|
donflon |
 |
Débutant 
Déconnecté
Niveau : 1 N° de Membre :
13197
Ancienneté : 89%
Participation : 1%
Inscription: 14 Nov 2004
Localisation: 127.0.0.1
Age: 122
Messages: 455
Sujets Lancés : 24
|
Citation: Message écrit par mopz02, le 01-06-2005 à 10:24
Apparemment, ils n'ont toujours pas compris. |
Moi aussi Je suis profondément atterré par l'attitude de certaines élites françaises.
Ça pourrait être comique si ce n'était pas dangereux pour la démocratie, la France et l'Europe.
Durant la campagne référendaire, les élites politiques et médiatiques partisans du traité, n'ont eu de cesse de dénigrer, ringardiser et même diaboliser les tenants du non.
Nous avons tous pu constater que la propagande de l'appareil médiatique, unanimement (ou presque) acquis au camp du Oui, déformait la réalité des débats et des positions en favorisant outrancièrement le camp du Oui, en faisant de la prétendue « pédagogie » à sens unique, en taisant complètement les propositions et certains arguments du Non, et en insistant lourdement sur de prétendus arguments du Non qui, soit ne l'étaient pas, soit étaient présentés de façon caricaturale ou déformée.
Les arguments et les partisans du Non étaient généralement présentés comme :
« illettrés » : incapables de lire le texte.
« ne répondant pas à la question posée » : non à Raffarin ou à l'Europe elle même plutôt que oui ou non au traité.
« non à la Turquie » : comme De Villiers et le FN (pour le non) et l'UMP (pour le oui).
« racistes ou xénophobes » : non au plombier polonais et aux pays de l'Est.
« mélange infâme » : non hétéroclite d'extrémistes de gauche et de droite.
« des inconscients qui veulent affaiblir la France »
...
Une telle campagne propagandiste et diffamatoire était déjà insupportable avant le scrutin, mais on pouvait se dire que c'était « de mauvaise guerre ».
Le 29 mai le peuple français a donné une belle leçon de démocratie et de responsabilité à ces élites intellectuelles auto proclamées et aux pays européens qui n'ont pas fait le choix d'un référendum populaire.
Après un débat passionné, contradictoire et documenté, les français ont voté en bonne connaissance de cause, sans se laisser embobiner par la propagande et le F.U.D. de la quasi-totalité des grands médias et des grands partis politiques.
Avec un taux de participation imposant de 70% et une majorité de 55%, les français ont rejeté ce texte et la politique libérale qu'il sacralisait pour l'Europe et pour la France.
Malgré ce résultat net et clair, les médias continuent à nous noyer sous la même propagande, les mêmes politiques partisans du Oui, désavoués par les électeurs, continuent à monopoliser le temps d'antenne pour nous sermonner et nous asséner leurs « vérités » et nos « mensonges ».
Les mêmes journalistes, présentateurs et chroniqueurs continuent à analyser le scrutin et nous expliquer comment nous avons mal voté et pour de mauvaises raisons.
Ils nous expliquent sans broncher que le peuple français est stupide au point d'avoir dit qu'il ne voulait plus de Raffarin alors qu'on lui demandait de ratifier le TCE.
Ils nous expliquent aussi, faussement contrits et effarouchés, que le peuple français est raciste et xénophobe, qu'il a voté contre les plombiers polonais et plus généralement contre les nouveaux entrants de l'Est et la Turquie.
Ils nous disent, car nous ne nous en doutions pas, que nous avons voté « contestataire », contre le chômage et le malaise social, et donc, « évidement, pour plus de libéralisme ».
Pourquoi ce bourrage de crâne et cette désinformation ?
Pourquoi présenter aux européens et au monde le peuple français comme stupide, xénophobe, divisé et refermé sur lui même ?
Il ne s'agit plus de nous convaincre de « bien » voter, alors pourquoi ?
Les dirigeants français, et le président en premier lieu, ont reçu un mandat clair et net du peuple français : exposer à nos partenaires européens le rejet par la France de ce traité constitutionnel.
La France n'accepte pas ce traité que le peuple français considère mauvais, ce traité ne pourra donc pas s'appliquer (selon ses propres termes), il faudra donc forcément négocier.
Mais ceux là même qui ont (et gardent) la charge de négocier avec nos partenaires commencent par dire que la France est divisée et affaiblie, qu'ils ne comprennent pas que la France ait pu dire Non, et qu'ils en sont attristés, que les français sont de la mauvaise graine ou le mouton noir.
Le commissaire français à la commission européenne, Jacques Barrot, disait hier tout cela à la télé (et donc au monde entier), il a dit textuellement que nous étions racistes, il a dit textuellement que le populisme français le peinait, qu'il craignait que les français répandent une « épidémie de populisme » en Europe.
