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Citation: Parti socialiste
La gauche sonnée par les divisions du PS
Une semaine après le référendum, la gauche tente de se recomposer: communistes et LCR entendent capitaliser les non, Verts et chevènementistes croient à une union.
Par Didier HASSOUX et Pascal VIROT
lundi 06 juin 2005 (Liberation - 06:00)
attention chantier, port du casque obligatoire. Sans leader incontesté, sans projet élaboré, sans stratégie arrêtée, la gauche est en ruines. C'est comme si, à deux ans de l'échéance présidentielle, elle se résignait déjà à passer son tour. Le référendum du 29 mai n'a fait que renforcer ce sentiment, établissant une césure entre deux gauches. Le Parti socialiste, jusqu'alors pivot de la gauche, est lui-même scindé en deux, comme l'a confirmé le conseil national de samedi (lire page 6). Unanimes pour condamner «l'attelage improbable» Chirac-Sarkozy-Villepin, les partis d'opposition se divisent dès qu'il s'agit d'envisager un avenir commun.
Luttes. Même derrière l'unanimisme du non de gauche se cachent des choix différents. La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) a lancé, hier, à l'issue de la réunion à huis clos de sa direction nationale, «un appel solennel à tous ceux qui ont mené la campagne unitaire pour que l'espoir de la victoire du non ne s'éteigne pas dans les mois à venir». Alors que Dominique de Villepin s'est donné «cent jours» pour obtenir des résultats sur l'emploi, Olivier Besancenot, le porte-parole de la LCR, a souhaité que, dans le même délai, «la gauche sociale et politique entre en résistance politique et sociale». Les luttes, rien que les luttes, donc.
Cela ne suffira pas, selon Patrice Cohen-Seat. Le porte-parole du Parti communiste souligne que «la droite peut être battue sur les orientations du 29 mai» assorties d'un rassemblement des gauches, «y compris avec le PS». Espoir que continue d'entretenir également Jean-Pierre Chevènement. A moins que ce ne soit une nostalgie. Le président d'honneur du Mouvement des républicains et citoyens croit toujours qu'«Epinay est à venir». Epinay, c'était, en 1971, le congrès fondateur du Parti socialiste de François Mitterrand. Trente-quatre après, Chevènement croit toujours que «la politique se fait sur les idées». Mais il doute sérieusement qu'elles viennent désormais des socialistes. Yann Wehrling, secrétaire national des Verts, le pense toujours : «On attend du PS qu'il ait fini son débat avec son congrès de la mi-novembre. Pour discuter du programme avec lui et de l'accord électoral, nous visons toujours le premier trimestre 2006. Nous sommes dans la logique de construction d'un partenariat.» Pas du tout, rétorque un autre Vert, Noël Mamère. Le député de Gironde estime que «les Verts n'ont pas à attendre la recomposition du PS pour déterminer leur avenir».
Lider maximo. D'autant que personne ne sait qui sortira pape du congrès du PS les 18, 19 et 20 novembre. François Hollande ou Laurent Fabius ? Evincé de la direction du parti comme sept de ses camarades, l'ex-numéro deux peut remercier le numéro un. La sanction contribuera à réconcilier celui qui incarnait le social-libéralisme avec la gauche de la gauche. Certes, il n'est pas (encore) le lider maximo d'une future coalition rose-rouge-verte. Mais, au moins, le Premier ministre qui a assumé le «tournant de la rigueur» en 1984 bénéficie-t-il d'une relative bienveillance de partenaires potentiels.
A commencer par ceux de la Ligue communiste révolutionnaire. Pour Besancenot, «Laurent Fabius prépare l'alternance. Nous, nous souhaitons préparer avec d'autres un programme d'alternative au libéralisme. Cela ne nous empêche pas de constater qu'il y a bien une gauche du non. Et que Laurent Fabius y a sa place. Shooter Fabius hors la direction du PS, c'est faire un bras d'honneur à une grosse partie de son électorat. Cette attitude montre que le oui de gauche et le oui de droite restent compatibles [expression de Lionel Jospin] après le référendum. Toutes proportions gardées, le PS a eu la même attitude que Chirac. Sa réponse n'est pas à la hauteur du scrutin du 29 mai».
