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Un article intéressant du Monde sur le sujet...je le copie car ils enlèvent leurs articles au bout de quelques jours.
Citation:
Les morts subites suscitent des interrogations chez les cardiologues
LE MONDE | 01.03.04 | 14h16
De nombreux sportifs de haut niveau sont décédés brutalement ces derniers mois. Les autopsies pratiquées ont conclu à des "morts naturelles", une explication jugée "insupportable" par le professeur Jean-Paul Escande, ancien président de la commission nationale de lutte contre le dopage.
Tombés au stade. Le 26 juin 2003, le Camerounais Marc-Vivien Foé, 28 ans, s'écroule au cours du match qui oppose son équipe à la Turquie en Coupe des confédérations. Le 25 janvier 2004, l'attaquant hongrois du Benfica Lisbonne, Miklos Feher, 24 ans, connaît la même fin tragique lors d'un match du championnat de première division portugais. Deux semaines plus tard, le basketteur letton Raimond Jumikis, 23 ans, s'effondre sur le parquet de l'Akropol de Stockholm en pleine rencontre de ligue 1 suédoise. Ces derniers mois, les morts subites se sont multipliées sur les terrains. Coïncidence ? "Mort naturelle" par arrêt cardiaque, concluent les autopsies.
Selon un coéquipier de Raimond Jumikis cité par la presse suédoise, l'international letton souffrait d'une malformation cardiaque. L'autopsie pratiquée sur Miklos Feher a révélé une malformation congénitale du cœur. Quant à celle réalisée sur Marc-Vivien Foé, elle a conclu à une cardiomyopathie hypertrophique (CMH) : un cœur trop musclé. Cette affection congénitale, qui touche environ une personne sur 500 et se caractérise par un épaississement des parois ventriculaires, est, selon Pierre Legalery, cardiologue au CHU de Besançon, "la première cause de mortalité chez les sportifs qui pratiquent plus de 10 heures d'entraînement par semaine". Elle serait responsable de la moitié des décès d'origine cardio-vasculaires liés à la pratique du sport, estimés à environ 1 500 par an en France.
"L'arrêt cardiaque, précise Alain Cohen-Solal, chef du service cardiologie et maladie vasculaire de l'hôpital Beaujon, à Paris, survient quand la transition est brutale entre la phase d'effort - où la décharge d'énergie est maximale - et de récupération" et intervient, selon ce médecin, davantage dans "les sports où l'effort est intermittent comme le football, le basket-ball ou le tennis".
NÉGLIGENCES MÉDICALES ?
"Chez les personnes atteintes de CMH, le sport de compétition est proscrit et, en dehors de ce cadre, une activité sportive intensive est déconseillée", concluent les professeurs Philippe Charron et Michel Komajda dans l'Encyclopédie médico-chirurgicale.
Dès lors, les récentes morts subites sont-elles le résultat de négligences médicales ? A la suite du décès de Fabrice Salanson, coureur de l'équipe Brioches-La Boulangère mort à 23 ans d'un arrêt cardiaque dans son sommeil, le 3 juin 2003, à la veille du départ du Tour d'Allemagne, le parquet de La Roche-sur-Yon (Vendée) a ouvert une information judiciaire contre X... pour "homicide involontaire et mise en danger d'autrui" (Le Monde du 23 janvier). Un mois avant sa disparition, un bilan de santé avait fait apparaître un "électrocardiogramme anormal", mais n'avait pas entraîné de contre-indication à la pratique du sport intensif. "A partir des résultats de ce bilan auraient dû être pratiqués des examens complémentaires, telle une échographie du cœur, afin de détecter une éventuelle pathologie, (...) or, rien n'a été fait", regrette Didier Domat, l'avocat de la famille Salanson.
