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ludovike |
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Édition
" Jeune homme... "
Georges-Marc Benamou évoque, sur le registre de l’intime, les ombres et les fantômes de François Mitterrand autour des juifs et de Vichy.
C’est le 27 janvier 1994 dans un restaurant, La Marée, de Paris. Georges-Marc Benamou, journaliste, est devenu un familier de François Mitterrand. Pas des tous premiers cercles mais autorisé aux dîners à quelques-uns, aux flâneries. " Vous ne savez pas de quoi vous parlez... Jeune homme. " La phrase tombe comme le coup d’une disgrâce et c’est le titre que le " jeune homme " a donné au livre qu’il vient de publier, sorte de Mitterrand intime, six ans après ou, dîners après dîners, datés, on entre dans la zone d’ombre. Mitterrand et les juifs, Mitterrand et Vichy, Mitterrand et Bousquet... Et encore, Mitterrand et Papon. Car le " vous ne savez pas de quoi vous parlez " est lourd. Dans le restaurant, en effet, Maurice Papon est là, à une autre table, les deux hommes ne se saluent pas. Le jeune homme se lance : " Dire qu’il a eu le même zèle pour faire partir les premiers trains de déportés de Bordeaux que pour faire jeter à la Seine les Algériens le 17 octobre 1961 "... Silence des convives, affirme Georges-Marc Benamou qui insiste, " heureusement, il sera bientôt jugé "... François Mitterrand, affirme-t-il alors, foudroie du regard son épouse qui a rappelé que Papon avait été " correct avec toi " dans l’affaire de l’Observatoire et se tourne vers lui : " Son air était terrible. Il finit par dire : ’’Vous ne savez pas de quoi vous parlez... jeune homme’’ ".
L’anecdote est centrale quand bien même elle appelle deux questions que nul n’a le droit d’omettre, surtout si l’on se souvient que l’auteur fût un miterrandôlatre. Est-elle exacte ? Pourquoi maintenant, 5 ans après la mort de l’ancien président ? On suppose bien évidemment que Georges-Marc Benamou tenait soigneusement ses notes puisqu’il avait alors en chantier un livre sur ces rencontres avec lui, Mémoires interrompus. Fallait-il ce temps là pour que se décante, en dépit de cette ombre-là, l’attachement du journaliste au vieil homme ? " J’ai senti la nécessité de raconter une mémoire qui se mourait, celle d’un vieux pays qui s’épuisait à chasser ses fantômes. "
Ce vieux pays pourrait bien être celui, à la fois rural et maurassien, de droite et ancré dans la tradition, qu’exprimait si bien au fond, et paradoxalement, l’affiche de " La force tranquille " en 1981. Le village, l’église, le temps immobile. Les fantômes sont ceux de Vichy. On sait ce qu’il en est du parcours de François Mitterrand, notamment avec le livre de Pierre Péan, Une jeunesse française : François Mitterrand, 1934-1947 (Ed. Fayard). Son pays est bien celui-là. Fût-il même membre de la Cagoule, l’organisation fasciste d’avant-guerre ? Question posée, il en fut proche en tout cas, conserva ouvertement son affection à certains de ses membres éminents. Il n’est pas arrivé à Vichy par hasard quand bien même il affirme, à propos de tous ceux qui, comme lui, y sont passés qu’il fut de ceux " Mal partis, bien arrivés ". Proches de Pétain, hauts fonctionnaires, sous-ministres qui passèrent à la Résistance. Il en fut, semble-t-il mais comment ? Car ce qu’apporte dans son approche intime le livre de Georges-Marc Benamou, c’est, au-delà des faits eux-mêmes et pour l’essentiel connus, la couleur des sentiments de François Mitterrand, tels qu’il les rapporte du moins. " Ah, Vichy... ", " Ah Pétain... c’était un vieillard un peu dépassé mais... magnifique ". Ou encore ceci, en complément à la confirmation de la proximité de François Mitterrand et René Bousquet, l’ancien chef de la police de Vichy, jugé après guerre avant d’occuper les plus hauts postes dans la banque et la presse : " Une carrière ainsi brisée à trente-cinq ans, ce n’est pas supportable... Bousquet en souffrait cruellement. Imaginez cette cassure, cette carrière foudroyée "...Une cassure qui n’aurait pas eut lieu d’être ? À cela, s’ajoute la charge définitive du livre. François d’Ormesson avait étonné et déclenché une vive polémique en évoquant son " antisémitisme ". Georges-Marc Benamou, affirme l’avoir entendu, lui aussi, parler du " lobby juif " dans le même temps qu’il se disait, de manière récurrente, " un ami des juifs ".
Maurice Ulrich
http://www.humanite.fr/journal/2001...01-03-30-242058
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 ludovike
Tu pourrais articuler ? J’entends rien entre la queue dans ta bouche et l’apitoiement qui t’étouffe.
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