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gortogg |
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@Pingoo666:
1) Question 1: mode réponse engagée, AT-Field pleine puissance...
Pour ta première question, je dois bien avouer que te donner une réponse objective est assez difficile... j'invite donc tout le monde à répondre à cette question par lui même... puisque ma propre perception est insuffisante à établir une utilité objective à la "culture".
Je vais donc me contenter d'exposer ma vision de la culture puis d'en donner son utilité suivant ma propre perception. Je vois deux points séparés (mais se rejoignant, ce serait trop simple sinon ) dans la notion de culture.
On parle ici bien sur dans le cadre d'un instant figé, appelons le t.
A cet instant t précis, il y a tout d'abord, ce que je vais appeler la culture passive. Cette culture nous a étée "transmise" par les différentes autorités au sein desquelles on vit. On y compte par exemple l'autorité parentale, médiatique, rhétorique etc... Toutes ces autorités nous ont inculqué des messages. Si j'ai écrit "transmise", c'est en fait parce que cette culture contient, ce que l'on a appris, déduit ou compris de ce qui nous entoure, via ces différentes autorités, et représente une partie de notre être (comme par exemple les valeurs que l'on juge bonnes à l'instant t).
Voila ma définition pour la "culture passive", qui a des parties communes d'un individu à l'autre, puisqu'elle dépend en partie de l'environnement dans lequel on a vécu.
Se rajoute à cette culture passive une autre culture, tiens appelons là active (c'est fou non?). Cette culture là représente ce que l'on est en mesure d'apprendre/déduire/comprendre... Cette culture ci, contrairement à sa petite soeur, nous est propre. Elle est la part de culture passive de l'autre qui n'a pas encore été transmise, et que l'on peut découvrir. Elle s'appréhende de la même manière que la précédente, via les medias, parents, expériences etc...
Par exemple, en lisant un livre (objet de culture s'il en est), on découvre une expérience ou une vision différente de la notre. C'est une mise en scène d'un fait sous un angle qui disposerait d'une culture passive différente.
"C'est bien joli tout ça, mais bon ça nous dit toujours pas à quoi ça sert..."
Certes, j'y viens.
En partant de ces définitions là, et avec quelques bases psychanalytiques, on peut aisément remarquer que la culture passive se trouve ancrée dans l'inconscient et dans le surmoi, à l'opposé de la culture active qui elle est piégée dans le moi.
Tout l'interrêt de la culture active, son utilité, est de permettre à la culture passive d'arrêter de fainéanter dans un coin où on la triture pas. La confrontation de la culture passive, ancrée en nous, à la culture active n'a pour d'autre effet que de faire resurgir des profondeurs des morceaux de cette culture passive vers le moi, afin qu'ils puissent être analysés, compris et conservés (le cas échéant).
Cette confrontation est difficile, demande un effort, c'est pourquoi on éprouve parfois des difficultés à poursuivre la lecture d'un ouvrage par exemple, quand la différence d'angle implique un chamboulement si grand que l'effort semble irréalisable.
Bien quétant difficile cette confrontation est nécessaire, pour la bonne et simple raison que si elle n'a pas lieu, on est seul, face, non pas à soi-même, mais à ce que l'on a fait de vous, dans l'absolue incapacité à comprendre ou à tolérer tout autre être que soi-même.
La culture (en général), pour moi, n'a d'autre but que de générer de l'empathie, et de rendre, excusez du peu, le concept de fraternité réalisable.
Pouet pouet, voilà à quoi ça sert pour moi la culture.
2) Question 2: mode réponse personnelle engagée...
Ca, c'est ce qui s'appelle une question personnelle. Petit rappel historique: Pingoo et moi, on s'est rencontré en école d'ingénieur il y a 4 ans de cela, d'où nous sommes sortis tous deux diplomés en juillet 2003 (en gros).
Ce petit rappel a en effet pour but de montrer mon parcours assez atypique: étudiant -> ingénieur -> prof en lycée professionel.
Pourquoi j'ai choisi ce métier... vaste question.
D'abord les raisons pratiques:
J'ai essayé le boulot d'ingénieur via mes stages en entreprise, resp. 1 mois, 2 mois, 3 mois, où j'ai pu explorer à peu près toutes les facettes de mon métier d'ingénieur BTP, conduite de travaux, gestion de chantier/projet etc...