Car si un électrocardiogramme ne permet généralement pas de diagnostiquer une pathologie telle que la cardiomyopathie hypertrophique, elle n'échappe pas à l'échocardiographie. "Les fédérations vont devoir faire pratiquer des échographies cardiaques aux athlètes pour se couvrir de plus en plus", estime Pierre Legalery, qui constate que leur recours est encore loin d'être institutionnalisé selon les sports et le niveau de pratique. Reste que, si l'extension des échocardiographies peut permettre de détecter des pathologies cardiaques, la CMH n'explique peut-être pas tout.
"Je suis ulcéré par les explications données à la multiplication des morts subites, c'est insupportable de dire que c'est la fatalité, que ce sont des morts naturelles, affirme Jean-Paul Escande, le président de l'ancêtre du Conseil de prévention et de lutte contre le dopage. "Ces morts sont les conséquences médicales du dopage de l'entraînement qui transforme l'organisme de façon considérable. Pourquoi refuse-t-on par exemple les études sur les effets de l'hormone de croissance sur le cœur du sportif ?, interroge le professeur. Parce qu'on ne veut pas savoir."
Les spécialistes du dopage s'accordent pour reconnaître que l'administration d'hormones de croissance ou d'anabolisants peut entraîner, à moyen ou à long terme, des troubles pathologiques de l'appareil cardio-vasculaire. Chez un sportif déjà en proie à une malformation cardiaque, le cocktail peut être d'autant plus explosif.
HORMONES DE CROISSANCE
"Les stéroïdes et les corticoïdes ont un effet hypertrophique sur la taille du cœur, poursuit Alain Cohen-Solal, et l'autopsie ne permet pas de distinguer si l'épaississement de ses parois est dû à une myocardiopathie hypertrophique ou le résultat de la prise de produits dopants." Les examens pratiqués sur les corps des sportifs morts dernièrement n'ont cependant pas révélé la présence de substances dopantes. "Si les produits sont pris pendant l'entraînement, l'autopsie ne permet pas forcément de les retrouver", objecte Jean-Paul Escande. "Conclure à une cardiomyopathie hypertrophique règle le problème en disant : il n'y a pas eu de dopage, commente Alain Cohen-Solal. Mais en même temps, cela jette le doute sur les examens menés avant qui auraient dû la révéler."
Stéphane Mandard
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10 sportifs professionnels morts en 8 mois
14 février 2004 : Marco Pantani, 34 ans, est retrouvé inanimé dans une chambre d'hôtel de Rimini. L'autopsie invoque un arrêt cardio-respiratoire consécutif à deux œdèmes, cérébral et pulmonaire.
Johan Sermon, 21 ans, cycliste belge (Daikin) décède d'un arrêt cardiaque dans son sommeil.
10 février : Raimond Jumikis, 23 ans, basketteur international letton s'écroule sur le parquet de l'Akropol Stockholm lors d'un match de ligue 1 suédoise.
25 janvier : Miklos Feher, 24 ans, attaquant hongrois du Benfica Lisbonne, s'écroule lors d'un match de première division portugaise.
7 janvier : Shalva Apkhazava, 23 ans, attaquant international géorgien est retrouvé mort dans sa chambre du centre d'entraînement du club ukrainien Arsenal Kiev.
3 janvier : Michel Zanoli, 35 ans, ancien cycliste professionnel hollandais (Motorola) décède d'une crise cardiaque.
6 décembre 2003 : le cycliste José Maria Jimenez dit "El Chava", 32 ans, décède dans une clinique psychiatrique de Madrid.
14 novembre : Marco Rusconi, 24 ans, espoir du cyclisme italien (Quick-Step) s'écroule sur le parking d'un centre commercial près de Côme.
26 juin : Marc-Vivien Foé, 28 ans, international camerounais s'écroule au cours du match qui oppose son équipe à la Turquie en Coupe des confédérations.
3 juin : Fabrice Salanson, 23 ans, espoir du cyclisme français (Brioches-La Boulangère) décède dans son sommeil à la veille du départ du Tour d'Allemagne.
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Que chacun s'efforce dans le milieu où il se trouve de témoigner à d'autres une véritable humanité. C'est de cela que dépend l'avenir du monde.
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