Bouc émissaire. Analyse que partage le communiste Patrice Cohen-Seat : «Les dirigeants qui avaient soutenu le non sont sanctionnés. Les premiers signes donnés par la direction du PS passent à côté du message envoyé par les Français. Et ce n'est pas la base de travail du vote du 29 mai contre les politiques libérales en France et en Europe.» Mais contrairement à Besancenot, ce proche de Marie-George Buffet refuse d'évoquer le cas Fabius : «Ce n'est pas notre rôle que d'entrer dans les débats du PS.» Jean-Pierre Chevènement, lui, ne se gêne pas. L'éviction de l'ex-ministre de l'Economie de Lionel Jospin, selon lui, «ne relève pas de l'analyse, mais de la stratégie du bouc émissaire». Et de rappeler : «J'ai connu cela.»
Francine Bavay, conseillère régionale (Verte) d'Ile-de-France, favorable au non, renvoie dos à dos les protagonistes socialistes : «Ils sont loin du monde, obsédés à régler des problèmes d'usufruits internes.» Pendant que la gauche non socialiste, elle, tente de capitaliser les non.
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Citation: Besancenot appelle
à l'union des "non"
NOUVELOBS.COM | 06.06.05 | 10:24
Le porte-parole de la LCR a lancé un "appel solennel" à tous les "non" de gauche durant les "100 jours" de Dominique de Villepin, afin que "l'espoir ne retombe pas" et de lutter contre la politique libérale du gouvernement.
Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), a lancé dimanche 5 juin un appel à la mobilisation de toutes les forces du non de gauche pendant les "cent jours" pour que "l'espoir ne retombe pas".
"Nous sortons enthousiastes de cette campagne", a-t-il déclaré à l'issue d'une réunion de la direction nationale de la LCR. Il a lancé "un appel solennel à tous ceux qui ont mené la campagne unitaire avec nous pour que l'espoir de la victoire du non ne s'éteigne pas dans les mois à venir".
Alors que le Premier ministre Dominique de Villepin s'est donné "cent jours" pour obtenir des premiers résultats, notamment sur l'emploi, Olivier Besancenot a proposé que, dans cette même période, "la gauche sociale et politique entre en résistance" en faisant appel à tous ceux de gauche qui ont voté non au référendum et même "à ceux qui ont voté oui mais qui n'acceptent pas la politique de Chirac".
Politique libérale illégale
Pour l'ancien candidat d'extrême gauche à la présidentielle, il s'agit de mener une campagne contre la "politique libérale du gouvernement devenue illégale" sur le modèle de celle menée contre le projet de Constitution européenne.
Dans ce délai de cent jours, il veut obtenir "la démission de Chirac et la dissolution de l'Assemblée nationale" pour organiser "de nouvelles élections".
Sur le plan européen, le 16 juin, date de la réunion du Conseil européen, la LCR appelle à de "fortes initiatives de rue" pour "réclamer un moratoire sur toutes les directives de la Commission européenne" et "le retrait définitif du projet de Constitution européenne".
Dès la rentrée, la LCR va organiser des "manifestations européennes" en faisant appel "à tous les mouvements sociaux et politiques" qui se sont prononcés contre le projet de traité constitutionnel.
"Défaire ce qu'a fait la droite"
Particulièrement active pendant toute la campagne, la LCR qui avait signé l'Appel des 200 contre la Constitution, lancé à l'initiative de la Fondation Copernic (altermondialiste), sera partie prenante du rassemblement national, le 25 juin à Paris, des quelque 1000 collectifs qui se sont créés dans toute la France.
Pour Olivier Besancenot, il s'agit de "définir en positif le contenu d'une politique anticapitaliste en France et en Europe pour défaire ce qu'a fait la droite, sans être compatible avec le social libéralisme".
