophe, université de Paris-VIII Francisco Fernandez Buey, philosophe, université Pompeu Fabra de Barcelone Alex Callinicos, philosophe, université de York Domenico Jervolino, philosophe, université de Naples Stathis Kouvélakis, philosophe, King’s College de Londres Francisco Louça, économiste, député au Parlement portugais


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Qu'il y ait un référendum ou pas n'indique pas que le débat n'a pas été démocratique, ou que ne ce soit pas démocratique.

Faire voter sur un texte constitutionnel, de plus de 200 pages, avec des termes forcément techniques.

Pour ma part, je ne suis pas favorable a cet usage. (plébiscite; moi ou le chaos, utilisation à des fins politiciennes (1972), maasticht en 1992...).

l'avantage de celui-ci, c'est qu'il y eu un débat sur l'Europe, passionnel, avec des lectures radicalement différentes (avortement en danger ou pas...)


Le problème n'est pas là. C'est un problème institutionnel. Est-il normal que des courants de pensées, qui représentent des centaines de milliers d'électeurs, ne soient pas ou mal représentés à l'assemblée nationale.
Que la majorité actuelle en France ait été élu sans discussion sur son programme.

Tout vient vient du référendum de 1962, où De Gaulle a fait voté les français sur l"'élection du Président de la République au suffrage universel direct". Le mal vient de là.

Dans les autres pays, l'Allemagne par exemple, Italie, Espagne, il y a vraiment un affrontement sur des programmes et non un affrontement de chefs. Et il y a un suffrage à la représentation proportionnelle.

Nous avons un président qui n'a été choisi que par 19% des électeurs, une majorité écrasante de droite élue sans aucun débat et sans programme.



Faire ou pas un référendum, est-ce plus ou moins démocratique?
Fallait-il le faire pour l'abolition de la peine de mort, ou pour l'ivg.

Depuis cette année, la constitution a été changée, et maintenant (gravé dans le marbre), il y aura un référendum pour tout candidat à l'union.

Le référendum et le débat sur l'entrée de la Turquie risque d'être .....( à vous de choisir le terme). A regretter de faire un référendum, encore un belle connerie, et un manque de courage de Chirac.


__________________
N'est stupide, que la stupidité!


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