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polkaïna |
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Citation: La question de l'euthanasie revient dans l'actualité française, après que Chantal Sebire, une mère de famille défigurée par une maladie incurable, a demandé à la justice de l'autoriser à mettre fin à ces jours.
Le président Nicolas Sarkozy lui a proposé jeudi un avis médical "de professeurs d'université du plus haut niveau". Un peu plus tôt, le premier ministre François Fillon avait jugé qu'"il ne faut pas laisser penser aux Français qu'on pourrait régler dans le détail cette question qui est la question de la vie et de la mort".
Mercredi, l'avocat de Chantal Sebire a annoncé avoir déposé une demande d'euthanasie de la part de sa cliente. Cette ancienne enseignante, âgée de 52 ans et mère de trois enfants, est atteinte depuis près de huit ans d'un esthésioneuroblastome, une tumeur évolutive des sinus et des cavités nasales. La justice rendra sa décision lundi sur cette requête.
Sur France-3, Chantal Sebire a expliqué qu'elle n'était pas un cas et souhaité un référendum sur la question. "A chaque fois que quelqu'un s'exprime dans une situation comme la mienne, et bien on prend ça pour un cas. Je ne suis pas un cas", a-t-elle souligné. "Tout ce que je reçois par écrit va dans le sens de la demande d'évolution de cette loi.
"Faisons un référendum, et demandons au peuple ce qu'il en pense", a-t-elle lancé. "Je n'ai absolument pas l'impression que les politiques se moquent de moi, seulement si eux ne veulent pas avancer, la France ne peut avancer", a-t-elle insisté.
Le chef de l'Etat, "très touché" par la lettre que lui a adressée Mme Sebire, a demandé à son conseiller sur les questions de recherche et de santé, le professeur Arnold Munnich, d'entrer en contact avec elle, a fait savoir jeudi le porte-parole de l'Elysée, David Martinon.
"Il lui a proposé qu'un nouvel avis soit donné sur son cas par un collège de professeurs d'université du plus haut niveau", a expliqué M. Martinon. Cette réunion, destinée à "prouver que toutes les ressources de la médecine sont épuisées", "aura lieu dans quelques jours si Mme Sebire accepte le principe".
Sur le fond, le porte-parole de l'Elysée a rappelé "le cadre juridique fixé par la loi Leonetti du 22 avril 2005 sur les droits des malades et la fin de vie", selon laquelle "l'intervention des médecins ne saurait en aucun cas mettre fin à la vie du patient". "Pour le moment nous restons dans le cadre de cette loi Leonetti", a-t-il souligné, parlant d'un "bon équilibre".
"C'est une demande qui provoque chez beaucoup de Français beaucoup d'émotion comme en avait provoqué beaucoup la demande de Marie Humbert, il y a quelques années. Il y a un texte qui a été voté par les parlementaires il y a deux ans, la loi Léonetti", avait rappelé dans la matinée le premier ministre Fillon sur RTL.
"La demande est faite au juge d'interpréter ce texte. On va voir ce que le juge va dire. La difficulté dans cette affaire c'est qu'on est là aux limites de ce que la société peut dire, de ce que la loi peut faire (...) On est là aux limites de l'intime. Il faut avoir la modestie de reconnaître que la société ne peut pas répondre à toutes ces questions", a-t-il souligné.
La garde des Sceaux (ministre de la Justice), Rachida Dati, a fait part de son opposition à cette demande d'euthanasie. "Cette dame demande à la justice de pouvoir exonérer de la responsabilité pénale le médecin pour lui administrer une substance létale, qui l'aidera à mourir. Ce n'est pas notre droit", a-t-elle expliqué sur France-Inter. "Nous avons fondé notre droit, et aussi bien la Convention européenne des droits de l'Homme, sur le droit à la vie."
"Ni le monde médical, ni les pouvoirs publics ne sauraient promouvoir l'euthanasie active, quelle que soit la gravité de la maladie", a déclaré de son côté sur RTL la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.
"On est en train d'instrumentaliser la détresse légitime de cette femme pour pouvoir arriver à légaliser l'euthanasie", a déploré la ministre du Logement, Christine Boutin, au sujet de la demande d'euthanasie de Chantal Sebire. "Je suis scandalisée qu'on puisse envisager de donner la mort à cette femme parce qu'elle souffre et qu'elle est difforme", a expliqué Christine Boutin sur RMC-Info/BFM-TV. "Ce qui est en cause, c'est la souffrance de cette femme."
"Je me réjouis que les politiques enfin réagissent à un problème très important qui est celui de la fin de vie, dont on a vraiment l'impression que, dans le milieu politique, c'est un tabou", a en revanche déclaré sur France Info Jean-Luc Roméro, président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité.
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