Un congrès de la LCR, annoncé en décembre ou en janvier, sera l'occasion de mettre en oeuvre toutes ces propositions. |
Citation: Le Non est une gifle,mais il faudra un Juin 36 ou un Mai 68
Comme il était attendu et espéré dans les milieux populaires, le «non» a été largement majoritaire au référendum. Et les résultats par ville ne laissent aucun doute: ce sont surtout les villes ouvrières qui ont rejeté aussi bien la Constitution européenne que ceux qui l’ont proposée et défendue, à commencer par Chirac.
De toute façon, les deux étaient intimement liés tant Chirac, Raffarin, Sarkozy se sont engagés dans la campagne pour le «oui». Le gouvernement mène depuis trois ans une politique particulièrement rétrograde et antiouvrière. Ce n’est que justice que la Constitution qu’il patronne comme sa politique soient rejetées.
Ce n’est que justice également que la direction du Parti Socialiste porte le discrédit d’un alignement total sur la politique de la droite et de ses chefs de file. Une partie de l’électorat socialiste lui-même a trouvé difficile à avaler qu’après l’avoir appelé à voter pour Chirac en 2002, la direction du Parti Socialiste remette le couvert une fois de plus.
Du côté des dirigeants, la victoire du «non» se traduit déjà par la multiplication des manœuvres politiques. À droite, c’est Sarkozy contre Chirac, à gauche, c’est Fabius contre Hollande, sans parler des autres.
Et qu’en est-il pour les travailleurs? Le soir même du référendum, il y a eu la satisfaction de voir à la télévision la tête déconfite des dirigeants politiques et d’entendre leurs explications emberlificotées. Le PCF mis à part, les dirigeants de tous les grands partis ayant appelé à voter «oui», le désaveu a été infligé à tous ceux qui gouvernent aujourd’hui, comme aux socialistes qui gouvernaient il y a trois ans et qui espèrent gouverner demain.
Ce désaveu pour ces dirigeants politiques ne changera cependant pas en lui-même la situation sociale. Les licenciements et les fermetures d’entreprises continueront, tant que les possesseurs de capitaux auront des raisons de penser que c’est un moyen d’augmenter leurs profits. Le pouvoir d’achat des salariés continuera de baisser et la précarité de s’aggraver. Chirac va changer de Premier ministre, mais seuls changeront les discours, pas la politique antiouvrière. Ils trouveront même le moyen de rejeter sur l’électorat populaire et sur le «non» la responsabilité des mesures d’austérité qu’ils prendront contre les salariés.
Le ministre de l’Économie, Thierry Breton, a commencé le soir même du référendum en parlant de la difficulté accrue de sa tâche dans les instances européennes. Comme si l’électorat populaire avait des raisons de faciliter son travail de représentant des intérêts patronaux!
Pour Marie-George Buffet, dirigeante du PCF, la victoire du «non» se situe «dans la dynamique de rassemblement populaire qui évoque les grands moments du Front populaire ou de mai 68». Pour elle, en juin 36, il faudrait mettre sur le même plan l’entente des partis de gauche et la vague d’occupations d’usines qui ont fait trembler le grand patronat. Mais à l’époque, le gouvernement de Front populaire a surtout servi à sauver la mise à ce grand patronat en arrêtant la grève générale.
Quant à 1968, la «dynamique de rassemblement» ne s’est pas du tout manifestée dans les urnes, dont a surgi au contraire une très forte majorité de droite, mais dans les luttes et dans la grève générale.
Pour changer le sort des travailleurs, le «non» ne changera quelque chose que s’il leur redonne espoir, au point qu’ils se donnent les moyens de se battre non seulement contre un texte de Constitution, mais contre le grand patronat en chair et en os, dans les entreprises. La course au profit, responsable du chômage et des salaires insuffisants, ne vient pas d’un texte constitutionnel mais de la mainmise des possesseurs de capitaux sur toute l’économie.
Les combinaisons politiques qui s’échafaudent aussi bien à droite qu’à gauche visent, d’une manière ou d’une autre, à désarmer les travailleurs.
Alors, le moment de joie de la soirée électorale passé, c’est de cette capacité des travailleurs à passer à l’offensive contre le patronat dont dépend notre avenir.
Arlette LAGUILLER
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N'est stupide, que la stupidité!
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