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Pavix |
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Guru 
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allez, histoire d'être moins en retard que la dernière fois, je le mets maintenant, mais bon..... j'y ai passé encore moins de temps...
Allez zou, enjoy !!!
Citation: Demain ne sera plus.
Demain ne sera plus.
Demain ne sera plus.
Demain ne sera plus.
Quatre fois « demain ne sera plus ».
Puis, j’ouvrais les yeux, je me rendais alors compte que le monde était bel et bien encore là. Juste un peu plus flou, un peu plus sombre. Mes yeux, humides, le rendaient encore plus trouble, le temps d’un instant. Mes lunettes étaient posées sur la table de nuit, je me tournais. Voilà, fini. Pourtant, je le savais bien : le monde était encore là, comme avant, ce rituel ne me procurerait satisfaction que le lendemain. Ou un jour prochain. En attendant, il fallait dormir, oublier, espérer.
Et ce matin, encore une fois, je me réveille et rien n’a changé : aucune trace de destruction, pas la moindre sensation de chaos, tout semble aussi bien rangé que la veille. Et comme chaque matin, la réalité m’agresse. Je dois alors de reprendre mon rôle, mon existence, redevenir un pion. A la rigueur, la seule satisfaction que je peux tirer de mon sort est celle-ci : je ne suis pas un pion commun. Je suis encore plus invisible, encore plus jetable. Je suis un de ces pions que l’on sacrifie pour améliorer le conforts des autres. Ou du moins pour que ceux-ci se sentent supérieurs. Ou plus précisément, moins médiocres. Mais je ne suis pas dupe. Ce rôle ingrat, l’Homme de l’Ombre, peut être une source de fierté. Mais plus maintenant. Plus pour moi. Cela fait trop longtemps.
Je ne crois pas que ma condition ait été un jour différente. Dès ma procréation, le Destin avait établi les grands principes qui régiraient ma vie : aucun choix ne me serait permis, aucune voie de secours ne me serait offerte, aucun échappatoire, et seul l’espoir pour compagne d’infortune. Oui, l’espoir. L’espoir de changer, l’espoir de voir le monde changer autour de moi, l’espoir de connaître d’autres rapports avec ce monde et les gens qui le peuplent. Cet espoir aux effets troubles, je le sens bien, et pourtant… à la fois, il est ma source de vie, il me redonne l’énergie de repartir subir les affres cruelles de ma réalité, mais il raye aussi en moi chaque jour un petit plus ma vision du bonheur, il entrave ma liberté en me refusant de m’éteindre, en attisant régulièrement les braises du rêve de l’amélioration de mon univers.
Car chaque nuit, je rêve. Le même rêve prolongeant les cauchemars de ma journée. A la différence notable qu’à travers les filtres de mon cerveau, ce qui constitue ma vie se pare de nouvelles couleurs, obéit à de nouvelles lois, arbore le sourire trop rare de la victoire et de l’allégresse. Je ne demande pourtant pas tant. Je n’espère même pas tout cela. J’aspire seulement à une nouvelle répartition des tâches, à un nouvel ordre des choses.
Et chaque nuit, avant de donner mon corps et mon âme aux manipulations de l’espoir, je procède toujours de la même façon. Car je n’en connais pas d’autre. Car ainsi, je suis sûr du chemin que je vais suivre. Car alors, les désillusions et les doutes laissent place aux certitudes.
Demain ne sera plus.
Demain ne sera plus.
Demain ne sera plus.
Demain ne sera plus.
Quatre fois « demain ne sera plus ».
Puis, j’ouvre les yeux, je me rends alors compte que le monde est bel et bien encore là. Encore un peu plus flou, encore un peu plus sombre. Je me tourne. Voilà, c’est fini. Je peux donc rêver.
Non, Pas cette fois-ci.
Le confort d’une nuit régénératrice identique aux précédentes s’évapore. Sans doute parce que mon esprit n’en peut plus de cette lâcheté de ma part, de cette mascarade. Cela fait trop longtemps.