Rien ne m'a vraiment convenu...
Premier cas: conduite de travaux: horaires: 5h30 je pars de chez moi, je rentre à 21h (à l'autre bout de Paris = 3h de trajet par jour + 12h de travail puisque le chantier ouvrait à 7h pour fermer à 19h).
De plus, je me suis rendu compte que lorsque le chantier gagnait 3% du montant des travaux, 2,5% venait du service contentieux et juridique, pour des raisons allant de stupide à débile faites par les clients (bien sur c'est pas ça qu'ils veulent mais c'est écrit de telle sorte dans le contrat (ici CCTP) que l'on peut comprendre que...)... etc...
Je me suis rendu compte que ce que l'on me demandait, c'était de ne faire aucune erreur 15h/jour pour gagner peau de zob et enfler des pauvres types parce qu'ils avaient commis l'erreur de pas écrire comme c'est marqué dans la norme... l'ambiance ne me plaisait pas.
Les autres expériences que j'ai eu dans le milieu du BTP, en études ou en gestion, se bornait à faire des tableaux. J'ai eu 4 mois intensif d'Excel, et je dois dire que j'ai du passer maître de cette immondice -> au placard aussi.
Il y avait aussi cette horreur que l'on appelle "l'esprit d'entreprise"... autrefois appelé lavage de cerveau. Si tu décroche un CDI, l'entreprise, c'est ta vie, tu pense Vinci, tu manges Vinci, tu parles Vinci, tu rêves Vinci, Vinci c'est toi, Vinci en tongs devant le prisu etc...
J'aurais certes pu m'entêter jusqu'à trouver le boulot ou l'entreprise qui m'allait le mieux, toutefois j'ai décidé de me diriger vers le métier de professeur, fermement décidé à ne pas entrer dans la broyeuse Vinci...
Pourquoi prof, d'abord pour des raisons pratiques...
J'ai tendance à être insomniaque, et j'ai donc la possibilité dans ce métier de m'organiser comme bon me semble.
Comme je suis un peu gaulois par ailleurs, l'idée d'avoir un chef à qui je dois rendre des comptes me dérange, et pour être clair m'emmerde. Etre prof, c'est aussi être le seul maître après Dieu dans sa classe.
Les raisons plus profondes maintenant sont les suivantes:
Contrairement à ce qui se passe dans le monde de l'entreprise, l'enseignant définit ses objectifs pour le bien de ses élèves, dans mon cas, pour qu'ils aient leur CAP et soient compétents dans leur métier (2 objectifs différents). Ce n'est pas à un chef que je dois rendre compte, mais à moi même et aux élèves. je me dois de les préparer au mieux à ce qu'ils vont rencontrer plus tard. Je prends ça réellement comme un devoir civique, où j'aide ceux que je peux aider à atteindre un niveau requis.
Cela me permet qui plus est, de me maintenir le plus possible à un haut niveau dans la matière que j'enseigne et pas uniquement. C'est une des plus frustrantes expériences que j'aie eu: me sentir devenir moins bon. En particulier lorsque j'ai quitté la prépa pour mon école d'ingénieur, j'ai senti que mon niveau avait baissé, comme si j'étais devenu aveugle. Le métier de prof me permet de cottoyer un grand nombre de personnes se maintenant comme ils peuvent au plus haut niveau (qui est défini par leurs soins), et me permet donc d'accéder à du "matériel" inaccessible. J'ai ainsi demander les cours de lettres/français/philo des collègues du lycée (qui est général aussi), ce qui me permet, je l'espère, de m'améliorer, ou comme dirait un vieux pote (Spinoza) d'accroitre mon être.
Voila les raisons qui m'ont poussé à être prof: inadaptaion et dégout des opportunités que l'on m'offrait, une plus grande liberté d'organisation, de comportement, de moyens et de gestes dans mon travail, un devoir civique, et enfin l'accès à la culture dont on parlait précédemment, un accès quasi illimité et avant tout enrichissant.
Voila, c'est encore tout pour cette fois, la prochaine fois, j'essayerais de faire plus court (mais ça m'a l'air mal barré dans ce topic)
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"Si tu peux te quoter toi même, t'es trop fort" Gortogg
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