Pour un négociateur, un diplomate, c'est une faute grave et impardonable.
Ce président de tous les français se dit affaibli alors qu'il a un mandat démocratique, clair et explicite d'un peuple qui a fait son choix en conscience et après de longs débats.
Le peuple français a dit haut et clair qu'il est européen, qu'il veut une Europe solidaire et fraternelle au lieu de l'Europe libérale et de la compétition entre les peuples qu'instaurait ce traité constitutionnel.
Tout président digne et respectueux de sa fonction devrait se sentir fort, avec la légitimité du mandat clair que lui confie le peuple qu'il représente.
Et notre président à nous, nous explique benoîtement que la France est affaiblie, qu'il est lui même devenu un guignol affaibli par un choix des français qu'il ne comprend pas et qui l'attriste.
Un président de la commission européenne, José Manuel Barroso et un président de l'union européenne, Jean-Claude Juncker, se permettent de dire au peuple français que son refus est nul et non avenu, que ce texte ne sera pas renégocié, et nos politiques répondent à ça que nous sommes faibles et qu'ils sont attristés.
Nous ne sommes pas faibles, nous sommes forts de notre choix et de nos idées.
Nous ne sommes pas stupides ni illettrés, nous savons à quoi et pourquoi nous avons dit Non.
Nous ne sommes pas xénophobes, que l'on cesse de nous insulter (je crois même que la métaphore du plombier polonais, c'est cet en**** de Fritz Bolkestein qui l'a lancée). Le peuple français est solidaire et fraternel.
Les élites politiques et médiatiques, en présentant aujourd'hui la France comme un pays divisé et affaibli, peuplé d'ignares xénophobes, qui aurait voulu détruire la belle idée européenne pour de petits enjeux égoïstes, commettent, à mon avis, une faute politique, une faute diplomatique et une faute historique impardonnable.
Je ne peux nier que le FN et le parti de De Villiers représentent un poids non négligeable dans ce scrutin (mais inférieur semble t-il à 25 % des votes nonistes). Mais utiliser à nouveau le FN est bien commode :
le FN est surtout un dangereux épouvantail avec lequel jouent depuis longtemps nos dirigeants.
On finit toujours par se brûler à jouer avec le feu (et celui là a déjà montré sa capacité de dévastation) mais, jusque là, Mitterrand et Chirac ont su en jouer à leur guise. Quand il ne sert plus, il se fait battre par 82% contre 18% en pleine euphorie d'accès à un deuxième tour de présidentielle, balayé par la logique républicaine rappelée par toutes nos élites.
Le Non du peuple français à cette Constitution libérale, réfléchi et construit par le peuple français contre la majeure partie de ses élites (et avec une autre partie de ces élites) n'a pas été déstabilisé par le rouleau compresseur des médias, des élites politiques et intellectuelles, la compromission des partis socio libéraux de l'Europe entière.
Le peuple français s'est construit son opinion, l'a défendue et l'a imposée par son vote à sa classe dirigeante.
Qui ose dire que le peuple français est faible ?
Ceux qui refusent de construire le peuple européen uni par l'amitié et la solidarité, ceux qui veulent le diviser pour mieux régner, le diviser par la concurrence, la compétition et l'inégalité.
Ce sont tout ceux là qui aujourd'hui ont peur du peuple français et européen, qui parlent « d'épidémie de populisme » et de xénophobie, ceux qui se disent affaiblis par le mandat des urnes, ceux qui refusent de « négocier » avec le choix démocratique, ceux qui ne supportent pas l'échec de leur manipulation de la « populace inculte » par leur « pédagogie » médiatique.
Ce sont eux qui se savent affaiblis et se rebiffent d'autant plus violemment, eux sont mesquins et nombrilistes, pas la France ni le peuple français.
Mais par leur incapacité à comprendre le message du référendum, leur besoin d'expliquer leur défaite en répétant à tue-tête que les français ont mal voté parce qu'ils sont de bêêêêêêtes moutons (noirs ?), ils donnent de la France une image déplorable à l'Europe et au monde.
Nous avons tous appris et nous pouvons mieux appréhender cette Europe grâce aux débats.
Une constitution, c'est une question essentielle à un peuple (dans le cas du TCE à des peuples), qui vient souvent après une révolution.
Ici, c'est l'inverse. Peut être pas de révolution, mais une prise de conscience citoyenne de ce qu'est l'Europe, et une volonté farouche des Français à définir et à imaginer l'avenir de l'Europe.
Cette nouvelle Europe va se dessiner avec les autres peuples. Dans les mois prochains en ébauche. Dans les années qui suivent, en projet.
L'Europe ne s'est pas arrêtée le 30 mai @ 00h00.
Signaler ce message à un modérateur | IP: Logguée Temps en ligne : 3 Jours, 6 Heures, 17 Minutes, 14 Secondes en ligne
|