Je sens bien que je ne dors pas. En tout cas, ce n’est pas comme les autres fois, ce n’est pas un sommeil comme les autres. Je ne sens pas mon corps. Une impression étrange m’enveloppe. Une impression de quiétude. Du moins, si la quiétude ressemble à ça. Je revois une partie de ma journée, les bousculades, les contraintes, les tensions, la foule, les différents éléments d’une des chaînes de création de valeur de notre chère et coûteuse civilisation. Avance rapide, retour en arrière, zoome, ma journée est passée au crible par une force qui m’est inconnue jusque-là. Ralenti. Un sourire. Une peau douce. De la tendresse dirigeait vers mon être. Le souvenir imperceptible de cet acte : l’intrus de ma nuit. Qui est-elle ? Je n’en sais rien. Je ne veux pas le savoir d’ailleurs ! Enfin…. Je crois. Je ne comprends pas, je ne comprends plus grand chose. Mon corps sue, se contracte, un vertige s’empare de moi, je ne maîtrise plus rien, j’ai peur.
Elle me sourit. Je reçois, des heures après, ce sourire en pleine face, mes repères s’effondrent, mes convictions sont remises en question, et pourtant, je doute fort que ma vie change. Et pourtant, et pourtant… et pourtant, c’est évident, il est évident que si ! Ce signe est annonciateur de changement ! mais lequel ? ! dois-je me partir à la reconquête d’un optimisme béat, dois-je alors abandonner ma lucidité acide, dois-je renier mon nihilisme outrancier ? Non, je ne peux me convaincre… au contraire… c’est un piège, j’en suis certain… demain, le monde aurait pu me sourire.. mais c’est pour mieux occulter sa cruauté et son injustice ! Je dois agir.
Oui, c’est ça, je dois agir. Mon cœur se calme. Je dois agir. Tout de suite. Pour ma sauvegarde. Pour établir un ordre nouveau. Et pourquoi ne pas en être l’initiateur et le fondateur ? ! Créer à partir des gravats et des cendres, des corps et des restes, une nouvelle société, humble, harmonieuse où les interactions sociales rongées par l’hypocrisie et des hiérarchies factices seraient mises à l’index, une société débarrassée du poids généré par des pouvoirs toujours plus présents et importants, une société dans laquelle mon rêve prendrait vie, dans laquelle je ne serai plus soumis ni aux autres, ni au fruit de leur soif d’expansion. Oui, cela doit disparaître.
Mais je suis seul. Je me retourne dans mon lit, remonte le drap.
Désespérément seul, définitivement. L’espoir m’a donc quitté. Je me réveille. Je marche vers l’unique fenêtre de ma chambre. Je ne fais pas attention au pâle reflet de mon être sur la vitre, je sais bien qu’il est à mon image. Je tiens la poignée, et pose mon front contre la fenêtre. La vitre est froide. Je ferme les yeux et serre encore plus fort la poignée. De chez moi, la ville qui s’étend sous mes yeux dispense tant d’informations différentes… A la machine à avaler des individus et à les formater le jour, succède un désert sombre éclairé par de rares lumières fades la nuit… mais le silence n’est toujours pas au rendez-vous… il règne toujours un vrombissement, un son sourd et lourd qui sature à force mon espace sensoriel… l’Homme ne connaît plus le vide sonore… entre autres… il a abandonné pour satisfaire certains de ses vices sa liberté et en particulier celle des autres…
J’ouvre la fenêtre, la nuit est fraîche, j’aurais dû m’en douter d’ailleurs. Huit étages plus bas, je constate bêtement que les éboueurs sont déjà passés. Dommage. Ca les forcera à revenir. Je monte sur le rebord, je crache, je me laisse happer par le vide, je ne peux pas voler, je sais juste que demain, je ne serai plus de ce monde. |
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Tout peut arriver dans la vie, et surtout rien.
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